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Archive for the ‘Politique’ Category

Obama et l’Afghanistan: la tradition américaine

Posted by lutopium sur 9 avril 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Encore une fois, les récentes positions de l’administration Obama refroidissent l’ardeur des cercles progressistes américains. Alors que les dernières semaines nous ont fait découvrir la réaction de la Maison Blanche face aux énormes difficultés que traverse l’économie américaine et mondiale, voilà que la stratégie envers l’Afghanistan se précise, provoquant encore une fois l’éloignement de cette gauche qui n’est pas nécessairement fidèle au parti démocrate.

Beaucoup de progressistes américains ont appuyé l’équipe Obama lors des élections de l’an dernier. Non seulement voulaient-ils couper définitivement les ponts avec le style néoconservateur, un grand nombre d’américains ont cru à de nouvelles idées, une nouvelle approche, la fin d’un mauvais rêve et l’apparition de tous les espoirs. Lorsqu’Obama s’est approché du pouvoir, on avait l’impression que le programme du « Project for a New American Century » serait relégué aux oubliettes, qu’on s’en inspirerait pour écrire un film d’horreur de série B, que les américians pouvaient maintenant passer à autre chose..

Cependant, Barack Obama ne trahit pas les positions qu’il avait confirmées lors de la campagne présidentielle. Il a toujours proposé d’augmenter les effectifs militaires en Afghanistan tout en poursuivant la lutte contre les mouvements terroristes. Les grands discours philosophiques en ont impressionnés plusieurs, on a peut-être manqué l’essentiel du message…

Après avoir très modestement célébré le cinquantième anniversaire de l’OTAN, Obama n’a pas réussi à convaincre l’Europe de participer plus activement aux opérations militaires. On peut comprendre que pour un bon nombre d’Afghans, c’est une occupation américaine plus importante que jamais et ce, sous l’égide dépassée d’une force inter-continentale qui n’a plus sa raison d’être. Pour des raisons politiques et, certes, des idéologies religieuses, plusieurs d’entre eux ont lutté contre l’envahissement de l’URSS. Aujourd’hui, pour des raisons similaires, d’autres se joignent à leurs frères et leurs pères pour résister aux américains.

Obama a donc décidé d’ajouter 20,000 soldats à la force de frappe américaine. Plusieurs activistes et analystes politiques, normalement sympatiques aux idées progressistes, ont interrogé la stratégie de l’administration américaine. Sur les ondes de Democracy Now!, Noam Chosky nous rappelait que le prestigieux Foreign Affairs suggérait récemment que « les États-Unis doivent réorienter leur stratégie afin d’impliquer sérieusement l’Iran, l’Inde, la Russie et la Chine afin qu’ils participent à la mise au point d’une solution régionale. » L’article de Barnett Rubin et Ahmed Rashid soulignait également que cette solution doit prévoir un espace dans lequel les Afghans pourront discuter et s’entendre sur l’avenir de leur pays et le partage des pouvoirs.

Dans une entrevue qu’il accordait au magazine The Nation, Lakhdar Brahimi, ancien représentant de l’ONU pour l’Afghanistan et le Pakistan, précise que « …les Afghans savent très bien faire la distinction entre une force militaire amie et une force d’occupation. Au début, la Force internationale de sécurité et d’assistance (ISAF) était perçue comme une force amie; la population la soutenait et elle n’était l’objet d’aucune attaque. Mais je crois que l’OTAN, depuis 2003, ne s’est pas très bien comportée, et un nombre croissant d’Afghans la considérent aujourd’hui comme une force d’occupation. »

L’Afghanistan n’est pas un pays avec une tradition islamiste homogène ou une culture prédominante. Nous sommes loin d’un consensus au sein de la population et les forces en présence sont nombreuses. Il faudra donc trouver un équilibre entre la soif de faire la promotion de la sacro-sainte démocratie et notre inconfort devant l’impopularité de notre mode de vie occidental. Comment pouvons-nous refuser aux Afghans le choix de vivre autrement? Nous devons d’abord assurer la paix et la tranquilité au peuple afghan. Lorsque la confiance sera gagnée, nous pourrons tenter de les convaincre que la charia ne fait aucun sens. En espérant que cette tendance gagne du terrain ailleurs sur la planète.

Si Obama ne fait laisse pas entrevoir de sérieux progrès prochainement, une autre partie de la gauche américaine pourrait sombrer dans le désespoir.

Photo: johnnyrafoss – Flickr / Vidéoclip: bande annonce du documentaire « Rethink Afghanistan » de Robert Greenwald

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Air Canada serait-elle à vendre?

Posted by lutopium sur 4 avril 2009

L’industrie de l’aviation civile semble parcourir une trajectoire sur montagnes russes depuis les évènements de septembre 2001. Offerte à l’entreprise privée en 1989 par les conservateurs de Brian Mulroney, Air Canada, disait-on évidemment dans les chambres de commerce, fera mieux avec ses nouveaux habits, délaissant ceux de la société de la couronne. Les grands ténors de la privatisation promettaient alors qu’elle serait mieux équipée pour performer dans un marché compétitif et pour gérer les bonnes années, et les mauvaises.

Depuis ce temps, Air Canada a continué le processus d’amincissement (downsizing), de réduction des actifs, de coupures de personnel, d’impartition, de sous-traitance et de toutes ces méthodes du capitalisme moderne qui permettent d’accroître la productivité tout en visant la plus grande profitabilité possible. Elle a placé le fonds de pension de ses travailleurs dans une situation précaire (déficit de trois milliards) et elle préfère se débarasser de ses actifs et de plusieurs services, ce qui la place dans une situation extrêmement fragile. À l’exception de sa réputation, Air Canada vaut-elle encore quelque chose aujourd’hui?

Et voilà que le marché s’affole et perd confiance à son titre boursier. En douze mois, elle a perdu la moitié de sa valeur. Considérant que les acquisitions sont à la mode par les temps qui courent, les conservateurs de Stephen Harper seront peut-être tentés d’amender la loi sur la participation publique au capital d’Air Canada afin d’en faciliter le sauvetage, car elle est une proie facile pour les prédateurs… Le Canada montrerait ainsi sa volonté à endosser les accords de Doha, démontrer sa croyance inébranlable à la libéralisation des marchés et à la mondialisation du commerce, lui permettant du même coup de se protéger du protectionnisme de ses voisins et de continuer à exporter ses ressources… Louanges au nouvel ordre mondial.

Mon beau-frère, capitaine chez Air Canada, a décidé de s’impliquer dans son syndicat lors des dernières négociations. Loin d’être un gauchiste, il n’hésite tout de même pas à dénoncer les agissements de la nouvelle structure de l’entreprise qui en facilite son démantèlement complet. Un autre joyau du patrimoine collectif qui pourrait prendre le bord. Selon lui, et de l’avis de plusieurs, Air Canada ne sera bientôt qu’une marque de commerce, style Virgin Mobile. Aucun actif et un nombre réduits d’employés: qu’une marque de commerce. Le nouveau propriétaire qui se pointe à l’horizon est Lufthansa. Le grand manitou de Star Alliance. La prochaine grande compagnie internationale. Au service du nouvel ordre mondial.

Photo: Klick This – Flickr

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Y’a pas que l’économie qui est malade

Posted by lutopium sur 26 mars 2009

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Lors de sa conférence de presse de mardi dernier, Barack Obama donnait l’image d’un président sur la défensive. On semble lui avoir donné une mission: justifier le sauvetage des banques américaines en tentant de persuader le peuple qu’il faut absolument que ces institutions soient soulagées des produits toxiques. J’ai eu l’impression qu’on s’efforçait de convaincre les téléspectateurs que la guérison des banques est impossible sans le financement public.

La santé des citoyens semble recevoir un traitement complètement différent. Alors qu’en période électorale, les démocrates avaient promis l’accessibilité aux soins de santé à tous les américains, tout laisse croire que le pays le plus puissant du monde soit incapable de plier les genoux devant les lobbies des compagnies d’assurance et ceux des prestataires de soins privés.

D’ailleurs, lors de son passage à l’émission quotidienne de Gérard Fillion à RDI, le directeur du magazine Harper’s, John McArthur, nous rappelait que les solutions proposées par le président Obama visaient essentiellement à faciliter l’accès aux assurances privées pour les quelques 90 millions d’américains qui n’ont aujourd’hui aucune couverture médicale. Lors de cette excellente entrevue mais beaucoup trop courte, McArthur a mentionné qu’il n’y avait rien de surprenant dans l’approche démocrate, considérant que les compagnies d’assurances ont donné plus de 150 millions aux deux partis politiques l’an dernier. Les lobbies de la santé sont omniprésents à Washington et l’accès aux services hospitaliers n’a rien de reluisant pour les prochaines années.

C’est à se demander pourquoi certains militants de la droite politique québécoise et canadienne nous cassent encore les oreilles avec l’idée de privatiser les soins de santé et de faciliter la compétition entre les fournisseurs de services. Un nombre grandissant de citoyens devenus consommateurs croient dur comme fer que l’entreprise privée fera mieux et que tous les problèmes seront règlés comme par magie.

N’oubliez pas qu’il faudra souscrire à une assurance privée si vous désirez être remboursé pour les services rendus par les cliniques, spécialistes et hôpitaux privés. N’oubliez pas que votre employeur devra réduire votre salaire de quelques centaines, voire milliers de dollars pour rembourser les primes exigées par ces assureurs. N’oubliez pas que les compagnies d’assurance seront présentes sur la première ligne de triage et décideront si vous avez droit ou non au traitement que vous aurez ciblé. N’oubliez pas que vous devrez payer une franchise avant d’obtenir les services et que vos dépenses annuelles seront plafonnées.

Comme le mentionnait si bien Éric Caire lors de sa première sortie comme candidat à la chefferie de l’ADQ: il faut rompre avec l’amateurisme. Alors, soyons sérieux et conservons notre système public et n’hésitons pas à y injecter le financement nécessaire. Si notre gouvernement peut investir 300 millions dans la rénovation d’un casino et un autre 267 millions pour offrir une nouvelle salle de concert symphonique à notre aristocratie montréalaise, il ne devrait pas hésiter à financer adéquatement notre système de santé afin d’assurer notre bien-être. Y’a pas que les banques qui sont malades…

Illustration: Chud Tsankov – Flickr

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Au revoir Mario, à bientôt…

Posted by lutopium sur 22 mars 2009

Lorsque j’ai lancé ce modeste blogue en décembre 2007, j’ai annoncé mes couleurs. Sans connaître la pertinence et la portée d’une telle aventure, je me suis donné comme « mission » de dénoncer certains propos des disciples de la droite politique et de dévoiler ce qui représentait pour moi l’hypocrisie de certains opportunistes ambitieux qui utilisent la scène politique pour en arriver à leurs propres ambitions personnelles.

Par la force des choses, Mario Dumont est devenu le personnage principal de mon blogue. Même si j’ai toujours reconnu sa détemination et une certaine forme de courage, il me semblait important de lancer un blogue à tendance « progressiste » afin de contribuer à l’équilibre des idées sur la blogosphère politique québécoise. Certains d’entre vous se rappeleront sans doute des dérapages qu’ont commis certains sites adéquistes lors des élections de mars 2007…

Lorsque Mario Dumont a annoncé son départ de la vie politique, je subissait les ravages de l’influenza et j’ai été forcé de mettre un frein à toutes mes activités. Je n’ai donc pas été en mesure de commenter la démission du chef de l’ADQ et d’y amener mon petit grain de sel. Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux. Je profite donc de l’occasion pour lever mon chapeau à M. Dumont en lui souhaitant le meilleur des succès lors de ces prochaines aventures.

Tout laisse croire que M. Dumont profitera des prochains mois afin de prendre un repos bien mérité et de préparer son déménagement vers la région de Montréal. Du moins, c’est ce qu’il laissait entendre lors de son récent passage à l’émission dominicale de Guy A. Lepage. Par la suite, il joindra les rangs de la famille Rémillard afin d’y animer une émission d’affaires publiques. La mission de TQS commence à prendre forme. Ça semble inspiré du modèle de la chaîne américaine FOX: des commentateurs politiques ayant un penchant pour les idées conservatrices et une programmation donnant une grande place à la violence et aux relations amoureuses douteuses. On s’en doutait, Remstar n’a pas acheté TQS pour contribuer à la vie artistique québécoise. Il sera intéressant de mesurer l’impact qu’auront Mario Dumont et André Arthur sur l’opinion publique, deux des plus grands ambassadeurs des idées de la droite politique et économique. Si ça continue comme ça, peut-être annoncera-t-on l’arrivée de Martin Masse dans l’équipe des moutons noirs?

À moins que l’exécutif national en décide autrement, c’est également cette semaine que sera lancée la course à la chefferie qui permettra à l’ADQ de couronner son prochain leader. Certains commencent à avoir le torticolis car les grosses pointures ne se bousculent pas à la porte d’entrée! D’après ce que je comprend, les candidats qui devraient annoncer leur intérêt sont Éric Caire, François Bonnardel, Richard Merlini et Sylvie Roy. D’autres noms circulent mais rien n’est encore confirmé.

Selon Michel Kelly-Gagnon, président de l’Institut Économique de Montréal, la prochaine élection provinciale serait propice au succès d’une formation politique de centre-droit. La tradition veut que les électeurs ne renouvellent pas le mandat des libéraux, ce qui permettrait à l’ADQ de séduire les québécois et de viser un succès semblable à celui connu en mars 2007. On devine déjà à quoi ressemblera la stratégie adéquiste: faire la promotion des baisses d’impôt, promettre la réduction de la taille de l’état et proposer la formule de « l’opting-out » pour certains services publics. Le vrai message: vous aurez plus d’argent dans vos poches, débarassons-nous des fonctionnaires et le privé fait mieux.

Le président de l’IEDM semble être déçu de la performance de Jean Charest et du gouvernement actuel. Il y aura peut-être une cassure historique entre les forces de l’économie et le Parti Libéral. Les militants de l’ADQ ont prouvé qu’ils sont d’excellents disciples au service des maîtres du marché. Les chambres de commerce, le Conseil du Patronat et les lobbies économiques appuieront peut-être une formation politique qui n’a aucun problème à défendre les intérêts du privé en croyant que c’est à leur avantage. C’est exactement la stratégie qu’a utilisée le Parti Républicain au cours des 30 dernières années. Tout est dans l’enracinement des associations locales. C’est un processus long et coûteux. L’ADQ ayant un urgent besoin de financement, l’adhésion des maîtres envers leur équipe pourrait être d’un grand secours.

Regardez bien ce qui se passe présentement. Ces disciples commencent à prendre beaucoup de place dans un poste de radio populiste à Québec, chez TQS et dans le Journal de Montréal. La famille Desmarais pourrait également délaisser le Parti Libéral pour appuyer une formation politique prête à s’associer à ses intérêts. Ils produiront l’émission de Mario Dumont, tout est possible…

Illustration: T. Birge – Flick

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La droite québécoise et les syndicats

Posted by lutopium sur 19 mars 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Suite aux récents déboires de la FTQ Construction, les partisans de la droite et du libre-marché n’ont pas raté l’occasion de discréditer le syndicalisme en l’associant au crime organisé, allant même jusqu’à présumer que toutes les centrales sont reliées à la mafia… Utilisant sa rhétorique néolibérale habituelle, le blogue libertarien Le Québécois Libre profite de l’occasion pour transmettre encore une fois le message de ses maîtres: « …ce qui distingue les syndicats des organisations criminelles est que les premiers disposent de privilèges légaux considérables pour légitimer leurs actions, mais la méthode est essentiellement la même…. La violence et le vol font intrinsèquement partie des méthodes syndicales…» On fait encore une fois dans le plus grand des délires.

Aucune nuance n’est apportée dans les nombreux billets parus sur les blogues de droite. Selon eux, tous les syndicats utilisent des méthodes doûteuses et ne cherchent qu’à protéger leurs intérêts, allant jusqu’à s’associer avec les organisations criminelles de Montréal. À les entendre, ce sont les syndicats qui cherchent à tisser des liens avec le crime organisé et non le contraire. Tout le monde est coupable. On va même jusqu’à ressortir le squelette d’André Desjardins pour argumenter le tout…

Personnellement, et ce même si je n’ai jamais été syndiqué, j’appuie inconditionnellement le droit d’association des travailleurs . Nous en avons fait du chemin depuis le 1er mai 1886 où les travailleurs de Chicago ont obtenu la journée de travail de huit heures après une grève qui a mobilisé 300,000 personnes. Même si des militants furent arrêtés et condamnés à mort (quatre d’entre eux furent pendus), le mouvement syndical ne s’est pas laissé intimidé et a poursuivi sa lutte afin d’établir un équilibre dans les négociations avec les patrons.

Au Québec, le patronat s’est doté de plusieurs associations et lobbies afin d’établir un rapport de force avec les donneurs d’ouvrage, particulièrement les services publics. Chambres de commerce, Conseil du Patronat et quelques think tanks bien financés leur permettent d’influencer les dépenses et les attributions de contrats. Si les patrons ont le droit d’unir leurs forces tout en contrôlant directement ou indirectement la majorité des médias d’information, pourquoi les travailleurs n’auraient-ils pas accès à ce droit fondamental?

Évidemment, pour la nouvelle classe néolibérale, les syndicats sont un obstacle au développement économique, à l’augmentation des profits et à l’enrichissement de quelques privilégiés. Faudrait m’expliquer pourquoi de simples citoyens québécois n’hésitent jamais à appuyer nos entrepreneurs sans réserve tout en rejetant toute idée de rassemblement des travailleurs. Si j’utilise le même raisonnement que celui présenté par ces blogueurs réactionnaires, il faudrait peut-être songer à fermer les firmes de courtage financier, les banques et certaines entreprises. Car, ces temps-ci, les fraudeurs et les tricheurs se retrouvent beaucoup plus de ce côté que dans les centrales syndicales… Ce n’est pas parce que quelques individus assoifés de quelques dollars et d’une vie de pacha sur un yatch qu’il faut discréditer l’ensemble du mouvement syndical. Croyez-vous vraiment que l’Ordre des Infirmières, le syndicat des techniciens de Bell Canada et celui des journalistes de Quebecor sont parrainés par la mafia?

D’ailleurs, n’oubliez pas que ce sont des journalistes syndiqués d’une entreprise publique (Radio-Canada) qui ont dénoncé les agissements des dirigeants de la FTQ Construction. Même s’il semble évident que l’organisation connait des problèmes innacceptables, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Photo: murilo – Flickr

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Sabia à la Caisse: une erreur de débutant

Posted by lutopium sur 14 mars 2009

Je n’en reviens toujours pas… Comment les libéraux et la direction de la Caisse de dépôt du Québec en sont-ils arrivés à nommer Michael Sabia au poste de président?  Je suis entièrement d’accord avec la conclusion de Bernard Landry: c’est plus qu’une erreur: c’est une faute.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je ne suis pas un grand défenseur du culte du chef. Il ne faut pas paniquer, la Caisse peut fonctionner normalement avec un exécutif et des professionnels compétents. Le président agira souvent comme le chef d’orchestre, s’assurant que tous les projets présentés par les vice-présidences sont traitées en ordre de priorité. Les opérations quotidiennes de l’organisation peuvent cependant se passer d’un grand manitou suprême. Il faut prendre son temps.

Tout de même, comme un président a droit de veto sur les grandes décisions – même s’il doit obtenir le consentement du conseil d’administration, il est primordial que la personne qui occupe cette fonction ait des compétences minimales. Évidemment, une formation de base en gestion des affaires sera un atout. Cependant, chaque industrie a ses particularités et le/la présidentE devra en connaître les moindres rouages. Michael Sabia n’est pas reconnu comme un expert des placements financiers. C’est le premier problème.

Le deuxième malaise face à cette nomination est reliée à la personnalité de l’individu. Suite aux récents problèmes de la Caisse dans le monde de la spéculation financière, on semble nous dire qu’elle doit se doter maintenant d’un représentant qui est en mesure de redorer son blason tout en étant capable de convaincre l’opinion publique que le train retrouve enfin ses rails. C’est pas parce qu’il a travaillé au CN lors du processus de sa privatisation que M. Sabia est automatiquement devenu un grand communicateur. Au contraire, il est plutôt du genre timide et effacé. Demandez aux employés de Bell Canada. Depuis l’arrivée de George Cope, ils sont surpris de recevoir des courriels de leur président…

Le troisième handicap de Michael Sabia est associé à la plus importante décision qu’il ait eu à prendre lorsqu’il était président de BCE: la privatisation (retrait de la bourse) de l’entreprise et la mise aux enchères d’un patrimoine collectif. Présentée comme un avantage extraordinaire pour les milliers d’actionnaires (une action stagnante à 28$ rachetée pour 42$), la vente de BCE aux mains du prête-nom Teachers représentait également un danger potentiel pour l’économie canadienne: mises-à-pied massives, impartition, sous-traitance, démantèlement de l’entreprise, refinancement des infrastructures… Comme je le mentionnais dans un billet publié le 7 août dernier, « …les partenaires américains de Teacher’s – les fonds (d’équité) Providence et Madison – s’en mettront plein les poches en ayant recours à la sous-traitance et en vendant les actifs de l’entreprise que les abonnés financent depuis plus de 125 ans… » Sous Michael Sabia, aucun respect pour le patrimoine collectif. Sous Michael Sabia, un joyau de l’économie canadienne pouvait soudainement se retrouver sur le marché de la spéculation des firmes d’équité. Le monde des prédateurs et des assoifés de richesse instantanée.

Michael Sabia doit changer d’avis et refuser l’offre de la Caisse de dépôt. Autrement, nous sommes en plein délire. Je n’arrive pas à m’expliquer comment l’exécutif du Parti Libéral ait réussi à plonger dans ce bourbier. Ce ne sont pas des amateurs… que se passe-t-il dans le bureau de Jean Charest à Québec?

Illustration: marin.a – Flickr

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Des chiens et des hommes

Posted by lutopium sur 14 mars 2009

Ce billet a été publié le 12 mars 2009 sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ». Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Selon un sondage Léger Marketing réalisé en 2006, 42 % des foyers québécois possèdent au moins un chat ou un chien. Le Québec compte 2,3 millions de ces animaux domestiques. Chaque domicile qui possède des animaux de compagnie a dépensé la somme de $549.00 au cours de l’année pour assurer une vie décente à leur compagnon. De plus, on compte près de 1,000 médecins-vétérinaires au Québec. Leurs cliniques ne semblent pas connaître des problèmes d’attente majeurs…

La Loi québécoise sur la protection sanitaire des animaux regroupe différents aspects concernant la santé des animaux. L’article 55.9.2 de cette loi exige que les animaux soient « gardés dans un habitat convenable et salubre… »

Pendant ce temps, un rapport très critique sur la manière dont le Canada s’assure du respect du droit au logement a été présenté cette semaine lors de la 10ème session du Conseil des droits humains de l’ONU à Genève. Le document, qui fait suite à une visite d’observation au Canada réalisée en octobre 2007, s’inquiète de l’augmentation du nombre de sans-abri, de la hausse des prix dans le secteur du logement et de la décroissance du logement public.

À Montréal, 22 000 ménages attendent actuellement un logement dans un HLM, alors qu’aucun n’a été construit depuis 1994.

Les gens de la droite, de plus en plus inspirés par l’approche libertarienne, suggèreront que l’accès au logement est directement relié au mérite individuel. À la limite, la charité volontaire permettra aux plus démunis de trouver logis. Vive Centraide, ils vont règler tous nos problèmes. L’état doit disparaître, le concept de logement social en prend pour son rhume.

La société me ressemble un peu ces jours-ci. Complètement malade.

Photo: Heather SF – Flickr

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Les chiens de garde

Posted by lutopium sur 14 mars 2009

Ce billet a été publié le 19 février 2009 sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ».  Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Lorsqu’un pays est en guerre, il n’est pas surprenant de constater que le travail des journalistes est teinté par une forme de patriotisme ou une autre. Sans doute vous souvenez vous de la couverture médiatique des élections présidentielles de 2004, du moins celle que recevait nos voisins américains, invités à prendre position sur des enjeux reliés principalement à la défense de leur territoire et à la lutte contre des ennemis qui semblaient se cacher partout. Une campagne électorale où l’axe du mal était ramené au premier plan. L’appel au patriotisme et à la guerre contre le terrorisme international lancé par Bush et l’équipe républicaine influença le travail des journalistes. Quelques jours avant le scrutin, Michael Moore ne s’est pas gêné pour rappeler les journalistes américains à l’ordre. Il ira jusqu’à les accuser d’avoir du sang sur les mains.

Quelques mois plus tard, suite à cette couverture médiatique imprégnée de mensonges et de distortions – contrôlée en partie par des médias ayant des liens avec le parti républicain ou avec des intérêts économiques, des journalistes et des activistes se sont réunis à Saint-Louis afin de lancer des pistes de réflexions sur l’état de leur presse, qui, selon eux, avait royalement dérapé lors des élections où Bush a obtenu son second mandat. Lors de cette première édition du National Conference for Media Reform, des journalistes comme Amy Goodman, Bill Moyers, Naomi Klein, John Nicholls, Phil Donahue, Al Franken et plusieurs autres ont prononcé des discours, conçu des ateliers de travail et suscité les débats, permettant aux participants de remettre en question tout le monde journalistique qui les entourait en ce printemps 2005.

Pendant ce temps, les médias traditionnels poursuivaient leur quotidien et la couverture des conflits militaires les tenaient fort occupés. Les médias de droite, inspiré par les succès de Fox News, semblaient toujours dans l’euphorie, appuyant les politiques républicaines sans jamais remettre en question les folies de leur président. Enveloppés dans leur patriotisme aveugle, ils n’ont jamais deviné qu’une crise économique se pointait à l’horizon.

Lors du lancement de la récente campagne à l’investiture du Parti Démocrate, certains journalistes démontrent un intérêt renouvelé à la chose politique et la couverture médiatique semble être un peu plus équilibrée qu’en 2004. Keith Olbermann, Chris Matthews et Rachel Maddow de MSNBC déclarent la guerre aux fanatiques de la droite américaine, Bill O’Reilly en tête. Enfin, se disait-on, une chaîne d’information continue, un major, se joignait aux médias alternatifs qui tentent de faire passer le message des Hillary Clinton, Barack Obama et Dennis Kucinich. Les liberal medias, comme on les appelle aux States, ont agrandi leurs rangs. Des milliers de blogues, de think tanks et de médias alternatifs gagnent leur pari et parviennent à s’imposer dans la jungle médiatique. Sans compter les nombreux livres politiques qui présentent des idées progressistes.

Comment se comporte cette gauche américaine depuis l’entrée au pouvoir d’Obama? Suite à cette première semaine à la Maison-Blanche, où Obama a réussi à effacer presque tout souvenir de son prédécesseur, les progressistes sont-ils toujours solidaires de son plan de match? Après l’engouement provoqué par la fermeture de Guantanamo Bay, les journalistes sont-ils d’accord avec les récentes décisions pour la relance de l’économie?

Depuis le dépôt du plan Geithner, les journalistes sont aux aguets. A tous les jours, des articles, des éditoriaux et de nombreuses entrevues présentent des analyses économiques très cirtiques afin d’aller au fond des choses… Un exemple parmi tant d’autres, le plus récent éditorial de la revue politique The Nation:

« Espérons que le président Obama a demandé à ses aviseurs économiques s’ils possèdent un Plan B – parce que le Plan A a échoué aussitôt que le Secrétaire au Trésor Tim Geithner en a annoncé les détails… Nous demandons à Obama de lancer une approche complètement différente. La cause terrifiante et fondamentale de cette crise, démystifiée par les experts et certains investisseurs prudents, se résume par le fait que nos plus importantes institutions financières sont insolvables. Il n’est pas dans l’intérêt des citoyens d’encourager le Trésor à les maintenir en vie…

Ignorant les demandes formulées par les sceptiques et les réformistes (incluant The Nation), le président s’est entouré d’habitués de l’ordre établi et a vigoureusement exclut toute approche originale. Il n’est pas trop tard pour corriger cette déformation mais il ne peut attendre encore longtemps. La Maison Blanche a besoin d’un sain mélange d’idées et d’aviseurs – des gens qui n’ont aucune raison de sauver des associés de la vieille Wall Street, tout en étant capables d’imaginer des jours meilleurs apparaître au travers les ruines. Regardez autour Monsieur le Président. Vous les trouverez. »

Reste à espérer que les journalistes demeureront critiques et qu’ils ne deviendront pas les mégaphones des influences qui pèsent sur le parti et sur les membres de l’exécutif. Comme le soulignait récemment Normand Baillargeon, « … sans nier l’importance de cette base militante qui a travaillé très fort pour lui, il faut d’abord se rappeler qu’Obama occupe des fonctions que personne ne peut occuper sans avoir gagné à ce jeu de relations publiques largement coordonné et mis en scène par les institutions dominantes, et obtenu leur assentiment… »

Il y a sans doute de l’espoir dans l’air.  Mais il faut conserver un esprit critique.  N’en déplaise à Denise Bombardier.

Illustration: DJ Xavior – Flickr

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L’adéculte du chef

Posted by lutopium sur 13 février 2009

Comme tout bon parti politique, l’Action Démocratique du Québec cherchera à profiter au maximum de la couverture médiatique que procure une course à la chefferie. Les journalistes n’hésitent pas à couvrir ce genre d’évènement politique et les faits saillants sont diffusés en direct sur les chaînes d’information continue. Une course à la chefferie permet également à des aspirants inconnus du public de se faire connaître tout en espérant en retirer quelques graines de popularité.

Avec le départ de Mario Dumont, le parti qui porte encore officiellement son nom est à la recherche de son nouveau porte-parole. Certains militants invitent à la patience en rappelant que les membres doivent tout d’abord établir les règles de la course alors que d’autres souhaitent que les activités soient lancées le plus rapidement possible.

David Chrétien, militant adéquiste de longue date et un des blogueurs adéquistes les plus actifs, souligne que « …contrairement au PLQ et au PQ, le parti n’a jamais vécu de course à la chefferie. Donc, il n’y a pas de règles déjà établies à cette fin… ». Actuellement, le juriste Marc-André Gravel est à rédiger les propositions qui viseront à modifier les stauts du parti afin de permettre cet exercice démocratique. Ces propositions devront probablement être entérinées par le prochain conseil national de l’ADQ et c’est alors que nous connaîtrons l’échéancier ainsi que les modalités reliées aux candidatures. Est-ce que les militants exigeront un prix d’entrée pour la course? L’idée est lancée: « …les principaux successeurs éventuels à Mario Dumont ont tous entendu parler d’une somme variant de 20,000 $ à 25,000 $ à verser au parti pour avoir l’opportunité d’être de la course… », comme le souligne le journaliste Simon Boivin du quotidien Le Soleil. La direction du parti ne semble pas tout à fait au courant de la chose. Le nouveau directeur-général de l’ADQ, Simon-Pierre Diamond, réagissait à la nouvelle en déclarant: « …j’ai entendu ça moi aussi. Ce sont des discussions que nous avons (sic)… »

Je me doutais bien que l’ADQ vit actuellement des problèmes financiers. C’est l’impression que je partageais déjà dans un billet publié le 20 janvier dernier. L’état des choses a été confirmé par le député Éric Caire dans une entrevue qu’il accordait cette semaine où il chiffrait la dette du parti à $600,000. Cette situation précaire pourrait peut-être expliquer cette taxe pour les candidats intéressés par la course à l’investiture du parti. Avec cinq ou six candidats, on pourrait récolter plus de $100,000, ce qui permettrait de financer une fin de semaine à la hauteur de l’évènement. Si cette course à la chefferie se tiendrait la semaine prochaine, les candidats en lice seraient: Éric Caire, Claude Roy, François Bonnardel, Sébastien Proulx (autorisation du cabinet Heenan Blaikie requise), Stéphane Gendron (peu probable), Joanne Marcotte, Christian Lévesque et Richard Merlini. Il y aurait peut-être des surprises.

Certaines personnalités québécoises ont été approchées afin de donner un peu de piquant à la succession de Mario Dumont. Elles ont cependant toutes refusé le défi. Malgré les honnêtes efforts des militants, Michel Kelly-Gagnon (ancien président du conseil du patronat), Maxime Bernier, Marie Grégoire, Gérard Deltell et Paul-Daniel Muller (ancien directeur-général de l’IEDM) ont tous décliné l’invitation. Au grand dam de ses membres, l’ADQ a du mal à rassembler les forces de droite et à se donner un second souffle. Le blogueur Suburbain Lucide résume bien la situation:

« …Les adéquistes doivent d’abord faire le deuil de leur chef, mais aussi de celui du culte du chef. Il est impératif pour les militants adéquistes d’apprendre à s’approprier leur parti, et que la parole du chef n’est pas parole d’Évangile. Les militants devront apprendre à contrôler leur parti afin de faire valoir leurs opinions, et apprendre à lutter contre les cliques et les individus qui profitent du manque de vigilence des membres pour s’approprier le parti…  Pour justement avoir à se débarasser des pommes pourries qui se servent de l’ADQ pour faire avancer leur agenda personnel, les miltants adéquistes devront prendre plus de place dans la structure du parti. La constitution du parti n’a jamais prévu les mécanismes d’une course à la chefferie, c’est pas peu dire! »

L’Action Démocratique fait face à son plus grand défi: sa raison même d’exister après le départ de Mario Dumont. Il n’en tient qu’aux membres. Ce parti est la seule formation politique dans laquelle les québécois qui désirent une réduction de la taille de l’état, d’allègements fiscaux, du libre-marché, de la disparition des syndicats, de l’autonomie des écoles, des soins de santé privés – bref de la droite économique et politique, de se regrouper et de formuler des revendications. Ils ne semblent pas se retrouver dans les structures et les propositions du parti Libéral. Les prochains mois seront donc cruciaux pour les militants qui désirent poursuivre le travail. Terminons ce tour d’horizon en reprenant un texte de Martin Masse, publié après la défaite de l’ADQ en 2003:

« On s’illusionne en pensant que c’est un parti politique qui réussira à faire avancer les idées libertariennes au Québec. Si l’on devait représenter de façon schématique l’histoire des positions philosophiques de l’ADQ, on verrait une courbe en zigzag faisant parfois quelques spirales dans les moments d’intense confusion, pour aboutir dans une immense zone noire représentant le vide actuel, ou si l’on veut l’état post-électoral dépressif du pauvre p’tit Mario.

Un gouvernement adéquiste n’aurait probablement enclenché aucune réforme radicale ni réduit la taille de l’état de façon notable. Son amateurisme et l’inexpérience de ses membres auraient entravé sa capacité de gouverner. Mais c’est bien sûr le « néolibéralisme » qui aurait alors été désigné comme la source de cette débâcle, plutôt que l’incapacité de ce gouvernement à vraiment s’attaquer à l’étatisme. Les espoirs immenses qui auraient été investis dans cette jeune équipe auraient été immanquablement déçus.

Mieux valait se débarrasser tout de suite de ces girouettes confuses. C’est bien dommage pour ceux qui voulaient vraiment changer les choses et qui ont cru pouvoir le faire avec ce véhicule. Mais j’ai bien peu de sympathie pour des gens assez naïfs pour s’embarquer dans une telle galère, et qui se refusent à comprendre que la politique est un jeu irrationnel, implacable, en plus d’être par définition un jeu d’étatistes… »

Illustration: nhuthuypro – Flickr


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Qui veut prendre le contrôle d’Hydro-Québec?

Posted by lutopium sur 7 février 2009

Encore une fois, les disciples de l’Institut Économique de Montréal (IEDM) nous vantent les bienfaits de la privatisation d’Hydro-Québec. Depuis une dizaine d’années, l’Institut propose aux citoyens québécois de se départir de leur société d’état et ce, pour diverses raisons: création de richesse, contribution au remboursement de la dette, augmentation de la productivité des employés, libéralisation du marché de l’énergie…

Après les nombreuses sorties de l’économiste Marcel Boyer (dont le salaire principal lui parvient d’une université publique), le flambeau semble avoir été relayé à Claude Garcia, ancien président de la compagnie d’assurance Standard Life et membre du conseil d’administration de la Caisse de Dépôt (organisme public). Le rôle de l’IEDM étant de « proposer des solutions originales et innovatrices afin de susciter l’élaboration de politiques publiques optimales en s’inspirant, notamment, de réformes appliquées avec succès ailleurs dans le monde », elle semble vouloir s’acharner à promouvoir la privatisation de nos services publics, particulièrement la vente des actifs d’Hydro-Québec (HQ), l’éducation post-secondaire, la santé et les services de transport en commun. Bénéficiant d’un budget annuel de 1,5 millions, l’IEDM est omniprésente dans les débats publics et bénéficie d’une couverture médiatique incomparable.

On pourrait se demander si M. Garcia s’emmerde depuis qu’il a quitté son poste à la Standard Life pour investir autant d’efforts dans la promotion de la privatisation d’HQ. Déjà, à l’été 2007, il signait un papier avec Marcel Boyer dans le quotidien Le Soleil où il suggérait que privatiser HQ permettrait « d’améliorer l’efficacité énergétique du Québec et la santé de nos finances publiques ». Et le voilà de retour en pleine campagne électorale et de nouveau cette semaine en exigeant, encore une fois, que la société d’état soit privatisée afin de pouvoir hausser les tarifs, forçant ainsi les québécois à « changer les équipements de chauffage de leurs maisons pour passer au gaz naturel, une méthode plus efficace. » Pincez-moi, je crois rêver…

Comme l’IEDM est présidée par Mme Hélène Desmarais, on aurait tendance à croire que cet acharnement à vouloir privatiser Hydro-Québec serait relié aux ambitions de son époux, le président de Power Corporation. Est-il nécessaire de rappeler que l’empire Desmarais est maintenant un joueur incontournable dans l’économie mondiale depuis qu’elle s’est assurée d’une participation importante dans Suez GDF, privatisée récemment par l’administration Sarkozy? La Suez Renewable Energy of North America (SRENA) est de plus en plus présente dans le marché énergétique des États-Unis et du Canada. Actuellement, la SRENA concentre ses activités dans la distribution énergétique dans 16 états américains tout en investissant sérieusement dans des projets éoliens au Canada et ici-même au Québec – grâce à la récente acquisition de Ventus Energy. Le groupe Suez GDF est également un joueur important dans la production et la distribution d’électricité en Amérique du Sud. Dans son plus récent rapport annuel, elle déclare:

« Nos investissements porteront essentiellement sur des capacités de production électrique, dans les énergies renouvelables et les énergies classiques, principalement en Europe, en Amérique Latine et en Amérique du Nord. Plus précisément, le Groupe a pour objectif de porter à 75 000 MW sa capacité de production électrique dans le monde d’ici à 2012. Suez entend notamment renforcer sa production d’énergie à partir de sources renouvelables (hydraulique, solaire, biomasse et éolien). Il vise également, en fonction de l’attente des autorités nationales concernées, à participer à la construction de centrales nucléaires de 3e génération en Europe et hors d’Europe, dans le but de détenir et d’exploiter ces capacités, qui devraient être mises en service à l’horizon 2015-2020. Le Groupe poursuivra également son développement dans le gaz et le gaz naturel liquéfié (GNL) en capitalisant sur ses positions fortes. »

La construction du port méthanier Rabaska, la proposition des conservateurs canadiens de privatiser Énergie Atomique Canada et la promotion de la vente d’Hydro-Québec convergent vers les aspirations de la riche famille québécoise. Lors du lancement de son récent livre sur l’Empire Desmarais, Robin Philpot suggèrait que le temps est propice au retour de Power Corporation dans l’économie industrielle canadienne. Même si le Parti Libéral ne semble pas chaud à l’idée de privatiser Hydro-Québec, il nous faudra demeurer extrêmement vigilants. D’ailleurs, comme le mentionnait le Canard Enchaîné en novembre dernier (repris dans la dernière édition de l’Aut’ Journal), « les emplettes réalisées à la Bourse depuis quelques semaines par deux milliardaires, le Belge Albert Frère et le Canadien Paul Desmarais. Ces deux copains de Sarko profitent librement de la crise pour acheter à bon prix des actions des grandes entreprises françaises et d’y renforcer leur participation ». Je crois qu’il y a anguille sous roche et que nos riches aristocrates ne baisseront pas les bras aussi facilement. Je ne serais pas surpris d’entendre Jean Charest relancer l’idée de la privatisation d’HQ lorsque la crise économique cessera d’être un frein aux investissements privés. C’est qu’il est capable d’être une girouette le Johnny!

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