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De la parole aux actes

Posted by lutopium sur 11 juin 2009

C’est à mon tour de vous dire « à la prochaine ». Comme bien d’autres blogueurs avant moi, j’ai décidé de ranger ma plume et de passer à autre chose. Lorsque j’ai démarré mon modeste blogue en décembre 2007, je m’étais donné comme mission de dénoncer la droite politique, l’influence du monde des affaires dans notre démocratie et les affairistes qui se servent du monde politique pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Avec la disparition de l’ADQ et du Parti Conservateur au cours des prochains mois, on peut dire qu’une partie de la bataille est gagnée.

Nous sommes en pleine crise économique, spectateurs d’un système qui ne fonctionne plus et nous sommes témoins – à tous les jours, de la corruption et des conflits d’intérêts qui rongent nos institutions démocratiques. Mensonges permanents à Ottawa, conflits d’intérêts à Québec, tricheries à Montréal et Laval… toutes ces histoires semblent sans fin. Comme je le mentionnais la semaine dernière, il est impératif que les citoyens s’accaparent une partie du pouvoir afin d’équilibrer les forces en présence. Aujourd’hui, comme hier, il est évident que les gens d’affaires et leurs chambres de commerce prennent trop de place au sein de la machine gouvernementale. Le monde ordinaire doit s’impliquer. C’est son devoir.

J’ai donc décidé de donner un coup de pouce à un parti de citoyens qui se présentera aux élections municipales de l’automne prochain. Le pouvoir municipal est accessible dans bien des villes du Québec. Plus difficile pour les magnats de la presse québécoise de contrôler les résultats électoraux dans la plupart de nos villes… J’ai également accepté de m’impliquer un peu plus dans un Conseil d’établissement d’une école secondaire et de participer à un projet de rapprochement entre l’école et les citoyens. Cette école a perdu son âme, victime de la popularité des écoles privées et du désintéressement de la communauté. Les écoles secondaires doivent reprendre leur place dans l’espace citoyen et les élèves ne demandent que de participer à des initiatives communautaires et écologiques… Redonner un peu de fierté aux étudiants pourrait contribuer à réduire le décrochage scolaire, qui sait?

Les citoyens de la Nouvelle-Écosse viennent de se débarraser des conservateurs en élisant un gouvernement néodémocrate majoritaire. Une première à l’est de l’Ontario. Le Québec peut en faire autant. Il faut se relever les manches. Je vous y invite.

Avant de vous quitter, j’aimerais vous remercier chaleureusement pour avoir pris le temps de me lire pendant cette année et demie. Et pour vos merveilleux commentaires. Chaleureux mercis à Pierre et la gang des 7 du Québec. Un remerciement spécial à Jimmy, Renart et Louis pour les encouragements du début et la belle aventure d’Un Homme en Colère. Un dernier merci va à Carl Boileau, j’aurais bien aimé participer plus activement dans son nouveau blogue collectif Voix de Gauche. Plus tard, sait-on jamais.

J’ai souvent plein d’idées en tête sans toujours trouver les bons mots. Je vous suggère ce billet paru dans Le Devoir samedi dernier. Il frappe dans le mille le type.

Illustration: Marcos Papapopolus – Flickr

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L’accès au pouvoir

Posted by lutopium sur 4 juin 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

« Sous les fleurs, qui représentent l’image fausse derrière laquelle nos dirigeants se cachent, on trouve plein de serpents, qui correspondent à toute cette corruption qui nous entoure, au manque d’éthique et au copinage politique » – Yann Perreau

Je suis toujours persuadé que le scandale des commandites est directement responsable du désintéressement des québécois face à la politique. Cet événement a enfoncé le dernier clou dans le cercueil du cynisme politique. À mon avis, l’écoeurement des citoyens face au pouvoir politique explique en grande partie le pourcentage élevé d’abstention aux dernières élections provinciales. Les gens sont désabusés des politiciens. Après avoir douté de leur honnêteté et leur authenticité, un grand nombre de québécois sont maintenant convaincus que, peu importe ce que le citoyen peut penser, le monde politique fera toujours à sa guise, selon ses propres intérêts et ceux de ses proches amis. On croyait qu’ils auraient compris suite aux conclusions de la commission Gomery mais ils se font encore et toujours prendre la main dans le sac: les compteurs d’eau, l’asphalte de Whisseltown, les règles d’éthique modifiées pour le député Pierre Arcand, etc. Pas surprenant que nous soyons désillusionnés…

« Il ne faut pas faire l’autruche. (L)es dons (politiques) ne sont pas gratuits et lient les conseils de ville aux créanciers des partis au pouvoir. Les administrations municipales se menottent elles-mêmes, puis se font dicter la ligne à suivre. En 2003, un élu me révéla avoir été menacé par un entrepreneur, qui l’intima de cesser ses démarches visant à faire modifier les règles d’attribution de contrats, reliés au recyclage des déchets. Quelle fut sa réaction ? Il prit son trou et se tut. L’avenir et la destinée de nos villes échappent aux citoyens et à leurs élus. On ne peut tolérer que la démocratie et la liberté d’expression se fassent bafouer. » – Michel Bédard, Scandales et éthique

On peut le voir à Montréal, à Québec et dans quelques autres grandes villes québécoises, la machine politique professionnelle est très active et semble plus préoccuppée par la profitabilité des membres de la chambre de commerce que les aspirations de monsieur et madame tout-le-monde. Mais ça ne devrait pas empêcher les citoyens de s’impliquer dans les prochaines élections municipales qui auront lieu l’automne prochain. Voilà un palier de gouvernement qui est beaucoup plus accessible aux citoyens que ces mirages de la démocratie que sont l’Assemblée nationale et la Chambre des communes. Le monde ordinaire peut y influencer les décisions qui ont un impact majeur dans sa qualité de vie et sur le genre de « développement » qu’il veut associer à son quotidien. Une ville de Lévis branchée sur ses citoyens et préoccupée par l’environnement n’aurait probablement pas accepté un projet comme Rabaska…

« Chez nous, ce sont le quartier et la municipalité qui constituent les premiers lieux de la démocratie et de la solidarité, ce que j’appelle les premiers lieux identitaires… Redonner la vie municipale aux citoyens constitue le premier pas vers la démocratisation de la démocratie. » – Gil Courtemanche, La Seconde Révolution tranquille

Certaines administrations municipales adhèrent déjà à des idées de « développement durable ». Les décisions prises par les conseils municipaux au cours des prochaines années auront une influence majeure sur la protection de l’environnement, les investissements en transport collectif, la qualité de l’eau, la gestion des déchets, etc… Et il sera beaucoup plus facile d’établir un dialogue permanent entre le conseil de ville et les citoyens. Voilà un bon endroit où nous pouvons enfin tester l’efficience de la démocratie participative.

Peut-être y’a-t-il une organisation politique dans votre municipalité qui a conçu un programme qui rejoint vos préoccupations et qui propose des solutions auxquelles vous adhérez. Les initiatives citoyennes comptent souvent sur de modestes moyens. Donnez un coup de main, elle en a sûrement besoin! Soyez quand même vigilents envers les candidats de la chambre de commerce ou des partis provinciaux…  Et si vous habitez Montréal, ne vous laissez pas décourager par l’arrivée de Louise Harel!

« À la fin de mes jours, j’aimerais partir en sachant que j’aurais fait partie de ceux qui ont semé un peu de beauté et d’espoir, pas juste avec des mots, mais aussi avec des gestes. » – Yann Perreau

Illustration: Joseph M. Fitzsimmons – Flickr. Les citations de Yann Perreau sont tirées d’une entrevue qu’il a accordé au magazine L’Itinéraire.

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Le diamant du nil

Posted by lutopium sur 25 mars 2008

Je sais, les lieux géographiques doivent normalement respecter les règles de la langue française et la première lettre du nom doit utiliser la majuscule.  Je reconnais également que ce film n’était pas à la hauteur de son prédécesseur « À la poursuite du diamant vert ».  Mais, que voulez-vous, j’ai décidé de me permettre cet écart de language suite à la parution du billet du député de Marguerite-d’Youville sur le site du journal citoyen Cents Papiers.

Le jeune député adéquiste nous a confié qu’il espère que « son élection redonnera confiance aux jeunes dans le politique ».  Certes, il apporte de bons arguments – que nous avons entendu auparavant et ailleurs – qui nous expliquent un peu pourquoi les jeunes ne s’impliquent pas dans les partis politiques.  On ne peut pas contredire le fait que les jeunes se sentent plutôt interpellés par les luttes environnementales, les manifestations contre la guerre, la solidarité internationale, les enjeux humanitaires et autres nobles causes.  Quant à moi, rien de nouveau dans ces constatations.  Je me rappelle des « rallyes pour le tiers-monde » et des manifestations contre le nucléaire dans les années 70 et 80, ces évènements étaient beaucoup plus populaires que les congrès annuels des partis politiques.  Quand on se retrouve à la fin de l’adolescence, on rêve d’un monde meilleur, de changements extraordinaires, d’une grande fête universelle…

Celui qui détient le record du plus jeune membre de l’Assemblée Nationale du Québec aurait pu consulter l’étude publiée par Élections Canada qui tente d’expliquer pourquoi tant de citoyens s’abstiennent de voter.  Voici quelques raisons qui ont été soulevées par les répondants à ce sondage réalisé en 2003:

Les jeunes sont cyniques ou désenchantés de la politique, dégoûtés « des fausses promesses, de la malhonnêteté, de l’hypocrisie, de la corruption et du négativisme » qui caractériseraient la vie politique, et réfractaires à participer à un exercice « inutile ».

Ils manquent de confiance envers les candidats, les partis ou le gouvernement, ou n’aiment simplement pas ce qui se fait (ou ne se fait pas) en politique.

Après avoir vu défiler les accusés de la commission Gomery au petit écran, constaté que certains chefs de partis reçoivent des rénumérations doûteuses et appris que de hauts-fonctionnaires vivent comme des pachas, il n’est pas surprenant que les jeunes sont de plus en plus cyniques face au monde politique. On s’entend pour dire que ça rejoint la majorité de la population, peu importe l’âge!

En ce qui concerne les raisons qu’ils l’ont amené à s’impliquer dans un parti politique, je ne comprend pas pourquoi M. Diamond n’a pas mentionné – comme il l’avait fait lors de son passage à Bons Baiser de France l’an dernier – que son père était activement impliqué en politique, ce qui l’a probablement encouragé à joindre les jeunesses adéquistes alors qu’il n’avait que 16 ans.  Comment peut-il prétendre que « la population de Marguerite-D’Youville a su faire abstraction de son âge et lui faire confiance » alors que son élection est sans aucun doute reliée à l’insatisfaction générale de la population envers les politiciens et à un vote de contestation transmis vers Mario Dumont et sa formation politique?

Malgré son inexpérience et son jeune âge, M. Diamond démontre cependant de réelles capacités à devenir un politicien chevronné (…) et un personnage fort ambitieux.  Avant d’en arriver là, il lui faudra cependant investir des énergies considérables pour conserver son siège aux prochaines élections.  Dans la circonscription qu’il représente, l’ADQ y a récolté l’an dernier deux fois plus de votes qu’à l’élection générale de 2003.  Historiquement, les circonscriptions de cette région de la rive-sud de Montréal sont des endroits où les péquistes et les libéraux se partagent le pouvoir, selon l’humeur de la population.  Suite aux résultats des derniers sondages et des récentes performances de l’ADQ, sans oublier l’arrivée de Mme Monique Richard comme candidate du PQ sans son comté, la lutte pour le maintien au pouvoir s’annonce très difficile pour M. Diamond et l’ADQ.

Maintenant, s’il désire réellement que les jeunes de sa génération reprennent le goût du politique, il devra convaincre son chef de démontrer qu’un politicien peut être honnête et proche des préoccupations des citoyens.  Retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan, gratuité scolaire, réforme du mode de scrutin, démocratie participative et transparence de la rénumération du chef de l’opposition, ça vous dit quelque chose?

En passant, j’ai appris qu’en informatique, « nil » est utilisé pour désigner la liste vide qui joue le même rôle commode pour les listes que le zéro pour les entiers… 

Cet article est paru sur Un Homme En Colère le 21 mars dernier et sur Cent Papiers le 23 mars. Des commentaires additionnels peuvent y être consultés.  Photo: François Lafite, Flickr

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