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Posts Tagged ‘Parti Républicain’

Le grand cirque de la république

Posted by lutopium sur 4 septembre 2008

Tout congrès d’un parti politique doit prévoir quelques activités pour divertir ses délégués.  Comme ils assistent à des réunions et à des séances de formation tout au long de la journée, les participants doivent pouvoir se défouler et s’imprégner des doctrines du parti, le tout dans une ambiance décontractée.  Mercredi dernier, les organisateurs de la convention républicaine leur ont préparé une soirée inoubliable, comme seuls Barnum & Bailey pouvaient l’imaginer.

Tout a commencé avec la visite de l’ex-présidente de Hewlett Packard, Mme Carly Fiorina.  Celle qui fut désignée par Forbes comme une des femmes d’affaires les plus influentes de la planète, leur a rappelé que seul le parti républicain est en mesure de faciliter le démarrage d’entreprises et la création d’emplois.  Imprégnée de valeurs libertariennes, elle a fait la promotion de l’amaigrissement de l’appareil gouvernemental et d’une réduction maximale des impôts.  Un exercice d’acrobatie assez exceptionnel lorsqu’on se souvient que c’est Mme Fiorina qui a coupé 7,000 emplois chez HP en 2002,  qu’elle n’a jamais hésité à impartir des fonctions dans des pays lointains – là où la main-d’œuvre est bon marché – et qu’elle a déjà demandé au gouvernement américain de financer les efforts de recherche et de développement de l’industrie informatique américaine…

Par la suite, les partisans ont eu le plaisir de voir et entendre le millionnaire Mitt Romney.  C’est le maître de l’illusion.  Malgré son antipathie face au capitaine McCain, il essaie de faire croire à la foule en délire qu’il le supporte incontestablement.  Dans son discours, il tente d’attirer la sympathie en appelant les spectateurs à se révolter contre l’establishment de la Nouvelle-Angleterre.  Il exige que le peuple vote pour son parti afin d’éviter l’arrivée de Big Brother.  On devine les astuces assez rapidement lorsqu’on se rappelle que M. Romney a réussi à accumuler une fortune de plusieurs centaines de millions de dollars dans une firme d’investissement de Boston.  Pour ce qui est de la référence au personnage de 1984, il s’est probablement inspiré des mesures du Patriot Act, imposé au peuple américain par l’actuel chef de son parti, George W. Bush…

Tout bon cirque doit avoir son clown.  Se pointe alors Rudolph Giuliani…  Il fait tout de même preuve d’un humour subtil en accusant ses adversaires de ne pas avoir parlé de la tragédie du 11 septembre 2001 lors de leur convention.  Il suggère également qu’il est grand temps de ranimer la guerre froide avec les russes et d’appuyer Israel sans aucune condition ni aucune considération envers le peuple palestinien.  Peut-être était-il sérieux après tout?

Le spectacle ne pouvait être complet sans le traditionnel numéro du fil de fer.   Voilà que s’élance la nouvelle vedette du cirque, inconnue du public, n’exigeant même pas de filet pour la capturer dans le cas d’une chute.  Son but est simple : court-circuiter l’arrivée de Barack Obama en minimisant son passé de travailleur social.  Répétant la grande prière libertarienne, Sarah Palin vante le mérite individuel et la sacro-sainte liberté américaine qui permet à tous les citoyens de pouvoir se lancer en affaires.  Pourtant, bon nombre de ses concitoyens ont été forcés à fermer boutique suite à l’arrivée de Wal-Mart dans leurs petites villages ruraux.  Grâce à son approche « pitbull », elle a permis à son fils de jouer au hockey et d’aller en Irak afin de défendre les intérêts de la nation avec la grande armée américaine.  Même si elle prône elle aussi la disparition de plusieurs services gouvernementaux, elle assure aux parents d’enfants handicapés qu’elle sera leur alliée si elle atteint la Maison Blanche.  Même si elle promet la réduction des dépenses de l’état, elle propose de construire un pipeline afin de transporter le pétrole de l’Alaska vers le cœur de l’Amérique.

L’éléphant semble plus imbécile qu’il ne l’était lors du spectacle de 2004…

Illustration: MatiLou – Flickr

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L’espoir de Marie Grégoire

Posted by lutopium sur 30 mars 2008

Lors des élections générales de 2003, l’Action Démocratique du Québec a perdu une de ses meilleures députées lorsque Marie Grégoire a cédé le siège de la circonscription de Berthier à Alexandre Bourdeau du Parti Québécois.  Suite à un passage à l’Assemblée Nationale qui n’aura duré que quelques mois, l’ADQ s’est vu retirer une des ses membres les plus influentes, qui avait contribué à lancer ce nouveau parti sur l’échiquier politique québécois.

J’ai pris le temps de regarder le club des ex sur RDI et j’ai remarqué que Mme Grégoire démontre encore une certaine loyauté envers Mario Dumont et aux positions de son parti.  Même si elle se retrouve régulièrement coincée entre l’arbre et l’écorce en se sentant « obligée » de défendre les idées d’un parti populiste de droite, Mme Grégoire fait preuve d’un argumentaire solide et d’une présence ressentie, ce qui permet un débat intéressant avec les autres participants de l’émission, Liza Frulla et Jean-Pierre Charbonneau.

Lors d’une récente émission, elle semblait mal à l’aise de défendre l’octroi d’une rénumération de $50,000 au chef de son parti.  Mais son allégeance l’a amenée à justifier les salaires de M. Dumont et à amenuiser l’importance de la nouvelle.  Ses arguments ont toutefois rallié l’unanimité du panel, Mme Frulla et M. Charbonneau se portant également à la défense du premier ministre et du chef de l’opposition.

J’ai donc été surpris après la lecture de sa dernière chronique dans le journal Le Métro.  À ce que je me souvienne, c’est la première fois qu’une adéquiste endosse Barack Obama.  Elle y introduit les derniers déboires de la campagne électorale américaine en traçant un parallèle intéressant entre Chicago et le Québec et fait même l’éloge de Barack Obama en soulignant son travail acharné et sa dignité.  Elle ira jusqu’à espérer que sa victoire « souffle une dose d’espoir sur le Québec ».

On peut donc voter pour l’ADQ et ne pas être forcé d’appuyer le Parti Républicain.  De toutes façons, les deux partis américains sont presque jumeaux, ayant plus de similitudes que de différences marquantes.  C’est pas le suicide politique!

Illustration : Shepard Fairey

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