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Élections à Saint-Bruno – reprendre la cité

Posted by lutopium sur 24 septembre 2009

Je vous avais annoncé le 11 juin dernier que je quittais temporairement la blogosphère pour m’impliquer sur le terrain politique. Après avoir pris quelques semaines de repos, voilà que l’activité bat son plein suite au déclenchement des élections municipales. Le coup d’envoi a été donné partout au Québec le 18 septembre dernier. Dans mon patelin, à Saint-Bruno-de-Montarville, j’ai choisi d’appuyer le Parti Montarvillois et de leur donner un coup de main afin de permettre aux citoyens de se réapproprier l’hôtel de ville.

Nous avons tous remarqué que les québécois sont de plus en plus cyniques face au monde politique et qu’ils ont perdu confiance aux gouvernements, aux politiciens et à la plupart des institutions démocratiques. Je ne le répéterai jamais assez : je croyais (naïvement, je dois maintenant l’avouer) que les politiciens seraient beaucoup plus prudents avec le réseautage et le favoritisme depuis les conclusions de la commission Gomery. Avec tout ce qui se passe dans le monde politique ces jours-ci, que ce soit au niveau fédéral, provincial ou municipal, on voit bien que nos politiciens professionnels et certains fonctionnaires n’ont rien compris.

Il est donc temps pour les citoyens d’imposer leur présence sur l’échiquier politique et de reprendre le pouvoir. Difficile d’y accéder me direz-vous. Commençons par les villes, fondation de nos démocraties et de notre environnement immédiat. Évidemment, c’est plus difficile de s’imposer dans les grandes villes – on peut voir le bordel qui vient de s’installer dans la course à la mairie de Montréal et les forces qui s’y affrontent. N’avez-vous pas l’impression d’assister à un combat entre le Parti Libéral et le Parti Québécois?

 » Ce sont les citoyens qui inventent leur cité. Telle est, exprimée simplement, la définition de la démoratie… Chez nous, ce sont le quartier et la municipalité qui constituent les premiers lieux de la démocratie et de la solidarité, ce que j’appelle les premiers lieux identitaires. Voilà un environnement familier pour tous et dont les enjeux peuvent être facilement cernés, pour peu qu’on dispose d’un minimum d’informations. En ce domaine, nous sommes tous des spécialistes.  » Gil Courtemanche – La seconde révolution tranquille

J’invite donc les citoyens et citoyennes de Saint-Bruno à appuyer le Parti Montarvillois. Un regroupement de citoyens – du monde ben ordinaire, dissocié de tout intérêt économique ou commercial. Des rêveurs qui désirent protéger l’environnement, faciliter le transport en commun, lancer un marché public qui favorisera les produits de proximité et du terroir et plusieurs autres projets qui visent à redonner un peu de vie à cette banlieue qui s’endort… hypnotisée par une administration qui ne croit qu’au développement résidentiel débridé.

Le 1er novembre, je vote!

Illustration: Ben Heine- Flickr

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L’accès au pouvoir

Posted by lutopium sur 4 juin 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

« Sous les fleurs, qui représentent l’image fausse derrière laquelle nos dirigeants se cachent, on trouve plein de serpents, qui correspondent à toute cette corruption qui nous entoure, au manque d’éthique et au copinage politique » – Yann Perreau

Je suis toujours persuadé que le scandale des commandites est directement responsable du désintéressement des québécois face à la politique. Cet événement a enfoncé le dernier clou dans le cercueil du cynisme politique. À mon avis, l’écoeurement des citoyens face au pouvoir politique explique en grande partie le pourcentage élevé d’abstention aux dernières élections provinciales. Les gens sont désabusés des politiciens. Après avoir douté de leur honnêteté et leur authenticité, un grand nombre de québécois sont maintenant convaincus que, peu importe ce que le citoyen peut penser, le monde politique fera toujours à sa guise, selon ses propres intérêts et ceux de ses proches amis. On croyait qu’ils auraient compris suite aux conclusions de la commission Gomery mais ils se font encore et toujours prendre la main dans le sac: les compteurs d’eau, l’asphalte de Whisseltown, les règles d’éthique modifiées pour le député Pierre Arcand, etc. Pas surprenant que nous soyons désillusionnés…

« Il ne faut pas faire l’autruche. (L)es dons (politiques) ne sont pas gratuits et lient les conseils de ville aux créanciers des partis au pouvoir. Les administrations municipales se menottent elles-mêmes, puis se font dicter la ligne à suivre. En 2003, un élu me révéla avoir été menacé par un entrepreneur, qui l’intima de cesser ses démarches visant à faire modifier les règles d’attribution de contrats, reliés au recyclage des déchets. Quelle fut sa réaction ? Il prit son trou et se tut. L’avenir et la destinée de nos villes échappent aux citoyens et à leurs élus. On ne peut tolérer que la démocratie et la liberté d’expression se fassent bafouer. » – Michel Bédard, Scandales et éthique

On peut le voir à Montréal, à Québec et dans quelques autres grandes villes québécoises, la machine politique professionnelle est très active et semble plus préoccuppée par la profitabilité des membres de la chambre de commerce que les aspirations de monsieur et madame tout-le-monde. Mais ça ne devrait pas empêcher les citoyens de s’impliquer dans les prochaines élections municipales qui auront lieu l’automne prochain. Voilà un palier de gouvernement qui est beaucoup plus accessible aux citoyens que ces mirages de la démocratie que sont l’Assemblée nationale et la Chambre des communes. Le monde ordinaire peut y influencer les décisions qui ont un impact majeur dans sa qualité de vie et sur le genre de « développement » qu’il veut associer à son quotidien. Une ville de Lévis branchée sur ses citoyens et préoccupée par l’environnement n’aurait probablement pas accepté un projet comme Rabaska…

« Chez nous, ce sont le quartier et la municipalité qui constituent les premiers lieux de la démocratie et de la solidarité, ce que j’appelle les premiers lieux identitaires… Redonner la vie municipale aux citoyens constitue le premier pas vers la démocratisation de la démocratie. » – Gil Courtemanche, La Seconde Révolution tranquille

Certaines administrations municipales adhèrent déjà à des idées de « développement durable ». Les décisions prises par les conseils municipaux au cours des prochaines années auront une influence majeure sur la protection de l’environnement, les investissements en transport collectif, la qualité de l’eau, la gestion des déchets, etc… Et il sera beaucoup plus facile d’établir un dialogue permanent entre le conseil de ville et les citoyens. Voilà un bon endroit où nous pouvons enfin tester l’efficience de la démocratie participative.

Peut-être y’a-t-il une organisation politique dans votre municipalité qui a conçu un programme qui rejoint vos préoccupations et qui propose des solutions auxquelles vous adhérez. Les initiatives citoyennes comptent souvent sur de modestes moyens. Donnez un coup de main, elle en a sûrement besoin! Soyez quand même vigilents envers les candidats de la chambre de commerce ou des partis provinciaux…  Et si vous habitez Montréal, ne vous laissez pas décourager par l’arrivée de Louise Harel!

« À la fin de mes jours, j’aimerais partir en sachant que j’aurais fait partie de ceux qui ont semé un peu de beauté et d’espoir, pas juste avec des mots, mais aussi avec des gestes. » – Yann Perreau

Illustration: Joseph M. Fitzsimmons – Flickr. Les citations de Yann Perreau sont tirées d’une entrevue qu’il a accordé au magazine L’Itinéraire.

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Solidaires… y’a de la magie dans l’air!

Posted by lutopium sur 6 décembre 2008

« … L’ADQ est en chute libre et si Pauline Marois parle autant d’indépendance, c’est parce qu’elle sait qu’elle n’a aucune chance. Elle essaie de rallier tous les souverainistes. Parce qu’il y en a quelques-uns qui, comme moi, sont maintenant avec Québec solidaire. Un parti de gauche, souverainiste, c’est ça que je veux. Et je ne considère pas que je perds mon vote. Il se crée une masse autour de Québec solidaire, tranquillement… » Yvon Deschamps, le 6 décembre 2008.

« … Tout comme l’ancien ministre Robert Perreault, je crois que les électeurs de Mercier devraient élire Amir Khadir et en faire leur député. J’ajoute toutefois que Québec solidaire, par l’appui croissant qu’il reçoit en de nombreux milieux, mérite davantage, et il m’apparaît que cet équilibre démocratique serait mieux servi si les électeurs de la circonscription de Gouin élisait également la coporte-parole de ce parti, Mme Françoise David, elle qui, depuis déjà plusieurs années, porte des valeurs de solidarité dont le Québec a grand besoin ces temps-ci. Ce faisant, avec deux représentants de Québec solidaire, nous aurions alors une Assemblée nationale plus représentative de la volonté populaire, ce que le mode de scrutin actuel ne permet pas d’exprimer… » Claude Béland, le 5 décembre

« Si quelques candidats de Québec solidaire étaient élus, la dynamique politique québécoise serait modifiée. Les thèmes et les solutions progressistes que le parti propose seraient présents dans le débat public.

Françoise David est une femme exceptionnelle, d’une rigueur intellectuelle et d’une honnêteté remarquable. Femme d’engagement, proche des gens, sincère, généreuse. Le Québec ne peut pas se priver d’une telle femme. Nous serions tous perdants si elle n’était pas élue dans Gouin.

Amir Khadir est une sorte de génie. Un homme courageux et franc. Je ne sais pas comment il fait pour concilier médecine, grosse famille et vie politique. Nous avons besoin d’hommes comme lui pour défendre le système de santé public. Alors, dans Mercier, pour l’avenir du Québec, il faut voter Amir.

Vous me direz que deux députés de Québec solidaire ne changeront rien. Vous vous trompez. Les idées, les discours différents, les remises en question, ne doivent pas se limiter aux blogues et aux lettres confidentielles. Ces voix nouvelles et nécessaires doivent obtenir leur légitimité démocratique pour s’imposer dans le débat politique québécois.

Le Québec sera plus riche avec Françoise David et Amir Khadir, plus riche en idées et en diversité, plus riche en réflexion et en innovation.

Ne serait-il pas temps d’avoir des représentants élus qui nous parlent d’enjeux fondamentaux avec une approche différente de celle des deux grands partis? L’élection de Françoise David et d’Amir Khadir améliorerait notre démocratie et donnerait enfin une voix à toutes les forces progressistes qui sont aujourd’hui exclues du débat collectif. » Gil Courtemanche, le 6 décembre

Illustration: oparthamburg 2

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Médias et démocratie

Posted by lutopium sur 4 février 2008

Et voilà donc Mario Dumont se portant à la rescousse de TQS. Après avoir pris la défense de Jeff Fillion, l’ADQ se fait maintenant le porte-parole du mouton plus- noir-que-jamais et exige « que le CRTC donne à ces réseaux les moyens de leurs ambitions… ». Pour un homme politique qui prône les bienfaits de la réduction de la taille de l’état, M. Dumont se sent bien généreux! Dans l’édition du 26 janvier du Devoir, Gil Courtemanche lui donne toute une gifle…

Pendant que la droite québécoise suggère l’intervention de l’état (….), les journalistes québécois se rencontrent le weekend prochain pour discuter des enjeux entourant les médias et la démocratie. Organisé par la Fédération Nationale des Communications (CSN) et présidé par la sénatrice Joan Fraser (ex-journaliste et éditiorialiste au quotidien The Gazette), le colloque demande à ses participants si « Informer est encore d’intérêt public? » Sur le site Internet, on peut y lire des dizaines d’articles, rédigés par des journalistes, politiciens et écrivains, qui tentent de lancer des pistes de réflexion sur les grands enjeux entourant le monde des médias d’information.

La programmation de l’événement permettra de débattre également sur l’importance que joue Internet, les nombreux sites d’information et les millions de blogues qu’on peut y trouver. Sur ce sujet particulier, voici quelques passages qui ont attiré mon attention sur le site du colloque et qui apportent des éléments intéressants au débat :


Pascal Lapointe, journaliste :
Effectivement, rien qu’avec les blogues, on assiste depuis 2003 à un phénomène extraordinaire: des dizaines de millions de citoyens prennent la parole, et certains de ces «amateurs» le font avec un talent qui ferait rougir d’envie certains professionnels.

Sur Internet, les plus militants des internautes rêvent justement d’un univers où on n’aurait plus du tout besoin des journalistes: c’est le mythe du «journaliste citoyen».

Le travail journalistique vaut de moins en moins cher? On l’a dit, les tarifs à la pige n’ont pas augmenté depuis 40 ans. Or, les tarifs sur Internet se situent dans la même fourchette. Et que dire des «journalistes citoyens» fiers de travailler bénévolement…


Daniel Marsolais, journaliste :
Certains, et je n’en suis pas, vont même jusqu’à se demander si cette «presse alternative», décrite aussi comme le contre-pouvoir du quatrième pouvoir, ne serait pas en train de devenir la solution de remplacement à la presse traditionnelle… Mais ça c’est une autre histoire et un excellent sujet de réflexion pour un autre colloque…

Quoi qu’il en soit, ce qui est tout à fait extraordinaire avec ce nouvel outil de communication, c’est son immense souplesse, sa très grande facilité de publication, sa non moins grande liberté éditoriale et sa formidable capacité d’interaction avec les lecteurs.

Et pour ceux qui, à juste titre, ont toujours été préoccupés par le pluralisme des sources d’information, ne trouvent-ils pas ici un outil non traditionnel qui contribue à faire avancer un tant soit peu la démocratie?

En dépit de tout, la plus grande force du web c’est peut-être de bousculer un peu l’ordre établi, et surtout de forcer l’industrie des mass-médias et ses artisans à se redéfinir. À cet égard, la question qui devrait être sur toutes les lèvres des journalistes de l’écrit par les temps qui courent est la suivante: combien de temps encore nos journaux, tels que nous les connaissons dans leur forme actuelle, tiendront-ils encore le haut du pavé?


Michel Nadeau, journaliste au Devoir (1974-1984) :
Rappelons que la démocratie n’est pas l’exercice du droit de vote mais l’accès au débat avant le vote. Les citoyens bâtissent eux-mêmes leurs médias et des réseaux à la hauteur de leurs intérêts; mais le web ne fournira jamais le jugement nécessaire pour évaluer et classifier cette mer d’information. Des experts seront nécessaires pour faire des liens entre des faits, pour apporter une solide crédibilité derrière certains propos.


Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec :
Comme ceux qui respectent l’économie de marché ont le devoir de la surveiller et de la moduler pour sa propre sauvegarde, les garants de la liberté de presse doivent en prévenir les dérives potentielles à travers l’action collective, qu’elle soit étatique, citoyenne ou corporative.

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