lutopium

Posts Tagged ‘Caisse de dépôt et placement du Québec’

Touches pas à ma retraite!

Posted by lutopium sur 21 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Il me semble que la très grande majorité des québécois espèrent prendre leur retraite vers l’âge de 65 ans afin de profiter de quelques années de repos et investir leur temps comme bon leur semble. Je n’ai jamais entendu quiconque proposer que ce concept soit aboli et qu’on soit forcé de travailler jusqu’à la fin de nos jours. Évidemment, les autonomistes et les libertariens nous diront que les gouvernements n’ont rien à voir avec un tel système, que les gens peuvent se débrouiller tout seuls et avoir une confiance inébranlable envers nos financiers modernes pour leur assurer un revenu « décent » à la retraite… On voit ce que ça donne lorsqu’un gouvernement libéral exige que l’instance qui est responsable de protéger les avoirs de sa population se tourne vers un modèle spéculatif où l’erreur est banalisée et les résultats à la merci des lois naturelles du marché.

Administré par la Régie des Rentes, le système québécois est ce qui se rapproche le plus d’un revenu de citoyenneté. Même s’il ne parvient pas à combler les besoins essentiels et enrayer la pauvreté, le régime québécois, par exemple, permet aux citoyens qui ont gagné un salaire moyen (environ $30,000 aujourd’hui) tout au long de leur vie active de toucher une rente annuelle d’environ $18,000. Ce montant inclut le programme canadien de la sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti. Idéalement, la rente annuelle devrait être supérieure au seuil de la pauvreté mais le concept demeure une mesure essentielle.

Évidemment, les plus fortunés d’entre nous toucheront des revenus en provenance de placements privés et d’autres auront accès à un fonds de pension relié à leur emploi. Cependant, on le voit depuis quelques mois, la spéculation boursière, le manque de rigueur et la déresponsabilisation des entreprises face aux caisses de retraite n’est pas très rassurant pour les travailleurs qui aspirent à une vie « décente » lorsque le temps aura enfin sonné. Si on se fie au chroniqueur Claude Chiasson du Devoir, cette décence se chiffre à $60,000 par année et l’on doit avoir accumulé une fortune de plus de $300,000 pour y accéder.

Nos aristocrates québécois n’hésitent pas à se voter des fonds de retraite douillets afin d’assurer leur capacité à conserver leur mode de vie luxueux tout en protégeant leur héritage familial. Certains d’entre eux ont accumulé différentes sources de revenus en passant par la vie publique (hauts fonctionnaires, députés, ministres) et par l’entreprise privée. Il est fort probable que le nouveau président de la Caisse de dépôt du Québec ait droit à des chèques du Gouvernement du Canada, du Canadien National et de Bell Canada. Pas surprenant que M. Sabia se soit enduit de noblesse en refusant la pension annuelle de $235,000 de son nouvel employeur…

Le Gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt ont la responsabilité de sécuriser la caisse de retraite des québécois et de permettre à tous les citoyens de recevoir une rente qui leur permettra de subvenir à leurs besoins essentiels. La nonchalance de certains pourraient forcer l’état à repousser l’âge de la retraite à 67 ans. Les québécois n’ont pas seulement perdu 40 milliards, ils ont perdu deux ans de repos. Pendant ce temps, nos aristocrates versent une petite larme et jouent au golf. Dans leur club privé

Photo: Linda Z. – Flickr

Posted in Économie, Parti Libéral | Tagué: , , , , , , , | 4 Comments »

Sabia à la Caisse: une erreur de débutant

Posted by lutopium sur 14 mars 2009

Je n’en reviens toujours pas… Comment les libéraux et la direction de la Caisse de dépôt du Québec en sont-ils arrivés à nommer Michael Sabia au poste de président?  Je suis entièrement d’accord avec la conclusion de Bernard Landry: c’est plus qu’une erreur: c’est une faute.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je ne suis pas un grand défenseur du culte du chef. Il ne faut pas paniquer, la Caisse peut fonctionner normalement avec un exécutif et des professionnels compétents. Le président agira souvent comme le chef d’orchestre, s’assurant que tous les projets présentés par les vice-présidences sont traitées en ordre de priorité. Les opérations quotidiennes de l’organisation peuvent cependant se passer d’un grand manitou suprême. Il faut prendre son temps.

Tout de même, comme un président a droit de veto sur les grandes décisions – même s’il doit obtenir le consentement du conseil d’administration, il est primordial que la personne qui occupe cette fonction ait des compétences minimales. Évidemment, une formation de base en gestion des affaires sera un atout. Cependant, chaque industrie a ses particularités et le/la présidentE devra en connaître les moindres rouages. Michael Sabia n’est pas reconnu comme un expert des placements financiers. C’est le premier problème.

Le deuxième malaise face à cette nomination est reliée à la personnalité de l’individu. Suite aux récents problèmes de la Caisse dans le monde de la spéculation financière, on semble nous dire qu’elle doit se doter maintenant d’un représentant qui est en mesure de redorer son blason tout en étant capable de convaincre l’opinion publique que le train retrouve enfin ses rails. C’est pas parce qu’il a travaillé au CN lors du processus de sa privatisation que M. Sabia est automatiquement devenu un grand communicateur. Au contraire, il est plutôt du genre timide et effacé. Demandez aux employés de Bell Canada. Depuis l’arrivée de George Cope, ils sont surpris de recevoir des courriels de leur président…

Le troisième handicap de Michael Sabia est associé à la plus importante décision qu’il ait eu à prendre lorsqu’il était président de BCE: la privatisation (retrait de la bourse) de l’entreprise et la mise aux enchères d’un patrimoine collectif. Présentée comme un avantage extraordinaire pour les milliers d’actionnaires (une action stagnante à 28$ rachetée pour 42$), la vente de BCE aux mains du prête-nom Teachers représentait également un danger potentiel pour l’économie canadienne: mises-à-pied massives, impartition, sous-traitance, démantèlement de l’entreprise, refinancement des infrastructures… Comme je le mentionnais dans un billet publié le 7 août dernier, « …les partenaires américains de Teacher’s – les fonds (d’équité) Providence et Madison – s’en mettront plein les poches en ayant recours à la sous-traitance et en vendant les actifs de l’entreprise que les abonnés financent depuis plus de 125 ans… » Sous Michael Sabia, aucun respect pour le patrimoine collectif. Sous Michael Sabia, un joyau de l’économie canadienne pouvait soudainement se retrouver sur le marché de la spéculation des firmes d’équité. Le monde des prédateurs et des assoifés de richesse instantanée.

Michael Sabia doit changer d’avis et refuser l’offre de la Caisse de dépôt. Autrement, nous sommes en plein délire. Je n’arrive pas à m’expliquer comment l’exécutif du Parti Libéral ait réussi à plonger dans ce bourbier. Ce ne sont pas des amateurs… que se passe-t-il dans le bureau de Jean Charest à Québec?

Illustration: marin.a – Flickr

Posted in Économie, Parti Libéral, Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 15 Comments »