lutopium

Non à la privatisation d’Hydro-Québec!

Posted by lutopium sur 20 octobre 2008

« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe. » – Edward Bernays, Propaganda (1928)

Ça commence à sentir le rituel… Voilà que l’Institut Économique de Montréal (IEDM) relance encore une fois le débat autour de la privatisation d’Hydro-Québec en présentant une autre conférence avec Claude Garcia le 12 novembre prochain. Les convives du monde des affaires de Montréal pourront y entendre une allocution de l’ancien président de Standard Life et ancien sous-ministre adjoint au ministère des Affaires sociales du Québec s’intitulant tout simplement « La privatisation d’Hydro-Québec: une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec ».

« Après avoir analysé le rendement d’Hydro-Québec sous divers angles, M. Garcia expliquera pourquoi il est temps de songer sérieusement à la privatisation de cette société d’État. Il présentera un processus détaillé pour y arriver et montrera comment une privatisation bien ficelée, associée à la distribution d’un bloc important d’actions aux citoyens québécois, à la vente sur les marchés d’un autre bloc et à un système de redevances gouvernementales, permettra d’enrichir les Québécois de manière substantielle, même si une hausse des tarifs d’électricité est à prévoir. »

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi M. Garcia et l’IEDM s’entêtent à promouvoir cette idée avec autant de passion… Y’a-t’il un lien entre les propos de M. Garcia et ses affinités avec le Parti Libéral du Québec (selon un article du Journal de Montréal, il aurait versé $12,895.00 au PLQ entre 1980 et 2005)? Monsieur Garcia désire-t-il « écraser » les contribuables québécois avec la même vigueur qu’il démontra en 1995 envers le projet d’indépendance du Québec?

Quels sont les joueurs industriels qui seraient intéressés par la privatisation d’Hydro-Québec et mettre la main sur des actifs de 65 milliards, un chiffre d’affaires de 12 milliards et des profits annuels de près de 3 milliards? Serait-ce Suez Energy North America dans laquelle la famille Desmarais a d’importants intérêts? Serait-ce SNC-Lavallin qui pourrait mettre en pratique son expertise ici-même au Québec? Insatisfaits du projet Rabaska, les américains aimeraient-ils s’approprier une source d’énergie rentable?

En savoir plus…

Les arguments de Claude Garcia, tels que publiés par La Presse le 2 juin 2007.

Hydro-Québec: les kilowatts et leurs profits – Revue À Bâbord!

Marcel Boyer, l’IEDM, Gesca et la privatisation d’Hydro-Québec: lutopium le 9 août 2008

Illustration: mookboy – Flickr

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24 Réponses to “Non à la privatisation d’Hydro-Québec!”

  1. Kevin said

    « il aurait versé $12,895.00 au PLQ entre 1980 et 2005 » – J’ai jumpé mais… ça représente 500$ par année… tu feras pas un gros scandale avec ça!

    C’est pas H-Q qui faut privatiser, remplacer un monopole public par un monopole privé, c’est pas ce que j’appelle avancer. Il faut rétablir une situation de concurrence et rendre libre le marché hydro-électrique, that’s all.

    Au fait « sur des actifs de 65 milliards, un chiffre d’affaires de 12 milliards et des profits annuels de près de 3 milliards? » Ça fait juste 4% de bénéfice annuel, l’investissement vaut pas de la marde!! La seule perspective intéressante serait de rendre H-Q plus efficace, rendu là on aurait un investissement rentable.

  2. La propagande c’est comme de la drogue, à force de se la faire offrir, il y en a qui finissent par succomber. À nous de se tenir debout !

  3. lutopium said

    @Kevin: les sommes données par M. Garcia ne sont effectivement pas impressionnantes en soi. Elles ne font qu’indiquer une certaine loyauté envers le parti. Y’a pas de mal à ça mais au moins on connaît ses allégeances… Je peux comprendre comment on établit une concurrence au niveau de la production d’électricité, d’ailleurs ça existe déjà, à petite échelle mais ça existe. C’est au niveau de la distribution que ça se complique… Depuis quand calcule-t-on les bénéfices sur les actifs? C’est pas plutôt 25%? Faudrait m’expliquer… 3 millards de profits sur un chiffre d’affaires de 12 milliards… 4%?

    Et dis donc Kevin, mis à part qu’une privatisation d’Hydro-Québec rejoint tes principes, qu’est-ce que tu en retirerait personnellement? Tu veux payer le moins d’impôt possible mais tu sembles disposé à payer plus cher pour ton électricité. Concept de l’utilisateur-payeur j’imagine?

    @AntiPollution: Je connais des gens qui sont normalement très dociles et qui sortiront dans la rue si jamais nos politiciens songent sérieusement à vendre Hydro-Québec.

  4. Manx said

    « Au fait “sur des actifs de 65 milliards, un chiffre d’affaires de 12 milliards et des profits annuels de près de 3 milliards?” Ça fait juste 4% de bénéfice annuel, l’investissement vaut pas de la marde!! La seule perspective intéressante serait de rendre H-Q plus efficace, rendu là on aurait un investissement rentable. »

    Quand les barrages seront tous payés, ce sera mieux. Et ce retour de 4% exclut le coût préférenciel de l’électricité auquel les Québécois ont accès. Si on disait que H-Q vendait à 0.06$/kWh et qu’actuellement, le coût est de 0.046$/kWh, le bénéfice annuel monterait à 5.7% (j’assume, selon les données actuelles, que 80% des revenus de H-Q viennent du Québec et que 20% viennent de profits vendus à l’étranger).

    D’ailleurs, toute personne connaissant H-Q comme il faut sait que c’est le producteur électrique le moins cher dans le Nord-Est de l’Amérique (Nouvelle-Angleterre, Ontario, Québec, Maritimes – notre réseau électrique en gros). Grâce au système d’appel d’offres actuel dans ces régions, on réussit à faire 20% de nos profits en vendant 1% de notre électricité à l’extérieur.

    Point supplémentaire: Hydro lance des appels d’offres et achète souvent de l’électricité lorsque cela coûte moins cher (en hiver, plusieurs centrales thermiques doivent continuer à travailler à plein régime et « domper » leur électricité – ils la « donnent » littéralement et habituellement, on ferme quelques turbines histoire d’acheter de l’électricité à 0.01$/kWh et de cumuler de l’énergie potentielle pour les périodes de demande de pic).

    Pour l’efficacité de H-Q: elle augmente d’année en année, au fur et à mesure qu’on finit de payer nos barrages et que les gouvernements y mettent des mesures restrictives de rendements. C’est une société d’État très efficace qui, en plus de générer des profits, fournit un service dans une perspective autre que lucrative (soit d’offrir de l’électricité à très très bas prix – demandez aux clients de promoteurs privés qui paient 0.32$/kWh au Texas). C’est un concept important à comprendre dans une société d’État: le but d’une entreprise est de maximiser le retour sur l’investissement; celui d’un société d’État peut aussi être de fournir des services ou d’aider la population (comme en demandant un coût plus faible).

  5. Kevin said

    @ Manx :

    Donc tu encourage ouvertement le gaspillage? Les prix bas ne sont pas un incitatif à gaspiller? C’est vrai qu’ici on est tellement écolo, les gens doivent probablement faire des efforts pour ne pas gaspiller.

    C’est comme ton robinet qui coule, si l’eau est gratuite, tu vas payer 500$ pour le faire réparer??? Très content de voir que l’efficacité s’améliore mais ça sera toujours l’ombre d’un système concurrentiel.

    Les bas prix n’aident personne, ils incite au gaspillage. Par contre le prix d’un marché reflète l’offre et la demande (et donc la rareté), dans une situation où l’offre serait supérieure, les prix baissent mais dans la situation inverse, les prix montent. De cette façon, on n’a jamais de pénurie. Par contre, si le gouvernement par sa volonté divine gèle les prix, l’ajustement par les incitatifs ne se fait pas.

    Au fait, si la société d’État est aussi généreuse et « aide la population », pourquoi demander un tarif? Pourquoi ne pas offrir un service d’électricité payé par nos impôts comme la RAMQ? Mieux que ça! Pourquoi avoir nationalisé l’électricité (lire : créer un monopole étatique en interdisant de produire de l’électricité) mais pas les autre service essentiels. On s’entend pour dire que la RAMQ existe parce que c’est essentiel mais se nourrir, se loger et se vêtir aussi. Ne serait-il pas préférable de créer des société d’état bienveillante qui pourraient nous apporter les bénéfices à notre nation et démontrer au monde entier la supériorité de notre solidarité sociale? Vous vous rendez compte que des gens font des profits et des retours sur l’investissement sur de la nourriture alors que des enfants ont faim? C’est horrible!! Hey le poulet à 13$ le kilos, c’est du vol!

    La charte des droits et liberté dit que j’ai droit à la vie, se nourrir est essentiel à la vie et de ce fait, par la loi, il serait illégal d’exiger un montant d’argent pour de la nourriture. On ne parle pas de bien de luxe ici, ni de questions bassement monétaires, on parle seulement de droit fondamental!

    @ ceux qui sont tout mêlé : les 2 dernier paragraphe étaient une comédie démagogique, en mélangeant les mots on peut dire n’importe quoi.

  6. Mohamad Ali said

    Voilà ce qui risque d’arriver si Dumont devien majoritaire, c’est un malade de droite.

  7. @ lutopium et Antipollution: Je suis libéral, je suis contre la privatisation, et je proclame et proclamerai encore que le jour où un parti envisagera sérieusement de procéder à la vente partielle ou totale d’Hydro-Québec au secteur, je serai parmi les premiers à sortir dans la rue pour protester. Si ce parti est le PLQ, il perdra un membre dans les heures qui suivent.

    Par contre, je ne pense pas que le mandat d’Hydro-Québec soit de fournir l’électricité au prix le plus bas possible à la population, du moins pas au-delà de ce qui constitue une consommation d’énergie de base pour vivre. Nous pourrions très bien vivre avec une augmentation modérée de nos tarifs pour maintenir à flot d’autres services publics. Nous pourrions aussi augmenter nos exportations, car comme Manx le souligne, c’est là une portion importante de nos bénéfices.

  8. Frankie said

    Peu importe le gouvernement qui est à la tête du Québec, celui-ci doit toujours mettre en priorité cette idée fondamentale : Hydro-Québec a comme mission d’offrir de l’électricité à bon prix aux Québécois. Jusqu’à aujourd’hui, cette (LA) mission a été accomplie, alors, il n’y a pas de raison pour que des individus ou des lobbies viennent proposer quelconque restructurations majeures de la société d’état.

    Par ailleurs, où je crois que les citoyens devraient réfléchir et agir, c’est concernant la non-pertinence de l’IEDM dans notre société. En premier lieu, se rendre compte que l’organisation est un cancer à notre économie progressiste bâtie depuis des générations par les gens d’ici et que ses joyaux sont et seront un ‘buffer’ lors des temps plus difficiles. En second lieu, d’affirmer aux membres de l’organisation l’idée consentie suivante : l’organisation n’a pas raison d’être. Avec un grand nombre de gens et en frappant continuellement sur le clou, j’ose espérer que l’IEDM fera partie du passé.

  9. Manx said

    « Donc tu encourage ouvertement le gaspillage? Les prix bas ne sont pas un incitatif à gaspiller? C’est vrai qu’ici on est tellement écolo, les gens doivent probablement faire des efforts pour ne pas gaspiller. »

    Ai-je dit que j’incite à gaspiller? J’ai dit que tu ne tiens pas en compte que H-Q offre les prix les plus bas du réseau sur lequel il s’étend. Il n’y a qu’à regarder les appels d’offres à New York, quand toutes les centrales de Nouvelle-Angleterre offrent du 0.10$/kWh et que sort l’appel de H-Q à 0.01$/kWh. À savoir si c’est bien que d’offrir un prix plus bas, je n’ai pas donné mon opinion. Mais pour moi, les campagnes de sensibilisation sur l’efficacité énergétique ont un effet qui peut être efficace. Je serais tout de même pour une hausse a 0.06$/kWh. On est dus.

    « C’est comme ton robinet qui coule, si l’eau est gratuite, tu vas payer 500$ pour le faire réparer??? Très content de voir que l’efficacité s’améliore mais ça sera toujours l’ombre d’un système concurrentiel. »

    Si, d’ailleurs tout le monde le fait. C’est chiant, un robinet qui coule. Il y a plus que la concurrence dans l’efficacité; on appelle ça l’information, la conscientisation et la prise de décisions. Les gens n’agissent pas seulement parce que le choix est économique, heureusement. Ce serait assez cave.

    « Au fait, si la société d’État est aussi généreuse et “aide la population”, pourquoi demander un tarif? »

    Hors-sujet. De toute façon, je suis pour le tarif d’électricité. C’est légitime, et le prix et le retour actuel sont près de ce que je juge « acceptable », vu les rendements de H-Q et leur bonne gestion.

    « Mieux que ça! Pourquoi avoir nationalisé l’électricité (lire : créer un monopole étatique en interdisant de produire de l’électricité) mais pas les autre service essentiels. »

    Parce que l’on savait que ça marcherait. Et ça a marché. Les gens ont de la misère à reconnaître quand ils ont fait un bon coup, même si ça leur rapporte depuis bientôt 20 ans. Pourquoi pas d’autres domaines? On retombe dans le hors-sujet, mais c’est parce que de l’électricité, ça se gère mieux que des hangars de nourriture, d’un point de vue de société d’État; la Russie nous l’a prouvé. Avoir un réseau unique dirigé par une seule entité qui supervise l’offre et la demande (par supervision, je ne veux pas dire « manipulation »; je parle d’une gestion raisonnable), ça marche au niveau électrique. Dans d’autres domaines, on sait que ça ne marche pas. Je sais que c’est un concept dur à accepter, mais pour notre cas et dans quelques autres, comme à Seattle, les faits sont là pour montrer que des systèmes nationalisés peuvent marcher dans la production électrique.

    « C’est horrible!! Hey le poulet à 13$ le kilos, c’est du vol!

    La charte des droits et liberté dit que j’ai droit à la vie, se nourrir est essentiel à la vie et de ce fait, par la loi, il serait illégal d’exiger un montant d’argent pour de la nourriture. On ne parle pas de bien de luxe ici, ni de questions bassement monétaires, on parle seulement de droit fondamental! »

    Hors-sujet. Le droit au poulet, ça n’existe dans la tête de personne et les structures sociales de banques de nourriture existent déjà pour aider les personnes dans le besoin. Par respect pour ceux qui ont eu à l’utiliser, ne te moque pas d’elles.

    @ Alexis: H-Q fait déjà un excellent travail au niveau de l’exportation. 20% de nos revenus viennent de là, on en exporte environ 5%… C’est tout dire. Le système des marché électriques du Nord-Est d’Amérique nous avantage comme c’est pas possible, via le système d’appel d’offres et grâce à la capacité unique des barrages hydroélectriques à faire des réserves d’énergie en fermant des turbines et en accumulant de l’eau dans les réservoirs.

  10. Manx said

    Je dois me rétracter sur des données que j’ai remises et qui peuvent induire en erreur:
    Hydro-Québec EXPORTE 20% de son électricité, soit environ 7000 MW. Elle génère, de cette vente, 43% de ses profits. Elle importe aussi 4325 MW d’énergie, en bonne partie parce qu’elle sert de dompe à énergie quand le réseau d’Amérique du Nord menace d’arriver en surtension. Ça tombe bien,car à ce moment-là, le monde est prêt à pratiquement nous « donner » cet électricité et le vend à rabais, pendant que l’on ferme des turbines pour stocker de l’énergie et l’utiliser en période de pics. Tout cela, c’est du à une gestion de la Régie de l’Énergie, en passant.

    J’appuie Frankie sur la pertinence de l’IEDM. Quand Nathalie vient dire que les cas de listériose à Maple Leaf sont causés par le fait qu’il reste encore des inspecteurs fédéraux dans le domaine alimentaire…

  11. derteilzeitberliner said

    Comme pour l’alcool, je ne serai en faveur de la privatisation que si celle-ci est accompagnée d’une ouverture totale du marché de l’énergie.

    Sinon, qu’on garde le statut quo – un monopole public est préférable à un monopole privé.

    Par contre, je m’oppose à cette mission de fournir à bas prix. Les bas prix incitent au gaspillage, ça a été dit plus haut, et plus la consommation domestique est élevée moins on exporte à gros prix. Pour la même raison, je suis favorable à la facturation de l’eau au mètre cube dans les résidences privées.

    Sur la question de la pertinence de l’IEDM, je n’ai pas lire ces appels à la quasi-censure. Ces organismes ont le droit d’exister, d’exprimer leurs idées sur la place publique et c’est ensuite à ceux qui ne sont pas d’accord de faire de même. La liberté d’expression, c’est pour tous – y compris Claude Garcia et Nathalie Elgrably (qui est tout aussi clown que le prof Lauzon, selon moi).

  12. lutopium said

    @Manx: Merci pour les informations supplémentaires. D’ailleurs, la performance d’Hydro-Québec fait très bonne figure lorsqu’on la compare avec des entreprises privées de la même envergure. Bell Canada a dégagé des profits de près de 4 milliards pour des revenus de 18 milliards. De plus, Hydro-Québec sera toujours protégée si elle demeure dans le patrimoine collectif. Imaginons-nous Hydro-Québec sous l’emprise d’un consortium qui tout à coup se retrouve en difficultés financières… Non merci.

    @Kevin: Ce n’est pas en augmentant les tarifs ad vitam que les citoyens québécois réduiront leur consommation d’électricité. Je suis convaincu que la grande majorité des québécois à revenu modeste et moyen (jusqu’à $40,000) ont déjà modifié leurs habitudes pour réduire leur consommation. Je suggèrais plutôt une taxe de luxe sur les équipements énergivores comme les bains tourbillons, les piscines chauffées, les climatisateurs et autres… Je suis également convaincu que la proposition de l’IEDM vise à préparer le terrain pour la privatisation d’Hydro-Québec. Il serait très mal vu si un nouveau propriétaire privé augmenterait les tarifs après la privatisation. À mon avis, c’est pour cette raison que le gouvernement libéral encourage (en acceptant) les nombreuses hausses de tarifs que nous avons subies depuis deux ans. Comme le rapporte Pierre Couture dans le quotodien Le Soleil, « depuis le 1er janvier 2004, les clients de la société d’État n’ont pas connu de répit en encaissant six hausses successives totalisant 16,7 %. En comptant celle du 1er avril 2009, le total cumulé s’élèvera à 19,3 %… »

    @Mohamad: Je crois que Jean Charest est beaucoup plus ouvert à l’idée que Mario Dumont. Et le premier a accès au pouvoir. Alors que le second…

    @Alexis: Il me ferait grand plaisir de marcher à tes côtés!

    @Frankie: Ce qu’il manque pour affronter les propositions de l’IEDM ce sont deux ou trois réservoirs d’idées (think tanks) qui font la promotion de concepts progressistes. Aujourd’hui, il n’y a que l’IRIS, qui ne semble pas avoir un gros budget de fonctionnement et des dizaines de petits groupes de pression qui n’arrivent pas èa coordonner leurs efforts…

    @Derteilzeitberliner: Expliquez-moi comment vous créérez un marché compétitif au niveau de la distribution de l’électricité… Et ne me parler pas du concept de courtage. La Californie y a goûté à ce concept avec Enron. Il n’y a aucune richesse collective dans un marché de courtage énergétique. De simples commissions à des firmes qui sont passées maîtres dans la spéculation. Je dis toujours NON à ce projet de privatisation. On verra ce que M. Garcia présentera comme arguments cette fois-ci…

  13. @ Manx: Justement, devant ces chiffres, je ne vois pas pourquoi nous ne devrions pas tenter d’augmenter nos exportations tout en conservant des réserves suffisantes pour nos besoins intérieurs. Bien sûr, à court terme, ces augmentations risquent d’être modestes. Si nous considérions toutefois un projet d’envergure comme « l’éolienisation » du Nord du Québec, nous pourrions aisément dégager des surplus bien plus importants à Hydro-Québec.

    Quant à ma proposition d’augmentation des tarifs, comme j’en ai déjà souvent parlé, je serais en faveur du maintien à de faibles taux (voire à une diminution) du prix des premiers kWh consommés par résidence, et je crois que nous devrions également plancher sur un mécanisme modulant ce bloc énergétique selon le nombre d’occupants d’une propriété. Par contre, dans le (les? on devrait en ajouter un) palier de consommation supérieur, les tarifs devraient être plus élevés pour refléter les coûts réels de la surconsommation d’électricité et pour dégager plus de fonds pour des projets collectifs. Cela revient un peu à la proposition de taxe sur les produits énergivores, à l’exception du fait qu’elle soit récurrente et indirecte.

    Pour ce qui est des augmentations récemment mises en place, il ne faut pas oublier que les tarifs d’Hydro-Québec étaient gelés depuis le second mandat du PQ en 1994. Il y avait donc forcément un peu de rattrapage à faire, sans compter la sous-évaluation de l’électricité qui était déjà répandue. Une fois le nouveau tarif établi, nous devrions considérer la mise en place d’une mesure d’indexation.

    Enfin, je n’aime moi-même pas beaucoup l’IEDM, mais comme derteilzeitberliner l’a souligné, on ne peut les censurer. Je reste toutefois plutôt méfiant envers tout ce qui sort de ce think tank, qui risque par ailleurs de devenir anachronique si le capitalisme se réforme, comme le désire Sarkozy.

  14. Manx said

    « @ Manx: Justement, devant ces chiffres, je ne vois pas pourquoi nous ne devrions pas tenter d’augmenter nos exportations tout en conservant des réserves suffisantes pour nos besoins intérieurs. »

    C’est ce que l’on fait, car il faut avouer qu’il est, pour l’instant, relativement impossible de stocker de l’énergie sauf en faisant des réserves et en fermant temporairement des turbines. L’avantage de cela, c’est que l’on peut vendre de bonnes quantités d’énergie en périodes de demande forte.

    Pour le reste, le potentiel éolien maximal en Amérique est au Québec, selon les analyses. Le seul problème, c’est qu’il existe en ce moment une pénurie mondiale de turbines à éoliennes. Plusieurs des pièces actuelles en Amérique doivent être importées d’Europe. C’est un peu ironique, parce qu’on aurait pu faire mieux, car on a reçu des offres pour lancer une industrie de fabrication d’éoliennes au Lac-Saint-Jean il y a de cela 3-4 ans. Ça aurait été bien, car l’on aurait pu avoir un pôle industriel équivalent à l’aéronautique dans ta région. Mais faut faire avec, maintenant. Les éoliennes, c’est une bonne idée, mais Hydro-Québec n’a pas l’infrastructure pour les gérer adéquatement. À mon avis, une deuxième société d’État devrait les gérer (moins celles qui sont en cour d’implantation). Mais en attendant, on se débrouille bien avec l’électricité; resterait qu’à prendre des mesures d’efficacité énergétique au niveau du design de ces foutues maisons pré-usinées que l’on construit dans des terrains vides en trouvant le moyen de ne pas les aligner avec des fenêtres sur le Sud… Rien que de placer adéquatement des fenêtres et d’avoir des murs parre-ombre pour l’été, ça réduit de façon appréciable les coûts de chauffage.

    Pour le système de facturation progressive, je suis d’accord. À mon avis, les palliers actuels ne sont pas suffisament développés, et l’on ne met pas l’emphase là-dessus en s’adressant au consommateur, ce qui est un gros moins.

    Quant à l’IEDM: je questionne son existence. Cette institution ne mérite pas d’exister, car elle n’amène rien aux Québécois. C’est mon opinion. Si une majorité des Québécois est d’accord avec moi, je crois que oui, on aurait le droit de saborder ce truc. Même chose avec toute institution que la majorité de la population désapprouve. J’appelle cela une institution, car l’expression américanisée « think tank » fait référence au mot « penser » alors que leurs textes argumentatifs font plutôt référence à « compter », souvent en négligeant de balancer les équations, d’ailleurs, comme l’ont montré plusieurs recherches en industrie laitière qui contredisent leurs positions…

  15. lutopium said

    @Alexis: d’accord avec toi et Derteilzeitberliner (faudrait trouver un sobriquet, c’est long à écrire…), pas question ici de museler l’IEDM. Faut simplement le dénoncer et trouver le moyen de financer nos propres groupes de pression. La société civile est pas mal frileuse ces temps-ci…

    @Manx: je me pose la même question: pourquoi le Québec n’est-il pas dans la business des éoliennes? Ça doit ben faire l’affaire de quelqu’un…

  16. Kevin said

    « Quant à l’IEDM: je questionne son existence. Cette institution ne mérite pas d’exister, car elle n’amène rien aux Québécois. C’est mon opinion. Si une majorité des Québécois est d’accord avec moi, je crois que oui, on aurait le droit de saborder ce truc. »

    AYOYE!!!!! Vous réalisez ce que vous dites en ce moment? L’appanage des constructivistes, c’est de vouloir créer la société comme on crée un système électrique. On choisi qui fera quoi et on décide de tout dans les détails de manière centralisée.

    L’IEDM est un organisme PRIVÉ payé par des fonds PRIVÉS qui appartiennent à des intérêts PRIVÉ. C’est une organisation qui a autant de raison d’exister à la base qu’une « association des propriétaires de voiture fushia du bas-st-laurent ».

    Commentaire absolument hallucinant!!! Vous croyez que par une majorité démocratique, on peut décider de qui peut s’associer avec qui? Au nom de quel droit les québécois peuvent-ils faire fermer une organisation privée? Expliquez-moi ça parce que je suis totalement désemparé. Ça veut dire que si je pars une organisation de… je sais pas moi, fan club de batman, que la majorité des québécois aiment pas ça, ils peuvent m’interdire de former l’organisation? Si c’est pas du fascisme c’est quoi?

    Pour ce qui est des recherches en industrie laitière, j’aimerais beaucoup avoir les articles, je suis curieux de lire ça. J’aimerais beaucoup avoir des justification sur un cartel supervisé par l’état.

    « Si, d’ailleurs tout le monde le fait. C’est chiant, un robinet qui coule. Il y a plus que la concurrence dans l’efficacité; on appelle ça l’information, la conscientisation et la prise de décisions. Les gens n’agissent pas seulement parce que le choix est économique, heureusement. Ce serait assez cave. »

    Vous êtes dans le champ là dessu, tout le monde calcule. Dans tout ce qu’on fait, on calcule le coût et le bénéfice. Ce n’est pas nécessairement monétaire. Par exemple : je prends le transport en commun ; pour des raisons financières ; pratique ; écologique. Le simple calcul comptable est stupide, il n’inclut pas tout les coûts.

    Autre exemple : ce matin j’ai le choix de snoozer et dormir une demi-heure de plus ou de me lever et aller travailler. Le coût c’est pas juste une demi-heure de travail perdu, c’est aussi ma réputation d’employé, mes relations avec mon employeur, les justifications de mon retard.

    Oui si un robinet coule et que l’eau ne te coûte rien, la plupart des gens vont pas se presser pour le réparer et c’est tout à fait normal! Le gars évalue les coûts (la réparation, le temps de la faire et les inconvénients qui suivent, le temps de contacter le plombier) et les bénéfice (dans le cas de l’eau gratuite : sa conscience écologique.. qui est très variable d’une personne à l’autre) (dans le cas de l’eau tarifée : sa conscience écologique PLUS ce que ça lui coûterait de laisser le robinet comme ça). J’ai besoin de te faire un dessin et un sondage à grande échelle pour comprendre que dans le second cas, les gens vont beaucoup plus être incité à réparer leur robinet? Anyway c’était juste un exemple comme ça, le transposer à une isolation de maison est encore plus facile (mais complexe). C’est pas pour le fun qu’on nous embarque (et que les contribuables payent) dans des campagnes de sensibilisation (qui nous prend pour des enfants et des imbécile) pour contrer les effets pervers des mauvais incitatifs.

    Les prix sont de loin les meilleurs incitatifs.

    Bon les éoliennes astheur… c’est une grosse lubie, une grosse joke.. c’est pas efficace du tout. Demandez à n’importe quel ingénieur (justement, Carl-Stéphane Huot sur le QL a de bons articles là dessu) et il vous démontrera à quel point investir dans l’éolienne, c’est vraiment pas efficace. Bon en premier lieu, il faut les fabriquer, en fonction du climat de chaque région, des vents, de l’humidité, etc. Donc un coût moyen très élevé en partant parce que ce qui fit en Gaspésie fit pas à Montréal. Ensuite, elles sont fait en aluminium, qui prend de l’électricité pour les faire… oh well, c’est pas trop mal. Ensuite il y a l’efficacité énergétique ; lorsqu’une éolienne travaille… il faut d’abord du vent. Supposons qu’elle est concue pour des vents de 60 km/h, c’est sont point optimal. Si le vent est plus fort ou plus faible, elle perd de l’efficacité et à un certain point il faut la stopper pour pas la briser. De plus, c’est une énergie « burst », lorsqu’il y a du vent ça vas, sinon il faut l’accumuler dans des batteries (faites de métaux lourds) et les répartir sur un territoire gigantesque (parce que à l’unité, ça fait une quantité d’énergie risible.

    En gros tu te ramasses avec des éoliennes sur un territoire immense, qui coûtent une fortune, qui sont efficace 10% du temps, le reste du temps prennent des batteries monstrueusement polluantes, l’hivers viens compliquer les choses à cause des tempêtes, le verglas, la neige, le froid avec le métal. C’est hyper complexe à gérer, prend un investissement énorme et ne garantit absolument aucune stabilité.

    C’est bon comme complément, c’est bon dans des endroits comme un désert (où personne ne les entends ou les vois)(où les températures et les vents sont plus stables), c’est bon où il n’y a pas d’autre alternatives.

  17. Kevin said

    Au fait, vous vous questionnez et vous obstinez sur quel est la meilleure tarification de ci, de ça, facturer plus par ci, plus par là… Vous tentez de déterminer par des décisions centralisées le fonctionnement d’une société en entier. Qui détermine le prix des oeufs ou du poulet ce matin? Qui a décidé que le design des logiciel que j’utilise à mon travail seraient comme ça? Qui a décidé que les bouteilles d’eau serait fait en plastique?

    La société c’est pas une batch de décisions centralisées. La société c’est pas la coordination des gens par la décision intelligente de bureaucrates omniscients. La société c’est un amalgame de personnes avec des goûts, des aspirations et des habiletés différentes. De ce fait, dans une situation de concurrence et de liberté, le meilleur émerge : les logiciels les plus efficaces et les moins chers (bref le rapport entre les deux) sont les plus vendu. Si le prix des oeufs augmente, la quantité consommée par les ménages vas diminuer et le surplus d’offre vas réduire les prix pour arriver à une situation d’équilibre.

    Même la superbe commission canadienne du lait détermine pas la quantité offerte et demandé, elle ne fait qu’observer la demande et essayer d’ajuster l’offre en fonction. En gros, elle fait exactement ce qu’un marché ferait de manière automatique.

    Ça dlair trop compliqué à comprendre, continuez de dessiner la société sur une planche à dessin et lorsque les incitatifs que vous aurez instauré ne marcheront pas (sensibilisation, restriction, réglementation), vous augmenterez la quantité d’incitatif et d’ici peu, vous serez dans une société autoritaire qui vas contrôler chaque détail de la vie de chaque personne.

    Par exemple : notre système de santé est nationalisé. De ce fait, la santé de tous et chacun n’est plus une responsabilité individuelle mais collective. De ce fait, les problèmes de santé individuels ne le sont plus. Si je me met à consommer des mets gras, que je fume et que je bois, ce n’est pas seulement mon problème puisque j’engendre des coûts supplémentaires aux autres. De ce fait, ma vie privée ne l’est plus et l’état aurait la légitimité de venir fouiller dans mon assiette. Concrètement, ça fait des campagnes de sensibilisation (hey ça se peut tu nous faire payer pour la pub qu’on doit voir!!! Au moins les entreprises pigent dans leurs profits qu’ils ont ramassé préalablement!!), des réglementations sur la teneur en gras des produits et plein de patente compliquées que les restaurateurs et distributeurs doivent se soumettre. De ce fait aussi, la population ne se sent plus responsable de ses propre problèmes puisqu’elle n’a pas à en assumer le coût financier (et même le coût pratique, dans le cas où l’état corrige mes problèmes physiques que causeraient mes mauvaises habitudes). De ce fait, les listes d’attente s’allongent et les gens n’ont pas de complexe à se rendre à l’hôpital pour des problème ridicule. De ce fait, ma mère est morte sur une liste d’attente pour juste passer un petit IRM (à 43 ans)(liste d’attente de 6 mois)(c’est normal dans les années 2000 en occident?)

    Je le répète : la société n’est pas le produit du design intelligent de bureaucrates, une situation de concurrence fait émerger les meilleures opportunité, en autant que les rapports de force n’y sont pas mélé (ce qui inclus autant la criminalité comme la fraude, le vol, le meurtre, les menaces… mais aussi la force de l’état qui vient défaire les incitatifs)(comme une entreprise est plus incitée à entretenir ses relations avec des ministres plutôt que de développer des méthodes de gestions)(comme les gens au Québec gaspillent plus d’électricité que n’importe où en Amérique du Nord)(comme notre système de santé vaut pas de la marde)(comme notre système d’éducation est rendu à un DES qui vaut pas plus que le papier sur lequel il est imprimé)(comme notre superbe système de gestion de l’offre qui a boosté les prix du lait)(etc.)

  18. Manx said

    « Vous êtes dans le champ là dessu, tout le monde calcule. Dans tout ce qu’on fait, on calcule le coût et le bénéfice. Ce n’est pas nécessairement monétaire. Par exemple : je prends le transport en commun ; pour des raisons financières ; pratique ; écologique. Le simple calcul comptable est stupide, il n’inclut pas tout les coûts. »

    Exact. C’est pour cela que le monde change leur robinet. Je me fiche que ce soit pour quelle raison, mais c’est la preuve même que si inconsciemment il y a un calcul à faire, celui-ci ne se fait pas avec de l’argent uniquement. Elle met en parallèle différentes données. Là-dessus, on est d’accord, et c’est comme cela que toute décision doit être prise. Et c’est pour ça que même si c’est chiant et que ça prend du temps, on répare un robinet qui fuit assez rapidement.

    « AYOYE!!!!! Vous réalisez ce que vous dites en ce moment? L’appanage des constructivistes, c’est de vouloir créer la société comme on crée un système électrique. On choisi qui fera quoi et on décide de tout dans les détails de manière centralisée. »

    Je n’ai jamais dit cela. J’ai dit que si la majorité du Québec dit demain « L’IEDM, c’est de la merde! » comme ça l’est effectivement à mon avis, l’IEDM va mourir. D’elle-même. C’est le rêve de la liberté même que de voir les idéologies mourir avec l’abandon des gens. Petit point: je considère le parti marxiste-leniniste du Québec comme mort, même s’il existe encore. Je pense que tous les Québécois sont d’accord avec moi là-dessus, incluant certains dans la poignée d’électeurs qui ont voté pour eux. Je n’ai aucun scrupule à souhaiter la mort de l’IEDM dans ces termes et j’affirme même que c’est la liberté pure que de souhaiter sa mort.

    « Bon les éoliennes astheur… c’est une grosse lubie, une grosse joke.. c’est pas efficace du tout. Demandez à n’importe quel ingénieur (justement, Carl-Stéphane Huot sur le QL a de bons articles là dessu) et il vous démontrera à quel point investir dans l’éolienne, c’est vraiment pas efficace. Bon en premier lieu, il faut les fabriquer, en fonction du climat de chaque région, des vents, de l’humidité, etc. Donc un coût moyen très élevé en partant parce que ce qui fit en Gaspésie fit pas à Montréal. Ensuite, elles sont fait en aluminium, qui prend de l’électricité pour les faire… oh well, c’est pas trop mal. Ensuite il y a l’efficacité énergétique ; lorsqu’une éolienne travaille… il faut d’abord du vent. Supposons qu’elle est concue pour des vents de 60 km/h, c’est sont point optimal. Si le vent est plus fort ou plus faible, elle perd de l’efficacité et à un certain point il faut la stopper pour pas la briser. De plus, c’est une énergie “burst”, lorsqu’il y a du vent ça vas, sinon il faut l’accumuler dans des batteries (faites de métaux lourds) et les répartir sur un territoire gigantesque (parce que à l’unité, ça fait une quantité d’énergie risible. »

    Point de vue défendable. Une éolienne, si je me rappelle bien, ne fonctionne jamais à 100% de sa capacité. Mais si tu suis les articles sur l’énergie éolienne, on montre qu’une variation de vents de 10% change de 25% la production énergétique.

    http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6TFX-4NMDD4S-18&_user=458507&_rdoc=1&_fmt=&_orig=search&_sort=d&view=c&_version=1&_urlVersion=0&_userid=458507&md5=2945dfc45befa93eb90c1a92e51f3d4b

    C’est encore gérable et acceptable. Pour les éoliennes résistant au froid, Siemmens voulait construire une usine au Lac Saint-Jean qui assemblerait des éoliennes fonctionnant jusqu’à -40 deg. Celsius. Je crois que c’est suffisant pour dire que ça roulerait la majorité de l’année. C’est certain que certains jours d’hiver, en comptant le facteur vent et la sécurité, il faudrait les fermer, par contre.

    Il y a aussi des manières de gérer l’énergie éolienne. D’après moi (et sans chercher plus loin), l’endroit le plus réaliste pour les placer serait dans le Nord-du-Québec, le long des lignes qui mènent des centrales hydroélectriques au Sud, à condition d’avoir les moyens d’en assurer l’entretien. Ainsi, il serait possible d’évaluer l’énergie produite et de contrôler les débits de production d’hydroélectricité dans le Nord en fonction de l’électricité produite par les éoliennes. C’est ce qu’on fait habituellement avec l’énergie éolienne; on se garde une source contrôlable en backup (habituellement une centrale thermique au gaz naturel, mais le Québec a une situation particulière qui fait que l’on y préfère l’hydroélectricité) pour pallier à cette offre qui n’est pas constante. Les batteries pour stocker de grosses quantités d’énergie coûtent une fortune, de toute façon. Mais bon, c’est bien mignon l’éolien, mais en ce moment, ça ne représente pas 1% de la consommation mondiale d’énergie. La recherche dans le domaine rend la technologie assez prometteuse, car je dois t’avouer que les contrats qui se développent en Europe et aux États-Unis (entendons-nous pour dire que le Québec est un petit joueur au niveau éolien) génèrent des profits qui font avancer la recherche.

    D’ailleurs, dans la majorité des cas, l’isolation est la meilleure façon d’économiser de l’argent. Hydro-Québec donne même des subventions pour le faire (car ils économisent de l’électricité qu’ils peuvent revendre au Sud et à l’ouest). Ce n’est pas seulement un investissement écologique, mais aussi économique. Le problème, c’est que c’est vraiment beaucoup d’organisation de rénover sa maison.

    « comme les gens au Québec gaspillent plus d’électricité que n’importe où en Amérique du Nord »

    Je comprends; on est la seule place en Amérique du Nord avec notre climat qui se permet de se chauffer à l’électricité. Comme c’est à 96.7% de l’hydro, c’est même mieux de se chauffer à l’électricité qu’avec du mazout lourd. Et Dieu sait que le chauffage compte pour une grosse partie de la facture annuelle d’électricité.

    « Je le répète : la société n’est pas le produit du design intelligent de bureaucrates, une situation de concurrence fait émerger les meilleures opportunité, en autant que les rapports de force n’y sont pas mélé »

    Dans la quasi-totalité des cas, je te rejoins dans le début de la phrase. La société n’est pas le produit des bureaucrates et l’innovation vient des forces coordonnées entre l’État et les entreprises. Les gros secteurs d’innovation, à la base, viennent des domaines lucratifs ou ceux qui reçoivent de larges investissements (l’arrivée de l’industrialisation américaine comme on la connait maintenant date des années ’50, moment où les choppes d’artillerie au service du gouvernement ont été converties pour produire des biens de consommation). Le glycérol, employé comme explosif pendant la guerre, a servi par après à faire des savons et des cosmétiques. Apple vient de prendre des techniques de fabrication de l’armée pour fabriquer son nouveau « case » pour ses Macbook Air. Le LZR-Racer, nouveau maillot de luxe de Speedo qui tient environ 5 courses avant d’être trop usé, a été testé avec des techniques similaires à l’aérospatiale et avec des matériaux développés pour l’espace. Alors non, le développement actuel n’est pas le fait d’une gestion bureaucratique; mais c’est clair que ce n’est pas le fruit unique du libre-marché. C’est le fruit d’efforts coordonnés en recherche (belle réponse d’ingénieur, je sais ^^).

  19. Frankie said

    @ Kévin

    « Ça veut dire que si je pars une organisation de… je sais pas moi, fan club de batman, que la majorité des québécois aiment pas ça, ils peuvent m’interdire de former l’organisation? »

    Premièrement, dis-toi que ton fan club de Batman n’aurait pas la même visibilité, ni la même portée (médiatique) que l’IEDM. L’IEDM a une propension à vouloir détruire notre économie propre, fondée sur des bases progressistes et dont les principaux acteurs de cette économie distincte s’avèrent être d’excellents outils et d’excellents ‘buffers’ pour notre futur incertain. Mettre H-Q dans les mains du privé, c’est concéder une grande partie de nos cours d’eau à une poignée de gens, c’est concéder une hausse démesurée du prix du kilowattheure et c’est aussi d’accepter un contexte énergétique compétitif où H-Q privatisée rivaliserait avec des fournisseurs d’énergies impropres (gaz, charbon, …). Alors que présentement, nous produisons l’énergie la plus verte au pays à bas prix. Statu quo, stp !

    Lorsque les gens verront les réels desseins de l’IEDM, ceux-ci n’accorderont plus de crédibilité à l’organisation et celle-ci va mourir avec ‘l’usure’.

    Puis, pour ce qui est des éoliennes, je n’ai jamais été un partisan de celles-ci, étant convaincu qu’il y a beaucoup mieux comme énergies propres. Je pense entre autres aux fours solaires ainsi qu’aux recherches menées sur les propriétés piézoélectriques. Faudra être attentifs à leurs évolutions …

  20. derteilzeitberliner said

    Coupez mon nom comme vous voulez, je devrais me reconnaitre :p

    lutopium, je ne sais pas ce que tu entends par « marché de courtage » alors je vais t’expliquer la situation de l’électricité en Allemagne – marché ouvert depuis 2002.

    Le territoire allemand est partagé entre 4 entreprises qui possèdent les réseaux de distribution sur une région donnée ainsi que plusieurs, mais pas toutes, centrales de la région. Parmi ces 4, Vattenfall Europe – propriété à 100% de l’État suédois – dessert l’ex-RDA.

    Ces 4 entreprises, auparavant 8 avant une vague de fusion/acquistion, vendent aussi de l’électricité mais leurs prix sont généralement plus élevés que la compétition – formée de plus moins grosses entreprises qui possèdent leurs propres centrales.

    Comme pour le téléphone, les entreprises s’arrachent les clients et font tout pour te gagner. L’État encourage les consommateurs à aller chercher le meilleur tarif à même les sites internet gouvernementaux, mais les associations de type OPC s’en chargent également.

    L’avantage de la compétition n’est pas négligeable pour les écologistes: il est possible de s’abonner auprès d’une compagnie qui offre de l’énergie verte, comme de l’éolien, par opposition au nucléaire et au charbon. Les entreprises ont d’ailleurs l’obligation légale de révéler la provenance de leur énergie.

    À noter que l’électricité en Allemagne s’achète au « forfait », par exemple 2500 kwh pour 2 personnes, et se paie le plus souvent par année. D’ailleurs, comme la première année comporte des rabais, on suggère aux gens de changer d’entreprise à chaque 12 mois.

  21. derteilzeitberliner said

    Coupez mon nom comme vous voulez, je devrais me reconnaitre :p

    lutopium, je ne sais pas ce que tu entends par « marché de courtage » alors je vais t’expliquer la situation de l’électricité en Allemagne – marché ouvert depuis 2002.

    Le territoire allemand est partagé entre 4 entreprises qui possèdent les réseaux de distribution sur une région donnée ainsi que plusieurs, mais pas toutes, centrales de la région. Parmi ces 4, Vattenfall Europe – propriété à 100% de l’État suédois – dessert l’ex-RDA.

    Ces 4 entreprises, auparavant 8 avant une vague de fusion/acquistion, vendent aussi de l’électricité mais leurs prix sont généralement plus élevés que la compétition – formée de plus moins grosses entreprises qui possèdent leurs propres centrales.

    Comme pour le téléphone, les entreprises s’arrachent les clients et font tout pour te gagner. L’État encourage les consommateurs à aller chercher le meilleur tarif à même les sites internet gouvernementaux, mais les associations de type OPC s’en chargent également.

    L’avantage de la compétition n’est pas négligeable pour les écologistes: il est possible de s’abonner auprès d’une compagnie qui offre de l’énergie verte, comme de l’éolien, par opposition au nucléaire et au charbon. Les entreprises ont d’ailleurs l’obligation légale de révéler la provenance de leur énergie.

    À noter que l’électricité en Allemagne s’achète au « forfait », par exemple 2500 kwh pour 2 personnes, et se paie le plus souvent par année*. D’ailleurs, comme la première année comporte des rabais, on suggère aux gens de changer d’entreprise à chaque 12 mois.

    * Si je demande un prix sur les sites internet spécialisés, pour mon ancien code postal j’obtiens un tarif de 325€ pour 12 mois, et on me donnerait un certificat-cadeau de 125€ dans une agence de voyages

  22. derteilzeitberliner said

    Désolé pour le double, le premier peut être effacé 🙂

  23. @ Manx et Kevin: Puisque nous sommes dans une petite discussion sur l’éolien, ne nous privons pas pour renchérir!

    En tout premier lieu, Kevin, si les éoliennes n’étaient pas des investissements rentables, aucune entreprise privée ne désirerait en exploiter. Le dernier appel d’offres de 1000 MW n’aurait trouvé aucun preneur au Québec. C’est sans doute un argument simpliste, mais je ne vois pas honnêtement quelle entreprise se lancerait sciemment dans un projet déficitaire à moins de vouloir flouer quelqu’un.

    « De plus, c’est une énergie “burst”, lorsqu’il y a du vent ça vas, sinon il faut l’accumuler dans des batteries (faites de métaux lourds) et les répartir sur un territoire gigantesque (parce que à l’unité, ça fait une quantité d’énergie risible. »

    Le Québec dispose là de deux avantages notoires. D’abord, Hydro-Québec exploite déjà des barrages, ainsi qu’accessoirement quelques génératrices aux hydrocarbures et une centrale nucléaire. Pour avoir déjà visité des installations et un centre de distribution électrique, je sais de source sûre que tous ces barrages ne produisent pas simultanément. À chaque seconde du jour et de la nuit, des employés d’Hydro-Québec surveillent la demande électrique et les capacités de production à tous les barrages de la province; ils modulent l’ouverture ou la fermeture de turbines de manière à ne créer ni surcharge, ni panne. Comme de fait, je n’ai jamais vécu un seul coup de jus électrique ou panne qui soit due à une pénurie électrique majeure. On ne peut pas en dire autant à bien des endroits dans le monde. En implantant de l’éolien, il serait tout aussi facile de moduler la production des barrages selon la production des éoliennes. D’ailleurs, lorsque ces dernières fonctionnent, suivant ce modèle, on stocke automatiquement de l’énergie potentielle sous la forme d’eau dans les réservoirs en utilisant moins nos barrages. Simple, facile, et adaptable au système actuel: on oublie les piles.

    L’autre avantage, c’est notre vaste territoire. Il est si grand qu’il est presque impossible qu’en ayant des parcs éoliens dispersés dans le Nord du Québec aucun d’entre eux ne fonctionne à un moment donné. On se retrouve donc avec une moyenne de turbines en production qui équivaut plus ou moins à l’augmentation de notre production électrique.

    Cela explique aussi, Manx, pourquoi je veux que ce soit Hydro-Québec qui gère les éoliennes. On pourrait bien sûr créer une société semblable à la société de développement de la Baie-James pour l’implantation des éoliennes, mais la gestion de la distribution électrique doit entièrement appartenir à Hydro-Québec. L’entreprise d’état a tout ce qu’il faut pour gérer adéquatement la demande et la production. Je parle en outre d’implanter des éoliennes le long des lignes de transmission, et il serait possible d’impliquer les autochtones dans l’entretien s’ils le désirent.

    Autre point soulevé, les conditions variables, notamment la température, et le vent. La plupart des éoliennes fonctionnent avec des vents plutôt faibles (de 15 à 30 km/h): l’exemple des 60 km/h est à cet égard aberrant. Un centre de recherche consacré au givre existe déjà à l’UQAC, dans ma région, qui permet de repousser sans cesse les capacités des éoliennes dans les régions froides. Enfin, la cartographie des vents au Nord du Québec montre qu’il s’agit de l’un des sites les plus propices du monde (sinon le meilleur, paraît-il) à la production éolienne, avec des vents constants et puissants qui balaient un terrain relativement découvert, particulièrement dans les régions plus au nord.

    Ajoutez à cela que je ne parle pas du développement éolien massif du Nord du Québec dans une perspective à court terme. La mode actuelle est à l’octroi de contrats de 25 à 30 ans au secteur pour le développement éolien. Il existe toutefois une clause méconnue du public qui assure qu’au terme de ce délai, les éoliennes privées doivent être démantelées et les territoires occupés restitués à leurs propriétaires, le plus souvent l’État. D’ici ce délai, Hydro-Québec et la province peuvent se doter peu à peu d’une expertise dans le domaine de l’éolien. Enfin, le jour où des éoliennes vieilles et désuètes seront remplaçables par une technologie nouvelle, durable, plus productive et moins chère, notre État sera prêt à prendre le relais.

    Voilà mon idée de la façon dont ça peut se présenter.

  24. lutopium said

    @Kevin: merci pour les précisions, c’est apprécié! Je suis d’accord pour dire que l’IEDM a tous les droits d’exister. Sauf qu’il nous manque un certain équilibre. Personnellement, je trouve que la société civile québécoise n’est pas très impliquée dans ces débats. Regardons du côté des États-Unis, une multitude de groupes de pression se retrouvent des deux côtés. Ça amène un certain équilibre et ça permet de se faire une idée. Ici, au Québec, je trouve que les chambres de commerce et les groupes comme l’IEDM prennent beaucoup de place. Nous ne pouvons blâmer les gens d’affaires d’être bien organisés. Les mouvements progressistes devraient les imiter. Aujourd’hui, les énergies sont polarisées vers les groupes environnementalistes. Il faudrait que les idées politiques progressistes se dotent d’outils d’éducation et de revendications.

    @Manx: merci également pour toutes ces informations. Évidemment, les technologies éoliennes ne sont pas parfaites mais elles sont de loin préférables à celles qui utilisent le pétrole…

    @Frankie: il y a des gens d’affaires qui aimeraient mettre la main sur Hydro-Québec… Des personnages comme Paul Desmarais qui n’ont presque jamais démarré d’entreprises mais qui ont plutôt fait l’acquisition de compagnies existantes sont passés maîtres dans l’art des prises de contrôle. Et avec le jeu de l’IEDM et de son empire médiatique, les gens vont finir par céder…

    @Derteilzeitberliner: merci pour les informations instructives sur le marché énergétique de l’Allemagne. Réalités forts différentes… Pour en savoir un peu plus sur le couratge énergétique, je vous suggère la page Wikipédia sur Enron. Ça donne une idée des risques… http://fr.wikipedia.org/wiki/Enron

    @Alexis: et merci à toi pour ces précisions.

    Merci à tous pour les commentaires. C’est vraiment apprécié. En terminant, j’aimerais rappeler que la nationalisation de l’électricité a été acceptée démocratiquement par les québécois par voie d’élection référendaire. Si le Parti Libéral du Québec est sérieux avec le projet de privatisation, il devra passer par le même processus. Autrement, ça sera un acte antidémocratique. Rien de moins.

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