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Archive for the ‘Parti Québécois’ Category

Notre question nationale

Posted by lutopium sur 9 septembre 2009

Le documentaire Questions Nationales est un de ces évènements qui permet au projet de souveraineté du Québec de se pointer – ne serait-ce que modestement – dans le paysage politique qui, il faut bien l’avouer, est d’une platitude exemplaire par les temps qui courent. Évitant l’approche partisane, les réalisateurs de Questions Nationales ont décidé de se détacher complètement d’un camp ou de l’autre afin de permettre au spectateur de prendre un peu de recul et se demander: « mais pourquoi le Québec n’a-t-il pas réussi à atteindre son indépendance? » « Quels sont les enjeux aujourd’hui si on les compare avec ceux qui semblaient importants lors de la naissance du projet? » Ces réflexions sont facilitées par un parallèle fort intéressant tracé entre les aspirations politiques de l’Écosse, de la Catalogne et du Québec.

Alors que les nationalistes « purs et durs » réciteront l’intégrale du manifeste du FLQ sur les Plaines d’Abraham le 12 septembre prochain, la majorité des québécois continuera de voguer dans ses banalités quotidiennes. Ceux qui tiennent à la cause nationale et qui l’alimentent du fond de leurs tripes chercheront encore à convaincre leurs concitoyens que l’indépendance du Québec leur redonnera la liberté alors que ces derniers n’éprouvent aucune contrainte à leur existence mis à part peut-être celle de ne pas pouvoir consommer encore plus…  Pour une rare fois, je me range derrière le diagnostic d’André Pratte :

« …quand on veut rassembler, il faut être à l’écoute de ceux qu’on veut réunir et faire les compromis nécessaires. En choisissant le manifeste du FLQ, on allait immanquablement susciter un profond malaise chez beaucoup de Québécois. En faisant fi de ce malaise, on abandonnait l’aspect rassembleur du projet pour privilégier sa vocation de propagande…. » – André Pratte, Le moulin à propagande

Difficile de dialoguer sur un projet collectif, qui fait appel au « Nous » alors que plusieurs québécois sont distraits et portent une attention démesurée envers les messies, les vedettes et les athlètes de tout acabit. Il faut bien reconnaître que le temps des « Belles histoires des pays d’en haut », de la « Rue des pignons » ou du « Temps d’une paix » est bel et bien révolu. Aujourd’hui, le rêve et le divertissement règnent en tout-puissants dans « Star Académie », « Le Banquier », « You know you can dance » et tous les « Devine combien je gagne » de ce monde… Un lavage de cerveaux collectif conçu par nos télédiffuseurs, publicitaires et experts en marketing. Même l’état tire bénéfice de cette propagation du rêve avec Loto-Québec qui ne cesse de rappeler aux gens qu’il est possible de devenir extrêmement riche facilement et rapidement…

Questions Nationales, à la Cinérobothèque de l’ONF du 17 au 22 septembre prochain. Une tournée québécoise prend forme: Sherbrooke, Québec, Sainte-Thérèse, Gaspé et d’autres villes à confirmer. Consultez le site pour connaître les plus récentes informations. Si vous avez le goût de réfléchir sur l’avenir de notre nation, ensemble… ça fait du bien de délaisser le confort de l’individualisme de temps en temps…

« Malgré d’évidentes différences dues à l’histoire et à la géographie, on a surtout retenu de cet excellent documentaire les similitudes entre les mouvements d’émancipation nationale au Québec, en Écosse et en Catalogne… Que les souverainistes québécois n’aient pas encore réussi à rallier la majorité de la population à leur projet n’entache en rien la légitimité ou la pertinence de ce dernier… » Michel David, Le sens de l’histoire.

Photo: Bigpixal – Flickr

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Questions nationales

Posted by lutopium sur 20 août 2009

Communiqué de presse: Québec, Écosse, Catalogne, trois nations « sans pays » tiraillées par leur rêve d’indépendance, se rejoignent sur l’écran dans Questions nationales, un documentaire indépendant et non partisan réalisé par Roger Boire et Jean-Pierre Roy. La première mondiale du film aura lieu dans le cadre du Festival des films du monde, le 31 août à 19 heures, en présence de l’ex-Premier Ministre du Québec, M. Bernard Landry.

Tourné en français, anglais et catalan en 2007 et 2008, particulièrement lors des campagnes électorales québécoise et écossaise, le film s’ouvre, sur la scène politique locale, aux arguments de Bernard Landry, Gilles Duceppe, Jonathan Valois, Louis Bernard, Stéphane Dion ainsi qu’aux réflexions de Louis Balthazar, Guy Laforest, Jocelyn Letourneau, pour ne nommer que ceux-là. Les réalisateurs ont aussi recueilli les propos de nombreux intervenants majeurs dans le débat sur la question nationale en Ecosse et en Catalogne.

Désireux d’apporter une bouffée d’air frais et redonner un nouveau souffle au débat sur la souveraineté du Québec, Questions nationales s’interroge sur les raisons qui ont empêché jusqu’ici le Québec de devenir indépendant. Pourquoi le Québec hésite-t-il tant à faire la souveraineté? Depuis l’arrivée du mouvement souverainiste au Québec, il y a plus de 40 ans, plusieurs pays, partout sur la planète, ont choisi l’indépendance. Pourquoi pas le Québec? Qu’est-ce qui freine tant ce rêve? Est-il inaccessible, fuyant ou simplement latent? Et ce lien Canada-Québec, ce « moi en toi et toi en moi »? Sommes-nous prêts à « nous quitter nous-mêmes »?  Notre confort sème-t-il l’indifférence? N’avons-nous pas encore trouvé de bonnes raisons de nous séparer?

Et comment les autres nations se débrouillent-elles avec un tel dilemme : celui de partir ou rester, celui de briser un pays pour en créer un autre? Les Écossais, au Royaume-Uni, jonglent avec ce même destin : union ou séparation. Quitter, oui, mais à quel prix? Comment imaginer une telle transition politique, économique et juridique avec l’Empire britannique? De leur côté, en Espagne, les Catalans ont-ils la liberté de penser à s’affranchir? Leur langue et leur culture pourront-elles survivre encore longtemps dans une Espagne fermée aux nationalismes en son sein? Comment la réalité de ces deux autres peuples nous permet-elle d’y voir plus clair, ici?

Questions nationales est d’une durée de 92 minutes. À l’affiche au cinéma Quartier Latin le lundi 31 août à 19h00 et le mercredi 2 septembre à 13h00.  Après son lancement au Festival des films du monde, le film prendra l’affiche du Cinéma de l’ONF du 17 au 22 septembre prochains.

J’invite tous les blogueurs à afficher la bannière! Merci!

Site: questionsnationales-lefilm.net
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Source: Communiqué de presse

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L’indigestion des fécules

Posted by lutopium sur 7 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Un des signes évidents du vieillissement, c’est la difficulté à digérer certains aliments. Certains d’entre vous seront d’accord pour dire que les fécules peuvent causer des douleurs intolérables. C’est le malaise que j’ai ressenti cette semaine lorsqu’on m’a informé de la publication d’un billet de Joseph Facal dans le Journal de Montréal.  Je me contenterai de ce petit jeu de mots.  Restons polis…

La réaction farfelue de l’ancien ministre péquiste est reliée au manifeste de Québec solidaire « Pour sortir de la crise: dépasser le capitalisme? » qui a été lancé la semaine dernière. Monsieur Facal n’hésite pas à tomber dans les insultes et les imprécisions afin de discréditer l’initiative de Qs. Même si la plupart des médias québécois n’ont eu aucun problème à informer la population sur la publication du manifeste, Monsieur Facal croit que « l’initiative est passée totalement inaperçue ». Le professeur discrédite le travail de Qs en associant ses idées au fascisme et au communisme tout en nous rappelant que Françoise David a milité dans un groupe marxiste-léniniste dans les années soixante-dix. Évidemment, pour un type qui a fait un bac et une maîtrise en sciences politiques, rien n’est plus mystérieux et dangereux qu’un ancien marxiste… Dommage, ça discrédite un grand nombre de personnalités publiques… comme Gilles Duceppe ou le journaliste Alain Dubuc. À moins que tout ça dépende de quel bord vous vous êtes rangé. Vous êtes un ancien maoiste déterminé à faire l’indépendance du Québec? Ça va. Vous êtes un ancien agitateur trostkyste maintenant au service de Maître Desmarais? Bon travail.

Monsieur Facal le prend très personnel. Parce que le manifeste de Qs utilise le terme « Lucides » pour identifier les responsables de la crise économique actuelle, il se sent directement attaqué car, ne l’oublions pas, Monsieur Facal est un des signataires du Manifeste des Lucides publié il y a quelques années, en collaboration avec Lucien Bouchard, André Pratte, Claude Montmarquette et une brochette de ténors de la droite économique québécoise. Dans cet hymne à la liberté économique, les disciples du monde des affaires proposaient le dégel des frais de scolarité, la hausse des tarifs d’électricité, des baisses d’impôts et une plus grande place au privé dans la livraison des services publics. Lucidité, responsabilité et liberté. Amen. On se rappelle que Françoise David avait répondu à l’invitation des lucides en lançant le Manifeste pour un Québec Solidaire, qui proposait des solutions progressistes qui ont finalement reçu un meilleur accueil de la population, tel que le soulignait un sondage CROP et un article d’Alexandre Shields.

Avec la publication de ce nouveau manifeste, Qs suggère de pousser la réflexion un peu plus loin et de remettre en cause certains fondements de notre système économique. Monsieur Facal semble renversé. Pourtant, des centaines d’experts de tous les horizons politiques et économiques proposent essentiellement cette réflexion fondamentale. Est-ce tout simplement une (autre) crise économique ou un système qui supporte mal le modèle néolibéral? Même Nicolas Sarkozy, qui est loin d’être un militant gauchiste, reconnaissait récemment que « le marché qui a toujours raison, c’est fini ». Monsieur Facal remarquera également que « la Chambre des représentants américaine a approuvé (hier) la création d’une commission d’enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique… ». Le problème est majeur Monsieur Facal. Ceci n’est pas un hoquet.

En fait, Monsieur Facal me rappelle la croisade qu’a menée le sénateur américain Joseph McCarthy dans les années cinquante. Le pauvre, il voyait des communistes partout et toute opposition au système capitaliste devait être sévèrement punie. McCarthy et Facal, inquisiteurs au service des Maîtres de la Cité, ont trouvé le clown maléfique de leur époque. Monsieur Facal compare Françoise David et Amir Khadir à Ding et Dong et souhaite leur disparition du paysage politique québécois. De son côté, le sénateur McCarthy a poussé Charlie Chaplin à s’exiler en Suisse suite à des accusations d’activités anti-américaines portées contre lui. La chasse aux sorcières qu’a menée McCarthy était motivée par ce qu’on appelait la « peur rouge », la peur des méchants communistes. Et celle que mène Monsieur Facal, est-elle associée à sa loyauté envers le Parti Québécois ou envers la chambre de commerce?

J’imagine que Monsieur Facal n’est pas très préoccuppé par la crise économique actuelle. Car, même s’il est l’un des grands défenseurs du libre-marché et de la croissance économique, il n’est pas le symbole de l’entrepreneur visionnaire. Après ses études collégiales et universitaires, M. Facal a travaillé pour le PQ, a siégé comme député et il est maintenant professeur aux HEC tout en vendant ses pamphlets à Maître Péladeau. Une belle carrière « publique » d’après ce que je peux constater. Il n’a probablement pas de soucis à se faire en songeant à sa belle retraite dorée qui sera payée entièrement par les fonds publics.

Je me demande bien qui est le clown.

Photo: bettywisse – Flickr

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Où en sommes-nous?

Posted by lutopium sur 5 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le nouveau blogue collectif “Voix de gauche” qui a été lancé le 1er mai dernier. Je vous invite à visiter ce nouveau site qui présente des billets de Louis Préfontaine, Jimmy St-Gelais, Carl Boileau et Francis Lagacé. Bientôt, d’autres chroniqueurs se joindront à cette initiative où les progressistes du Québec se donnent rendez-vous.

Depuis l’apparition du Rassemblement pour l’Indépendance Nationale (RIN) dans les années 60, le moins qu’on puisse dire c’est que la gauche a fait bien du chemin au Québec. Elle s’est naturellement associée au mouvement indépendantiste, elle a permis la naissance d’un nombre incalculable de groupuscules et a été associée au Parti Québécois pendant plus de 25 ans. Cependant, même si les idées progressistes se font sentir un peu partout dans le quotidien, la gauche n’a jamais été en mesure de se tailler une place importante sur l’échiquier politique québécois.

La fusion d’Option Citoyenne et de l’Union des Forces Progressistes (UFP), permettant la naissance de Québec solidaire, est peut-être le signe que la gauche québécoise est prête à se réconcilier et à mettre un peu d’eau dans son vin. Pour une rare fois, plusieurs tendances ont décidé d’unir leur forces et leurs talents pour jouer le jeu électoral, et cette décision a permis l’élection d’Amir Khadir à l’Assemblée Nationale. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que le représentant de Mercier est un député exemplaire, à la hauteur du rôle qu’on lui a confié. Rôle qu’il méritait fort bien d’ailleurs.

Lors d’une table ronde organisée par l’Institut du Nouveau Monde cette semaine, Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, lança l’idée que la crise économique actuelle est une opportunité; que les citoyens ont l’occasion de faire entendre haut et fort leur mécontentement face au système économique, qui connaît sa septième crise en 35 ans. Non seulement pouvons-nous exiger des changements majeurs pour nous protéger des ambitions de quelques-uns, mais nous pouvons, et nous devons proposer de nouvelles façons de faire. Inutile de viser l’utopie, des changements peuvent être introduits très rapidement. Il faut croire en la possibilité de changer le monde, ne serait-ce que par de petits gestes.

La grande majorité des québécois ont désavoué les libéraux fédéraux suite au scandale des commandites. La plupart d’entre nous avons refusé la formation d’un gouvernement conservateur. Nous avons également endossé l’élection de Barack Obama et la fin du règne belliqueux de la droite républicaine. Ces jours-ci, les médias nous font voir un gouvernement Charest embourbé dans les conflits d’intérêts et un entêtement excessif envers les partenariats avec l’entreprise privée. C’est une opportunité pour la gauche de dénoncer un monde politique déconnecté du peuple et pour exiger des comptes aux affairistes et aux spéculateurs qui n’hésitent pas à piger dans les fonds publics et les caisses de retraite.

Le néolibéralisme plie les genoux. La porte est grande ouverte à un réel équilibre des forces entre les citoyens, l’état et le monde des affaires. Lors de cette activité de l’INM, Claire Bolduc, de Solidarité rurale, a invité les citoyens à se prendre en main en s’inspirant des combats que mènent les régions du Québec, elles qui vivent une crise économique depuis 10 ans. Contrairement à certaines idées de droite qui circulent ces temps-ci, tous les citoyens ont droit à une vie décente. Je crois qu’il est de notre devoir de s’assurer que tous les québécois aient accès à une éducation de qualité et à des services de santé gratuits, détachés de toute ambition commerciale. Nous avons le choix entre une solidarité qui permet le partage ou une approche individualiste qui favorise, encore une fois, les mieux nantis de notre société.

Photo: Ascarel – Flickr

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Les gestes nécessaires

Posted by lutopium sur 18 décembre 2008

Me voilà de retour dans la blogosphère… Comme certains d’entre vous peuvent en douter, la campagne électorale a été épuisante. Quelques jours de répit replacent les idées…

L’arrivée d’Amir Khadir à l’Assemblée nationale est porteuse de changements. Moins spectaculaire que l’élection de Barack Obama, le choix des électeurs de la circonscription de Mercier n’en est pas moins d’une réelle pertinence lorsqu’on considère toutes les décisions que la race humaine aura à prendre au cours des cinquante prochaines années.

Ces décisions doivent être prises maintenant, en ce début de crise économique mondiale. Un consensus international suggère que les états soutiennent le système en injectant de l’argent dans les structures financières et dans la construction d’infrastructures. Un passage important du discours d’Amir Khadir hier: « On a une opportunité en or de profiter de la crise pour changer notre économie, pour la rendre au service des gens et dans le respect de la nature. »

Si on se fie aux résultats des dernières élections provinciale et fédérale, on peut conclure que les québécois rejettent les idées rétrogrades de la droite. Et qu’on soit en faveur de l’indépendance du Québec ou d’un fédéralisme renouvelé, nous devrons au moins nous entendre sur les mesures à prendre afin de sauver notre planète. Quarante ans après le Club de Rome, les êtres humains ne peuvent plus ignorer la possibilité d’une catastrophe. Le temps des grands changements est arrivé.

Le Québec doit donner l’exemple d’une solidarité qui dépasse la partisanerie politique ou les choix philosophiques. J’espère que la présence de Québec solidaire à l’Assemblée nationale contribuera à allumer ce réel désir de changement.

Les québécois se sont donnés une pause électorale de quatre ans. Plus que jamais, nous devrons être vigilents. Il est du devoir de nos élus d’assurer la survie du Québec et de contribuer à protéger notre planète. Et de freiner les ambitions démesurées d’une économie qui a récemment connu une incroyable tendance à la tricherie et à l’irrespect des citoyens.

Il est à souhaiter que la présence d’Amir Khadir sur l’échiquier politique aura un rôle à jouer dans le ralentissement des ambitions du Parti Libéral et des lobbies économiques ainsi qu’au retour du Parti Québécois dans l’axe de la social-démocratie. Pour le bien-être des petits-enfants de nos enfants.

Je vous souhaite la paix. Québec, je t’aime.

Photo: Mario Groleau – Flickr

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Solidaires… y’a de la magie dans l’air!

Posted by lutopium sur 6 décembre 2008

« … L’ADQ est en chute libre et si Pauline Marois parle autant d’indépendance, c’est parce qu’elle sait qu’elle n’a aucune chance. Elle essaie de rallier tous les souverainistes. Parce qu’il y en a quelques-uns qui, comme moi, sont maintenant avec Québec solidaire. Un parti de gauche, souverainiste, c’est ça que je veux. Et je ne considère pas que je perds mon vote. Il se crée une masse autour de Québec solidaire, tranquillement… » Yvon Deschamps, le 6 décembre 2008.

« … Tout comme l’ancien ministre Robert Perreault, je crois que les électeurs de Mercier devraient élire Amir Khadir et en faire leur député. J’ajoute toutefois que Québec solidaire, par l’appui croissant qu’il reçoit en de nombreux milieux, mérite davantage, et il m’apparaît que cet équilibre démocratique serait mieux servi si les électeurs de la circonscription de Gouin élisait également la coporte-parole de ce parti, Mme Françoise David, elle qui, depuis déjà plusieurs années, porte des valeurs de solidarité dont le Québec a grand besoin ces temps-ci. Ce faisant, avec deux représentants de Québec solidaire, nous aurions alors une Assemblée nationale plus représentative de la volonté populaire, ce que le mode de scrutin actuel ne permet pas d’exprimer… » Claude Béland, le 5 décembre

« Si quelques candidats de Québec solidaire étaient élus, la dynamique politique québécoise serait modifiée. Les thèmes et les solutions progressistes que le parti propose seraient présents dans le débat public.

Françoise David est une femme exceptionnelle, d’une rigueur intellectuelle et d’une honnêteté remarquable. Femme d’engagement, proche des gens, sincère, généreuse. Le Québec ne peut pas se priver d’une telle femme. Nous serions tous perdants si elle n’était pas élue dans Gouin.

Amir Khadir est une sorte de génie. Un homme courageux et franc. Je ne sais pas comment il fait pour concilier médecine, grosse famille et vie politique. Nous avons besoin d’hommes comme lui pour défendre le système de santé public. Alors, dans Mercier, pour l’avenir du Québec, il faut voter Amir.

Vous me direz que deux députés de Québec solidaire ne changeront rien. Vous vous trompez. Les idées, les discours différents, les remises en question, ne doivent pas se limiter aux blogues et aux lettres confidentielles. Ces voix nouvelles et nécessaires doivent obtenir leur légitimité démocratique pour s’imposer dans le débat politique québécois.

Le Québec sera plus riche avec Françoise David et Amir Khadir, plus riche en idées et en diversité, plus riche en réflexion et en innovation.

Ne serait-il pas temps d’avoir des représentants élus qui nous parlent d’enjeux fondamentaux avec une approche différente de celle des deux grands partis? L’élection de Françoise David et d’Amir Khadir améliorerait notre démocratie et donnerait enfin une voix à toutes les forces progressistes qui sont aujourd’hui exclues du débat collectif. » Gil Courtemanche, le 6 décembre

Illustration: oparthamburg 2

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Paysages de campagne

Posted by lutopium sur 16 novembre 2008

C’est plus fort que moi. Je ressens le besoin de partager quelques réflexions en ce 12ème jour de campagne électorale. Ça sera comme une thérapie. Le comité électoral de notre circonscription reprend ses activités ce matin vers 11 heures. J’en profite donc pour écrire ces quelques mots, histoire de faire sortir le méchant.

Le visage républicain de l’ADQ

Il est évident que les conseillers de l’ADQ cherchent à rafraîchir leur stratégie électorale. Depuis le déclenchement des élections, leur chef semble désorienté, ne sachant pas sur quel clou il doit frapper pour rejoindre la population. Hier après-midi, on a pu constater le fruit de leurs réflexions. Lors d’une assemblée militante à Québec, l’ADQ a invité l’ancienne juge Andrée Ruffo à prononcer un discours sur un sujet qui lui tient particulièrement à coeur: la famille. Elle se joint au discours populiste en lançant: « Je crois encore aux familles. Ce n’est pas vrai que c’est l’État qui donne de l’amour aux enfants… ».

Voilà un double discours directement inspiré du Parti Républicain et du Parti Conservateur. Dans une même phrase, on rend gloire à la famille et on en profite pour identifier l’état comme une grosse bibitte qui devrait se retirer complètement des programmes sociaux. Voyons donc… Pauline Marois et Françoise David n’ont jamais dit que l’état devait donner de l’amour aux enfants! Toute l’idée derrière le programme des CPE est de soutenir les québécoises et les québécois qui tentent de concilier le travail et les obligations familiales… L’apparition des CPE fait suite à des années de luttes et de revendications menées par les regroupements de femmes et par des groupes communautaires.

Dans la tradition de George W. Bush et de Stephen Harper, voilà donc la dernière idée des stratèges de l’ADQ: encadrer le débat autour de la famille dans un modèle patriarcal. Il semble évident pour eux que les mamans doivent rester à la maison pour prendre soin des petits. Et Mario Dumont de préciser cette approche en lançant « avec l’ADQ, c’est un enfant, une place au soleil. Pas d’oubliés… » Cette phrase ne vous rappelle pas le slogan de George W. Bush en 2004: « No child left behind… »?

La mission des services gouvernementaux n’est pas de régler les problèmes reliés au démantèlement des familles. Les CPE existent pour faciliter le quotidien des citoyennes et des citoyens du Québec. L’augmentation du taux de divorce n’a rien à voir avec l’état. Regardez plutôt du côté de mode de vie imposé par notre société de consommation…

Le droit d’exister d’un parti progressiste

Les québécois devraient décider par eux-mêmes s’il est pertinent de compter Québec solidaire dans le paysage politique. Cette formation politique émergente, rassemblant des québécois et des québécoises de tous les horizons, doit faire preuve de créativité afin de se tailler une petite place dans cette campagne électorale. La formation de Françoise David et d’Amir Khadir ne pouvait pas enclencher des dépenses avant le lancement officiel de la campagne électorale, confirmé par la visite du premier ministre chez le lieutenant-gouverneur. Les trois « grands » partis ont commencé à se préparer à ces élections des jours, voire des semaines avant son lancement. Déjà, dans la nuit du 6 décembre, leurs pancartes étaient montées aux pôteaux. Leurs autobus étaient prêts à silloner les routes du Québec. Les locaux étaient loués, les lignes téléphoniques activées.

Le jeudi 6 novembre au matin, l’équipe électorale de Québec solidaire enclenchait ses activités pour démarrer sa campagne. À l’exception des priorités reliées aux circonscriptions des deux porte-parole, il fallait compter une dizaine de jours pour concevoir et mettre en place tous les services qui permettent de soutenir les associations locales d’un bout à l’autre du Québec. Contrairement aux trois autres partis, qui profiteront des 33 jours de campagne, cette jeune formation politique devra se contenter de trois semaines pour se faire connaître et prendre sa place dans le débat.

De plus, les médias semblent être complices dans ce jeu inadéquat en minimisant la portée de Québec solidaire. Selon l’analyse d’Influence Communications, Qs récolte un maigre 2% de la couverture médiatique alors que les trois partis principaux occupent entre 25% et 45% de l’espace. On dira que Françoise David récolte une couverture reliée aux intentions de vote… Mais comment les électeurs peuvent-ils se faire une meilleure idée si la couverture médiatique est si maigre? Dans les médias principaux, on ne parle presque plus de Qs. On ne parle que des trois partis qui siègent actuellement à l’assemblée nationale et ce, même si Qs tient des conférences de presse quotidiennes et maintient un site web qui est rafrâchi plusieurs fois par jour.

De plus, comme Pauline Marois et Jean Charest refusent d’inviter Françoise David au débat des chefs, les québécois ne pourront pas se faire une opinion par eux-mêmes. C’est l’ensemble du Québec qui est pénalisé par l’absence de Mme David à ce débat. À mon avis, il serait extrêmement rafraîchissant de l’entendre. Ça court-circuiterait l’homogénéité du discours actuel. La présence de Mme David permettrait à une portion de la population de se faire entendre.

Et que penser de la campagne de salissage envers Qs qui nous ramène dans l’ère du maccartisme, en identifiant le parti comme une formation d’extrême-gauche? C’est vraiment mal connaître cette formation politique. Comment expliquer qu’un journaliste du Devoir, qui semble admirer le travail de Ségolène Royal, puisse salir la réputation du seul parti progressiste au Québec?

La force d’une couleur à la mode

Depuis la campagne électorale de 2007, on assiste à un nouveau phénomène sur l’échiquier politique: l’attrait que peut procurer l’utilisation d’un mot: vert. Les derniers sondages indiquent que le Parti Vert obtiendrait 7% des intentions de vote. N’est-il pas extraordinaire que ce parti, qui n’a pratiquement aucune structure, attire la sympathie des électeurs grâce à la couleur qui enrobe son nom? S’il y avait un Parti Bleu, grand défenseur de la qualité de l’eau, profiterait-il également d’un succès mystérieux?

Depuis que le nouveau chef du Parti Vert, M. Guy Rainville, a refusé de s’allier à Québec solidaire afin de permettre aux deux partis de se tailler une place au soleil, j’ai moins de respect pour cette jeune formation politique. Ils savent très bien que les deux porte-parole de Qs ont de bonnes chances de gagner leurs sièges dans les circonscriptions de Gouin et Mercier. Invité à ne pas présenter de candidats dans ces deux comtés et d’identifier les endroits où Qs aurait appliqué la même stratégie, M. Rainville a déclaré « …nous avons décidé de ne pas céder les deux comtés à Québec solidaire. » Comme s’ils avaient une chance de remporter ces deux circonscriptions…

C’est ce que je retiens de ces premiers jours de la campagne électorale: discours populiste de Mario Dumont, non-respect de la démocratie de la part des médias, de Jean Charest et Pauline Marois ainsi qu’un opportunisme malsain de la part du Parti Vert. Mais nous travaillerons d’arrache-pied pour faire connaître la plate-forme de Qs et de faire avancer les idées progressistes.

Illustration: Artocular – Flickr

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J’appuie Québec solidaire

Posted by lutopium sur 5 novembre 2008

Lorsque j’ai lancé ce blogue en décembre dernier, je me suis donné comme mission de dénoncer le discours populiste de l’ADQ, les ambitions opportunistes de certains politiciens et les liens corporatistes entre les lobbies économiques et le Parti Libéral du Québec.

J’ai alors décidé de conserver un angle non-partisan afin de me concentrer sur l’analyse des évènements tout en évitant de faire la promotion d’un parti politique en particulier. Je crois que mon attrait pour les concepts progressistes et les idées de gauche était assez évident… Certains me considèrent comme un étatiste, un qualificatif que je n’accepterai jamais. Je ne suis pas un étatiste. Je crois tout simplement que les citoyens doivent faire partie des décisions, pas seulement en votant à tous les quatre ou cinq ans mais en étant impliqués de façon permanente. Certains appellent ça la démocratie participative. Ça empêche la corruption, les excès et les abus. Je ne prône pas un contrôle étatique sur tout. Je crois au pouvoir des citoyens.

Hier soir, un grand nombre de québécois se sont réjouis de l’élection de Barack Obama. Pourquoi? Parce qu’il représente le changement. On ne sait pas encore s’il y parviendra, mais le type semble honnête lorsqu’il parle de lutter contre le racisme, la pauvreté et les inégalités sociales. Les québécois ont également refusé les idées conservatrices de Stephen Harper. Le message est clair.

Il m’aurait été impossible de publier une vingtaine de billets simplement pour dénoncer le programme du Parti Libéral. Ceux qui visitent ce blogue en sont très conscients: privatisation des infrastructures, partenariats à outrance avec le privé, sytème de santé à deux vitesses, subventions doûteuses, etc… Et j’ai tellement parlé de l’ADQ et de Mario Dumont au cours des dix derniers mois que je n’ai plus grand chose à dire sur leur compte!

Publier des billets sur un blogue politique lors d’une campagne électorale exige beaucoup de temps et d’énergie. J’ai donc décidé d’investir ce temps en donnant un coup de main à la jeune formation politique Québec solidaire. J’espère sincèrement que Françoise David et Amir Khadir joindront l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter le débat homogène qui s’y est installé. Il est temps d’oppposer les projets de privatisation, le concept d’utilisateur-payeur, le sous-financement de nos écoles et la croissance économique débridée.

C’est donner un coup de main pour faire avancer des idées et non pour prendre le pouvoir. C’est semer quelques concepts de solidarité pour nos enfants et les enfants de nos petits-enfants. C’est prioriser l’environnement et la protection de nos ressources. C’est la justice sociale et une répartition équitable des richesses. C’est le refus à l’égoisme et au repli sur soi.

Et c’est la promotion de l’accession du Québec à l’indépendance alors que le PQ désire avant tout prendre le pouvoir. On se revoit le 9 décembre. Vous me manquerez. Salut!

Illustration: HersenSpinsels.nl

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Propres, les québécois parleront d’économie

Posted by lutopium sur 3 novembre 2008

À l’exception de la pluie de démissions qui frappe les partis politiques québécois, il va sans dire que c’est l’économie et la possibilité qu’elle nous tombe sur la tête qui occupe les débats politiques depuis quelques jours… Depuis qu’il a lancé la rumeur d’une élection générale, notre premier ministre a installé un climat de peur au Québec. L’avenir est tellement peu reluisant qu’une dizaine de députés ont décidé de prendre leur retraite!

Alors, on parlera d’économie. Le Parti Libéral essaiera de nous convaincre qu’il est essentiel pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire pour traverser une crise économique. N’essayez pas de parler d’autre chose, il faudra causer d’économie. Vous êtes préoccupés par la détérioration de votre planète? Oubliez ça, on parle d’économie.

De toute façon, on vous dira que l’environnement au Québec se porte bien. On vous parlera de cette étude, préparée par le ministère de l’Environnement, quelques jours avant le déclenchement des élections. On nous apprend que « …le Québec affiche toujours le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au pays… » À quoi bon parler d’environnement si notre province est un chef de file dans le domaine? Parlons d’économie, voulez-vous?

Les trois partis politiques nous inviteront à parler de développement économique. Tiens, pourquoi ne parlerions-nous pas du développement pétrolier dans le fleuve Saint-Laurent? Ça vous intéresse? Vous en voulez de la richesse? Et si jamais les environnementalistes dénoncent le projet, les libéraux n’auront qu’à sortir le bâillon, c’est efficace. C’est comme ça qu’on a étouffé l’opposition au projet Rabaska et maintenant pour museler l’activiste Alain Dubois qui pourrait ternir la réputation de Loto-Québec… Parlons d’économie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean Charest a de la suite dans les idées. Mercredi, il devrait se rendre chez le lieutenant-gouverneur afin de demander la dissolution de l’Assemblée Nationale et confirmer le lancement de la campagne électorale. Le lendemain, il prononcera un discours devant la Chambre de Commerce du Montréal-Métropolitain. En temps de crise, un chef d’état demande aux chaînes de télévision de lui donner une quinzaine de minutes afin qu’il puisse s’adresser directement aux citoyens. Mais notre premier ministre préfère rencontrer les membres de la Chambre de Commerce. Ils parleront d’un plan pour protéger la sécurité économique du Québec. Moins d’une semaine plus tard, Claude Garcia leur parlera d’une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec : la privatisation d’Hydro-Québec. Ils ont de la suite dans les idées, non?

On s’en reparle mercredi. Ça sera probablement le dernier billet avant la campagne électorale et le début d’une absence de quelques semaines.  Combat oblige.

Illustration : Marc L’Espérance – Flickr

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La vie dans la brousse de fantômes

Posted by lutopium sur 31 octobre 2008

Aujourd’hui, les enfants enfilent leurs plus beaux costumes et rêvent déjà aux friandises qu’ils rapporteront à la maison… Les dentistes espèrent que les gens seront généreux afin de faire fortune avec toutes ces bouches sucrées. Aujourd’hui, c’est la dernière journée d’octobre – tradition mystérieuse où nous célébrons la mort et la peur – bref, l’essence de la semaine…

Tout a commencé lundi dernier lorsque Jean Charest s’est apeuré devant l’idée que le Québec ne pourrait pas traverser une crise économique avec un gouvernement minoritaire. Dès le lendemain, les journalistes et éditorialistes des journaux de l’Empire Desmarais furent pris de panique et encourageaient les québécois à élire un gouvernement fort afin de nous protéger contre le pire, sans trop savoir pourquoi, voire les mauvais esprits des lois naturelles qui semblent envelopper le monde économique.

Hier soir, David Byrne était de passage au Métropolis afin de nous présenter un spectacle qui soulignait sa collaboration avec Brian Eno. Impossible pour un fan des Talking Heads et de l’album « My Life In A Bush Of Ghosts » de rater l’évènement. Après avoir passé une soirée mémorable, on pouvait apercevoir les gens déambulant sur la Sainte-Catherine, certains arborrant déjà leurs plus beaux costumes, prêts à fêter cette célébration macabre…

La semaine se termine par une belle journée d’automne, nous annonçant le départ de politiciens expérimentés qui profitent du déclenchement des élections pour mettre fin à leur carrière. Il est quand même triste pour l’ADQ de perdre Gilles Taillon, un geste qui semble vouloir confirmer que le parti de Mario Dumont est maintenant admis aux soins intensifs… Le Parti Québécois se retrouve en deuil suite à l’annonce de la retraite – fort bien méritée – de Louise Harel et de Rita Dionne-Marsolais.

Oh, ça frappe à la porte. C’est sûrement un petit monstre qui veut des bonbons. Mais non… Monsieur le député…. Bonsoir à vous. Tiens, voici une petite friandise, acceptez-la en gage de remerciements même si vous êtes du genre fantôme.. Profitez bien de ces derniers jours, je ne crois pas que le 450 votera ADQ en décembre. Et prenez donc la citrouille, elle vous va bien…

Photo : hck – Flickr


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