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Posts Tagged ‘Françoise David’

L’indigestion des fécules

Posted by lutopium sur 7 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Un des signes évidents du vieillissement, c’est la difficulté à digérer certains aliments. Certains d’entre vous seront d’accord pour dire que les fécules peuvent causer des douleurs intolérables. C’est le malaise que j’ai ressenti cette semaine lorsqu’on m’a informé de la publication d’un billet de Joseph Facal dans le Journal de Montréal.  Je me contenterai de ce petit jeu de mots.  Restons polis…

La réaction farfelue de l’ancien ministre péquiste est reliée au manifeste de Québec solidaire « Pour sortir de la crise: dépasser le capitalisme? » qui a été lancé la semaine dernière. Monsieur Facal n’hésite pas à tomber dans les insultes et les imprécisions afin de discréditer l’initiative de Qs. Même si la plupart des médias québécois n’ont eu aucun problème à informer la population sur la publication du manifeste, Monsieur Facal croit que « l’initiative est passée totalement inaperçue ». Le professeur discrédite le travail de Qs en associant ses idées au fascisme et au communisme tout en nous rappelant que Françoise David a milité dans un groupe marxiste-léniniste dans les années soixante-dix. Évidemment, pour un type qui a fait un bac et une maîtrise en sciences politiques, rien n’est plus mystérieux et dangereux qu’un ancien marxiste… Dommage, ça discrédite un grand nombre de personnalités publiques… comme Gilles Duceppe ou le journaliste Alain Dubuc. À moins que tout ça dépende de quel bord vous vous êtes rangé. Vous êtes un ancien maoiste déterminé à faire l’indépendance du Québec? Ça va. Vous êtes un ancien agitateur trostkyste maintenant au service de Maître Desmarais? Bon travail.

Monsieur Facal le prend très personnel. Parce que le manifeste de Qs utilise le terme « Lucides » pour identifier les responsables de la crise économique actuelle, il se sent directement attaqué car, ne l’oublions pas, Monsieur Facal est un des signataires du Manifeste des Lucides publié il y a quelques années, en collaboration avec Lucien Bouchard, André Pratte, Claude Montmarquette et une brochette de ténors de la droite économique québécoise. Dans cet hymne à la liberté économique, les disciples du monde des affaires proposaient le dégel des frais de scolarité, la hausse des tarifs d’électricité, des baisses d’impôts et une plus grande place au privé dans la livraison des services publics. Lucidité, responsabilité et liberté. Amen. On se rappelle que Françoise David avait répondu à l’invitation des lucides en lançant le Manifeste pour un Québec Solidaire, qui proposait des solutions progressistes qui ont finalement reçu un meilleur accueil de la population, tel que le soulignait un sondage CROP et un article d’Alexandre Shields.

Avec la publication de ce nouveau manifeste, Qs suggère de pousser la réflexion un peu plus loin et de remettre en cause certains fondements de notre système économique. Monsieur Facal semble renversé. Pourtant, des centaines d’experts de tous les horizons politiques et économiques proposent essentiellement cette réflexion fondamentale. Est-ce tout simplement une (autre) crise économique ou un système qui supporte mal le modèle néolibéral? Même Nicolas Sarkozy, qui est loin d’être un militant gauchiste, reconnaissait récemment que « le marché qui a toujours raison, c’est fini ». Monsieur Facal remarquera également que « la Chambre des représentants américaine a approuvé (hier) la création d’une commission d’enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique… ». Le problème est majeur Monsieur Facal. Ceci n’est pas un hoquet.

En fait, Monsieur Facal me rappelle la croisade qu’a menée le sénateur américain Joseph McCarthy dans les années cinquante. Le pauvre, il voyait des communistes partout et toute opposition au système capitaliste devait être sévèrement punie. McCarthy et Facal, inquisiteurs au service des Maîtres de la Cité, ont trouvé le clown maléfique de leur époque. Monsieur Facal compare Françoise David et Amir Khadir à Ding et Dong et souhaite leur disparition du paysage politique québécois. De son côté, le sénateur McCarthy a poussé Charlie Chaplin à s’exiler en Suisse suite à des accusations d’activités anti-américaines portées contre lui. La chasse aux sorcières qu’a menée McCarthy était motivée par ce qu’on appelait la « peur rouge », la peur des méchants communistes. Et celle que mène Monsieur Facal, est-elle associée à sa loyauté envers le Parti Québécois ou envers la chambre de commerce?

J’imagine que Monsieur Facal n’est pas très préoccuppé par la crise économique actuelle. Car, même s’il est l’un des grands défenseurs du libre-marché et de la croissance économique, il n’est pas le symbole de l’entrepreneur visionnaire. Après ses études collégiales et universitaires, M. Facal a travaillé pour le PQ, a siégé comme député et il est maintenant professeur aux HEC tout en vendant ses pamphlets à Maître Péladeau. Une belle carrière « publique » d’après ce que je peux constater. Il n’a probablement pas de soucis à se faire en songeant à sa belle retraite dorée qui sera payée entièrement par les fonds publics.

Je me demande bien qui est le clown.

Photo: bettywisse – Flickr

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Solidaires… y’a de la magie dans l’air!

Posted by lutopium sur 6 décembre 2008

« … L’ADQ est en chute libre et si Pauline Marois parle autant d’indépendance, c’est parce qu’elle sait qu’elle n’a aucune chance. Elle essaie de rallier tous les souverainistes. Parce qu’il y en a quelques-uns qui, comme moi, sont maintenant avec Québec solidaire. Un parti de gauche, souverainiste, c’est ça que je veux. Et je ne considère pas que je perds mon vote. Il se crée une masse autour de Québec solidaire, tranquillement… » Yvon Deschamps, le 6 décembre 2008.

« … Tout comme l’ancien ministre Robert Perreault, je crois que les électeurs de Mercier devraient élire Amir Khadir et en faire leur député. J’ajoute toutefois que Québec solidaire, par l’appui croissant qu’il reçoit en de nombreux milieux, mérite davantage, et il m’apparaît que cet équilibre démocratique serait mieux servi si les électeurs de la circonscription de Gouin élisait également la coporte-parole de ce parti, Mme Françoise David, elle qui, depuis déjà plusieurs années, porte des valeurs de solidarité dont le Québec a grand besoin ces temps-ci. Ce faisant, avec deux représentants de Québec solidaire, nous aurions alors une Assemblée nationale plus représentative de la volonté populaire, ce que le mode de scrutin actuel ne permet pas d’exprimer… » Claude Béland, le 5 décembre

« Si quelques candidats de Québec solidaire étaient élus, la dynamique politique québécoise serait modifiée. Les thèmes et les solutions progressistes que le parti propose seraient présents dans le débat public.

Françoise David est une femme exceptionnelle, d’une rigueur intellectuelle et d’une honnêteté remarquable. Femme d’engagement, proche des gens, sincère, généreuse. Le Québec ne peut pas se priver d’une telle femme. Nous serions tous perdants si elle n’était pas élue dans Gouin.

Amir Khadir est une sorte de génie. Un homme courageux et franc. Je ne sais pas comment il fait pour concilier médecine, grosse famille et vie politique. Nous avons besoin d’hommes comme lui pour défendre le système de santé public. Alors, dans Mercier, pour l’avenir du Québec, il faut voter Amir.

Vous me direz que deux députés de Québec solidaire ne changeront rien. Vous vous trompez. Les idées, les discours différents, les remises en question, ne doivent pas se limiter aux blogues et aux lettres confidentielles. Ces voix nouvelles et nécessaires doivent obtenir leur légitimité démocratique pour s’imposer dans le débat politique québécois.

Le Québec sera plus riche avec Françoise David et Amir Khadir, plus riche en idées et en diversité, plus riche en réflexion et en innovation.

Ne serait-il pas temps d’avoir des représentants élus qui nous parlent d’enjeux fondamentaux avec une approche différente de celle des deux grands partis? L’élection de Françoise David et d’Amir Khadir améliorerait notre démocratie et donnerait enfin une voix à toutes les forces progressistes qui sont aujourd’hui exclues du débat collectif. » Gil Courtemanche, le 6 décembre

Illustration: oparthamburg 2

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Quand les hommes vivront d’amour…

Posted by lutopium sur 29 novembre 2008

« Certains politiciens attirent l’attention sur l’Économie et affirment que le temps est mal choisi. Je crois qu’ils ont tout compris de travers. On ne peut pas se permettre d’attendre plus longtemps. Le réchauffement climatique est un problème qui ne fera qu’empirer. Plus on retarde, plus les solutions seront coûteuses. » James Blunt, auteur-compositeur britannique.

« Aujourd’hui, la question n’est plus d’encourager l’industrie ou l’agriculture, ou bien de faire des grands travaux, mais de créer de l’emploi en rendant la planète plus vivable, plus durable. La crise que nous traversons est en fait une chance formidable de changer de paradigme – et d’allouer beaucoup plus de ressources à l’environnement. 1929 avait donné naissance à l’État-providence moderne; 2008 doit déboucher sur l’État écolo moderne. » Philippe Thureau-Dangin, éditorialiste au Courrier International.

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Solidaires pour l’environnement!

Posted by lutopium sur 25 novembre 2008

Montréal, le 24 novembre – Selon une dizaine de groupes écologistes dont Greenpeace et Équiterre, Québec solidaire obtient la meilleure note pour ses engagements en matière d’environnement, ex aequo avec le Parti vert, suivi de loin par le Parti québécois, l’Action démocratique du Québec et le Parti libéral.

Que ce soit en matière de gestion des forêts, d’agriculture ou d’alimentation, les groupes écologistes ont souligné l’avant-gardisme des engagements de Québec solidaire.

« Les Libéraux touchent véritablement le fond du baril avec une note de 5 sur 25. Même l’ADQ fait mieux… « L’économie d’abord, oui », mais au détriment de la planète, en somme. Voter Québec solidaire, c’est faire le choix du seul parti qui propose une économie véritablement au service des gens et de l’environnement. Le 8 décembre, il faut envoyer des solidaires à l’Assemblée nationale pour mettre fin aux vieux modèles économiques qui nous ont mené au bord du gouffre », a indiqué la porte-parole de Québec solidaire Françoise David.

De plus, M. Gaétan Daniel Breton, fondateur du Parti Vert du Québec, a confirmé dimanche dernier son appui inconditionnel à Françoise David et Amir Khadir.  Un nombre impressionnant d’appuis de la part des intervenants en environnement pointent vers l’approche globale et innovatrice de Québec solidaire.  Plus que jamais, Québec solidaire est la formation politique des citoyens et citoyennes préoccupés par l’environnement!

Voir : Questionnaire aux partis 
L’environnement de retour dans la campagne électorale et Développer une économie écologiste et solidaire

Illustration: David Gunter – Flickr

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Solidaires, toujours solidaires…

Posted by lutopium sur 22 novembre 2008

« Par ailleurs, de façon à contourner les effets négatifs du mode de scrutin actuel sur les partis en émergence, Québec solidaire, en accord avec le comité de coordination de la circonscription, ne présentera pas de candidat dans Notre-Dame-de-Grâce, circonscription où les Verts avaient obtenu leur meilleur résultat aux dernières élections », a conclu la présidente de Québec solidaire Alexa Conradi.

Montréal, le 22 novembre – Pour la deuxième élection de suite, Québec solidaire présentera des candidats dans une vaste majorité de circonscriptions. Encore une fois, Québec solidaire est le parti qui présentera le plus de femmes le 8 décembre, soit 65 sur 122.

« Avec 53 % de candidatures féminines, Québec solidaire fait encore une fois la preuve que la parité, c’est possible. Si un parti aussi jeune que le nôtre atteint la parité, comment se fait-il que nos adversaires n’y arrivent pas ?

« À Québec solidaire, nos pratiques sont conséquentes avec nos engagements : équité salariale, reconnaissance du travail des proches aidantes, lutte à la violence faites aux femmes, hausse du salaire minimum, augmenter l’accès aux maisons de naissance, etc. Les femmes peuvent avoir confiance en Québec solidaire pour défendre leurs droits chèrement acquis », affirmé le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir.

À lire: Pierre Foglia – « Bonjour, je suis Françoise David de Québec solidaire » et radiCarl.net – « Solidairement, pour une réforme des forces souverainistes au Québec ».

Illustration: Thomas Hawk – Flickr

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Paysages de campagne

Posted by lutopium sur 16 novembre 2008

C’est plus fort que moi. Je ressens le besoin de partager quelques réflexions en ce 12ème jour de campagne électorale. Ça sera comme une thérapie. Le comité électoral de notre circonscription reprend ses activités ce matin vers 11 heures. J’en profite donc pour écrire ces quelques mots, histoire de faire sortir le méchant.

Le visage républicain de l’ADQ

Il est évident que les conseillers de l’ADQ cherchent à rafraîchir leur stratégie électorale. Depuis le déclenchement des élections, leur chef semble désorienté, ne sachant pas sur quel clou il doit frapper pour rejoindre la population. Hier après-midi, on a pu constater le fruit de leurs réflexions. Lors d’une assemblée militante à Québec, l’ADQ a invité l’ancienne juge Andrée Ruffo à prononcer un discours sur un sujet qui lui tient particulièrement à coeur: la famille. Elle se joint au discours populiste en lançant: « Je crois encore aux familles. Ce n’est pas vrai que c’est l’État qui donne de l’amour aux enfants… ».

Voilà un double discours directement inspiré du Parti Républicain et du Parti Conservateur. Dans une même phrase, on rend gloire à la famille et on en profite pour identifier l’état comme une grosse bibitte qui devrait se retirer complètement des programmes sociaux. Voyons donc… Pauline Marois et Françoise David n’ont jamais dit que l’état devait donner de l’amour aux enfants! Toute l’idée derrière le programme des CPE est de soutenir les québécoises et les québécois qui tentent de concilier le travail et les obligations familiales… L’apparition des CPE fait suite à des années de luttes et de revendications menées par les regroupements de femmes et par des groupes communautaires.

Dans la tradition de George W. Bush et de Stephen Harper, voilà donc la dernière idée des stratèges de l’ADQ: encadrer le débat autour de la famille dans un modèle patriarcal. Il semble évident pour eux que les mamans doivent rester à la maison pour prendre soin des petits. Et Mario Dumont de préciser cette approche en lançant « avec l’ADQ, c’est un enfant, une place au soleil. Pas d’oubliés… » Cette phrase ne vous rappelle pas le slogan de George W. Bush en 2004: « No child left behind… »?

La mission des services gouvernementaux n’est pas de régler les problèmes reliés au démantèlement des familles. Les CPE existent pour faciliter le quotidien des citoyennes et des citoyens du Québec. L’augmentation du taux de divorce n’a rien à voir avec l’état. Regardez plutôt du côté de mode de vie imposé par notre société de consommation…

Le droit d’exister d’un parti progressiste

Les québécois devraient décider par eux-mêmes s’il est pertinent de compter Québec solidaire dans le paysage politique. Cette formation politique émergente, rassemblant des québécois et des québécoises de tous les horizons, doit faire preuve de créativité afin de se tailler une petite place dans cette campagne électorale. La formation de Françoise David et d’Amir Khadir ne pouvait pas enclencher des dépenses avant le lancement officiel de la campagne électorale, confirmé par la visite du premier ministre chez le lieutenant-gouverneur. Les trois « grands » partis ont commencé à se préparer à ces élections des jours, voire des semaines avant son lancement. Déjà, dans la nuit du 6 décembre, leurs pancartes étaient montées aux pôteaux. Leurs autobus étaient prêts à silloner les routes du Québec. Les locaux étaient loués, les lignes téléphoniques activées.

Le jeudi 6 novembre au matin, l’équipe électorale de Québec solidaire enclenchait ses activités pour démarrer sa campagne. À l’exception des priorités reliées aux circonscriptions des deux porte-parole, il fallait compter une dizaine de jours pour concevoir et mettre en place tous les services qui permettent de soutenir les associations locales d’un bout à l’autre du Québec. Contrairement aux trois autres partis, qui profiteront des 33 jours de campagne, cette jeune formation politique devra se contenter de trois semaines pour se faire connaître et prendre sa place dans le débat.

De plus, les médias semblent être complices dans ce jeu inadéquat en minimisant la portée de Québec solidaire. Selon l’analyse d’Influence Communications, Qs récolte un maigre 2% de la couverture médiatique alors que les trois partis principaux occupent entre 25% et 45% de l’espace. On dira que Françoise David récolte une couverture reliée aux intentions de vote… Mais comment les électeurs peuvent-ils se faire une meilleure idée si la couverture médiatique est si maigre? Dans les médias principaux, on ne parle presque plus de Qs. On ne parle que des trois partis qui siègent actuellement à l’assemblée nationale et ce, même si Qs tient des conférences de presse quotidiennes et maintient un site web qui est rafrâchi plusieurs fois par jour.

De plus, comme Pauline Marois et Jean Charest refusent d’inviter Françoise David au débat des chefs, les québécois ne pourront pas se faire une opinion par eux-mêmes. C’est l’ensemble du Québec qui est pénalisé par l’absence de Mme David à ce débat. À mon avis, il serait extrêmement rafraîchissant de l’entendre. Ça court-circuiterait l’homogénéité du discours actuel. La présence de Mme David permettrait à une portion de la population de se faire entendre.

Et que penser de la campagne de salissage envers Qs qui nous ramène dans l’ère du maccartisme, en identifiant le parti comme une formation d’extrême-gauche? C’est vraiment mal connaître cette formation politique. Comment expliquer qu’un journaliste du Devoir, qui semble admirer le travail de Ségolène Royal, puisse salir la réputation du seul parti progressiste au Québec?

La force d’une couleur à la mode

Depuis la campagne électorale de 2007, on assiste à un nouveau phénomène sur l’échiquier politique: l’attrait que peut procurer l’utilisation d’un mot: vert. Les derniers sondages indiquent que le Parti Vert obtiendrait 7% des intentions de vote. N’est-il pas extraordinaire que ce parti, qui n’a pratiquement aucune structure, attire la sympathie des électeurs grâce à la couleur qui enrobe son nom? S’il y avait un Parti Bleu, grand défenseur de la qualité de l’eau, profiterait-il également d’un succès mystérieux?

Depuis que le nouveau chef du Parti Vert, M. Guy Rainville, a refusé de s’allier à Québec solidaire afin de permettre aux deux partis de se tailler une place au soleil, j’ai moins de respect pour cette jeune formation politique. Ils savent très bien que les deux porte-parole de Qs ont de bonnes chances de gagner leurs sièges dans les circonscriptions de Gouin et Mercier. Invité à ne pas présenter de candidats dans ces deux comtés et d’identifier les endroits où Qs aurait appliqué la même stratégie, M. Rainville a déclaré « …nous avons décidé de ne pas céder les deux comtés à Québec solidaire. » Comme s’ils avaient une chance de remporter ces deux circonscriptions…

C’est ce que je retiens de ces premiers jours de la campagne électorale: discours populiste de Mario Dumont, non-respect de la démocratie de la part des médias, de Jean Charest et Pauline Marois ainsi qu’un opportunisme malsain de la part du Parti Vert. Mais nous travaillerons d’arrache-pied pour faire connaître la plate-forme de Qs et de faire avancer les idées progressistes.

Illustration: Artocular – Flickr

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J’appuie Québec solidaire

Posted by lutopium sur 5 novembre 2008

Lorsque j’ai lancé ce blogue en décembre dernier, je me suis donné comme mission de dénoncer le discours populiste de l’ADQ, les ambitions opportunistes de certains politiciens et les liens corporatistes entre les lobbies économiques et le Parti Libéral du Québec.

J’ai alors décidé de conserver un angle non-partisan afin de me concentrer sur l’analyse des évènements tout en évitant de faire la promotion d’un parti politique en particulier. Je crois que mon attrait pour les concepts progressistes et les idées de gauche était assez évident… Certains me considèrent comme un étatiste, un qualificatif que je n’accepterai jamais. Je ne suis pas un étatiste. Je crois tout simplement que les citoyens doivent faire partie des décisions, pas seulement en votant à tous les quatre ou cinq ans mais en étant impliqués de façon permanente. Certains appellent ça la démocratie participative. Ça empêche la corruption, les excès et les abus. Je ne prône pas un contrôle étatique sur tout. Je crois au pouvoir des citoyens.

Hier soir, un grand nombre de québécois se sont réjouis de l’élection de Barack Obama. Pourquoi? Parce qu’il représente le changement. On ne sait pas encore s’il y parviendra, mais le type semble honnête lorsqu’il parle de lutter contre le racisme, la pauvreté et les inégalités sociales. Les québécois ont également refusé les idées conservatrices de Stephen Harper. Le message est clair.

Il m’aurait été impossible de publier une vingtaine de billets simplement pour dénoncer le programme du Parti Libéral. Ceux qui visitent ce blogue en sont très conscients: privatisation des infrastructures, partenariats à outrance avec le privé, sytème de santé à deux vitesses, subventions doûteuses, etc… Et j’ai tellement parlé de l’ADQ et de Mario Dumont au cours des dix derniers mois que je n’ai plus grand chose à dire sur leur compte!

Publier des billets sur un blogue politique lors d’une campagne électorale exige beaucoup de temps et d’énergie. J’ai donc décidé d’investir ce temps en donnant un coup de main à la jeune formation politique Québec solidaire. J’espère sincèrement que Françoise David et Amir Khadir joindront l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter le débat homogène qui s’y est installé. Il est temps d’oppposer les projets de privatisation, le concept d’utilisateur-payeur, le sous-financement de nos écoles et la croissance économique débridée.

C’est donner un coup de main pour faire avancer des idées et non pour prendre le pouvoir. C’est semer quelques concepts de solidarité pour nos enfants et les enfants de nos petits-enfants. C’est prioriser l’environnement et la protection de nos ressources. C’est la justice sociale et une répartition équitable des richesses. C’est le refus à l’égoisme et au repli sur soi.

Et c’est la promotion de l’accession du Québec à l’indépendance alors que le PQ désire avant tout prendre le pouvoir. On se revoit le 9 décembre. Vous me manquerez. Salut!

Illustration: HersenSpinsels.nl

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Entêtement, trahison et ignorance

Posted by lutopium sur 24 octobre 2008

Notre premier ministre n’a pas digéré l’élection de François Gendron comme président de l’Assemblée Nationale.  Comme le mentionnait Marie Grégoire dans l’édition du quotidien Le Métro de ce matin, « … l’entêtement à vouloir tout contrôler ne reflète nullement l’esprit de cohabitation si souvent évoqué par le premier ministre. C’est sans compter que l’attitude de celui-ci n’était pas digne de sa fonction. Il est vrai que ce genre de décision ne change rien au quotidien des citoyens. Elle aura seulement permis d’illustrer qu’au-delà de l’image, Jean Charest ne digère toujours pas d’être minoritaire… »

Une journée plus tard, c’est au tour du chef de l’opposition à être décrit comme un personnage autoritaire.  Suite à sa décision de joindre le Parti Libéral, l’adéquiste Pierre-Michel Auger a justifié son geste en confiant que « … le style de leadership de Mario Dumont et de l’ADQ ne correspond pas à ce que je crois être bon pour les Québécois. J’estime que ma place n’est plus dans un caucus où le chef n’a pas d’écoute pour ses députés et dans un parti qui ne met pas ses députés à contribution. Pour moi, un parti politique n’est pas l’affaire de trois ou quatre personnes… ».  Je me demande si M. Auger a demandé l’accord des membres de l’association adéquiste de son comté avant de quitter le parti ou si c’était son affaire à lui tout seul?

Comme certains facteurs laissent croire que l’ADQ risque de disparaître au cours des prochains mois, que le Parti Québécois ne semble pas vouloir reprendre la position « gauche » de l’échiquier politique (tout en reléguant la souveraineté au second plan) et que le Parti Libéral ne trahira jamais ses partenaires des chambres de commerce et de l’Institut Économique de Montréal, comment les électeurs progressistes voteront-ils lors des prochaines élections provinciales?  Est-ce que Françoise David et Amir Khadir sauront convaincre les québécois que leur formation est prête à prendre au moins quelques sièges à l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter l’homogénéité qui s’y installe?

Le 14 octobre dernier, les québécois ont rejeté les idées du Parti Conservateur.  Ils semblent avoir apprécié l’approche progressiste de Gilles Duceppe.  Lors des prochaines élections provinciales, prendront-ils le temps de bien s’informer sur les enjeux et les solutions proposées avant de compléter leur bulletin de vote?  Assisterons-nous à une campagne électorale où l’allure des chefs prendra encore une fois des proportions démesurées?  Lors de son passage à l’émission de Larry King sur CNN hier soir, le documentariste Michael Moore espérait que les américains choisissent leur prochain président selon les idées qu’il propose et non sur ses origines ethniques :

« … Obama’s main opponent in this election on November 4th is not John McCain, it’s ignorance. It’s Obama versus ignorance.  And will ignorance and hatred and racism win or will whoever should be the next president, who the majority of the people want to be the president?  Is that what’s going to happen?

Instead of talking about the greatest robbery of all time on Wall Street by the top 5 percent of this country, we’re now – we’re still talking about the ignorance and stupidity of some people and how that’s going to guide their vote…  But if a certain number of millions of people are going to vote out of ignorance… I hope that they would educate themselves sometime in the next 11 days… »

Si le premier ministre Charest utilise son pouvoir et déclenche des élections cet automne, peut-on prétendre qu’il fait preuve d’un respect de la démocratie?

Illustration : Ben Heine – Flickr

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Le défi imprévu d’un Parti Bleu

Posted by lutopium sur 28 mai 2008

J’ai encore eu un de ces drôles de rêves.  Ça m’arrive lorsque je bois de l’eau de source…  On devait être quelque part après 2010, ça commence devant l’écran de l’ordi.  J’essaie de digérer les résultats de l’élection provinciale.  J’écoute attentivement l’annonce de rhum – comme on semble nommer cette vieille tradition du chef de pupitre – qui nous apprend que le Québec vient d’élire le Parti Libéral du Québec, qui formera un gouvernement minoritaire avec Philippe Couillard comme premier ministre. 

J’aperçois un cahier de La Presse sur le bureau et examine les résultats d’un sondage CROP-La Presse qui donnait déjà les libéraux gagnants avec une forte marge.  Personne ne semble surpris des évènements de la soirée, à l’exception, peut-être, de la performance du Parti Bleu du Québec qui râfle la troisième place, derrière le Parti Québecois et devançant Québec solidaire qui se console d’un 4% des votes.  Bizarre, ni l’Action Démocratique, ni Mario Dumont ne semblent participer à cette élection…

Le chef du Parti Bleu, Adrien Villeguy, nage dans l’euphorie.  Grâce à une vingtaine de députés, il parle déjà d’une coalition avec les libéraux.  À un journaliste qui lui demande comment il explique les résultats de la sorée, M. Villeguy explique que les québécois se sont identifiés à l’approche de sa formation politique.  « La gauche et la droite, ça n’existe plus » lance-t-il en rappelant que le slogan du parti – « Nous Sommes Tous Bleus » – démontre que la population est très préoccupée par la fonte des glaciers et qu’elle demande au gouvernement et aux entreprises de remédier à la situation.

Le bonheur des uns semble toujours faire le malheur des autres si on regarde du côté de Québec solidaire…  La popularité du Parti Bleu semble préoccuper les membres de la formation de gauche et l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous avec Françoise David.  Il semble que le mouvement écologiste et les partis progressistes aient finalement réalisé qu’ils se battent entre eux pour gagner la sympathie des électeurs, et le gagnant a bien choisi sa couleur. 

Un blogue affiche quelques informations sur les récents affrontements survenus entre les groupes environnementalistes et la gauche québécoise.  On peut lire que les écologistes énarvent Léo-Paul Lauzon et qu’ils sont loin d’être d’accord sur l’augmentation des tarifs d’électricité.  Le diable semble être pogné dans mon écran, je lis maintenant un billet de Jack Layton qui explique la position du NPD qui semble déplaire à Stéphane Bilbeault d’Équimerre.  Il est plus que temps que ce cadran me réveille…

Revenu à mes sens, j’ai encore cette interrogation: est-ce que l’existence de la gauche politique est compromise par l’arrivée d’un parti écologiste qui désire occuper l’échiquier politique?

Photo : Peter Vanallen – Flickr

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Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire

Posted by lutopium sur 17 mai 2008

Suite au plan d’action proposé par Mme Pauline Marois le 16 mai dernier, qui tend la main aux québécois de toutes allégences afin de consolider les énergies nécessaires à la défense du projet souverainiste… Et en réaction à la question que me pose la blogeuse du PQ sur le site Bon Blogue Bad Blogue, j’ai réalisé que je ne pourrais pas mieux m’exprimer que par les mots qu’a prononcés Jean-Pierre Charbonneau le 17 septembre 2004.  Le débat n’a guère changé depuis 4 ans, voici donc quelques pistes de solutions intéressantes que nous pourrions explorer…

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire:  créer une véritable coalition de partis politiques

Par Jean-Pierre Charbonneau – Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l’Assemblée nationale du Québec. Tribune libre de vigile.net, le 17 septembre 2004

« Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l’essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d’un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d’un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.

Tout ce brassage d’idées est bien et pertinent. Cependant, il n’est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d’aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d’aujourd’hui de rallier en son sein et derrière lui tous ceux et celles qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n’y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.

Il est vrai que, dans le cadre actuel d’un mode de scrutin à l’anglaise, un parti peut prendre le pouvoir avec l’appui d’une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l’électorat. C’est d’ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l’esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux et celles qui, au fil des années de gouvernance provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque. On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu’il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l’insertion de divers clubs politiques autonomes, tels Les syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) qui vient d’être reconnu formellement au dernier Conseil national.

Cette façon de voir et faire les choses n’est pas en soi mauvaise. Elle n’est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d’aujourd’hui n’est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l’Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leurs électorats quitter pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l’ADQ de Mario Dumont et ceux de l’Union des forces progressistes ou de l’Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.

La conséquence de cela est donc très évidente : tous ces partis vont aux prochaines élections générales se diviser les votes anti-gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si au PQ on refuse actuellement d’envisager ce scénario et de s’y préparer, l’évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu’aux dernières élections d’avril 2003.

Quoi faire alors ? D’abord constater que tous ceux et celles qui depuis 15 ans ont envisagé un jour ou l’autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard, sont aujourd’hui pour la très grande majorité ailleurs qu’au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l’ADQ, à l’UFP, au Parti vert, à l’Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67% de la population aux lendemains de l’échec de l’Accord du Lac Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd’hui 58% de l’électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens et citoyennes farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.

Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l’échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d’hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bi-partiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une alternative solide et enthousiasmante. Ce Ralliement pour le Québec, s’il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toute la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour lancer à la fois la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise pour mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et pour remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle…

… La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire, car elle implique l’utilisation d’un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste à la condition, bien sûr, que tous et toutes fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles. Robert Bourassa aurait pu faire l’Histoire s’il avait eu le courage d’aller au bout de ce qu’il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd’hui, tous les chefs politiques du Québec à l’exception de Jean Charest peuvent sortir le Québec de l’impasse et faire l’Histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage pour le faire? Je le souhaite. »

Photo (muraille en l’honneur des Patriotes de 1837-1838 au Bas-Canada – Métro Papineau) : L’Hibou – Flickr

Bon congé des Patriotes à tous.  God f… the Queen!  😎

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