lutopium

Archive for avril 2009

Les amis de Monsieur Caire

Posted by lutopium sur 26 avril 2009

Nos amis adéquistes ont bien hâte de voir la campagne à la chefferie prendre son envol et espèrent qu’elle provoquera une couverture médiatique propre à ce genre d’évènement. Après les annonces d’Éric Caire et de Christian Lévesque, voilà que Gilles Taillon devrait annoncer sa candidature dès demain.

J’ai vérifié les blogues adéquistes, conservateurs ou tout simplement de droite afin de voir si un consensus s’y développait, si une candidature recevait plus d’appuis qu’une autre. À l’exception de quelques témoignages de sympathie, les blogueurs sont encore timides et semblent vouloir attendre encore un peu avant d’officialiser leurs positions. Certains souhaiteraient l’arrivée d’un Paul-Daniel Muller, d’un Maxime Bernier ou de toute autre personnalité bien connue du public avant de confirmer leur choix. La plupart semblent déçus du fait que les trois candidats actuels ne penchent pas assez vers la droite, les qualifiant parfois d’interventionnistes ou de sociaux-démocrates révisionnistes.

Si aucune autre candidature ne se concrétise au cours des prochaines semaines, la lutte qui se dessine déjà entre les équipes d’Éric Caire et de Gilles Taillon pourraient donner le ton à la campagne à la chefferie. On semble dire que M. Caire est beaucoup plus proche de l’exécutif national et qu’il a beaucoup de « liens naturels » avec l’équipe qui gravitait autrefois autour de Mario Dumont. Chose certaine, les deux équipes semblent être enracinées dans la région de Québec, château-fort du parti où l’énergie militante semble être la plus solide.

Du côté de M. Caire, Richard Merlini et François Benjamin agiront en tant que co-présidents de la campagne. Tous les deux furent députés de l’ADQ dans la cuvée 2007-2008, représentant les électeurs de Chambly et Berthier. Ils seront assistés par Roger Picard, président de l’association des membres de l’ADQ dans le comté de Chauveau, ancien comté de Gilles Taillon… Finalement, l’équipe pourra compter sur la participation de l’économiste Denis Julien qui agira en tant que responsable du comité de réflexion (sic). Même si le groupe pourra compter sur deux anciens députés de la Montérégie et de Lanaudière, la force militante proviendra enocre une fois de la grande région de Québec.

L’avant-scène de la course laisse croire que le parti ressemble à un chapitre des Chevaliers de Colomb mais dans les coulisses, Joanne Marcotte a probablement son mot à dire sur la stratégie de la campagne. Mme Marcotte est la réalisatrice du documentaire-pamphlétaire « L’Illusion tranquille » et membre du défunt Comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois. Soulignons également que Mme Marcotte est l’épouse de Denis Julien, ce qui la place indirectement dans le camp de M. Caire. Cependant, comme tout est permis dans les rangs de l’ADQ, elle pourrait toujours se présenter elle-même dans la course et faire un pied-de-nez à son époux. C’est ce qu’on nous rappelle ces jours-ci: on peut avoir du plaisir sous les draps mais se battre chacun de son côté le lendemain…

Il semble donc évident que M. Caire est présentement en tête de peloton. Certains militants sont un peu inconfortables à l’idée de l’endosser car, à leurs yeux, il ne représente pas l’image du politicien de droite, prêt à démanteler l’état tout en faisant la promotion du libre-marché et de la primauté des choix individuels. Qu’à cela ne tienne, M, Caire a décidé de s’inspirer des messages véhiculés par le film de Mme Marcotte pour convaincre les membres de l’ADQ qu’il est un homme de convictions, un homme de droite, celui qui rejette le contrat social que s’est donné le Québec depuis la révolution tranquille.

On verra maintenant si l’ADQ peut aller plus loin que poser des constats sociaux et politiques, si elle peut maintenant proposer des solutions et des alternatives aux institutions qu’elle rejette. Parce que c’est ici l’essentiel de l’illusion tranquille: elle dénonce en présentant des exemples extrêmes qui invitent à disqualifier tout organisme gouvermental qui s’approprie la livraison d’un service particulier. L’illusion tranquille nous invite à adhérer aux principes fondamentaux du mérite, de la compétence et de l’individualisme qui, selon eux, sont les remèdes aux maux de la vie moderne québécoise.

Certes, quelques éléments présentés dans le documentaire provoquent de bonnes réflexions et méritent un débat public. Qui ne remet pas en question, de temps en temps, la lourdeur bureaucratique, les stratégies des syndicats, les privilèges des uns et les exigences des autres. L’équipe d’Éric Caire devra maintenant formuler ces constats et concrétiser de nouveaux modes de « vivre-ensemble » qui permettront à la classe moyenne (la cible) de s’enrichir et de choisir elle-même les méthodes utilisées pour fournir les services de base, quitte à briser les « monopoles » actuels.

Il est fort à parier que les candidats opteront pour un discours modéré. Je ne crois pas que les militants « purs et durs » seront satisfaits des propositions qui seront mises de l’avant. On peut rallier les partisans en utilisant des constats qui font l’unanimité. Cependant, avec cette nouvelle vie qui s’offre à l’ADQ, les militants ne peuvent pas espérer que les électeurs endossent un parti qui ne s’éloigne pas assez du Parti Libéral. La personnalité du chef ne pourra probablement pas assurer la popularité du parti. Ce sont les idées et propositions concrètes qui prouveront si l’ADQ a visé juste. Et on pourra voir, enfin, les distinctions entre la gauche, le centre, et la droite.

Photo: Adam K. Wilcox (du film Le Faucon Maltais) – Flickr

Posted in ADQ, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 21 Comments »

L’eau Desmarais

Posted by lutopium sur 23 avril 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Un peu avant le déclenchement des dernières élections provinciales, je me demandais si l’entêtement de Jean Charest à former un gouvernement majoritaire était relié directement ou indirectement aux pressions des lobbies économiques qui lui font la cour afin d’influencer les orientations budgétaires de l’état. Pas facile pour un gouvernement minoritaire de faire passer ses idées, rappelons-nous la saga du Mont-Orford ou les nombreuses oppositions au projet Rabaska. Rien de mieux que d’avoir les deux mains sur le volant pour prendre le virage qu’on veut.

Il m’arrive parfois de plonger dans une atmosphère un peu parano et de m’imaginer que les grands de ce monde cherchent à manipuler nos gouvernements afin de leur imposer certains projets. Je ne sais pas. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi le Québec a décidé de se doter d’un port méthanier alors que l’utilisation du gaz naturel ne semble pas grimper en popularité. J’ai cru un moment que les promoteurs du projet – Gaz Métropolitain, Enbridge, Suez-GDF et la russe Gazprom, avaient conclu que la construction d’un port méthanier dans la région de Québec en faciliterait le transport vers les États-Unis, grand consommateur du gaz bleu. Je vous l’ai dit, j’ai cette tendance à voir des complots partout…

Les libéraux sont de grands disciples des partenariats public-privé. Ils fondent de grands espoirs dans cette approche pour le respect des budgets et des échéanciers dans les projets du CHUM, du prolongement de l’autoroute 25, de l’échangeur Turcot, et j’en passe… Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, lui-même libéral de carrière, semble également fort inspiré par une étroite collaboration avec l’entreprise privée afin de gérer le quotidien de sa ville. Je vous accorde que ça ne va pas très bien de ce côté ces jours-ci, mais l’approche demeure la même. Ne sautons pas trop vite aux conclusions. Peut-être, comme le souligne Pierre Dubuc, que la réouverture de la soumission des compteurs d’eau permettra à Suez-GDF de finalement présenter sa proposition. Si j’étais sceptique, je croirais que certains journalistes sont complices pour redonner une chance à Suez. Non, je fabule. Comment d’honnêtes journalistes pourraient-ils influencer l’octroi d’un contrat afin de favoriser une compagnie-soeur? Non, oubliez ça. En passant, pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, la famille Desmarais, propriétaire de La Presse, possède une importante participation dans Suez-GDF.

Si je continue encore sur cette lancée paranoiaque, je serais tenté de croire que les libéraux opteront pour un partenariat public-privé pour gérer le projet hydroélectrique La Romaine. Pourrait-on croire que Thierry Vandal, un autre libéral du temps de Robert Bourassa, appuiera Jean Charest dans une démarche PPP pour la construction et la gestion du sixième plus important barrage au Québec? Et si je vous disais que Suez a récemment remporté le contrat de construction et d’exploitation du barrage de Jirau au Brésil, est-ce que vous traiteriez encore de paraneau?

Photo: Nomad photography – Flickr

Posted in Économie, Parti Libéral, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

La fièvre en série

Posted by lutopium sur 16 avril 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Ces jours-ci, certains suggèrent une importante intervention de l’état alors que d’autres souhaitent son retrait presque complet. Le monde du commerce, quel qu’il soit, ne semble pas avoir de gêne pour demander des injections de fonds publics, de prêts, de subventions, de crédits d’impôt… Certains de nos entrepreneurs se disent conservateurs, voire libertariens. Mais ils n’hésitent pas à endetter les citoyens afin de stimuler leur croissance.

Personne ne semble satisfait des budgets qu’a récemment alloués Monsieur Charest, mais tout le monde s’entend pour dire qu’il n’est pas frileux avec le divertissement des masses. Est-ce pour mieux l’endormir? N’est-il pas amusant, quand même, de voir nos politiciens appuyer le sport et le jeu avec autant de détermination?

Le gouvernement libéral n’hésite pas une seconde avant d’appuyer les courses de chevaux, un club de hockey ou un grand-prix automobile… L’état moderne québécois est très actif dans le monde du jeu, il y joue des centaines de millions pour rénover son temple de la roulette, et son industrie du rêve millionnaire est publicisée comme nul autre produit de consommation. Pour ce qui est du hockey, voilà une valeur sure. À partir de ce soir, le Québec comptera un nombre impressionnant de regards vers l’écran. C’est presqu’un party de famille. Quand on se prend pour Jean le Baptiste, on doit se sentir en paix lorsque le peuple se rassemble et oublie ses tracas du quotidien. Car la victoire possible du gladiateur provoque une certaine somnolence. Y’aurait fort à parier que le nombre de québécois impliqués dans ce spectacle est plus important que ceux qui se sont déplacés pour voter en décembre dernier…

C’est ce soir que commence la grande fête. Si l’équipe a fière allure le premier soir, les fans pourront plonger dans l’euphorie des « séries ». On ira s’enfermer dans des cages aux sports en gang, y’a tellement d’écrans qu’on jurait être sur place. On pourrait manger gras, boire d’la bière. Y’en n’a pus de problèmes! À moins qu’on apprenne que l’équipe déménage. J’ai vu ce que peut provoquer le départ d’un club de hockey. Ça laisse des traces de morosité. Et ça éloigne du camp libéral…

Vous comprendrez que, même si j’aime le sport, je n’apprécie plus la façon dont est présenté le hockey professionnel ces jours-ci. Y’a trop de fric. Et il y a encore beaucoup trop de violence gratuite et inutile. Je ne suis pas contre l’idée de garder les Canadiens à Montréal, mais je ne souhaite pas voir des fonds publics être investis dans un club qui peut facilement se passer de l’état pour exister et demeurer ici.

Là-dessus, bonnes séries!

Photo: Alex Ferguson – Flickr

Posted in Parti Libéral, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

Éviter la crucifixion

Posted by lutopium sur 11 avril 2009

« … Comprennez-moi bien: les relations entre l’Amérique et la communauté musulmane, le monde musulman, ne peuvent pas et ne seront pas seulement influencées par notre opposition au terrorisme. Nous désirons atteindre une entente en respect de nos intérêts mutuels. Nous écouterons attentivement, nous tenterons d’éclaircir les incompréhensions et nous rechercherons une entente. Nous serons respectueux, même lorsque nous ne serons pas d’accord. Nous confirmerons notre appréciation profonde pour la foi islamiste en reconnaissant sa contribution dans l’évolution de notre monde depuis des siècles et ce, même dans mon propre pays. Les États-Unis ont été enrichis par la contribution des américains musulmans. Plusieurs américains comptent des musulmans dans leurs familles et d’autres ont vécu dans des pays à majorité musulmane. Je le sais parce que je suis l’un d’eux… » – Discours de Barack Obama devant le Parlement Turc, le 6 avril 2009.

Je suis de ceux qui croient que ce pays peut jouer un rôle extrêment important en Afghanistan. Comme le souligne Le Figaro dans son édition du 6 avril dernier, «la Turquie a une valeur ajoutée évidente pour les Américains qui veulent renouer avec le monde islamique. La diplomatie turque, qui repose sur le concept « zéro conflit avec nos voisins« , a conduit Ankara à se rapprocher de l’Iran et de Damas, à parrainer des négociations de paix indirectes entre Israël et la Syrie, à favoriser la coopération afghano-pakistanaise… Les Turcs sont bien placés pour servir d’intermédiaires dans de nombreux dossiers prioritaires de Barack Obama

Les liens historiques avec l’Afghanistan remontent aux années 1930 quand la jeune République turque avait apporté son soutien à la construction de l’État afghan. L’engagement actuel de l’armée turque en Afghanistan s’inscrit dans le cadre de cette longue tradition. Au mois d’août, la Turquie doit prendre, pour la troisième fois, le commandement de l’Isaf, la force internationale de l’Otan. Neuf cents soldats turcs, qui ne participent pas à des opérations de combat, sont actuellement engagés à Kaboul et dans sa région. »

Lors de sa fondation en tant que république, la Turquie s’est assurée de séparer l’État de l’emprise de la religion. Cette décision historique pourrait inspirer une partie de la société civile afghane de reconstruire leur pays dans le respect de la loi et de l’égalité. Il est primordial pour cette partie du monde de consolider les croyances religieuses et les règles fondamentales du vivre-ensemble afin de mettre fin à ce conflit qui a déjà fait des milliers de victimes. Les disciples de Sayyid Qutb pourront continuer de tourner le dos au mode de vie occidental mais devront accepter que l’application de la sharia ne fait aucun sens. Pour contrer efficacement les délires de certains talibans, les Afghans doivent accepter l’aide internationale. La Turquie pourrait certainement modifier le cours des choses. Si les américains ne parviennent pas à former adéquatement l’armée afghane – celle qu’on appelle parfois « l’armée du hachisch », peut-être les turques auraient-ils plus de succès à rallier les Afghans déterminés à se donner un véritable pays.

Mieux que quiconque, Barack Obama peut contribuer à rallier la communauté internationale. Il a l’opportunité de faire oublier ses prédecesseurs. Il semble être prêt à déployer beaucoup d’efforts pour qu’on oublie celui qui baignait dans le mensonge permanent. Il démontre une approche pragmatique, contrairement à l’ancien président démocrate qui a perdu la confiance de ses concitoyens en pratiquant l’adultère. De plus, il devra être prudent lorsqu’il donnera les directives à son armée qui n’hésite pas à tuer des civils en justifiant la guerre contre les terroristes. Il ne pourra pas protéger les voleurs de Wall Street indéfiniment car les honnêtes gens perdront confiance en son habileté à calmer les ambitions des maîtres de l’économie qui court-circuitent les efforts de paix mondiale.

S’il peut respecter quatre des dix commandements du décalogue, il pourra peut-être contribuer à modifier le cours de l’histoire.

Illustration: omphale – Flickr

Posted in Guerre, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Obama et l’Afghanistan: la tradition américaine

Posted by lutopium sur 9 avril 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Encore une fois, les récentes positions de l’administration Obama refroidissent l’ardeur des cercles progressistes américains. Alors que les dernières semaines nous ont fait découvrir la réaction de la Maison Blanche face aux énormes difficultés que traverse l’économie américaine et mondiale, voilà que la stratégie envers l’Afghanistan se précise, provoquant encore une fois l’éloignement de cette gauche qui n’est pas nécessairement fidèle au parti démocrate.

Beaucoup de progressistes américains ont appuyé l’équipe Obama lors des élections de l’an dernier. Non seulement voulaient-ils couper définitivement les ponts avec le style néoconservateur, un grand nombre d’américains ont cru à de nouvelles idées, une nouvelle approche, la fin d’un mauvais rêve et l’apparition de tous les espoirs. Lorsqu’Obama s’est approché du pouvoir, on avait l’impression que le programme du « Project for a New American Century » serait relégué aux oubliettes, qu’on s’en inspirerait pour écrire un film d’horreur de série B, que les américians pouvaient maintenant passer à autre chose..

Cependant, Barack Obama ne trahit pas les positions qu’il avait confirmées lors de la campagne présidentielle. Il a toujours proposé d’augmenter les effectifs militaires en Afghanistan tout en poursuivant la lutte contre les mouvements terroristes. Les grands discours philosophiques en ont impressionnés plusieurs, on a peut-être manqué l’essentiel du message…

Après avoir très modestement célébré le cinquantième anniversaire de l’OTAN, Obama n’a pas réussi à convaincre l’Europe de participer plus activement aux opérations militaires. On peut comprendre que pour un bon nombre d’Afghans, c’est une occupation américaine plus importante que jamais et ce, sous l’égide dépassée d’une force inter-continentale qui n’a plus sa raison d’être. Pour des raisons politiques et, certes, des idéologies religieuses, plusieurs d’entre eux ont lutté contre l’envahissement de l’URSS. Aujourd’hui, pour des raisons similaires, d’autres se joignent à leurs frères et leurs pères pour résister aux américains.

Obama a donc décidé d’ajouter 20,000 soldats à la force de frappe américaine. Plusieurs activistes et analystes politiques, normalement sympatiques aux idées progressistes, ont interrogé la stratégie de l’administration américaine. Sur les ondes de Democracy Now!, Noam Chosky nous rappelait que le prestigieux Foreign Affairs suggérait récemment que « les États-Unis doivent réorienter leur stratégie afin d’impliquer sérieusement l’Iran, l’Inde, la Russie et la Chine afin qu’ils participent à la mise au point d’une solution régionale. » L’article de Barnett Rubin et Ahmed Rashid soulignait également que cette solution doit prévoir un espace dans lequel les Afghans pourront discuter et s’entendre sur l’avenir de leur pays et le partage des pouvoirs.

Dans une entrevue qu’il accordait au magazine The Nation, Lakhdar Brahimi, ancien représentant de l’ONU pour l’Afghanistan et le Pakistan, précise que « …les Afghans savent très bien faire la distinction entre une force militaire amie et une force d’occupation. Au début, la Force internationale de sécurité et d’assistance (ISAF) était perçue comme une force amie; la population la soutenait et elle n’était l’objet d’aucune attaque. Mais je crois que l’OTAN, depuis 2003, ne s’est pas très bien comportée, et un nombre croissant d’Afghans la considérent aujourd’hui comme une force d’occupation. »

L’Afghanistan n’est pas un pays avec une tradition islamiste homogène ou une culture prédominante. Nous sommes loin d’un consensus au sein de la population et les forces en présence sont nombreuses. Il faudra donc trouver un équilibre entre la soif de faire la promotion de la sacro-sainte démocratie et notre inconfort devant l’impopularité de notre mode de vie occidental. Comment pouvons-nous refuser aux Afghans le choix de vivre autrement? Nous devons d’abord assurer la paix et la tranquilité au peuple afghan. Lorsque la confiance sera gagnée, nous pourrons tenter de les convaincre que la charia ne fait aucun sens. En espérant que cette tendance gagne du terrain ailleurs sur la planète.

Si Obama ne fait laisse pas entrevoir de sérieux progrès prochainement, une autre partie de la gauche américaine pourrait sombrer dans le désespoir.

Photo: johnnyrafoss – Flickr / Vidéoclip: bande annonce du documentaire « Rethink Afghanistan » de Robert Greenwald

Posted in Guerre, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Air Canada serait-elle à vendre?

Posted by lutopium sur 4 avril 2009

L’industrie de l’aviation civile semble parcourir une trajectoire sur montagnes russes depuis les évènements de septembre 2001. Offerte à l’entreprise privée en 1989 par les conservateurs de Brian Mulroney, Air Canada, disait-on évidemment dans les chambres de commerce, fera mieux avec ses nouveaux habits, délaissant ceux de la société de la couronne. Les grands ténors de la privatisation promettaient alors qu’elle serait mieux équipée pour performer dans un marché compétitif et pour gérer les bonnes années, et les mauvaises.

Depuis ce temps, Air Canada a continué le processus d’amincissement (downsizing), de réduction des actifs, de coupures de personnel, d’impartition, de sous-traitance et de toutes ces méthodes du capitalisme moderne qui permettent d’accroître la productivité tout en visant la plus grande profitabilité possible. Elle a placé le fonds de pension de ses travailleurs dans une situation précaire (déficit de trois milliards) et elle préfère se débarasser de ses actifs et de plusieurs services, ce qui la place dans une situation extrêmement fragile. À l’exception de sa réputation, Air Canada vaut-elle encore quelque chose aujourd’hui?

Et voilà que le marché s’affole et perd confiance à son titre boursier. En douze mois, elle a perdu la moitié de sa valeur. Considérant que les acquisitions sont à la mode par les temps qui courent, les conservateurs de Stephen Harper seront peut-être tentés d’amender la loi sur la participation publique au capital d’Air Canada afin d’en faciliter le sauvetage, car elle est une proie facile pour les prédateurs… Le Canada montrerait ainsi sa volonté à endosser les accords de Doha, démontrer sa croyance inébranlable à la libéralisation des marchés et à la mondialisation du commerce, lui permettant du même coup de se protéger du protectionnisme de ses voisins et de continuer à exporter ses ressources… Louanges au nouvel ordre mondial.

Mon beau-frère, capitaine chez Air Canada, a décidé de s’impliquer dans son syndicat lors des dernières négociations. Loin d’être un gauchiste, il n’hésite tout de même pas à dénoncer les agissements de la nouvelle structure de l’entreprise qui en facilite son démantèlement complet. Un autre joyau du patrimoine collectif qui pourrait prendre le bord. Selon lui, et de l’avis de plusieurs, Air Canada ne sera bientôt qu’une marque de commerce, style Virgin Mobile. Aucun actif et un nombre réduits d’employés: qu’une marque de commerce. Le nouveau propriétaire qui se pointe à l’horizon est Lufthansa. Le grand manitou de Star Alliance. La prochaine grande compagnie internationale. Au service du nouvel ordre mondial.

Photo: Klick This – Flickr

Posted in Parti Conservateur, Politique | Tagué: , , , , , | 7 Comments »

Problèmes de gars

Posted by lutopium sur 2 avril 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Il y a quelques semaines, j’apprenais qu’un jeune homme de la région avait perdu la vie dans un accident de la route. Je connais son père, que je cotoie à tous les étés dans notre ligue amicale de softball. Selon le service de police, l’alcool et la vitesse pourraient être à l’origine de l’accident. L’explication semble plausible. Il était quatre heures du matin et la petite Subaru Impreza roulait à toute vitesse dans une zone limitée à 50 kilomètres à l’heure. Le jeune homme était assis sur le siège du passager. La voiture a frappé un arbre de plein fouet. On a constaté son décès peu après son arrivée à l’hôpital.

Après avoir témoigné notre sympathie à la famille, plusieurs joueurs de la ligue se sont retrouvés ensemble, ce qui est plutôt rare au mois de mars. La confrèrerie estivale est rapidement réapparue. Évidemment, les gars avaient besoin de parler de l’accident. Les causes, les hypothèses, les cas similaires, le « pourquoi ».

« De 2000 à 2004, 14 082 personnes ont perdu la vie dans un accident de véhicule à moteur au Canada. De ce total, 3 417, soit près du quart (24 %), avaient de 15 à 24 ans. Quel que soit le groupe d’âge, les taux de mortalité étaient systématiquement plus élevés chez les personnes de sexe masculin que chez celles de sexe féminin. Les jeunes hommes de 15 à 24 ans étaient particulièrement exposés au risque, le taux de mortalité chez eux étant de 22,8 décès pour 100 000 comparativement à 8,8 décès pour 100 000 chez les femmes du même âge. » – Statistiques Canada

Problème de gars. La vitesse, le culte du char. Se défoncer avec l’alccol et les drogues et conduire son char. Autour de la table, les gars se regardent, avec un air coupable et un désir de rédemption.

Et la violence? Un autre problème de gars? Elle est partout. Dans les sports, les jeux vidéos, les guerres aux quatre coins de la planète. Les militaires, les chefs d’état, les terroristes, les tueurs… une affaire de gars. Elle est également conjugale la violence. Faut bien avouer que la plupart du temps, les femmes sont victimes de notre violence.

« … L’étude a montré que les auteurs d’un homicide ou d’une tentative d’homicide sur le conjoint étaient en majorité des hommes (82 %), comparativement à 18 % qui étaient des femmes. La proportion d’auteurs d’homicide sur le conjoint qui étaient des auteurs récidivistes de violence conjugale était 3,5 fois plus élevée que celle de leurs homologues féminines. » – Statistiques Canada

Parmi nous, un travailleur social nous rappelle que même si les décès liés au suicide sont en baisse au pays, il est plus fréquent chez les hommes.

« Surveillance de la mortalité par suicide au Québec : pour l’année 2006, 1136 personnes sont décédées par suicide au Québec, dont 883 hommes et 253 femmes. » – Institut national de santé publique du Québec

On s’est promis de réagir à toute situation où la violence est banalisée. Certains parlent des matches de hockey, des combats de boxe. D’autres dénoncent les jeux vidéos. Counter Strike.

À chaque fois où l’occasion nous est donnée, il faut court-circuiter les facteurs qui peuvent justifier la violence. Il faut arrêter d’adorer les chars et d’associer la vitesse à un sport, un exploit. Nous sommes tous un peu responsables de ce lavage de cerveaux. De petits gestes peuvent faire la différence. Entre gars.

Photo: realtimeart – Flickr

Posted in Éducation, Guerre, Santé | Tagué: , , , , , , , , , , | 25 Comments »