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Archive for octobre 2008

La vie dans la brousse de fantômes

Posted by lutopium sur 31 octobre 2008

Aujourd’hui, les enfants enfilent leurs plus beaux costumes et rêvent déjà aux friandises qu’ils rapporteront à la maison… Les dentistes espèrent que les gens seront généreux afin de faire fortune avec toutes ces bouches sucrées. Aujourd’hui, c’est la dernière journée d’octobre – tradition mystérieuse où nous célébrons la mort et la peur – bref, l’essence de la semaine…

Tout a commencé lundi dernier lorsque Jean Charest s’est apeuré devant l’idée que le Québec ne pourrait pas traverser une crise économique avec un gouvernement minoritaire. Dès le lendemain, les journalistes et éditorialistes des journaux de l’Empire Desmarais furent pris de panique et encourageaient les québécois à élire un gouvernement fort afin de nous protéger contre le pire, sans trop savoir pourquoi, voire les mauvais esprits des lois naturelles qui semblent envelopper le monde économique.

Hier soir, David Byrne était de passage au Métropolis afin de nous présenter un spectacle qui soulignait sa collaboration avec Brian Eno. Impossible pour un fan des Talking Heads et de l’album « My Life In A Bush Of Ghosts » de rater l’évènement. Après avoir passé une soirée mémorable, on pouvait apercevoir les gens déambulant sur la Sainte-Catherine, certains arborrant déjà leurs plus beaux costumes, prêts à fêter cette célébration macabre…

La semaine se termine par une belle journée d’automne, nous annonçant le départ de politiciens expérimentés qui profitent du déclenchement des élections pour mettre fin à leur carrière. Il est quand même triste pour l’ADQ de perdre Gilles Taillon, un geste qui semble vouloir confirmer que le parti de Mario Dumont est maintenant admis aux soins intensifs… Le Parti Québécois se retrouve en deuil suite à l’annonce de la retraite – fort bien méritée – de Louise Harel et de Rita Dionne-Marsolais.

Oh, ça frappe à la porte. C’est sûrement un petit monstre qui veut des bonbons. Mais non… Monsieur le député…. Bonsoir à vous. Tiens, voici une petite friandise, acceptez-la en gage de remerciements même si vous êtes du genre fantôme.. Profitez bien de ces derniers jours, je ne crois pas que le 450 votera ADQ en décembre. Et prenez donc la citrouille, elle vous va bien…

Photo : hck – Flickr


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Est-ce que Desmarais veut des élections?

Posted by lutopium sur 29 octobre 2008

Comme le mentionne Robin Philpot dans son dernier bouquin, Paul Desmarais et Power Corporation n’ont presque pas investi au Québec depuis une trentaine d’années. Cependant, depuis l’arrivée de Jean Charest à la barre du Parti Libéral du Québec, tout laisse croire que la famille Desmarais a retrouvé un allié politique à Québec. Après l’endossement (impopulaire) de M. Charest pour le projet Rabaska – dans lequel Power Corporation a des intérêts financiers, Paul Desmarais a fait preuve de reconnaissance et d’amitié envers notre premier ministre en l’invitant à une réception privée lorsque Nicolas Sarkozy lui a décerné la Légion de la Grande-Croix..

C’est donc en cours de mandat minoritaire que Jean Charest s’est rapproché un peu plus du milliardaire québécois. En considérant que les intérêts de Power Corporation sont maintenant reliés au monde de l’énergie et des services publics, on peut se demander si Paul Desmarais a manifesté son intérêt pour l’hydro-électricité, les énergies fossiles du Saint-Laurent et l’eau potable de nos lacs et rivières… Possédant maintenant des compagnies d’assurances qui offrent des couvertures médicales, on peut également imaginer que M. Desmarais glisserait un petit mot en faveur de la privatisation des soins de santé… Si les deux compères n’arrivent pas à se rencontrer quelque part, y’a toujours les journaux…

Alors, ils disent quoi ces journaux ce matin? Du côté de La Presse, on ne se cache pas pour réclamer des élections. Sous la plume d’Yves Boisvert, qui essaie d’être drôle sans succès, on tente de nous convaincre qu’elles sont inévitables: « Comme ça, vous ne voulez pas d’élections? On vous comprend, mais mettez vous à la place de Jean Charest un instant. A-t-il seulement le choix? » Fidèle à son poste, l’éditorialiste André Pratte n’est pas moins subtil: « Si l’on en croit les sondages et la rumeur publique, une grande majorité de Québécois est furieuse contre Jean Charest parce qu’il songe à tenir des élections générales le 8 décembre prochain. Aussi répandu soit-il, ce mécontentement ne nous semble pas justifié… »

Dites M. Charest, vous avez lu La Presse ce matin? Le message est clair, vous pouvez y aller.

Photo: Nicholas Gray – Flickr

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Pourquoi un gouvernement majoritaire en temps de crise?

Posted by lutopium sur 28 octobre 2008

Je suis un de ceux qui n’achètent pas l’argument de Jean Charest qui laisse croire qu’il est important pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire afin de traverser la crise économique qui se pointe le nez. Je ne sais pas si vous ressentez le même pessismisme, mais j’ai l’impression que les choses vont mal tourner après les fêtes. Je ne suis pas un expert en économie ou en finance mais j’ai l’intuition que le ralentissement que nous connaîtrons après la consommation folle de décembre sera le pire des vingt ou trente dernières années. Nous achèterons moins, les taux d’intérêt augmenteront, les entreprises devront abolir des postes et le marasme s’installera.

Le premier ministre essaie donc de nous convaincre que les temps seront moins pénibles si le Parti Libéral a le pouvoir de gouverner sans faire de compromis avec les partis d’opposition. Les projets de loi pourront être adoptés plus rapidement et la gestion quotidienne des affaires de l’état se précisera sans se précoccuper des députés de l’autre côté de la chambre. Comme le gouvernement du Québec n’a aucun pouvoir sur la politique monétaire canadienne et aucune influence sur les taux d’intérêt, je me demande bien quel est le plan de M. Charest. Laissez-moi deviner… des subventions aux entreprises en difficulté? Des crédits à des entreprises qui veulent investir au Québec? Ou peut-être une liquidation du patrimoine collectif… songerait-il à vendre Hydro-Québec? À privatiser les soins de santé encore un peu plus? Pourriez-vous m’expliquer pourquoi M. Charest désire devenir le grand capitaine avant que la crise économique commence à faire sentir ses effets? Ne me dites pas que tout est relié aux réserves budgétaires…

À en croire les journalistes et éditorialistes du groupe Gesca, le feu vert est donné par l’Empire Desmarais. Le journaliste Vincent Marissal réconforte le premier ministre en lui rappelant que c’est lui qui maîtrise le calendrier et que le « timing » est à son avantage. L’éditorialiste André Pratte a même choisi un titre sans équivoque: « Élections: un bon moment ».

Comme ce fut le cas lors des dernières élections fédérales, il faudra que les progressistes fassent preuve de vigilance. Je suis convaincu que l’establishment libéral songera sérieusement à organiser une vente de feu afin de garnir les coffres de l’état et redistribuer encore plus de fric vers les dirigeants des chambres de commerce. On dira que le temps est propice à la privatisation des services publics, aux partenariats publics-privés, à l’impartition et quoi encore.

On s’en reparle…

Photo: Dimitri P. – Flickr

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Entêtement, trahison et ignorance

Posted by lutopium sur 24 octobre 2008

Notre premier ministre n’a pas digéré l’élection de François Gendron comme président de l’Assemblée Nationale.  Comme le mentionnait Marie Grégoire dans l’édition du quotidien Le Métro de ce matin, « … l’entêtement à vouloir tout contrôler ne reflète nullement l’esprit de cohabitation si souvent évoqué par le premier ministre. C’est sans compter que l’attitude de celui-ci n’était pas digne de sa fonction. Il est vrai que ce genre de décision ne change rien au quotidien des citoyens. Elle aura seulement permis d’illustrer qu’au-delà de l’image, Jean Charest ne digère toujours pas d’être minoritaire… »

Une journée plus tard, c’est au tour du chef de l’opposition à être décrit comme un personnage autoritaire.  Suite à sa décision de joindre le Parti Libéral, l’adéquiste Pierre-Michel Auger a justifié son geste en confiant que « … le style de leadership de Mario Dumont et de l’ADQ ne correspond pas à ce que je crois être bon pour les Québécois. J’estime que ma place n’est plus dans un caucus où le chef n’a pas d’écoute pour ses députés et dans un parti qui ne met pas ses députés à contribution. Pour moi, un parti politique n’est pas l’affaire de trois ou quatre personnes… ».  Je me demande si M. Auger a demandé l’accord des membres de l’association adéquiste de son comté avant de quitter le parti ou si c’était son affaire à lui tout seul?

Comme certains facteurs laissent croire que l’ADQ risque de disparaître au cours des prochains mois, que le Parti Québécois ne semble pas vouloir reprendre la position « gauche » de l’échiquier politique (tout en reléguant la souveraineté au second plan) et que le Parti Libéral ne trahira jamais ses partenaires des chambres de commerce et de l’Institut Économique de Montréal, comment les électeurs progressistes voteront-ils lors des prochaines élections provinciales?  Est-ce que Françoise David et Amir Khadir sauront convaincre les québécois que leur formation est prête à prendre au moins quelques sièges à l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter l’homogénéité qui s’y installe?

Le 14 octobre dernier, les québécois ont rejeté les idées du Parti Conservateur.  Ils semblent avoir apprécié l’approche progressiste de Gilles Duceppe.  Lors des prochaines élections provinciales, prendront-ils le temps de bien s’informer sur les enjeux et les solutions proposées avant de compléter leur bulletin de vote?  Assisterons-nous à une campagne électorale où l’allure des chefs prendra encore une fois des proportions démesurées?  Lors de son passage à l’émission de Larry King sur CNN hier soir, le documentariste Michael Moore espérait que les américains choisissent leur prochain président selon les idées qu’il propose et non sur ses origines ethniques :

« … Obama’s main opponent in this election on November 4th is not John McCain, it’s ignorance. It’s Obama versus ignorance.  And will ignorance and hatred and racism win or will whoever should be the next president, who the majority of the people want to be the president?  Is that what’s going to happen?

Instead of talking about the greatest robbery of all time on Wall Street by the top 5 percent of this country, we’re now – we’re still talking about the ignorance and stupidity of some people and how that’s going to guide their vote…  But if a certain number of millions of people are going to vote out of ignorance… I hope that they would educate themselves sometime in the next 11 days… »

Si le premier ministre Charest utilise son pouvoir et déclenche des élections cet automne, peut-on prétendre qu’il fait preuve d’un respect de la démocratie?

Illustration : Ben Heine – Flickr

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Les petits garçons et leurs courses de chars

Posted by lutopium sur 22 octobre 2008

Il m’apparaît tout à fait incroyable que des politiciens qui se présentent comme des gens sérieux s’acharnent à vouloir convaincre le circuit de la Formule 1 de revenir sur sa décision et de tenir un Grand Prix à Montréal. Et en passant, Michael Fortier est-il encore ministre, oui ou non?

Les gouvernements ont investi au moins une douzaine de millions dans cet évènement depuis les cinq dernières années. On peut lire aujourd’hui que « le grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone, a retiré le Grand Prix du Canada parce qu’il estime que l’entreprise de Normand Legault lui doit entre 10 et 20 millions de dollars… ». D’ailleurs, je me rappelle que la série Champ Car avait également poursuivi les mêmes organisateurs pour non-respect de contrat en 2006. Est-ce que la course automobile est incompatible avec profitabilité? Est-il nécessaire que les gouvernements s’impliquent pour en assurer le succès financier? N’est-ce pas là, messieurs Fortier et Bachand, un principe qui va à l’encontre de votre philosophie politique? Moins d’état, plus de privé?

Et voilà qu’on nous apprend que des gens d’affaires de Montréal sont prêts à passer le chapeau pour assurer la présentation du Grand-Prix. Que d’efforts déployés pour deux ou trois jours où des touristes occuperont les chambres d’hôtel, se paieront quelques bons repas et achèteront quelques souvenirs… Le site de Tourisme Montréal décrit bien ce qui excite vraiment nos petits garçons de la rue Crescent :

« Attention, on démarre ! Le grand cirque de la F1 arrive en ville – sa seule escale en Amérique du Nord – avec toute l’énergie, le glamour et la démesure qu’on lui connaît ! La fébrilité se manifeste autant sur la piste de course que sur les pistes de danse des bars et restos les plus branchés, où les mordus de moteurs se mêlent au gratin du jetset pour fêter en grand. Encore une fois, les meilleurs pilotes et leurs équipes d’élite s’affrontent sur le circuit Gilles-Villeneuve, dans le décor pittoresque de l’île Notre-Dame. Des centaines de milliers de fidèles drapés, costumés et passionnés seront au rendez-vous pour vivre toute l’émotion et le suspense de ce grand spectacle.

Une fois les monoplaces garées pour la journée, l’action se déplace à deux pas au centre-ville de Montréal. La légendaire rue Crescent devient voie piétonne pour mieux accueillir les concerts gratuits en plein air, les compétitions d’équipes de ravitaillement et la parade de Ferrari et d’autres super bolides. C’est l’endroit idéal pour croiser des vedettes et se rincer l’œil. »

Les petits garçons du parti Libéral et du parti Conservateur veulent investir combien d’argent dans ce cirque?

Illustration : imaginism – Flickr

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Le cauchemar des marchands de rêve

Posted by lutopium sur 21 octobre 2008

Les journaux nous apprennent (encore) que l’écart entre les pauvres et les riches s’accentue sans cesse, qu’une crise économique majeure se pointe toujours à l’horizon et que, signe des temps, certaines grandes richesses canadiennes s’effondrent:

Ted Rogers, de l’empire du même nom, vient de voir sa fortune personnelle perdre 24% de sa valeur qui est maintenant évaluée à 1.4 milliards. Notre Prince québécois, Paul Desmarais, a perdu 764 millions suite aux revers subis par l’action de Power Corporation depuis juin dernier. Il n’est cependant pas à plaindre car il peut toujours compter sur un magot de 3.4 milliards. La coqueluche du monde technologique, Mike Lazardis, président de Research In Motion et l’homme derrière le Blackberry, a vu ses avoirs fondrent de moitié en quelques mois, perdant au passage 2.4 milliards.

Une grande majorité des gens d’affaires veulent retirer toute règlementation ou toute obligation qui font entrave au libre commerce. Ils veulent payer moins d’impôt, réduire la taille de l’État, cet état maudit. Pourtant, l’OCDE mentionne aujourd’hui que « le fossé entre riches et pauvres au Canada s’est considérablement agrandi au cours des dix dernières années, partiellement en raison de dépenses sociales d’Ottawa qui se trouvent à un niveau inférieur de la moyenne des pays développés… »

On peut voir où se retrouvent maintenant les déductions fiscales qu’ils ont pu obtenir ces dernières années…

Le 8 novembre 2007 à 16 h, Michel Patry, directeur de HEC Montréal, accompagné de Glenn J. Chamandy, président et chef de la direction, Les Vêtements de Sport Gildan, ont sonné conjointement la « cloche de fermeture » de la Bourse de New York.

Première rangée, de gauche à droite : Lyne Rowley, John Casale (vice-président, NYSE), Michel Patry, Glenn J. Chamandy, Gildan, Hélène Desmarais (présidente du conseil d’administration, HEC Montréal), François Leroux et Katleen Félix.

Deuxième rangée, de gauche à droite : Jacques Nantel (secrétaire général, HEC Montréal), Claude Séguin (CGI), Pierre Robitaille (Gildan), Paul Desmarais III (analyste financier, Goldman Sachs), Dominic Bécotte, Marie-Ève Piché et Guy Fréchette (Ernst & Young).

Photos: discopalace et HEC Montréal – Flickr


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L’ascension d’un Prince

Posted by lutopium sur 20 octobre 2008

C’est ce soir que Robin Philpot lançait son livre « Derrière l’État Desmarais: POWER ». Je suis un de ceux qui sont fascinés par le mystère entourant cette famille. Immensément riches, toutes les rumeurs veulent que les Desmarais savent également comment tirer les ficelles politiques. Mais rares sont les écrits ou les reportages qui nous offrent un portrait détaillé de la vie de ces gens riches et célèbres.

Déjà, à la lecture des premières pages, on sent que c’est un travail de recherche sérieux et que l’auteur n’hésite pas à analyser l’impact du clan Desmarais sur le projet de souveraineté du Québec. On se souvient que cette histoire est enracinée dans notre pays depuis plus de 40 ans et le livre de Philpot nous permet de comprendre la patience et l’ambition de Paul Desmarais. Déjà en 1968, le député libéral Yves Michaud y allait d’une mise en garde sans équivoque:

« En faut-il d’avantage pour marquer le caractère grave d’une situation qui, si elle n’est pas l’objet d’un examen détaillé, scrupuleux et attentif – tel que le permettent nos règlements – de la part des élus du peuple et des responsables de l’État, rsique d’abandonner dans les mains d’une oligarchie financière, une puissance plus grande que celle de l’État, une force éventuellement capable de contrecarrer les volontés des élus du peuple et de l’exécutif? Situation grave, poursuivait le député Yves Michaud… »

Ça promet d’être du bonbon… Le livre est en vente mercredi le 22. Le Journal de Montréal a même réservé quatre pages pour en souligner l’arrivée en librairie. On peut entendre Pierre-Karl s’écrier: « tiens toé mon Paulo… »

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Non à la privatisation d’Hydro-Québec!

Posted by lutopium sur 20 octobre 2008

« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe. » – Edward Bernays, Propaganda (1928)

Ça commence à sentir le rituel… Voilà que l’Institut Économique de Montréal (IEDM) relance encore une fois le débat autour de la privatisation d’Hydro-Québec en présentant une autre conférence avec Claude Garcia le 12 novembre prochain. Les convives du monde des affaires de Montréal pourront y entendre une allocution de l’ancien président de Standard Life et ancien sous-ministre adjoint au ministère des Affaires sociales du Québec s’intitulant tout simplement « La privatisation d’Hydro-Québec: une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec ».

« Après avoir analysé le rendement d’Hydro-Québec sous divers angles, M. Garcia expliquera pourquoi il est temps de songer sérieusement à la privatisation de cette société d’État. Il présentera un processus détaillé pour y arriver et montrera comment une privatisation bien ficelée, associée à la distribution d’un bloc important d’actions aux citoyens québécois, à la vente sur les marchés d’un autre bloc et à un système de redevances gouvernementales, permettra d’enrichir les Québécois de manière substantielle, même si une hausse des tarifs d’électricité est à prévoir. »

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi M. Garcia et l’IEDM s’entêtent à promouvoir cette idée avec autant de passion… Y’a-t’il un lien entre les propos de M. Garcia et ses affinités avec le Parti Libéral du Québec (selon un article du Journal de Montréal, il aurait versé $12,895.00 au PLQ entre 1980 et 2005)? Monsieur Garcia désire-t-il « écraser » les contribuables québécois avec la même vigueur qu’il démontra en 1995 envers le projet d’indépendance du Québec?

Quels sont les joueurs industriels qui seraient intéressés par la privatisation d’Hydro-Québec et mettre la main sur des actifs de 65 milliards, un chiffre d’affaires de 12 milliards et des profits annuels de près de 3 milliards? Serait-ce Suez Energy North America dans laquelle la famille Desmarais a d’importants intérêts? Serait-ce SNC-Lavallin qui pourrait mettre en pratique son expertise ici-même au Québec? Insatisfaits du projet Rabaska, les américains aimeraient-ils s’approprier une source d’énergie rentable?

En savoir plus…

Les arguments de Claude Garcia, tels que publiés par La Presse le 2 juin 2007.

Hydro-Québec: les kilowatts et leurs profits – Revue À Bâbord!

Marcel Boyer, l’IEDM, Gesca et la privatisation d’Hydro-Québec: lutopium le 9 août 2008

Illustration: mookboy – Flickr

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Le magasin de Walter et les réalités de la droite

Posted by lutopium sur 17 octobre 2008

Pour Walmart, $22,000 par année c’est trop!

Wal-Mart a annoncé jeudi la fermeture de son atelier automobile rattaché au magasin de Gatineau, où les employés s’étaient syndiqués et venaient d’obtenir une première convention collective.

Le géant du commerce de détail a justifié sa décision en affirmant qu’il ne pouvait accepter « une convention collective irréaliste » qui comprend des augmentations de salaire pour ses cinq employés du garage… qui auraient entraîné une hausse des prix de 30 pour cent pour les clients du garage.

Le directeur des affaires corporatives de Wal-Mart pour le Québec, Yanik Deschênes, affirme que les salaires de ces employés seraient ainsi passés de 8,75 $ l’heure à 11,36 $ l’heure.  Je boycott Walmart depuis des années… et vous? Article complet chez matin.qc.ca.

Un gourou de la droite canadienne ne croit plus aux conservateurs

Suite à un billet lancé par David Frumm, ancien conseiller de George W. Bush, un ancien exécutif de la coalition canadienne National Citizens (dont Stephen Harper fut le président de 1998 à 2002) déclare que les conservateurs ont raté leur rendez-vous avec le pouvoir et qu’ils n’auront pas une troisième chance. Toujours très actif au sein de la droite canadienne, Gerry Nicholls prédit même l’élection de Bob Rae comme Premier Ministre aux prochaines élections.

La droite n’occupe pas tout le terrain religieux.

« Peu importe s’ils prennent de bonnes ou de mauvaises décisions, les gens qui occupent l’espace économique s’enrichissent constamment tout en pénalisant les travailleurs et les consommateurs. Les stratégies prudentes d’investissement sont remplacées par un gambling financier sans vergogne, créant ce que certains appelent « l’économie de casino » où les dopés de Wall Street s’arrachent les profits tout en laissant des risques catastrophiques se pointer à l’horizon, en pleine face de tous les acteurs du monde financier. Que devons-nous penser des bénéfices extraordinaires alloués aux dirigeants des entreprises financières surtout lorsque le salaire du travailleur moyen se détériore? Assistons-nous à la plus grande tricherie morale qu’on puisse imaginer? »

Un point de vue chrétien progressiste sur la crise économique. Sur le site des Sojourners.

Il vous rappelle quelqu’un le pingouin?


Manifestation contre l’invasion de l’Afghanistan

Un rappel: demain (samedi le 18 octobre) à 13h00 à la sortie du métro Radisson.

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L’impuissance des citoyens

Posted by lutopium sur 16 octobre 2008

Suite aux élections de mardi, plusieurs blogueurs ont déjà repris du service et ont publié d’excellents billets qui provoquent de bons échanges. Mon itinéraire régulier m’a amené à laisser quelques commentaires ici et là et il m’est venu à l’idée de reprendre certains extraits pour vous faire part de certaines de mes convictions…

Après avoir pris connaissance du bilan de campagne électorale présenté par Alexis St-Gelais, je me suis joint à Renart L’Éveillé pour questionner le manque de confiance des électeurs envers notre système électoral:

« C’est une chirurgie complète dont a besoin notre démocratie. Sans la réforme du mode de scrutin vers une « proportionnelle », le résultat des élections ne sera plus représentatif des préoccupations des citoyens.

Le vote pour les Verts et celui pour le NPD sont des gestes de conviction. Des gens préoccupés par l’environnement et d’autres par la situation précaire des travailleurs. Ces deux groupes représentent le quart de la population canadienne mais n’obtiennent que 12% des sièges. Sans compter qu’un grand nombre d’abstentionnistes auraient probablement appuyé un ou l’autre s’ils avaient la conviction que leur vote aurait une signification et un poids.

Ça fait quarante ans que le Québec réfléchit à la question. TOUS les partis politiques ont suggéré l’idée de réviser le mode de scrutin. Tous, par les voix de René Lévesque, Mario Dumont, Benoit Pelletier, Jean-Pierre Charbonneau, Françoise David, Guy Rainville… ont souhaité une représentation électorale plus juste, adaptée aux nouvelles réalités.

Quatre citoyens sur dix ne votent pas. N’est-ce pas là un signal d’alarme? Le maintien du vote nominal à un tour doit faire l’affaire de quelques-uns… »

Avec son approche poétique habituelle, MFL du blogue Regardez La Musique partage son malaise face à la montée de la droite. J’en ai profité pour lancer quelques questions sur la réalité québécoise:

« On fera quoi aux prochaines élections provinciales? Serons-nous les otages du Parti Québécois parce que nous tenons à nous donner un pays? Comment nous comporterons-nous devant ces nouvelles propositions de développement pétrolier dans notre beau fleuve? Comment défendrons-nous l’aspect public de notre système de santé?

Et essayons de comprendre ce qui se passe à Québec au lieu de creuser l’écart. Nous ne serons jamais capables de faire l’indépendance du Québec si nous alimentons cet inconfort qui existe entre les deux villes. Nous devions nous rapprocher des québécois lors du 400ème. Je sens qu’on s’éloigne de plus en plus. Ça doit en arranger quelques-uns… »

Qui aurait cru que notre génération pourrait traverser une période aussi sombre que le krash de 1929? Suite à la lecture d’un autre article d’Alexis sur le blogue À Mon Humble Avis, je tente d’y apporter mon grain de sel:

« Deux réalités nous frappent. La structure même du système capitaliste et les habitudes de consommation du monde occidental. Je ne crois pas qu’il soit question ici de gauche ou de droite. Historiquement, l’expression « de gauche » réfère au pouvoir du peuple, à la solidarité, à la justice, à la protection du bien commun et à une équitable répartition de la richesse. Que ce soit Keynes ou Friedman, le peuple n’est pas impliqué, pas consulté. Au contraire, il devient le joueur, voire l’esclave de ce jeu monétaire…

Il y a donc un problème « écono-politique » et un problème de comportement de société. Nos habits de citoyens ont été transformés en déguisements de consommateurs. Nous sommes appelés à consommer à outrance et nous répondons à cet appel depuis de nombreuses années. Cette mobilisation occidentale à acheter des biens inutiles qui apparemment font rouler l’économie et nous procurent satisfaction personnelle nous amène directement vers une catastrophe. L’écroulement des marchés n’est que le premier indice. La pollution et l’incapacité de gérer les déchets seront les prochains problèmes reliés à ces habitudes.

Le citoyen est devenu consommateur. C’est une des raisons qui expliquent le désintéressement face à la politique. Quatre consommateurs sur 10 ne votent pas. Ça ne rapporte rien qu’ils disent. »

Photo: Hanna Lerski – Flickr

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