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Archive for mai 2008

La reine Michaelle Jean et le paradoxe haitien

Posted by lutopium sur 31 mai 2008

Les haitiens qui se sont installés au Québec, fuyant une île qui ne peut donner espoir à ses enfants, doivent être absolument convaincus que les québécois partagent leur fierté lorsqu’un des leurs accède à un poste prestigieux, réussit à faire publier un bouquin ou rejoint les meilleurs athlètes internationaux.  Ils doivent cependant comprendre une fois pour toutes que les québécois – du moins ceux qu’on dit « de souche » – n’acceptent plus la domination royale britannique, même si elle se complaît aujourd’hui dans le symbole et dans la dentelle.

Rappelons-nous qu’un récent sondage Angus Reid confirmait que 71% des québécois désirent « couper les liens officiels avec la monarchie ».  Il ne faut donc pas être surpris qu’ils ne donnent pas un appui inconditionnel à Mme Jean, même si pour plusieurs d’entre vous sa nomination est la preuve qu’un membre de votre communauté peut réussir et faire sa place dans la société québécoise.  Je crois que nous avons fait preuve d’une juste appréciation envers d’autres haitiens, en savourant le talent littéraire d’un Dany Laferrière et la détermination d’un Bruni Surin.

N’oubliez pas que nous nous sommes déjà considérés comme les nègres blancs d’amérique…  subordonnés pendant des années à la domination britannique et anglo-saxonne.  Jusqu’à la révolution tranquille, nos parents et grands-parents ne pouvaient pas accéder à des emplois décents car ils ne parlaient pas la langue des foremen.  Nous avons brisé les chaînes de l’esclavage économique et nous espérons que tous les peuples d’origine africaine accèderont eux aussi à la liberté et à la justice.  Si vous ne me croyez pas, vous pouvez toujours vérifier auprès de l’époux de votre reine, lui qui a signé le documentaire « La liberté en colère ».  Soyez tout de même assurés que nous sommes solidaires de vos revendications.

La nomination de Mme Jean au poste de gouverneure générale du Canada ne nous a pas emballé autant que certains membres de la grande famille haitienne québécoise.  Nous avons tout de même espéré qu’elle utiliserait son statut privilégié afin de convaincre le premier ministre que le Canada devait jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction d’Haiti, d’y enrayer la pauvreté extrême qui la frappe encore aujourd’hui et d’y installer une vraie démocratie.   Je ne suis pas certain que Mme Jean et le gouvernement du Canada aient déployé tous les efforts pour démontrer une vraie solidarité envers les haitiens.

Lorsque j’aperçois les haitiens dans les rues de Port-au-Prince exigeant l’accès à la nourriture de base, j’ai encore plus de difficultés à endosser l’aristocratie britannique avec ses rituels, ses excès et son implication doûteuse dans la diplomatie. Ce n’est pas en devenant une reine au service d’une monarchie inutile, associée au colonialisme néo-libéral, qu’une femme autrefois préoccupée par la justice sociale et l’égalité des peuples pourra nous convaincre aujourd’hui qu’elle fait « la promesse de tout mettre en branle pour que désormais et en tous lieux, les forces de la création et de la fraternité triomphent des forces de la destruction et de la haine. »

Photo : Dimitri P. – Flickr

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Le défi imprévu d’un Parti Bleu

Posted by lutopium sur 28 mai 2008

J’ai encore eu un de ces drôles de rêves.  Ça m’arrive lorsque je bois de l’eau de source…  On devait être quelque part après 2010, ça commence devant l’écran de l’ordi.  J’essaie de digérer les résultats de l’élection provinciale.  J’écoute attentivement l’annonce de rhum – comme on semble nommer cette vieille tradition du chef de pupitre – qui nous apprend que le Québec vient d’élire le Parti Libéral du Québec, qui formera un gouvernement minoritaire avec Philippe Couillard comme premier ministre. 

J’aperçois un cahier de La Presse sur le bureau et examine les résultats d’un sondage CROP-La Presse qui donnait déjà les libéraux gagnants avec une forte marge.  Personne ne semble surpris des évènements de la soirée, à l’exception, peut-être, de la performance du Parti Bleu du Québec qui râfle la troisième place, derrière le Parti Québecois et devançant Québec solidaire qui se console d’un 4% des votes.  Bizarre, ni l’Action Démocratique, ni Mario Dumont ne semblent participer à cette élection…

Le chef du Parti Bleu, Adrien Villeguy, nage dans l’euphorie.  Grâce à une vingtaine de députés, il parle déjà d’une coalition avec les libéraux.  À un journaliste qui lui demande comment il explique les résultats de la sorée, M. Villeguy explique que les québécois se sont identifiés à l’approche de sa formation politique.  « La gauche et la droite, ça n’existe plus » lance-t-il en rappelant que le slogan du parti – « Nous Sommes Tous Bleus » – démontre que la population est très préoccupée par la fonte des glaciers et qu’elle demande au gouvernement et aux entreprises de remédier à la situation.

Le bonheur des uns semble toujours faire le malheur des autres si on regarde du côté de Québec solidaire…  La popularité du Parti Bleu semble préoccuper les membres de la formation de gauche et l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous avec Françoise David.  Il semble que le mouvement écologiste et les partis progressistes aient finalement réalisé qu’ils se battent entre eux pour gagner la sympathie des électeurs, et le gagnant a bien choisi sa couleur. 

Un blogue affiche quelques informations sur les récents affrontements survenus entre les groupes environnementalistes et la gauche québécoise.  On peut lire que les écologistes énarvent Léo-Paul Lauzon et qu’ils sont loin d’être d’accord sur l’augmentation des tarifs d’électricité.  Le diable semble être pogné dans mon écran, je lis maintenant un billet de Jack Layton qui explique la position du NPD qui semble déplaire à Stéphane Bilbeault d’Équimerre.  Il est plus que temps que ce cadran me réveille…

Revenu à mes sens, j’ai encore cette interrogation: est-ce que l’existence de la gauche politique est compromise par l’arrivée d’un parti écologiste qui désire occuper l’échiquier politique?

Photo : Peter Vanallen – Flickr

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Julie Couillard et l’ambition dévoilée d’un ministre incompétent

Posted by lutopium sur 27 mai 2008

Bienvenue sur le blogue lutopium.  J’y présente ici des informations et des opinions sur l’actualité politique québécoise et canadienne.  Régulièrement, je tente de dévoiler les ambitions démesurées de certains politiciens, j’essaie d’expliquer les liens qui se tissent entre le monde politique et certains projets économiques et j’invite les citoyens à s’impliquer dans la sphère politique afin d’influencer certaines décisions qui impactent notre quotidien.

L’intérêt pour la monarchie, les vedettes du monde artistique et les gens qui accèdent à la popularité ne date pas d’hier.  Je ne saisis pas toujours les raisons qui justifient la passion que certaines gens peuvent avoir pour les stupidités d’une Paris Hilton, les projets d’une Britney Spears ou la vie privée d’un Michael Jackson.  Chose certaine, l’industrie du potin est en grande santé et semble vouloir perdurer.

Revenons à Madame Couillard.  Peu importe les raisons qui l’ont rapproché de l’ex-ministre Maxime Bernier, son apparition dans l’actualité de la politique canadienne nous permet encore une fois de constater que l’ambition et la soif de popularité n’ont pas leur place au sein de l’appareil politique.  Comme nous l’a démontré Sylvie Tremblay lors de son passage à Tout Le Monde En Parle et plusieurs autres députés avant elle, lorsque quelqu’un décide de se présenter en politique pour élargir son réseau de contacts ou accéder à la vie des riches et des célèbres, il est presque certain que les vraies ambitions seront dévoilées un jour ou l’autre.  Les véritables raisons qui vous ont amenées à vous lancer en politique risquent d’être dévoilées au grand jour car les journalistes veillent au grain.  Ils sont nos chiens de garde, ils doivent surveiller le bon fonctionnement de la démocratie.  Ce n’est pas toujours évident pour eux mais ils ont maintes fois prouvé qu’une information anodine peut faire tomber un gouvernement.  Rappelons-nous le scandale des commandites…

À mon avis, non seulement Maxime Bernier devait-il démissionner de son poste de ministre, mais il doit également laisser son siège de député.  Comment peut-il redonner confiance aux électeurs du comté de Beauce et à tous les militants qui essaient de rebâtir le Parti Conservateur au Québec?  Les membres des partis politiques et les citoyens doivent être très prudents lorsqu’un membre influent de leur communauté se présente à une investiture ou aux élections…  Ne vous fiez pas aux apparences et aux curriculum vitae des candidats!  Se vanter d’avoir été vice-président de l’Institut Économique de Montréal, président de la Standard Life ou conseiller de Bernard Landry ne prouve rien.  Il faut démasquer les ambitions des politiciens.  C’est essentiel pour la démocratie.

Ne vous inquiétez pas, Julie Couillard s’en sortira assez bien…  Heureux de votre passage chez moi, revenez faire un tour de temps en temps!

Illustration : Coghill – Flickr

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Le calvaire du peuple

Posted by lutopium sur 24 mai 2008

«Que l’Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l’histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l’intégration de chacun à notre nation dans un esprit d’ouverture et de réciprocité, et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique, représenté notamment par le crucifix de notre salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions

C’est par cette prière que nos élus ont souligné le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.  Comme des élections générales peuvent être déclenchées à tout moment et que les trois partis aspirent au pouvoir, nos députés ont unanimement appuyé cette motion qui ressemble beaucoup plus à une marque de séduction envers les électeurs qu’à l’expression authentique d’un désir de changer l’ordre des choses.  Plusieurs s’attendaient à une réaffirmation de l’identité québécoise alors que d’autres espéraient des méthodes pour encadrer la coexistence de différentes traditions.  Nos formations politiques préfèrent pour l’instant conserver le crucifix au salon bleu.  Doit-on croire en un attachement aux valeurs chrétiennes d’amour, de fraternité et de partage ou simplement tracer un lien vers un Jésus chuchotant au président de l’assemblée: « pardonnez-leur, les députés ne savent pas ce qu’ils font… »

Suite à la sympathie reconfirmée des québécois pour leur premier ministre, les conseillers du Parti Libéral ont peut-être trouvé une méthode efficace pour projeter l’image patriarcale du chef de notre gouvernement minoritaire…  Du haut de sa colline parlementaire, Jean-Baptiste Charest nous donne l’impression de tendre la main vers le peuple en lui promettant que le fils de Dieu conservera sa place dans la maison et qu’il guidera les décisions qui l’attendent.  Le vote de l’âge d’or est sécurisé.

On a parfois l’impression que les politiciens alimentent les débats sur le nationalisme et les traditions afin de distraire l’opinion publique.  Comme plusieurs québécois, je préfèrerais que l’Assemblée nationale se concentre à sécuriser l’existence même de notre langue, qu’elle facilite l’intégration des gens qui veulent s’installer ici avec nous, qu’elle force les ordres professionnels à reconnaître les diplômes détenus par les immigrants, de confirmer l’égalité entre les femmes et les hommes et qu’elle trace les balises du raisonnable et de ce qui ne l’est pas.

Je ne croyais pas qu’on mettrait une croix là-dessus.

Photo: Excaliburrom – Flickr.  Ce billet a également été publié sur Un Homme En Colère et sur Cent Papiers le 23 mai 2008.

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La belle Canada pour pas cher!

Posted by lutopium sur 19 mai 2008

Plusieurs analystes financiers l’avaient prévu : les banquiers veulent maintenant réviser l’offre visant l’acquisition et la privatisation de Bell Canada.  Suite aux récents déboires qu’ils ont subit sur le marché américain des « sub-prime » et des prêts « à risque », les institutions, représentées par la Deutsche Bank, Citigroup et la Royal Bank of Scotland,  ont fait savoir aujourd’hui qu’ils « ont transmis de nouvelles conditions au groupe d’acheteurs.  Les modifications incluent une hausse des taux d’intérêt, des règles d’emprunt resserrées et des protections accrues pour les banques, amenant des changements majeurs à l’offre initiale… »

Cette transaction confirmera la disparition de la plus importante entreprise canadienne transigée en bourse.  La firme Teachers, représentant les intérêts des professeurs syndiqués et retraités de l’Ontario, est sur le point de s’approprier un des joyaux de l’économie canadienne : le « Bell Téléphone ».  Monopole choyé et protégé par les règles gouvernementales depuis plus d’un siècle,  la compagnie québécoise (BCE a son siège social à Montréal) quittera les bourses de Toronto et de New-York vers les portefeuilles privés du fonds de retraite ontarien, de deux firmes américaines spécialisées le capital-investissement (private equity) et de quelques baîlleurs de fonds.  Des milliers d’actionnaires et de fiduciaires récoltant les habituelles dividendes de ce géant canadien des télécommunications lègueront une partie du patrimoine économique à une poignée d’investisseurs institutionnels.

Lorsque Bell Canada était encore une entreprise publique – liée aux votes des actionnaires et soumise aux exigences des agences de règlementation – les propriétaires, les journalistes et les citoyens pouvaient apprendre facilement ce que prévoyait faire l’entreprise avec les profits générés année après année.  Durant ses années de gloire, Bell Canada a pris quelques risques pour de diversifier et compte aujourd’hui plus de 54 000 employés .  Pionnière de la téléphonie en Amérique du Nord, partenaire de Northern Electric dès 1882 – qui deviendra plus tard Nortel Networks dont elle se départira en 1998, Bell a investi des sommes considérables dans les domaines de l’énergie, de l’immobilier et de l’informatique sans toujours en récolter les dividendes.  Sous le règne de Jean Monty, BCE s’est intéressée au commerce électronique (Emergis, Sympatico), aux satellites (Telesat) et aux médias d’information (CTV, Globe and Mail, TSN).

Rappelons-nous qu’au printemps 2007, quelques grands investisseurs se sont mis à rogner contre les « pauvres performances » de la compagnie de téléphone.  Ayant appris les rumeurs qui voulaient que BCE avait déjà commencé des pourparlers avec les américains, Teachers se déclara intéressée et se joignit à la table.  Il ne s’en fallait pas plus pour rallier des investisseurs avec des dollars plein les poches et des accès privilégiés au crédit pour forcer BCE à se laisser acheter par les grands sauveurs de l’économie de marché et disciples de la croissance économique.

Les sorties publiques de Teachers allaient porter fruit.  Le 30 juin 2007, le conseil d’administration de BCE décide d’appuyer l’offre à 42,75 par action, une transaction évaluée à 51,7 milliards.

Les gouvernements, les journalistes et les analystes financiers ont été très discrets sur cette transaction.  À l’exception des retranscriptions habituelles des communiqués de presse de BCE, rares ont été les experts à nous expliquer les bénéfices et les désavantages de la privatisation de la plus grande entreprise canadienne.  Pourtant, au même titre que l’on tolère indiscutablement le passage des pôteaux de téléphone dans sa cour arrière, il est surprenant que la notion de propriété collective n’est pas été remise en question.  Est-il nécessaire de rappeler que ce sont les « consommateurs » et entreprises qui financent la construction, la modernisation et l’exploitation de ses réseaux depuis plus de 125 ans?  Vous vous souvenez des fréquentes approbations du CRTC visant à permettre à Maman Bell d’investir dans le remplacement de ses installations?

Si les « lois naturelles du marché » ont subtilement décidé de retirer cette entreprise des mécanismes boursiers, il me sera difficile de critiquer telle transaction.  Je trouve tout de même étrange qu’aucun politicien, spécialiste ou journaliste n’ait songé deux minutes à soulever quelques interrogations, au moins pour lancer le débat.  Car il y a ici un grand danger pour l’économie québécoise : les nouveaux propriétaires (dont la majorité canadienne exigée par la loi est questionnée) pourraient être attirés par la vente d’actifs, la sous-traitance, l’impartition ou le démantèlement de filiales.  Qui aurait cru qu’une entreprise d’une telle importance ne serait plus obligée de produire des rapports financiers et partager des informations importantes reliées à des services essentiels?

Et comme les grandes entreprises du merveilleux monde des affaires occidental n’a pas encore été en mesure d’implanter des règles de saine gouvernance, les dirigeants actuels de BCE se répartiront des dizaines de millions de dollars en primes de toutes sortes, que la transaction se concrétise ou non.  Pendant ce temps les lecteurs du Journal de Montréal trouvent que les salaires des techniciens de Bell sont trop élevés…

Mise à jour le mardi 20 mai AM: Le Devoir publie les derniers développements, tels que rapportés par l’agence Presse Canadienne.  Sophie Cousineau, journaliste à La Presse, discute du dilemne se présentant aux actionnaires.  Une bonne synthèse des évènements est présentée par le Globe and Mail.

Mise à jour le jeudi 22 mai AM: Non seulement les acheteurs désirent-ils réviser les conditions du contrat, voilà qu’un autre pavé vient embrouiller la transaction. Suite à un jugement prononcé hier soir (le 21 mai vers 19h00), la Cour d’Appel du Québec n’autorise pas la transaction car, selon les juges, « … BCE n’a jamais pu démontrer en quoi un arrangement ayant un impact économique négatif pour les porteurs de débentures et des bénéfices importants pour les actionnaires puisse être équitable et raisonnable… »

Sur le site Cyberpresse, l’analyste Joseph MacKay de Desjardins suggère « …que le projet de privatisation ne se concrétisera pas en raison des récents développements… »

Photo : Su Bee – Flickr

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Blogueur et patriote citoyen

Posted by lutopium sur 19 mai 2008

En cette journée nationale des Patriotes, je souhaite une longue vie aux blogues politiques et à ceux et celles qui font la promotion d’idées visant la sauvegarde de la planète et la justice sociale!  Même si ces patriotes ont marqué notre histoire il y plus de 170 ans, leur combat contre « l’occupant militaire colonial » peut servir d’inspiration à ceux qui croient encore au pouvoir des citoyens…  Reprenons notre place sur l’échiquier politique!

« … Notre Patriote-citoyen a le choix des armes. L’écologiste porte un arbre, l’alterjournaliste un crayon, le cinéaste une caméra, etc. De ce fait, l’icône du Patriote permet de véhiculer une pluralité de messages liés à «l’engagement citoyen», forme privilégiée de l’engagement patriotique contemporain.

En cette ère de mondialisation, le territoire qu’il nous importe d’explorer est autant physique que culturel. Notre Patriote est plus que jamais engagé dans la défense et l’épanouissement de son identité culturelle. C’est le combat d’un jeune Québécois, d’une jeune Québécoise qui, en s’ancrant dans son époque, agit pour édifier sa nation. Ce «combat» concerne tous les champs de l’activité humaine ainsi que tous les niveaux de hiérarchie de l’organisation sociale… »  – À la défense du Patriote Nouveau, par Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier.

Citoyens, bonne fête des Patriotes!

Dessin tiré d’une publicité pour Manifeste en Série

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Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire

Posted by lutopium sur 17 mai 2008

Suite au plan d’action proposé par Mme Pauline Marois le 16 mai dernier, qui tend la main aux québécois de toutes allégences afin de consolider les énergies nécessaires à la défense du projet souverainiste… Et en réaction à la question que me pose la blogeuse du PQ sur le site Bon Blogue Bad Blogue, j’ai réalisé que je ne pourrais pas mieux m’exprimer que par les mots qu’a prononcés Jean-Pierre Charbonneau le 17 septembre 2004.  Le débat n’a guère changé depuis 4 ans, voici donc quelques pistes de solutions intéressantes que nous pourrions explorer…

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire:  créer une véritable coalition de partis politiques

Par Jean-Pierre Charbonneau – Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l’Assemblée nationale du Québec. Tribune libre de vigile.net, le 17 septembre 2004

« Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l’essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d’un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d’un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.

Tout ce brassage d’idées est bien et pertinent. Cependant, il n’est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d’aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d’aujourd’hui de rallier en son sein et derrière lui tous ceux et celles qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n’y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.

Il est vrai que, dans le cadre actuel d’un mode de scrutin à l’anglaise, un parti peut prendre le pouvoir avec l’appui d’une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l’électorat. C’est d’ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l’esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux et celles qui, au fil des années de gouvernance provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque. On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu’il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l’insertion de divers clubs politiques autonomes, tels Les syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) qui vient d’être reconnu formellement au dernier Conseil national.

Cette façon de voir et faire les choses n’est pas en soi mauvaise. Elle n’est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d’aujourd’hui n’est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l’Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leurs électorats quitter pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l’ADQ de Mario Dumont et ceux de l’Union des forces progressistes ou de l’Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.

La conséquence de cela est donc très évidente : tous ces partis vont aux prochaines élections générales se diviser les votes anti-gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si au PQ on refuse actuellement d’envisager ce scénario et de s’y préparer, l’évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu’aux dernières élections d’avril 2003.

Quoi faire alors ? D’abord constater que tous ceux et celles qui depuis 15 ans ont envisagé un jour ou l’autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard, sont aujourd’hui pour la très grande majorité ailleurs qu’au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l’ADQ, à l’UFP, au Parti vert, à l’Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67% de la population aux lendemains de l’échec de l’Accord du Lac Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd’hui 58% de l’électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens et citoyennes farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.

Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l’échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d’hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bi-partiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une alternative solide et enthousiasmante. Ce Ralliement pour le Québec, s’il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toute la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour lancer à la fois la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise pour mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et pour remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle…

… La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire, car elle implique l’utilisation d’un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste à la condition, bien sûr, que tous et toutes fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles. Robert Bourassa aurait pu faire l’Histoire s’il avait eu le courage d’aller au bout de ce qu’il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd’hui, tous les chefs politiques du Québec à l’exception de Jean Charest peuvent sortir le Québec de l’impasse et faire l’Histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage pour le faire? Je le souhaite. »

Photo (muraille en l’honneur des Patriotes de 1837-1838 au Bas-Canada – Métro Papineau) : L’Hibou – Flickr

Bon congé des Patriotes à tous.  God f… the Queen!  😎

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A fond les gaz avec Desmarais et Gazprom

Posted by lutopium sur 15 mai 2008

Y’a des jours comme ça où les coincidences sont étonnantes…  Ce matin, à la lecture de la première page du journal Métro, j’y apprend que notre premier ministre Jean Charest nous confirme que « le moment est propice pour vendre l’idée d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne et insiste sur l’importance des mois à venir pour assurer le succès du projet ».  Je me demande bien pourquoi et qu’est-ce qui explique cet empressement.

Un peu plus tard dans la journée, lors de la réception du courriel quotidien de La Presse Affaires, je suis surpris de constater que le vice-président de Gazprom, Alexander Medvedev, a profité de sa visite aux championnats mondiaux de hockey à Québec pour faire une annonce importante.  M. Medvedev a donc confirmé la signature d’un « accord selon lequel Gazprom sera un des actionnaires du terminal méthanier et contractera la pleine capacité des activités de regazéification ».

Il semble donc que les négociations ont été fructueuses et que le projet Rabaska pourra maintenant compter sur le géant russe afin de s’approvisionner en gaz naturel et répondre ainsi à la demande nord-américaine.

Le site Cyberpresse, afin de paraître un tantinet objectif, prend également le soin de publier un autre article s’intitulant : « Qui a peur de Gazprom? ».  Un titre comme celui-là nous laisse croire qu’on y découvrira des faits « occultes » et des mises-en-garde contre cette fierté du gouvernement Poutine (Gazprom est une société d’état).  Rien de cela. Au contraire, l’article est particulièrement élogieux envers la plus grande entreprise de Russie et on y découvre même qu’elle possède « les réseaux de télévision NTV et TNT, six stations de radio, huit publications quotidiennes, une maison de production, des cinémas, une compagnie de publicité, une compagnie d’ingénierie et vient de faire l’acquisition de Youtube version russe, soit RuTube ».

Je savais qu’un des partenaires de Rabaska, Gaz de France – dont Power Corporation (le propriétaire de La Presse) est un important actionnaire, avait des atômes crochus avec Gazprom.  Mais je réalise tout à coup que le premier exportateur mondial de gaz naturel et la famille Desmarais ont tous deux des intérêts importants dans les médias d’information de leurs pays respectifs…

Ça doit aider à faire la promotion des projets économiques, non?

Photo: EmerEmer- Flickr

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Le deuil politique de Mario Dumont

Posted by lutopium sur 13 mai 2008

La plupart des obsvervateurs de la scène politique québécoise, incluant votre humble serviteur, avaient prévu la déconfiture de l’Action Démocratique lors des élections partielles qui se sont tenues hier dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, Bourget et Hull.

Ce n’est pas la première fois que Mario Dumont subit la défaite.  Il a démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait revenir encore plus fort.  Cependant, cette cuisante défaite doit être difficile à encaisser suite aux résultats des élections générales de 2007 où son parti avait récolté 31% des votes et 41 sièges à l’Assemblée Nationale, devenant ainsi l’opposition officielle.  Chose certaine, les personnalités publiques qui songeaient à représenter les couleurs de l’ADQ aux prochaines élections y songeront à deux fois avant de faire le saut en politique.  La cuisante défaite de Denis Mondor et Diane Bellemare démontrent que la loyauté des électeurs envers le Parti Libéral et le Parti Québécois est plus importante que l’attrait pour des candidats prestigieux d’un jeune parti qui prône le changement.

Mario Dumont doit avoir des cauchemars par les temps qui courent. Ça ne doit pas être agréable de se réveiller en pleine nuit avec des images de Sylvie Tremblay qui le traita de dictateur lors de son passage à Tout Le Monde En Parle le 27 avril dernier…  J’ai l’impression que ce cette visite de Mme Tremblay sur le plateau de Guy A. Lepage n’a pas aidé la cause de l’ADQ. 

Mon prognostic tient toujours : Mario Dumont démissionera de son poste après les prochaines élections générales où l’ADQ récoltera moins de dix sièges et entre 14 et 17% des votes.  Il sera peut-être tenté de joindre les rangs du Parti Libéral où il pourra au moins devenir ministre et terminer sa carrière politique avec un peu plus de flamboyance.  On doit finir par se lasser de donner des coups d’épée dans l’eau…

En terminant, quelques questions : suite aux résultats obtenus dans Bourget et sa récente défaite à la course à la chefferie, est-ce Scott McKay demeurera au Parti Vert du Québec?  Est-ce que Mario Dumont redonnera son appui pour la réforme du mode de scrutin vers une méthode proportionnelle?  Qu’adviendra-t-il des instances locales et régionales de l’ADQ qui connaissaient déjà quelques problèmes organisationnels?

Photo: Penzance – Flickr.   (À la demande générale, la photo a été changée le 16 mai)  😎

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Un projet rassembleur pour Alexis

Posted by lutopium sur 8 mai 2008

Il m’arrive régulièrement de me faire identifier comme un étatiste, un gogauchiste et même un gérant d’estrade.  Récemment, un personnage se présentant sous le pseudonyme de Tenace, me lançait : « …on critique, on attaque, on choisit judicieusement « un » cas que l’on monte en épingle pour mieux le vilipender mais surtout, on se garde bien de proposer une alternative crédible. »

C’est bien mal me connaître.  Je ne sais pas pourquoi le blogueur Davidg, connu maintenant comme l’Anarcho-pragamatiste, ne cesse de me traiter également d’étatiste, comme si j’étais obsédé par l’existence même du gouvernement et que sans ses structures et ses services, je serais complètement perdu.  Je ne sais pas pourquoi, les libertariens et certains anarchistes semblent convaincus que l’entreprise privée traiterait mieux les citoyens dans un monde où le libre-marché et la primauté des libertés individuelles seraient maîtres et roi…

Je commence à en avoir marre de ces étiquettes qui sont utilisées à outrance et qui finalement, n’amènent rien au débat des idées.  Bien oui, je suis de gauche, à défaut d’être de droite ou de choisir le confort du centre.  Je ne suis pas communiste, je crois comme vous que Staline était fou allié et que les cubains ont également droit à plus de liberté. 

Ceci étant dit, j’aimerais répondre aujourd’hui à l’invitation lancée par Alexis St-Gelais où il demande aux blogueurs politiques de lancer « un projet d’envergure que nous aimerions voir se réaliser au Québec ».  J’en ai trois comme ça, les voici :

Projet politique :

Il est grand temps que le Québec modifie le système électoral.  La méthode actuelle, héritée de notre domination britannique, ne permet pas aux nouvelles idées politiques de faire leur place dans les débats.  Les partis alternatifs comme le Parti Vert du Québec et Québec solidaire ne sont plus des phénomènes marginaux.  Aux dernières élections provinciales, c’est près de 300,000 québécois – soit plus de 7% des votes, qui ont appuyé ces deux formations politiques.

Tous les partis politiques ont exigé le passage vers un mode de scrutin de type proportionnel.  Ça fait plus de quarante ans que le Parti Libéral et le Parti Québécois débattent de cette possibilité.  Comme le nous rappelle Paul Cliche dans le livre Libérer les Québecs, « Le premier ministre Lévesque, lui, avec son franc parler, ne s’était pas gêné, en 1972, pour qualifier le mode de scrutin actuel de démocratiquement infect ».  À une époque pas tellement lointaine, Mario Dumont exigeait lui aussi la révision de la méthode actuelle afin de permettre aux nouveaux partis d’accéder à l’Assemblée Nationale.  Le ministre des affaires intergouvernementales, M. Benoit Pelletier, allait encore plus loin, en publiant une lettre dans le quotidien Le Soleil – quelques semaines avant un projet de loi qui devait aller dans ce sens, où il mentionnait : 

 « Ceux qui auront à changer le plus leurs pratiques au cours de cette évolution, ce ne sont pas les citoyens, mais bien les partis politiques. Le citoyen ne pourra que sortir gagnant de ce genre d’exercice, puisqu’il aura la certitude que son vote comptera et que sa volonté sera mieux considérée. Si cette volonté entraîne des gouvernements de coalition dans certains cas, il incombera alors aux partis et non aux citoyens de s’ajuster. Leur survie dépendra de leur capacité de s’adapter et de travailler ensemble. »

Projet pour l’économie et l’environnement

J’aimerais tout simplement reprendre ici une idée que j’ai lancée le 18 janvier dernier où je suggèrais l’implication du Québec dans la construction de petits véhicules électriques :

Lors du salon de l’automobile de Montréal, le groupe français Dassault a présenté la toute nouvelle version de sa voiture électrique Cleanova. Le moteur a été conçu par TM4, une filiale d’Hydro-Québec qui a commandé quelques véhicules l’an dernier.

Ça fait des années qu’on entend parler de ce projet et, finalement que le produit est commercialisé, le Québec n’est pas dans la course. Le lancement d’une usine de fabrication de voitures électriques à 100% serait le type de projet mobilisateur où le talent et la détermination rassembleraient les québécois. Serait-il permis de penser que des entreprises comme Bombardier, Prévost et Hydro-Québec puissent s’associer avec Dassault pour construire une voiture électrique au Québec… abordable, même sans contribution gouvernementale? Ça nous ferait un p’tit retour sur investissement! Ça nous aiderait à atteindre les objectifs de réduction des GES.

Une idée comme celle-là est probablement irréalisable ici au Québec, me direz-vous. Manque de liquidités? Ingérance gouvernementale? Forces naturelles du marché s’opposant au moteur électrique? Main-d’œuvre trop dispendieuse? Climat? Marché?

On dit souvent que les citoyens sont opposés aux grands projets. Personnellement, j’aimerais bien entendre des idées nouvelles de la part de nos entrepreneurs. Ça ferait changement des ventes d’entreprises et des restructurations…

Invitation aux québécois

Finalement, j’aimerais lancer une invitation toute simple à tous les québécois et québécoises…  Vous êtes fiers de votre identité?  Vous voulez crier haut et fort que vous tenez à la survie de la langue française en Amérique du Nord?  Ça vous écoeure d’entendre Michaëlle Jean dire des conneries, rabaisser notre culture et la voir se comporter comme une esclave de service pour Stephen Harper?

Alors rendez-vous en grand nombre aux festivités du 400ème anniversaire de la ville de Québec cet été.  Empêchez Josée Verner et les opportunistes conservateurs voler notre fête pour la tourner en exercice de propagande canadienne.  Démontrez au reste du monde qu’une fête nationale c’est plus que le marketing destiné à remplir les hôtels et engraisser les restaurateurs.

Photo: vanou – Flickr 

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