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Posts Tagged ‘pauvreté’

Des chiens et des hommes

Posted by lutopium sur 14 mars 2009

Ce billet a été publié le 12 mars 2009 sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Selon un sondage Léger Marketing réalisé en 2006, 42 % des foyers québécois possèdent au moins un chat ou un chien. Le Québec compte 2,3 millions de ces animaux domestiques. Chaque domicile qui possède des animaux de compagnie a dépensé la somme de $549.00 au cours de l’année pour assurer une vie décente à leur compagnon. De plus, on compte près de 1,000 médecins-vétérinaires au Québec. Leurs cliniques ne semblent pas connaître des problèmes d’attente majeurs…

La Loi québécoise sur la protection sanitaire des animaux regroupe différents aspects concernant la santé des animaux. L’article 55.9.2 de cette loi exige que les animaux soient « gardés dans un habitat convenable et salubre… »

Pendant ce temps, un rapport très critique sur la manière dont le Canada s’assure du respect du droit au logement a été présenté cette semaine lors de la 10ème session du Conseil des droits humains de l’ONU à Genève. Le document, qui fait suite à une visite d’observation au Canada réalisée en octobre 2007, s’inquiète de l’augmentation du nombre de sans-abri, de la hausse des prix dans le secteur du logement et de la décroissance du logement public.

À Montréal, 22 000 ménages attendent actuellement un logement dans un HLM, alors qu’aucun n’a été construit depuis 1994.

Les gens de la droite, de plus en plus inspirés par l’approche libertarienne, suggèreront que l’accès au logement est directement relié au mérite individuel. À la limite, la charité volontaire permettra aux plus démunis de trouver logis. Vive Centraide, ils vont règler tous nos problèmes. L’état doit disparaître, le concept de logement social en prend pour son rhume.

La société me ressemble un peu ces jours-ci. Complètement malade.

Photo: Heather SF – Flickr

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Le cauchemar des marchands de rêve

Posted by lutopium sur 21 octobre 2008

Les journaux nous apprennent (encore) que l’écart entre les pauvres et les riches s’accentue sans cesse, qu’une crise économique majeure se pointe toujours à l’horizon et que, signe des temps, certaines grandes richesses canadiennes s’effondrent:

Ted Rogers, de l’empire du même nom, vient de voir sa fortune personnelle perdre 24% de sa valeur qui est maintenant évaluée à 1.4 milliards. Notre Prince québécois, Paul Desmarais, a perdu 764 millions suite aux revers subis par l’action de Power Corporation depuis juin dernier. Il n’est cependant pas à plaindre car il peut toujours compter sur un magot de 3.4 milliards. La coqueluche du monde technologique, Mike Lazardis, président de Research In Motion et l’homme derrière le Blackberry, a vu ses avoirs fondrent de moitié en quelques mois, perdant au passage 2.4 milliards.

Une grande majorité des gens d’affaires veulent retirer toute règlementation ou toute obligation qui font entrave au libre commerce. Ils veulent payer moins d’impôt, réduire la taille de l’État, cet état maudit. Pourtant, l’OCDE mentionne aujourd’hui que « le fossé entre riches et pauvres au Canada s’est considérablement agrandi au cours des dix dernières années, partiellement en raison de dépenses sociales d’Ottawa qui se trouvent à un niveau inférieur de la moyenne des pays développés… »

On peut voir où se retrouvent maintenant les déductions fiscales qu’ils ont pu obtenir ces dernières années…

Le 8 novembre 2007 à 16 h, Michel Patry, directeur de HEC Montréal, accompagné de Glenn J. Chamandy, président et chef de la direction, Les Vêtements de Sport Gildan, ont sonné conjointement la « cloche de fermeture » de la Bourse de New York.

Première rangée, de gauche à droite : Lyne Rowley, John Casale (vice-président, NYSE), Michel Patry, Glenn J. Chamandy, Gildan, Hélène Desmarais (présidente du conseil d’administration, HEC Montréal), François Leroux et Katleen Félix.

Deuxième rangée, de gauche à droite : Jacques Nantel (secrétaire général, HEC Montréal), Claude Séguin (CGI), Pierre Robitaille (Gildan), Paul Desmarais III (analyste financier, Goldman Sachs), Dominic Bécotte, Marie-Ève Piché et Guy Fréchette (Ernst & Young).

Photos: discopalace et HEC Montréal – Flickr


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L’ambiance sociale

Posted by lutopium sur 26 juillet 2008

En attendant la publication de la deuxième partie de « Pas besoin des britanniques pour être colonisés », j’aimerais partager avec vous un passage du bouquin « Traité du caractère » d’Emmanuel Mounier (1946). 

« …Psychologiquement comme socialement, il y a des riches et il y a des pauvres.  La richesse est un tonique de l’équilibre psychique, quand l’usage en est réglé.  Héréditaire, elle assure déjà sur plusieurs générations, en facilitant les conditions d’hygiène et les soins du corps, un solide équilibre de base, quand toutefois elle n’est pas employée à le ruiner d’unautre bout.  En simplifiant toutes les démarches de la vie, en amortissant les chocs, en aplanissant les rapports humains, elle est un bon protecteur contre le surmenage nerveux.  En frayant à l’adaptation des chemins difficiles, elle met l’individu dès le jeune âge en bonne camaraderie avec le réel; d’où cette assurance aisée, cet aplomb qui marquent si fréquemment celui dont la richesse est l’élément de vie dominant.  Par le même effet, elle tourne à l’action et détourne de la vie intérieure, de ses complications comme de ses recueillements.  L’enfant riche dispose très tôt d’un milieu socail varié : d’où son éveil précoce.  Le plus superficiel gardera toute sa vie ce vernis mondain qui sert à beaucoup de vie intellectuelle.  En raréfiant les renoncements, en satisfaisant avec une régularité trop automatique les exigences de l’instinct, la richesse favorise considérablement l’égoïsme et hypertrophie les sentiments de possession.  Aussi bien est-elle pour l’homme, malgré les heureusescomplicités que nous venons d’énoncer, le plus dangereux héritage, car du jour où elle est l’objet de jouissance et non plus de conquête, elle le prive de tous les instruments de la grandeur humaine : l’obstacle, l’échec, le sacrifice, la difficulté, l’expérience de la détresse, la compassion.  Elle détend les ressorts, durcit les cœurs, disperse les énergies et l’attention à la vie.  Une sorte de facilité de décadence pèse sur le jeune homme riche du poids même de ses avantages.  Quelquefois il y échappera par l’aventure, que plus que d’autres il a les moyens de satisfaire.  Plus souvent, il cède à l’ambiance molle du confort : la psychologie du riche dans la richesse établie est différente de sa psychologie dans la richesse ascendante.

La pauvreté, au contraire de la richesse, établit au départ de la vie psychique un barrage d’empêchements : santés affaiblies d’ascendants en descendants, mauvaise alimentation, spectacle précoce de la misère et de la laideur, vie familiale souvent agitée et dure, multiplicité  des blesures affectives de l,enfance.  Toutes les luttes sont abordées par lui à inégalité, plus longues, plus dures que pour un autre.  Par cette défaveur même, il est très jeune trempé à l’action : plus vite qu’un autre, s’il est socialement fragile, jeté dans des situations de désarroi, plus vite, au cas contraire, mûri et débrouillé.  Il connaît l’admirable solidarité de la misère, là où la pauvreté est restée dans les limites humaines; sinon, il est sollicité entre deux attitudes : l’âpre combat avec ses pairs autour de leur maigre héritage commun; ou la dure solidarité du ressentiement collectif.  L’une et l’autre saisissent le psychisme tout près de l’instinct menacé et tiennent de ce voisinage une force virulente qui fait des hommes durs, dans l’égoïsme ou le combat.

Il conviendrait d’étudier non seulement l’incidence de ces situations sociales, mais plus précisément celle des structures sociales, qui commandent en partie nos réactions individuelles… »

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