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Élections à Saint-Bruno – reprendre la cité

Posted by lutopium sur 24 septembre 2009

Je vous avais annoncé le 11 juin dernier que je quittais temporairement la blogosphère pour m’impliquer sur le terrain politique. Après avoir pris quelques semaines de repos, voilà que l’activité bat son plein suite au déclenchement des élections municipales. Le coup d’envoi a été donné partout au Québec le 18 septembre dernier. Dans mon patelin, à Saint-Bruno-de-Montarville, j’ai choisi d’appuyer le Parti Montarvillois et de leur donner un coup de main afin de permettre aux citoyens de se réapproprier l’hôtel de ville.

Nous avons tous remarqué que les québécois sont de plus en plus cyniques face au monde politique et qu’ils ont perdu confiance aux gouvernements, aux politiciens et à la plupart des institutions démocratiques. Je ne le répéterai jamais assez : je croyais (naïvement, je dois maintenant l’avouer) que les politiciens seraient beaucoup plus prudents avec le réseautage et le favoritisme depuis les conclusions de la commission Gomery. Avec tout ce qui se passe dans le monde politique ces jours-ci, que ce soit au niveau fédéral, provincial ou municipal, on voit bien que nos politiciens professionnels et certains fonctionnaires n’ont rien compris.

Il est donc temps pour les citoyens d’imposer leur présence sur l’échiquier politique et de reprendre le pouvoir. Difficile d’y accéder me direz-vous. Commençons par les villes, fondation de nos démocraties et de notre environnement immédiat. Évidemment, c’est plus difficile de s’imposer dans les grandes villes – on peut voir le bordel qui vient de s’installer dans la course à la mairie de Montréal et les forces qui s’y affrontent. N’avez-vous pas l’impression d’assister à un combat entre le Parti Libéral et le Parti Québécois?

 » Ce sont les citoyens qui inventent leur cité. Telle est, exprimée simplement, la définition de la démoratie… Chez nous, ce sont le quartier et la municipalité qui constituent les premiers lieux de la démocratie et de la solidarité, ce que j’appelle les premiers lieux identitaires. Voilà un environnement familier pour tous et dont les enjeux peuvent être facilement cernés, pour peu qu’on dispose d’un minimum d’informations. En ce domaine, nous sommes tous des spécialistes.  » Gil Courtemanche – La seconde révolution tranquille

J’invite donc les citoyens et citoyennes de Saint-Bruno à appuyer le Parti Montarvillois. Un regroupement de citoyens – du monde ben ordinaire, dissocié de tout intérêt économique ou commercial. Des rêveurs qui désirent protéger l’environnement, faciliter le transport en commun, lancer un marché public qui favorisera les produits de proximité et du terroir et plusieurs autres projets qui visent à redonner un peu de vie à cette banlieue qui s’endort… hypnotisée par une administration qui ne croit qu’au développement résidentiel débridé.

Le 1er novembre, je vote!

Illustration: Ben Heine- Flickr

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De la parole aux actes

Posted by lutopium sur 11 juin 2009

C’est à mon tour de vous dire « à la prochaine ». Comme bien d’autres blogueurs avant moi, j’ai décidé de ranger ma plume et de passer à autre chose. Lorsque j’ai démarré mon modeste blogue en décembre 2007, je m’étais donné comme mission de dénoncer la droite politique, l’influence du monde des affaires dans notre démocratie et les affairistes qui se servent du monde politique pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Avec la disparition de l’ADQ et du Parti Conservateur au cours des prochains mois, on peut dire qu’une partie de la bataille est gagnée.

Nous sommes en pleine crise économique, spectateurs d’un système qui ne fonctionne plus et nous sommes témoins – à tous les jours, de la corruption et des conflits d’intérêts qui rongent nos institutions démocratiques. Mensonges permanents à Ottawa, conflits d’intérêts à Québec, tricheries à Montréal et Laval… toutes ces histoires semblent sans fin. Comme je le mentionnais la semaine dernière, il est impératif que les citoyens s’accaparent une partie du pouvoir afin d’équilibrer les forces en présence. Aujourd’hui, comme hier, il est évident que les gens d’affaires et leurs chambres de commerce prennent trop de place au sein de la machine gouvernementale. Le monde ordinaire doit s’impliquer. C’est son devoir.

J’ai donc décidé de donner un coup de pouce à un parti de citoyens qui se présentera aux élections municipales de l’automne prochain. Le pouvoir municipal est accessible dans bien des villes du Québec. Plus difficile pour les magnats de la presse québécoise de contrôler les résultats électoraux dans la plupart de nos villes… J’ai également accepté de m’impliquer un peu plus dans un Conseil d’établissement d’une école secondaire et de participer à un projet de rapprochement entre l’école et les citoyens. Cette école a perdu son âme, victime de la popularité des écoles privées et du désintéressement de la communauté. Les écoles secondaires doivent reprendre leur place dans l’espace citoyen et les élèves ne demandent que de participer à des initiatives communautaires et écologiques… Redonner un peu de fierté aux étudiants pourrait contribuer à réduire le décrochage scolaire, qui sait?

Les citoyens de la Nouvelle-Écosse viennent de se débarraser des conservateurs en élisant un gouvernement néodémocrate majoritaire. Une première à l’est de l’Ontario. Le Québec peut en faire autant. Il faut se relever les manches. Je vous y invite.

Avant de vous quitter, j’aimerais vous remercier chaleureusement pour avoir pris le temps de me lire pendant cette année et demie. Et pour vos merveilleux commentaires. Chaleureux mercis à Pierre et la gang des 7 du Québec. Un remerciement spécial à Jimmy, Renart et Louis pour les encouragements du début et la belle aventure d’Un Homme en Colère. Un dernier merci va à Carl Boileau, j’aurais bien aimé participer plus activement dans son nouveau blogue collectif Voix de Gauche. Plus tard, sait-on jamais.

J’ai souvent plein d’idées en tête sans toujours trouver les bons mots. Je vous suggère ce billet paru dans Le Devoir samedi dernier. Il frappe dans le mille le type.

Illustration: Marcos Papapopolus – Flickr

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L’accès au pouvoir

Posted by lutopium sur 4 juin 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

« Sous les fleurs, qui représentent l’image fausse derrière laquelle nos dirigeants se cachent, on trouve plein de serpents, qui correspondent à toute cette corruption qui nous entoure, au manque d’éthique et au copinage politique » – Yann Perreau

Je suis toujours persuadé que le scandale des commandites est directement responsable du désintéressement des québécois face à la politique. Cet événement a enfoncé le dernier clou dans le cercueil du cynisme politique. À mon avis, l’écoeurement des citoyens face au pouvoir politique explique en grande partie le pourcentage élevé d’abstention aux dernières élections provinciales. Les gens sont désabusés des politiciens. Après avoir douté de leur honnêteté et leur authenticité, un grand nombre de québécois sont maintenant convaincus que, peu importe ce que le citoyen peut penser, le monde politique fera toujours à sa guise, selon ses propres intérêts et ceux de ses proches amis. On croyait qu’ils auraient compris suite aux conclusions de la commission Gomery mais ils se font encore et toujours prendre la main dans le sac: les compteurs d’eau, l’asphalte de Whisseltown, les règles d’éthique modifiées pour le député Pierre Arcand, etc. Pas surprenant que nous soyons désillusionnés…

« Il ne faut pas faire l’autruche. (L)es dons (politiques) ne sont pas gratuits et lient les conseils de ville aux créanciers des partis au pouvoir. Les administrations municipales se menottent elles-mêmes, puis se font dicter la ligne à suivre. En 2003, un élu me révéla avoir été menacé par un entrepreneur, qui l’intima de cesser ses démarches visant à faire modifier les règles d’attribution de contrats, reliés au recyclage des déchets. Quelle fut sa réaction ? Il prit son trou et se tut. L’avenir et la destinée de nos villes échappent aux citoyens et à leurs élus. On ne peut tolérer que la démocratie et la liberté d’expression se fassent bafouer. » – Michel Bédard, Scandales et éthique

On peut le voir à Montréal, à Québec et dans quelques autres grandes villes québécoises, la machine politique professionnelle est très active et semble plus préoccuppée par la profitabilité des membres de la chambre de commerce que les aspirations de monsieur et madame tout-le-monde. Mais ça ne devrait pas empêcher les citoyens de s’impliquer dans les prochaines élections municipales qui auront lieu l’automne prochain. Voilà un palier de gouvernement qui est beaucoup plus accessible aux citoyens que ces mirages de la démocratie que sont l’Assemblée nationale et la Chambre des communes. Le monde ordinaire peut y influencer les décisions qui ont un impact majeur dans sa qualité de vie et sur le genre de « développement » qu’il veut associer à son quotidien. Une ville de Lévis branchée sur ses citoyens et préoccupée par l’environnement n’aurait probablement pas accepté un projet comme Rabaska…

« Chez nous, ce sont le quartier et la municipalité qui constituent les premiers lieux de la démocratie et de la solidarité, ce que j’appelle les premiers lieux identitaires… Redonner la vie municipale aux citoyens constitue le premier pas vers la démocratisation de la démocratie. » – Gil Courtemanche, La Seconde Révolution tranquille

Certaines administrations municipales adhèrent déjà à des idées de « développement durable ». Les décisions prises par les conseils municipaux au cours des prochaines années auront une influence majeure sur la protection de l’environnement, les investissements en transport collectif, la qualité de l’eau, la gestion des déchets, etc… Et il sera beaucoup plus facile d’établir un dialogue permanent entre le conseil de ville et les citoyens. Voilà un bon endroit où nous pouvons enfin tester l’efficience de la démocratie participative.

Peut-être y’a-t-il une organisation politique dans votre municipalité qui a conçu un programme qui rejoint vos préoccupations et qui propose des solutions auxquelles vous adhérez. Les initiatives citoyennes comptent souvent sur de modestes moyens. Donnez un coup de main, elle en a sûrement besoin! Soyez quand même vigilents envers les candidats de la chambre de commerce ou des partis provinciaux…  Et si vous habitez Montréal, ne vous laissez pas décourager par l’arrivée de Louise Harel!

« À la fin de mes jours, j’aimerais partir en sachant que j’aurais fait partie de ceux qui ont semé un peu de beauté et d’espoir, pas juste avec des mots, mais aussi avec des gestes. » – Yann Perreau

Illustration: Joseph M. Fitzsimmons – Flickr. Les citations de Yann Perreau sont tirées d’une entrevue qu’il a accordé au magazine L’Itinéraire.

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Solidaires, toujours solidaires…

Posted by lutopium sur 22 novembre 2008

« Par ailleurs, de façon à contourner les effets négatifs du mode de scrutin actuel sur les partis en émergence, Québec solidaire, en accord avec le comité de coordination de la circonscription, ne présentera pas de candidat dans Notre-Dame-de-Grâce, circonscription où les Verts avaient obtenu leur meilleur résultat aux dernières élections », a conclu la présidente de Québec solidaire Alexa Conradi.

Montréal, le 22 novembre – Pour la deuxième élection de suite, Québec solidaire présentera des candidats dans une vaste majorité de circonscriptions. Encore une fois, Québec solidaire est le parti qui présentera le plus de femmes le 8 décembre, soit 65 sur 122.

« Avec 53 % de candidatures féminines, Québec solidaire fait encore une fois la preuve que la parité, c’est possible. Si un parti aussi jeune que le nôtre atteint la parité, comment se fait-il que nos adversaires n’y arrivent pas ?

« À Québec solidaire, nos pratiques sont conséquentes avec nos engagements : équité salariale, reconnaissance du travail des proches aidantes, lutte à la violence faites aux femmes, hausse du salaire minimum, augmenter l’accès aux maisons de naissance, etc. Les femmes peuvent avoir confiance en Québec solidaire pour défendre leurs droits chèrement acquis », affirmé le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir.

À lire: Pierre Foglia – « Bonjour, je suis Françoise David de Québec solidaire » et radiCarl.net – « Solidairement, pour une réforme des forces souverainistes au Québec ».

Illustration: Thomas Hawk – Flickr

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Paysages de campagne

Posted by lutopium sur 16 novembre 2008

C’est plus fort que moi. Je ressens le besoin de partager quelques réflexions en ce 12ème jour de campagne électorale. Ça sera comme une thérapie. Le comité électoral de notre circonscription reprend ses activités ce matin vers 11 heures. J’en profite donc pour écrire ces quelques mots, histoire de faire sortir le méchant.

Le visage républicain de l’ADQ

Il est évident que les conseillers de l’ADQ cherchent à rafraîchir leur stratégie électorale. Depuis le déclenchement des élections, leur chef semble désorienté, ne sachant pas sur quel clou il doit frapper pour rejoindre la population. Hier après-midi, on a pu constater le fruit de leurs réflexions. Lors d’une assemblée militante à Québec, l’ADQ a invité l’ancienne juge Andrée Ruffo à prononcer un discours sur un sujet qui lui tient particulièrement à coeur: la famille. Elle se joint au discours populiste en lançant: « Je crois encore aux familles. Ce n’est pas vrai que c’est l’État qui donne de l’amour aux enfants… ».

Voilà un double discours directement inspiré du Parti Républicain et du Parti Conservateur. Dans une même phrase, on rend gloire à la famille et on en profite pour identifier l’état comme une grosse bibitte qui devrait se retirer complètement des programmes sociaux. Voyons donc… Pauline Marois et Françoise David n’ont jamais dit que l’état devait donner de l’amour aux enfants! Toute l’idée derrière le programme des CPE est de soutenir les québécoises et les québécois qui tentent de concilier le travail et les obligations familiales… L’apparition des CPE fait suite à des années de luttes et de revendications menées par les regroupements de femmes et par des groupes communautaires.

Dans la tradition de George W. Bush et de Stephen Harper, voilà donc la dernière idée des stratèges de l’ADQ: encadrer le débat autour de la famille dans un modèle patriarcal. Il semble évident pour eux que les mamans doivent rester à la maison pour prendre soin des petits. Et Mario Dumont de préciser cette approche en lançant « avec l’ADQ, c’est un enfant, une place au soleil. Pas d’oubliés… » Cette phrase ne vous rappelle pas le slogan de George W. Bush en 2004: « No child left behind… »?

La mission des services gouvernementaux n’est pas de régler les problèmes reliés au démantèlement des familles. Les CPE existent pour faciliter le quotidien des citoyennes et des citoyens du Québec. L’augmentation du taux de divorce n’a rien à voir avec l’état. Regardez plutôt du côté de mode de vie imposé par notre société de consommation…

Le droit d’exister d’un parti progressiste

Les québécois devraient décider par eux-mêmes s’il est pertinent de compter Québec solidaire dans le paysage politique. Cette formation politique émergente, rassemblant des québécois et des québécoises de tous les horizons, doit faire preuve de créativité afin de se tailler une petite place dans cette campagne électorale. La formation de Françoise David et d’Amir Khadir ne pouvait pas enclencher des dépenses avant le lancement officiel de la campagne électorale, confirmé par la visite du premier ministre chez le lieutenant-gouverneur. Les trois « grands » partis ont commencé à se préparer à ces élections des jours, voire des semaines avant son lancement. Déjà, dans la nuit du 6 décembre, leurs pancartes étaient montées aux pôteaux. Leurs autobus étaient prêts à silloner les routes du Québec. Les locaux étaient loués, les lignes téléphoniques activées.

Le jeudi 6 novembre au matin, l’équipe électorale de Québec solidaire enclenchait ses activités pour démarrer sa campagne. À l’exception des priorités reliées aux circonscriptions des deux porte-parole, il fallait compter une dizaine de jours pour concevoir et mettre en place tous les services qui permettent de soutenir les associations locales d’un bout à l’autre du Québec. Contrairement aux trois autres partis, qui profiteront des 33 jours de campagne, cette jeune formation politique devra se contenter de trois semaines pour se faire connaître et prendre sa place dans le débat.

De plus, les médias semblent être complices dans ce jeu inadéquat en minimisant la portée de Québec solidaire. Selon l’analyse d’Influence Communications, Qs récolte un maigre 2% de la couverture médiatique alors que les trois partis principaux occupent entre 25% et 45% de l’espace. On dira que Françoise David récolte une couverture reliée aux intentions de vote… Mais comment les électeurs peuvent-ils se faire une meilleure idée si la couverture médiatique est si maigre? Dans les médias principaux, on ne parle presque plus de Qs. On ne parle que des trois partis qui siègent actuellement à l’assemblée nationale et ce, même si Qs tient des conférences de presse quotidiennes et maintient un site web qui est rafrâchi plusieurs fois par jour.

De plus, comme Pauline Marois et Jean Charest refusent d’inviter Françoise David au débat des chefs, les québécois ne pourront pas se faire une opinion par eux-mêmes. C’est l’ensemble du Québec qui est pénalisé par l’absence de Mme David à ce débat. À mon avis, il serait extrêmement rafraîchissant de l’entendre. Ça court-circuiterait l’homogénéité du discours actuel. La présence de Mme David permettrait à une portion de la population de se faire entendre.

Et que penser de la campagne de salissage envers Qs qui nous ramène dans l’ère du maccartisme, en identifiant le parti comme une formation d’extrême-gauche? C’est vraiment mal connaître cette formation politique. Comment expliquer qu’un journaliste du Devoir, qui semble admirer le travail de Ségolène Royal, puisse salir la réputation du seul parti progressiste au Québec?

La force d’une couleur à la mode

Depuis la campagne électorale de 2007, on assiste à un nouveau phénomène sur l’échiquier politique: l’attrait que peut procurer l’utilisation d’un mot: vert. Les derniers sondages indiquent que le Parti Vert obtiendrait 7% des intentions de vote. N’est-il pas extraordinaire que ce parti, qui n’a pratiquement aucune structure, attire la sympathie des électeurs grâce à la couleur qui enrobe son nom? S’il y avait un Parti Bleu, grand défenseur de la qualité de l’eau, profiterait-il également d’un succès mystérieux?

Depuis que le nouveau chef du Parti Vert, M. Guy Rainville, a refusé de s’allier à Québec solidaire afin de permettre aux deux partis de se tailler une place au soleil, j’ai moins de respect pour cette jeune formation politique. Ils savent très bien que les deux porte-parole de Qs ont de bonnes chances de gagner leurs sièges dans les circonscriptions de Gouin et Mercier. Invité à ne pas présenter de candidats dans ces deux comtés et d’identifier les endroits où Qs aurait appliqué la même stratégie, M. Rainville a déclaré « …nous avons décidé de ne pas céder les deux comtés à Québec solidaire. » Comme s’ils avaient une chance de remporter ces deux circonscriptions…

C’est ce que je retiens de ces premiers jours de la campagne électorale: discours populiste de Mario Dumont, non-respect de la démocratie de la part des médias, de Jean Charest et Pauline Marois ainsi qu’un opportunisme malsain de la part du Parti Vert. Mais nous travaillerons d’arrache-pied pour faire connaître la plate-forme de Qs et de faire avancer les idées progressistes.

Illustration: Artocular – Flickr

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Sylvie Tremblay : échec au roi?

Posted by lutopium sur 29 avril 2008

Je me rappelle encore lorsque mon père avait accepté l’offre de son beau-frère l’invitant à se joindre aux Chevaliers de Colomb.  Comme il se sentait souvent seul et négligé par ceux qui avaient « réussi dans la vie », il s’imagina tout à coup privilégié de rejoindre ce club sélect de chevaliers dévoués au pape et à la charité chrétienne.  Cependant, ce n’est pas la découverte d’un signe secret ou le rapprochement vers le Vatican qui l’attirèrent vers ce cercle religieux mais plutôt cette impression mystique de faire partie d’un regroupement distingué où le réseautage est à la portée de la main.  Si un jour il perdait son job, il n’aurait aucune difficulté à se replacer, car les nobles de la paroisse seraient solidaires avec son bonheur familial.

Tout comme la vision que peut leur donner la hiérarchie d’une église, la très grande majorité des citoyens croient que les partis politiques sont exclusivement associés à leur chef et aux députéEs.  On pense rarement aux membres qui lui donnent sa crédibilité et sa raison de vivre et encore moins aux associations locales qui assurent le bon déroulement des campagnes électorales, incluant la traditionnelle pose de pancartes.  Et pourtant, dans notre système démocratique moderne, une grande part des décisions et des positions des politiciens proviennent de ces structures.  Un parti politique qui ne se construit pas autour d’instances locales, régionales et nationales ne pourrait survivre très longtemps.

Les jeunes partis politiques doivent donc travailler sans relâche pour construire ces structures afin de solidifier l’organisation, rejoindre directement et efficacement les électeurs tout en ayant accès à des sources de financement fiables et renouvelables.  On se rappelera donc que Mario Dumont, suite au succès qu’a connu l’ADQ aux élections de 2003 et aux partielles qui ont suivi, a compris l’importance de solidifier – voir de démarrer – les associations locales de son parti un peu partout au Québec.  Et c’est à ce moment que Mme Sylvie Tremblay, inconnue du public québécois jusqu’à la publication de sa lettre de démission la semaine dernière, a décidé de joindre les rangs d’un parti politique qui avait grandement besoin de militants.  Lors de son passage à Tout Le Monde En Parle dimanche dernier, Mme Tremblay mentionnait que, même si elle « n’avait jamais voulu s’en aller en politique auparavant », elle a décidé de joindre l’équipe de l’ADQ car elle était attiré par la « transparence de son chef ».  Maintenant, elle va jusqu’à le traiter de dictateur, rien de moins, et lui rappelle que « quand on crache en l’air ça nous retombe (sic) ».

Toute cette histoire autour de l’ex-candidate de l’ADQ dans la circonscription de Verdun me laisse extrêmement perplexe.  Les raisons qui l’ont amenées à joindre un parti politique ne sont pas claires.  A-t-elle subitement décidé de joindre Mario Dumont afin de « dénoncer les manques de démocratie »?  Quels sont les liens entre son expérience du monde des affaires ou de sa passion pour l’écriture de livres sur la croissance personnelle et son soudain désir de s’impliquer au sein d’un parti politique?  Une question de Guy A. Lepage lui a permis d’expliquer un volet de sa démarche : « … j’ai beaucoup de drive, beaucoup de leadership, j’ai beaucoup de personnalité, j’ai une personnalité assez forte.  Je ne savais pas que le comité exécutif était contrôlé.  Moi je suis une ambitieuse aussi, alors les portes étaient ouvertes pour moi pis je suis rentrée (sic). »

À mon avis, le court passage de Mme Tremblay parmi l’association de circonscription de Verdun et l’exécutif national de l’ADQ dévoile un des problèmes que peuvent vivre les jeunes formations politiques.  Parce que la participation aux différentes instances est faible et que des postes importants sont disponibles, il y a toujours le danger qu’un inconnu s’y présente et démontre une ambition spectaculaire.  Alors que le chef et les piliers de l’organisation investissent temps et énergie pour solidifier les comités et regroupements qui assureront la pérénnité du parti, il peut apparaître une nouveauté qui ne cadre pas tout à fait avec le plan de match.  Il faut alors trouver un compromis entre la démocratie participative, qui relie l’exécutif national à ses associations de comté, et l’ambition essentielle de quelques candidats qui aspirent à grimper les échelons de l’organisation.

La question à se poser est de connaître les vraies raisons qui ont amené Mme Tremblay à joindre l’ADQ et s’y faire une place de premier plan.  Était-ce l’action citoyenne, le combat pour la justice sociale, l’abolition des commissions scolaires?  De son côté, mon père a trouvé cette réponse rapidement  : il adorait prendre une bière avec les autres chevaliers les vendredis soirs et se sentait utile lorsque son conseil participait à des collectes de fonds charitables.  Il n’a jamais eu réellement besoin d’un réseautage d’affaires et d’un tremplin vers des opportunités personnelles. Et vous Mme Tremblay?

L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. – Jonathan Swift

Les citations en italiques proviennent de l’entrevue donnée par Mme Sylvie Tremblay à l’émission Tout Le Monde En Parle diffusée le 27 avril dernier.  Photo: Chris Inside – Flickr

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Le vrai visage de l’ADQ

Posted by lutopium sur 21 avril 2008

Vraiment, rien ne va plus pour le parti de Mario Dumont…  En moins de trois semaines, nous avons été témoins de la fragilité de la machine adéquiste.  Propulsée en cinquième vitesse par les résultats électoraux du printemps 2007, la jeune équipe de l’ADQ se perd dans des souliers qui lui paraissent trop grands, démontrant son inexpérience et l’incohérence entre ses différentes instances nationales et régionales.

Il n’est évidemment pas facile pour un parti politique de mettre en place une structure lui permettant de supporter une quarantaine de députés, former une équipe pouvant solidifier son rôle d’opposition officielle tout en continuant de développer une présence importante dans presque toutes les circonscriptions.  La fragilité des bureaux de comté a été bien ressentie lorsque l’équipe de Gilles Taillon a divulgué des informations aux médias qui ont mis le numéro deux de l’ADQ dans l’embarras…  Tel que rapporté par Radio-Canada le 7 avril dernier, « Armand Maltais, membre fondateur de l’ADQ et candidat du parti en 1994, est déçu du silence de Mario Dumont. Sa frustration est partagée par Gilles Plante, ex-organisateur en chef de Gilles Taillon, et Rémi Lacasse, ancien libéral justement séduit par l’ADQ en raison de l’intimité existant entre sa base et ses dirigeants. »

Mario Dumont a toujours demandé un changement majeur de nos institutions publiques et n’a jamais râté l’occasion de nous rappeler que l’ADQ avait un fonctionnement fort différent des deux autres grands partis politiques québécois.  Son parti se vantait d’être près des gens allant jusqu’à révolutionner l’art de faire de la politique.  Avec la démission de l’exécutif de Hull le 10 avril dernier, le poids démocratique des instances locales nous semble toutefois inexistant.  Le chef du parti populiste ayant refusé de considérer la suggestion de l’exécutif de la circonscription de présenter la candidature de Gilles Taillon (…) lors des élections partielles qui auront lieu le 12 mai prochain.  Moi qui croyait que c’est l’assemblée des membres d’un comté qui choisissait son député…

Et voilà qu’en fin de semaine, nous apprenions que la vice-présidente de l’ADQ, Mme Sylvie Tremblay, a claqué la porte du parti et recommande aux québécois de ne pas voter pour Mario Dumont, qui représente à ses yeux un parti qui « n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie ».  Suite aux interventions stratégiques du député Simon-Pierre Diamond lors du congrès de l’ADQ organisé l’automne dernier dernier et qui visaient à faire passer des résolutions approuvées par l’exécutif national, Mme Tremblay avoue qu’elle n’en pouvait plus «de se fermer la gueule, de les laisser aller et d’appuyer tout ce qu’ils présentaient peu importe son avis». 

Dans sa quête du pouvoir, Mario Dumont semble s’être dissocié de son principe le plus cher : celui de changer le fonctionnement des partis politiques et de redonner le pouvoir aux citoyens.  À en croire les derniers évènements, l’ADQ donne plutôt l’impression d’une organisation fragile, laissant toute la place aux aspirations de quelques carriéristes ayant trouvé leur nid dans une organisation qui accueille tout individu qui démontre un peu de potentiel en relations publiques.  La démocratie semble inexistante par moments si on se fie à l’importance des directives en provenance du bureau exécutif et à l’insignifiance de ses relations avec les associations de circonscriptions et finalement, les membres du parti.

Photo : Robert Saucier – Flickr

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L’aristocratie libérale

Posted by lutopium sur 4 avril 2008

Comme citoyen de ce monde et particulièrement en tant que québécois, c’est une de ces choses de la vie qui me révoltent. Lorsqu’un haut-fonctionnaire se fait pogner dans ce qui semble être une dérape, c’est difficile de vanter les mérites du système politique. Comment est-il possible de faire la promotion d’un état démocratique et respectueux du pouvoir citoyen, alors que des ambitieux décrochent des postes importants et se prennent carrément pour des privilégiés, des passe-partout, des pachas… Comme disent les belges : ils me les cassent!

Au cours des prochains jours, on apprendra si Mario Dumont a eu du flair cette fois-ci en allant jusqu’à demander la démission de la ministre Monique Gagnon-Tremblay cet après-midi. Les conseillers de l’ADQ ont peut être finalement tissé quelques liens et décroché des informations privilégiées qui pourraient embarrasser le gouvernement Charest. Chose certaine, ce qui a débuté comme un simple congédiement administratif accompagné de quelques rumeurs pourrait devenir un cauchemar pour l’ex délégué-général Bruno Fortier.  Drôle d’accident de parcours à ce sherbrookois et grand copain du premier ministre.

Fini le luxe et les excès aux frais des contribuables… pauvre Bruno, c’est le temps de faire tes adieux à Broadway.

Mise à jour (21h17): pour un survol complet des évènements, voir l’excellent article de Pierre R. sur Cent Papiers

Photo: Benjamin Edwards – Flickr

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L’OTAN doit se retirer de l’Afghanistan

Posted by lutopium sur 22 février 2008

La semaine dernière, la rumeur d’élections fédérales commençait à être de plus en plus forte et le gouvernement de Stephen Harper démontrait un grand intérêt à perdre un vote de confiance qui permettrait de déclencher le processus. Les libéraux n’ont pas eu le courage d’affronter les conservateurs sur la question de l’Afghanistan, préférant annoncer qu’ils voteront contre le budget, prévu pour le 26 février prochain.

La veille, la Chambre des Communes sera donc appelée à voter sur une motion du Parti Conservateur concernant la poursuite de la présence militaire canadienne en Afghanistan. Cette proposition, qui sera sans doute modifiée pour répondre aux propositions des libéraux, ne change en rien la vraie mission du Canada – allié de l’OTAN – chargé de télégraphier les ordres du Pentagone vers ce pays lointain, endroit stratégique du globe où les américains doivent absolument faire sentir leur présence aux russes, aux iraniens et, bien sûr, aux chinois. C’est un rôle essentiellement militaire et politique que l’état-major canadien, actuellement en parfaite symbiose avec l’exécutif du parlement, est appelé à jouer dans ce pays envahi par les Etats-Unis. Comme le précise l’analyse de Guy Charron :

« D’un côté, les soldats sont utilisés comme chair à canon pour obtenir le respect que l’on donne au « prix du sang » dans les instances dirigeantes mondiales, avec d’immenses coûts pour la population civile afghane, y compris la subjugation économique et politique de leur pays. De l’autre, le Canada déploie une équipe ayant des pouvoirs similaires à ceux de ministres auprès du gouvernement Karzaï pour influencer et modeler la région en accord avec ses intérêts stratégiques fondamentaux. »

En moins de deux ans de pouvoir, il est peu probable que les conservateurs aient eu le temps de mettre au point des politiques extérieures aussi détaillées… Les américains sont sûrement dans le coup. Selon certains journalistes, les États-Unis ne tiennent pas vraiment à demeurer en Afghanistan. Un gouvernement fantoche ferait très bien l’affaire. Les américains veulent cependant paralyser les talibans et l’insurrection avant de plier bagages. L’OTAN fera très bien l’affaire… Les intérêts économiques entrent en jeu, les possibilités d’affaires se précisent. Ça allume les conservateurs et leurs amis des chambres de commarce…

Cette guerre n’est pas légale. Les États-Unis ont envahi l’Afghanistan pour prouver à la planète qu’ils étaient encore la plus grande puissance mondiale. Le Canada a décidé d’y participer et l’opposition n’était pas aussi grande qu’elle l’est aujourd’hui, un peu par solidarité à nos voisins du sud dont on ressentait le chagrin du moment. Aujourd’hui, la très grande majorité des sondages confirment que les citoyens canadiens sont contre la mission de guerre actuellement en cours mais qu’ils endossent la présence militaire, à condition que ce soit pour participer à la reconstruction du pays et assurer une vie paisible pour les afghans.

Les deux aspirants au poste de premier ministre sont incapables de prouver aux canadiens qu’ils respectent l’opinion publique. Comment peut-on parler de démocratie si les politiciens ne sont pas en mesure de modifier la nature de leur présence en Afghanistan afin de rejoindre les vrais traditions canadiennes en matière de politique étrangère? Avec un peu de courage et de créativité, on pourrait exiger le remplacement des troupes de l’OTAN par une délégation de casques bleus de l’ONU, ce qui contribuerait certainement à calmer la violence, causée principalement par la présence américaine en sol afghan. Le Canada pourrait alors être en charge de la mission de l’ONU et ainsi contribuer à la vraie reconstruction de ce pays dévasté par des années de conflits militaires… Encore aujourd’hui, l’armée américaine est celle qui a le plus important effectif avec 15,000 soldats. Le peuple afghan ne fait pas confiance aux américains. Il est impossible d’apporter la stabilité et la paix dans ce pays tant que nous serons perçus comme l’envahisseur.

Le sondage Léger d’aujourd’hui annonce que tout est possible pour les libéraux. Dion semble être prêt pour une campagne électorale. Son avenir politique se jouera donc plus tôt que prévu. S’il n’obtient pas au moins un gouvernement minoritaire libéral, il est foutu et le prochain chef arrivera très vite… Tout semble annoncer qu’il jouera la même carte que le parti conservateur en ce qui concerne l’Afghanistan. Il est essentiel que Jack Layton et Gilles Duceppe soulèvent sérieusement ce débat afin d’éviter que le prochain gouvernement appuie aveuglément les américains dans leurs visions impérialistes. Nous devrons être assurés que le Canada – et le Québec – soient encore perçus comme des peuples pacifiques, qui désirent sincèrement aider les citoyens de ce pays dévasté.

Cet article a été publié sur Un Homme en Colère le 15 février 2008 et sur Cent Papiers le 18 février 2007

Photo : Jayel Aheram – flickr

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