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Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire

Posted by lutopium sur 17 mai 2008

Suite au plan d’action proposé par Mme Pauline Marois le 16 mai dernier, qui tend la main aux québécois de toutes allégences afin de consolider les énergies nécessaires à la défense du projet souverainiste… Et en réaction à la question que me pose la blogeuse du PQ sur le site Bon Blogue Bad Blogue, j’ai réalisé que je ne pourrais pas mieux m’exprimer que par les mots qu’a prononcés Jean-Pierre Charbonneau le 17 septembre 2004.  Le débat n’a guère changé depuis 4 ans, voici donc quelques pistes de solutions intéressantes que nous pourrions explorer…

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire:  créer une véritable coalition de partis politiques

Par Jean-Pierre Charbonneau – Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l’Assemblée nationale du Québec. Tribune libre de vigile.net, le 17 septembre 2004

« Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l’essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d’un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d’un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.

Tout ce brassage d’idées est bien et pertinent. Cependant, il n’est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d’aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d’aujourd’hui de rallier en son sein et derrière lui tous ceux et celles qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n’y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.

Il est vrai que, dans le cadre actuel d’un mode de scrutin à l’anglaise, un parti peut prendre le pouvoir avec l’appui d’une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l’électorat. C’est d’ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l’esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux et celles qui, au fil des années de gouvernance provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque. On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu’il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l’insertion de divers clubs politiques autonomes, tels Les syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) qui vient d’être reconnu formellement au dernier Conseil national.

Cette façon de voir et faire les choses n’est pas en soi mauvaise. Elle n’est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d’aujourd’hui n’est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l’Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leurs électorats quitter pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l’ADQ de Mario Dumont et ceux de l’Union des forces progressistes ou de l’Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.

La conséquence de cela est donc très évidente : tous ces partis vont aux prochaines élections générales se diviser les votes anti-gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si au PQ on refuse actuellement d’envisager ce scénario et de s’y préparer, l’évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu’aux dernières élections d’avril 2003.

Quoi faire alors ? D’abord constater que tous ceux et celles qui depuis 15 ans ont envisagé un jour ou l’autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard, sont aujourd’hui pour la très grande majorité ailleurs qu’au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l’ADQ, à l’UFP, au Parti vert, à l’Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67% de la population aux lendemains de l’échec de l’Accord du Lac Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd’hui 58% de l’électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens et citoyennes farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.

Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l’échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d’hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bi-partiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une alternative solide et enthousiasmante. Ce Ralliement pour le Québec, s’il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toute la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour lancer à la fois la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise pour mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et pour remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle…

… La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire, car elle implique l’utilisation d’un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste à la condition, bien sûr, que tous et toutes fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles. Robert Bourassa aurait pu faire l’Histoire s’il avait eu le courage d’aller au bout de ce qu’il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd’hui, tous les chefs politiques du Québec à l’exception de Jean Charest peuvent sortir le Québec de l’impasse et faire l’Histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage pour le faire? Je le souhaite. »

Photo (muraille en l’honneur des Patriotes de 1837-1838 au Bas-Canada – Métro Papineau) : L’Hibou – Flickr

Bon congé des Patriotes à tous.  God f… the Queen!  😎

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Un autre coup dur pour l’ADQ

Posted by lutopium sur 5 mai 2008

Après la circonscription de Chauveau, où le député Gilles Taillon a eu du mal à partir avec quelques anciens membres de son exécutif et suite à la démission fracassante de Mme Sylvie Tremblay de l’association de Verdun, voilà que l’Action Démocratique du Québec perd une autre équipe et se voit acculée dans les cordes.

Le journal l’Oeil Régional nous apprenenait, dans sa livraison du 3 mai dernier, que « le président de l’ADQ de Borduas, Réginald Gagnon, a démissionné de son poste et n’a plus du tout l’intention d’être candidat aux prochaines élections provinciales. »  Alors que les membres adéquistes semblaient déterminés à solidifier leur présence dans ce comté de la rive-sud de Montréal , le président et tous les membres de l’exécutif ont démissionné, obligeant la jeune formation politique à rebâtir une nouvelle équipe.  Tout le savoir-faire d’une organisation locale s’envole et la seule pose de pancartes pourrait être une tâche difficile à accomplir.

Même si cette circonscription est un château-fort péquiste, représentée pendant 30 ans par Jean-Pierre Charbonneau et conservée par Pierre Curzi aux dernières élections, il apparaît que Mario Dumont a un objectif précis avec ces municipalités qui longent le Richelieu dont le profil semble être recherché par ses « dépisteurs ».  Dans le même article, M. Gagnon affirme qu’il a «  appris le jour de l’assemblée générale des membres que Borduas et Vachon étaient les deux circonscriptions de la Montérégie réservées par le parti. Ça veut donc dire que c’est le national qui décide, indépendamment de la volonté des membres dans les circonscriptions… Je ne trouve pas ça très démocratique

La stratégie adéquiste vise probablement à concentrer ses efforts dans ces banlieues de plus en plus éloignées du centre-ville, là où le passé rural se fait encore un peu sentir.  On cible les jeunes familles de la classe moyenne qui cherchent à payer moins d’impôt, les personnes âgées qui aimeraient accéder aux soins de santé plus rapidement ou peut-être les victimes du lavage de cerveau quotidien – offert par le Journal de Montréal et LCN – qui peut vous convaincre que tous les syndiqués sont des paresseux et que les commissions scolaires sont inutiles.

On peut être un peu surpris de la stratégie électoraliste mise en branle par les conseillers de M. Dumont.  Alors que son chef, dans son livre biographique publié après les élections de 2003, exigeait le renouvellement de la démocratie, l’équipe nationale de l’ADQ nous laisse croire qu’elle se réserve quelques circonscriptions afin d’y attirer des candidats-vedettes et que le parti doit concentrer ses énergies sur les régions qui – selon eux – pourraient leur être sympatiques.  Ces décisions viennent court-circuiter les efforts des associations locales et forcent les candidats potentiels d’abandonner l’ambition de remporter l’investiture.

Le journal de Beloeil nous rappelle également que Borduas était déjà dans la mire de l’animateur Guy Bolduc, qui avait signalé son intérêt pour devenir candidat de l’ADQ aux prochaines élections.  On nous y apprend cependant « qu’il tourne le dos à la politique, non pas à cause des ennuis que connaissent les troupes de Mario Dumont.  Mais plutôt parce que tout indique qu’il n’y aura pas d’élections avant belle lurette et parce que Radio-Canada vient de lui faire une offre intéressante. »

Si l’ADQ n’obtient pas de bons résultats aux proportionnelles du 12 mai prochain, Mario aura de la difficulté à se relever et de poursuivre les autres rounds…  Ses conseillers seront très occupés cet été à revoir le plan de match au grand complet!

Photo : a la corey – Flickr

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L’espoir de Marie Grégoire

Posted by lutopium sur 30 mars 2008

Lors des élections générales de 2003, l’Action Démocratique du Québec a perdu une de ses meilleures députées lorsque Marie Grégoire a cédé le siège de la circonscription de Berthier à Alexandre Bourdeau du Parti Québécois.  Suite à un passage à l’Assemblée Nationale qui n’aura duré que quelques mois, l’ADQ s’est vu retirer une des ses membres les plus influentes, qui avait contribué à lancer ce nouveau parti sur l’échiquier politique québécois.

J’ai pris le temps de regarder le club des ex sur RDI et j’ai remarqué que Mme Grégoire démontre encore une certaine loyauté envers Mario Dumont et aux positions de son parti.  Même si elle se retrouve régulièrement coincée entre l’arbre et l’écorce en se sentant « obligée » de défendre les idées d’un parti populiste de droite, Mme Grégoire fait preuve d’un argumentaire solide et d’une présence ressentie, ce qui permet un débat intéressant avec les autres participants de l’émission, Liza Frulla et Jean-Pierre Charbonneau.

Lors d’une récente émission, elle semblait mal à l’aise de défendre l’octroi d’une rénumération de $50,000 au chef de son parti.  Mais son allégeance l’a amenée à justifier les salaires de M. Dumont et à amenuiser l’importance de la nouvelle.  Ses arguments ont toutefois rallié l’unanimité du panel, Mme Frulla et M. Charbonneau se portant également à la défense du premier ministre et du chef de l’opposition.

J’ai donc été surpris après la lecture de sa dernière chronique dans le journal Le Métro.  À ce que je me souvienne, c’est la première fois qu’une adéquiste endosse Barack Obama.  Elle y introduit les derniers déboires de la campagne électorale américaine en traçant un parallèle intéressant entre Chicago et le Québec et fait même l’éloge de Barack Obama en soulignant son travail acharné et sa dignité.  Elle ira jusqu’à espérer que sa victoire « souffle une dose d’espoir sur le Québec ».

On peut donc voter pour l’ADQ et ne pas être forcé d’appuyer le Parti Républicain.  De toutes façons, les deux partis américains sont presque jumeaux, ayant plus de similitudes que de différences marquantes.  C’est pas le suicide politique!

Illustration : Shepard Fairey

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