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Archive for the ‘IEDM’ Category

L’indigestion des fécules

Posted by lutopium sur 7 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif “Les 7 du Québec”. Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Un des signes évidents du vieillissement, c’est la difficulté à digérer certains aliments. Certains d’entre vous seront d’accord pour dire que les fécules peuvent causer des douleurs intolérables. C’est le malaise que j’ai ressenti cette semaine lorsqu’on m’a informé de la publication d’un billet de Joseph Facal dans le Journal de Montréal.  Je me contenterai de ce petit jeu de mots.  Restons polis…

La réaction farfelue de l’ancien ministre péquiste est reliée au manifeste de Québec solidaire « Pour sortir de la crise: dépasser le capitalisme? » qui a été lancé la semaine dernière. Monsieur Facal n’hésite pas à tomber dans les insultes et les imprécisions afin de discréditer l’initiative de Qs. Même si la plupart des médias québécois n’ont eu aucun problème à informer la population sur la publication du manifeste, Monsieur Facal croit que « l’initiative est passée totalement inaperçue ». Le professeur discrédite le travail de Qs en associant ses idées au fascisme et au communisme tout en nous rappelant que Françoise David a milité dans un groupe marxiste-léniniste dans les années soixante-dix. Évidemment, pour un type qui a fait un bac et une maîtrise en sciences politiques, rien n’est plus mystérieux et dangereux qu’un ancien marxiste… Dommage, ça discrédite un grand nombre de personnalités publiques… comme Gilles Duceppe ou le journaliste Alain Dubuc. À moins que tout ça dépende de quel bord vous vous êtes rangé. Vous êtes un ancien maoiste déterminé à faire l’indépendance du Québec? Ça va. Vous êtes un ancien agitateur trostkyste maintenant au service de Maître Desmarais? Bon travail.

Monsieur Facal le prend très personnel. Parce que le manifeste de Qs utilise le terme « Lucides » pour identifier les responsables de la crise économique actuelle, il se sent directement attaqué car, ne l’oublions pas, Monsieur Facal est un des signataires du Manifeste des Lucides publié il y a quelques années, en collaboration avec Lucien Bouchard, André Pratte, Claude Montmarquette et une brochette de ténors de la droite économique québécoise. Dans cet hymne à la liberté économique, les disciples du monde des affaires proposaient le dégel des frais de scolarité, la hausse des tarifs d’électricité, des baisses d’impôts et une plus grande place au privé dans la livraison des services publics. Lucidité, responsabilité et liberté. Amen. On se rappelle que Françoise David avait répondu à l’invitation des lucides en lançant le Manifeste pour un Québec Solidaire, qui proposait des solutions progressistes qui ont finalement reçu un meilleur accueil de la population, tel que le soulignait un sondage CROP et un article d’Alexandre Shields.

Avec la publication de ce nouveau manifeste, Qs suggère de pousser la réflexion un peu plus loin et de remettre en cause certains fondements de notre système économique. Monsieur Facal semble renversé. Pourtant, des centaines d’experts de tous les horizons politiques et économiques proposent essentiellement cette réflexion fondamentale. Est-ce tout simplement une (autre) crise économique ou un système qui supporte mal le modèle néolibéral? Même Nicolas Sarkozy, qui est loin d’être un militant gauchiste, reconnaissait récemment que « le marché qui a toujours raison, c’est fini ». Monsieur Facal remarquera également que « la Chambre des représentants américaine a approuvé (hier) la création d’une commission d’enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique… ». Le problème est majeur Monsieur Facal. Ceci n’est pas un hoquet.

En fait, Monsieur Facal me rappelle la croisade qu’a menée le sénateur américain Joseph McCarthy dans les années cinquante. Le pauvre, il voyait des communistes partout et toute opposition au système capitaliste devait être sévèrement punie. McCarthy et Facal, inquisiteurs au service des Maîtres de la Cité, ont trouvé le clown maléfique de leur époque. Monsieur Facal compare Françoise David et Amir Khadir à Ding et Dong et souhaite leur disparition du paysage politique québécois. De son côté, le sénateur McCarthy a poussé Charlie Chaplin à s’exiler en Suisse suite à des accusations d’activités anti-américaines portées contre lui. La chasse aux sorcières qu’a menée McCarthy était motivée par ce qu’on appelait la « peur rouge », la peur des méchants communistes. Et celle que mène Monsieur Facal, est-elle associée à sa loyauté envers le Parti Québécois ou envers la chambre de commerce?

J’imagine que Monsieur Facal n’est pas très préoccuppé par la crise économique actuelle. Car, même s’il est l’un des grands défenseurs du libre-marché et de la croissance économique, il n’est pas le symbole de l’entrepreneur visionnaire. Après ses études collégiales et universitaires, M. Facal a travaillé pour le PQ, a siégé comme député et il est maintenant professeur aux HEC tout en vendant ses pamphlets à Maître Péladeau. Une belle carrière « publique » d’après ce que je peux constater. Il n’a probablement pas de soucis à se faire en songeant à sa belle retraite dorée qui sera payée entièrement par les fonds publics.

Je me demande bien qui est le clown.

Photo: bettywisse – Flickr

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Au revoir Mario, à bientôt…

Posted by lutopium sur 22 mars 2009

Lorsque j’ai lancé ce modeste blogue en décembre 2007, j’ai annoncé mes couleurs. Sans connaître la pertinence et la portée d’une telle aventure, je me suis donné comme « mission » de dénoncer certains propos des disciples de la droite politique et de dévoiler ce qui représentait pour moi l’hypocrisie de certains opportunistes ambitieux qui utilisent la scène politique pour en arriver à leurs propres ambitions personnelles.

Par la force des choses, Mario Dumont est devenu le personnage principal de mon blogue. Même si j’ai toujours reconnu sa détemination et une certaine forme de courage, il me semblait important de lancer un blogue à tendance « progressiste » afin de contribuer à l’équilibre des idées sur la blogosphère politique québécoise. Certains d’entre vous se rappeleront sans doute des dérapages qu’ont commis certains sites adéquistes lors des élections de mars 2007…

Lorsque Mario Dumont a annoncé son départ de la vie politique, je subissait les ravages de l’influenza et j’ai été forcé de mettre un frein à toutes mes activités. Je n’ai donc pas été en mesure de commenter la démission du chef de l’ADQ et d’y amener mon petit grain de sel. Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux. Je profite donc de l’occasion pour lever mon chapeau à M. Dumont en lui souhaitant le meilleur des succès lors de ces prochaines aventures.

Tout laisse croire que M. Dumont profitera des prochains mois afin de prendre un repos bien mérité et de préparer son déménagement vers la région de Montréal. Du moins, c’est ce qu’il laissait entendre lors de son récent passage à l’émission dominicale de Guy A. Lepage. Par la suite, il joindra les rangs de la famille Rémillard afin d’y animer une émission d’affaires publiques. La mission de TQS commence à prendre forme. Ça semble inspiré du modèle de la chaîne américaine FOX: des commentateurs politiques ayant un penchant pour les idées conservatrices et une programmation donnant une grande place à la violence et aux relations amoureuses douteuses. On s’en doutait, Remstar n’a pas acheté TQS pour contribuer à la vie artistique québécoise. Il sera intéressant de mesurer l’impact qu’auront Mario Dumont et André Arthur sur l’opinion publique, deux des plus grands ambassadeurs des idées de la droite politique et économique. Si ça continue comme ça, peut-être annoncera-t-on l’arrivée de Martin Masse dans l’équipe des moutons noirs?

À moins que l’exécutif national en décide autrement, c’est également cette semaine que sera lancée la course à la chefferie qui permettra à l’ADQ de couronner son prochain leader. Certains commencent à avoir le torticolis car les grosses pointures ne se bousculent pas à la porte d’entrée! D’après ce que je comprend, les candidats qui devraient annoncer leur intérêt sont Éric Caire, François Bonnardel, Richard Merlini et Sylvie Roy. D’autres noms circulent mais rien n’est encore confirmé.

Selon Michel Kelly-Gagnon, président de l’Institut Économique de Montréal, la prochaine élection provinciale serait propice au succès d’une formation politique de centre-droit. La tradition veut que les électeurs ne renouvellent pas le mandat des libéraux, ce qui permettrait à l’ADQ de séduire les québécois et de viser un succès semblable à celui connu en mars 2007. On devine déjà à quoi ressemblera la stratégie adéquiste: faire la promotion des baisses d’impôt, promettre la réduction de la taille de l’état et proposer la formule de « l’opting-out » pour certains services publics. Le vrai message: vous aurez plus d’argent dans vos poches, débarassons-nous des fonctionnaires et le privé fait mieux.

Le président de l’IEDM semble être déçu de la performance de Jean Charest et du gouvernement actuel. Il y aura peut-être une cassure historique entre les forces de l’économie et le Parti Libéral. Les militants de l’ADQ ont prouvé qu’ils sont d’excellents disciples au service des maîtres du marché. Les chambres de commerce, le Conseil du Patronat et les lobbies économiques appuieront peut-être une formation politique qui n’a aucun problème à défendre les intérêts du privé en croyant que c’est à leur avantage. C’est exactement la stratégie qu’a utilisée le Parti Républicain au cours des 30 dernières années. Tout est dans l’enracinement des associations locales. C’est un processus long et coûteux. L’ADQ ayant un urgent besoin de financement, l’adhésion des maîtres envers leur équipe pourrait être d’un grand secours.

Regardez bien ce qui se passe présentement. Ces disciples commencent à prendre beaucoup de place dans un poste de radio populiste à Québec, chez TQS et dans le Journal de Montréal. La famille Desmarais pourrait également délaisser le Parti Libéral pour appuyer une formation politique prête à s’associer à ses intérêts. Ils produiront l’émission de Mario Dumont, tout est possible…

Illustration: T. Birge – Flick

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Qui veut prendre le contrôle d’Hydro-Québec?

Posted by lutopium sur 7 février 2009

Encore une fois, les disciples de l’Institut Économique de Montréal (IEDM) nous vantent les bienfaits de la privatisation d’Hydro-Québec. Depuis une dizaine d’années, l’Institut propose aux citoyens québécois de se départir de leur société d’état et ce, pour diverses raisons: création de richesse, contribution au remboursement de la dette, augmentation de la productivité des employés, libéralisation du marché de l’énergie…

Après les nombreuses sorties de l’économiste Marcel Boyer (dont le salaire principal lui parvient d’une université publique), le flambeau semble avoir été relayé à Claude Garcia, ancien président de la compagnie d’assurance Standard Life et membre du conseil d’administration de la Caisse de Dépôt (organisme public). Le rôle de l’IEDM étant de « proposer des solutions originales et innovatrices afin de susciter l’élaboration de politiques publiques optimales en s’inspirant, notamment, de réformes appliquées avec succès ailleurs dans le monde », elle semble vouloir s’acharner à promouvoir la privatisation de nos services publics, particulièrement la vente des actifs d’Hydro-Québec (HQ), l’éducation post-secondaire, la santé et les services de transport en commun. Bénéficiant d’un budget annuel de 1,5 millions, l’IEDM est omniprésente dans les débats publics et bénéficie d’une couverture médiatique incomparable.

On pourrait se demander si M. Garcia s’emmerde depuis qu’il a quitté son poste à la Standard Life pour investir autant d’efforts dans la promotion de la privatisation d’HQ. Déjà, à l’été 2007, il signait un papier avec Marcel Boyer dans le quotidien Le Soleil où il suggérait que privatiser HQ permettrait « d’améliorer l’efficacité énergétique du Québec et la santé de nos finances publiques ». Et le voilà de retour en pleine campagne électorale et de nouveau cette semaine en exigeant, encore une fois, que la société d’état soit privatisée afin de pouvoir hausser les tarifs, forçant ainsi les québécois à « changer les équipements de chauffage de leurs maisons pour passer au gaz naturel, une méthode plus efficace. » Pincez-moi, je crois rêver…

Comme l’IEDM est présidée par Mme Hélène Desmarais, on aurait tendance à croire que cet acharnement à vouloir privatiser Hydro-Québec serait relié aux ambitions de son époux, le président de Power Corporation. Est-il nécessaire de rappeler que l’empire Desmarais est maintenant un joueur incontournable dans l’économie mondiale depuis qu’elle s’est assurée d’une participation importante dans Suez GDF, privatisée récemment par l’administration Sarkozy? La Suez Renewable Energy of North America (SRENA) est de plus en plus présente dans le marché énergétique des États-Unis et du Canada. Actuellement, la SRENA concentre ses activités dans la distribution énergétique dans 16 états américains tout en investissant sérieusement dans des projets éoliens au Canada et ici-même au Québec – grâce à la récente acquisition de Ventus Energy. Le groupe Suez GDF est également un joueur important dans la production et la distribution d’électricité en Amérique du Sud. Dans son plus récent rapport annuel, elle déclare:

« Nos investissements porteront essentiellement sur des capacités de production électrique, dans les énergies renouvelables et les énergies classiques, principalement en Europe, en Amérique Latine et en Amérique du Nord. Plus précisément, le Groupe a pour objectif de porter à 75 000 MW sa capacité de production électrique dans le monde d’ici à 2012. Suez entend notamment renforcer sa production d’énergie à partir de sources renouvelables (hydraulique, solaire, biomasse et éolien). Il vise également, en fonction de l’attente des autorités nationales concernées, à participer à la construction de centrales nucléaires de 3e génération en Europe et hors d’Europe, dans le but de détenir et d’exploiter ces capacités, qui devraient être mises en service à l’horizon 2015-2020. Le Groupe poursuivra également son développement dans le gaz et le gaz naturel liquéfié (GNL) en capitalisant sur ses positions fortes. »

La construction du port méthanier Rabaska, la proposition des conservateurs canadiens de privatiser Énergie Atomique Canada et la promotion de la vente d’Hydro-Québec convergent vers les aspirations de la riche famille québécoise. Lors du lancement de son récent livre sur l’Empire Desmarais, Robin Philpot suggèrait que le temps est propice au retour de Power Corporation dans l’économie industrielle canadienne. Même si le Parti Libéral ne semble pas chaud à l’idée de privatiser Hydro-Québec, il nous faudra demeurer extrêmement vigilants. D’ailleurs, comme le mentionnait le Canard Enchaîné en novembre dernier (repris dans la dernière édition de l’Aut’ Journal), « les emplettes réalisées à la Bourse depuis quelques semaines par deux milliardaires, le Belge Albert Frère et le Canadien Paul Desmarais. Ces deux copains de Sarko profitent librement de la crise pour acheter à bon prix des actions des grandes entreprises françaises et d’y renforcer leur participation ». Je crois qu’il y a anguille sous roche et que nos riches aristocrates ne baisseront pas les bras aussi facilement. Je ne serais pas surpris d’entendre Jean Charest relancer l’idée de la privatisation d’HQ lorsque la crise économique cessera d’être un frein aux investissements privés. C’est qu’il est capable d’être une girouette le Johnny!

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Propres, les québécois parleront d’économie

Posted by lutopium sur 3 novembre 2008

À l’exception de la pluie de démissions qui frappe les partis politiques québécois, il va sans dire que c’est l’économie et la possibilité qu’elle nous tombe sur la tête qui occupe les débats politiques depuis quelques jours… Depuis qu’il a lancé la rumeur d’une élection générale, notre premier ministre a installé un climat de peur au Québec. L’avenir est tellement peu reluisant qu’une dizaine de députés ont décidé de prendre leur retraite!

Alors, on parlera d’économie. Le Parti Libéral essaiera de nous convaincre qu’il est essentiel pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire pour traverser une crise économique. N’essayez pas de parler d’autre chose, il faudra causer d’économie. Vous êtes préoccupés par la détérioration de votre planète? Oubliez ça, on parle d’économie.

De toute façon, on vous dira que l’environnement au Québec se porte bien. On vous parlera de cette étude, préparée par le ministère de l’Environnement, quelques jours avant le déclenchement des élections. On nous apprend que « …le Québec affiche toujours le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au pays… » À quoi bon parler d’environnement si notre province est un chef de file dans le domaine? Parlons d’économie, voulez-vous?

Les trois partis politiques nous inviteront à parler de développement économique. Tiens, pourquoi ne parlerions-nous pas du développement pétrolier dans le fleuve Saint-Laurent? Ça vous intéresse? Vous en voulez de la richesse? Et si jamais les environnementalistes dénoncent le projet, les libéraux n’auront qu’à sortir le bâillon, c’est efficace. C’est comme ça qu’on a étouffé l’opposition au projet Rabaska et maintenant pour museler l’activiste Alain Dubois qui pourrait ternir la réputation de Loto-Québec… Parlons d’économie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean Charest a de la suite dans les idées. Mercredi, il devrait se rendre chez le lieutenant-gouverneur afin de demander la dissolution de l’Assemblée Nationale et confirmer le lancement de la campagne électorale. Le lendemain, il prononcera un discours devant la Chambre de Commerce du Montréal-Métropolitain. En temps de crise, un chef d’état demande aux chaînes de télévision de lui donner une quinzaine de minutes afin qu’il puisse s’adresser directement aux citoyens. Mais notre premier ministre préfère rencontrer les membres de la Chambre de Commerce. Ils parleront d’un plan pour protéger la sécurité économique du Québec. Moins d’une semaine plus tard, Claude Garcia leur parlera d’une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec : la privatisation d’Hydro-Québec. Ils ont de la suite dans les idées, non?

On s’en reparle mercredi. Ça sera probablement le dernier billet avant la campagne électorale et le début d’une absence de quelques semaines.  Combat oblige.

Illustration : Marc L’Espérance – Flickr

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Entêtement, trahison et ignorance

Posted by lutopium sur 24 octobre 2008

Notre premier ministre n’a pas digéré l’élection de François Gendron comme président de l’Assemblée Nationale.  Comme le mentionnait Marie Grégoire dans l’édition du quotidien Le Métro de ce matin, « … l’entêtement à vouloir tout contrôler ne reflète nullement l’esprit de cohabitation si souvent évoqué par le premier ministre. C’est sans compter que l’attitude de celui-ci n’était pas digne de sa fonction. Il est vrai que ce genre de décision ne change rien au quotidien des citoyens. Elle aura seulement permis d’illustrer qu’au-delà de l’image, Jean Charest ne digère toujours pas d’être minoritaire… »

Une journée plus tard, c’est au tour du chef de l’opposition à être décrit comme un personnage autoritaire.  Suite à sa décision de joindre le Parti Libéral, l’adéquiste Pierre-Michel Auger a justifié son geste en confiant que « … le style de leadership de Mario Dumont et de l’ADQ ne correspond pas à ce que je crois être bon pour les Québécois. J’estime que ma place n’est plus dans un caucus où le chef n’a pas d’écoute pour ses députés et dans un parti qui ne met pas ses députés à contribution. Pour moi, un parti politique n’est pas l’affaire de trois ou quatre personnes… ».  Je me demande si M. Auger a demandé l’accord des membres de l’association adéquiste de son comté avant de quitter le parti ou si c’était son affaire à lui tout seul?

Comme certains facteurs laissent croire que l’ADQ risque de disparaître au cours des prochains mois, que le Parti Québécois ne semble pas vouloir reprendre la position « gauche » de l’échiquier politique (tout en reléguant la souveraineté au second plan) et que le Parti Libéral ne trahira jamais ses partenaires des chambres de commerce et de l’Institut Économique de Montréal, comment les électeurs progressistes voteront-ils lors des prochaines élections provinciales?  Est-ce que Françoise David et Amir Khadir sauront convaincre les québécois que leur formation est prête à prendre au moins quelques sièges à l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter l’homogénéité qui s’y installe?

Le 14 octobre dernier, les québécois ont rejeté les idées du Parti Conservateur.  Ils semblent avoir apprécié l’approche progressiste de Gilles Duceppe.  Lors des prochaines élections provinciales, prendront-ils le temps de bien s’informer sur les enjeux et les solutions proposées avant de compléter leur bulletin de vote?  Assisterons-nous à une campagne électorale où l’allure des chefs prendra encore une fois des proportions démesurées?  Lors de son passage à l’émission de Larry King sur CNN hier soir, le documentariste Michael Moore espérait que les américains choisissent leur prochain président selon les idées qu’il propose et non sur ses origines ethniques :

« … Obama’s main opponent in this election on November 4th is not John McCain, it’s ignorance. It’s Obama versus ignorance.  And will ignorance and hatred and racism win or will whoever should be the next president, who the majority of the people want to be the president?  Is that what’s going to happen?

Instead of talking about the greatest robbery of all time on Wall Street by the top 5 percent of this country, we’re now – we’re still talking about the ignorance and stupidity of some people and how that’s going to guide their vote…  But if a certain number of millions of people are going to vote out of ignorance… I hope that they would educate themselves sometime in the next 11 days… »

Si le premier ministre Charest utilise son pouvoir et déclenche des élections cet automne, peut-on prétendre qu’il fait preuve d’un respect de la démocratie?

Illustration : Ben Heine – Flickr

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Non à la privatisation d’Hydro-Québec!

Posted by lutopium sur 20 octobre 2008

« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe. » – Edward Bernays, Propaganda (1928)

Ça commence à sentir le rituel… Voilà que l’Institut Économique de Montréal (IEDM) relance encore une fois le débat autour de la privatisation d’Hydro-Québec en présentant une autre conférence avec Claude Garcia le 12 novembre prochain. Les convives du monde des affaires de Montréal pourront y entendre une allocution de l’ancien président de Standard Life et ancien sous-ministre adjoint au ministère des Affaires sociales du Québec s’intitulant tout simplement « La privatisation d’Hydro-Québec: une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec ».

« Après avoir analysé le rendement d’Hydro-Québec sous divers angles, M. Garcia expliquera pourquoi il est temps de songer sérieusement à la privatisation de cette société d’État. Il présentera un processus détaillé pour y arriver et montrera comment une privatisation bien ficelée, associée à la distribution d’un bloc important d’actions aux citoyens québécois, à la vente sur les marchés d’un autre bloc et à un système de redevances gouvernementales, permettra d’enrichir les Québécois de manière substantielle, même si une hausse des tarifs d’électricité est à prévoir. »

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi M. Garcia et l’IEDM s’entêtent à promouvoir cette idée avec autant de passion… Y’a-t’il un lien entre les propos de M. Garcia et ses affinités avec le Parti Libéral du Québec (selon un article du Journal de Montréal, il aurait versé $12,895.00 au PLQ entre 1980 et 2005)? Monsieur Garcia désire-t-il « écraser » les contribuables québécois avec la même vigueur qu’il démontra en 1995 envers le projet d’indépendance du Québec?

Quels sont les joueurs industriels qui seraient intéressés par la privatisation d’Hydro-Québec et mettre la main sur des actifs de 65 milliards, un chiffre d’affaires de 12 milliards et des profits annuels de près de 3 milliards? Serait-ce Suez Energy North America dans laquelle la famille Desmarais a d’importants intérêts? Serait-ce SNC-Lavallin qui pourrait mettre en pratique son expertise ici-même au Québec? Insatisfaits du projet Rabaska, les américains aimeraient-ils s’approprier une source d’énergie rentable?

En savoir plus…

Les arguments de Claude Garcia, tels que publiés par La Presse le 2 juin 2007.

Hydro-Québec: les kilowatts et leurs profits – Revue À Bâbord!

Marcel Boyer, l’IEDM, Gesca et la privatisation d’Hydro-Québec: lutopium le 9 août 2008

Illustration: mookboy – Flickr

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Marcel Boyer, l’IEDM, Gesca et la privatisation d’Hydro-Québec

Posted by lutopium sur 9 août 2008

On se demande encore une fois quelles sont les vraies raisons qui motivent ce professeur de l’Université de Montréal à préparer le terrain pour la privatisation d’Hydro-Québec.  Dans son plus récent billet financé par l’Institut Économique de Montréal et gentiment publié par La Presse le 6 août dernier, le docteur Marcel Boyer déplore la timidité de la demande de hausse de tarifs qu’Hydro-Québec s’apprête à déposer devant la Régie de l’Énergie.

Prenant la défense des consommateurs et des citoyens québécois (…), M. Boyer est sans équivoque : « …le maintien du prix de l’électricité à un prix inférieur à cette valeur appauvrit le Québec en favorisant une mauvaise affectation des ressources et des investissements, trompant les citoyens, freinant l’innovation… ».  Je me demande bien comment une (autre) hausse de ma facture d’électricité contribue à mon enrichissement et à l’assouplissement de mon « fardeau fiscal »!  D’un côté on exige la réduction des impôts alors que de l’autre on fait la promotion de l’approche utilisateur-payeur…  On voit le jeu!

Peut-on faire un lien entre ces nouvelles propositions et le papier que notre professeur a publié dans le quotidien Le Soleil le 29 août 2007 où il suggèrait – accompagné par l’ex-président de la Standard Life, M. Claude Garcia – de privatiser Hydro-Québec afin d’ « améliorer l’efficacité énergétique du Québec et la santé de nos finances publiques »?

Suis-je le seul à imaginer que certains espèrent une augmentation des tarifs d’électricité avant sa privatisation afin que l’opinion publique n’associe pas cette même augmentation à une conséquence de sa privatisation?  L’aristocratie désire donc que les tarifs québécois rejoignent la moyenne nord-américaine afin d’assurer la profitabilité de cette nouvelle entreprise privée?  Au profit de qui au juste?

Est-il nécessaire de rappeler encore une fois que M. Boyer travaille sous la direction de Mme Hélène Desmarais, fille belle-fille de Paul, grand manitou de Power Corporation?  Que les deux journaux qui publient ses papiers sont la propriété de Gesca, filiale à 100% de Power Corporation?  Doit-on inclure dans la synergie de cette propagande que Power Corporation est un actionnaire important de Suez Energy North America qui se positionne comme un « fournisseur agréé de distribution d’électricité et de services connexes pour les clients commerciaux et industriels des Etats-Unis »?

Y’a pas que Laliberté et ses nouveaux partenaires de Dubai qui sont habiles dans l’art du cirque, trouvez-pas?

Photo : zeNMT – Flickr

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L’escargot et le lys

Posted by lutopium sur 4 août 2008

« …L’alimentation des escargots varie selon l’espèce. Certains sont nécrophages, d’autres prédateurs, parfois cannibales. Celui-ci (pris sur le vif chez des amis en fin de semaine dernière) s’attaque aux plantes cultivées des jardins et est donc généralement considéré comme un organisme nuisible… » – Wikipédia

Il me rappelle l’homme d’affaires.  Ambitieux, matérialiste, attiré par le statut social.  Nécrophage, prédateur, parfois cannibale.  Il n’hésite pas à faire disparaître des milliers d’emplois simplement pour faire plaisir aux analystes financiers, aux investisseurs et aux professeurs de l’Institut.

Et il s’attaque lentement à cette magnifique fleur de lys.  Mon beau pays.  Il prend tout ce qu’il désire et le vend aux quatre coins de la planète.  Il pollue.  Il détruit.  Il est un organisme nuisible lorsqu’il s’attaque aux jardins du monde.  Il me traite comme une fleur, l’hypocrite.

Et ça ne paie pas d’impôt…

Photo : lutopium – Flickr

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Julie Couillard et l’ambition dévoilée d’un ministre incompétent

Posted by lutopium sur 27 mai 2008

Bienvenue sur le blogue lutopium.  J’y présente ici des informations et des opinions sur l’actualité politique québécoise et canadienne.  Régulièrement, je tente de dévoiler les ambitions démesurées de certains politiciens, j’essaie d’expliquer les liens qui se tissent entre le monde politique et certains projets économiques et j’invite les citoyens à s’impliquer dans la sphère politique afin d’influencer certaines décisions qui impactent notre quotidien.

L’intérêt pour la monarchie, les vedettes du monde artistique et les gens qui accèdent à la popularité ne date pas d’hier.  Je ne saisis pas toujours les raisons qui justifient la passion que certaines gens peuvent avoir pour les stupidités d’une Paris Hilton, les projets d’une Britney Spears ou la vie privée d’un Michael Jackson.  Chose certaine, l’industrie du potin est en grande santé et semble vouloir perdurer.

Revenons à Madame Couillard.  Peu importe les raisons qui l’ont rapproché de l’ex-ministre Maxime Bernier, son apparition dans l’actualité de la politique canadienne nous permet encore une fois de constater que l’ambition et la soif de popularité n’ont pas leur place au sein de l’appareil politique.  Comme nous l’a démontré Sylvie Tremblay lors de son passage à Tout Le Monde En Parle et plusieurs autres députés avant elle, lorsque quelqu’un décide de se présenter en politique pour élargir son réseau de contacts ou accéder à la vie des riches et des célèbres, il est presque certain que les vraies ambitions seront dévoilées un jour ou l’autre.  Les véritables raisons qui vous ont amenées à vous lancer en politique risquent d’être dévoilées au grand jour car les journalistes veillent au grain.  Ils sont nos chiens de garde, ils doivent surveiller le bon fonctionnement de la démocratie.  Ce n’est pas toujours évident pour eux mais ils ont maintes fois prouvé qu’une information anodine peut faire tomber un gouvernement.  Rappelons-nous le scandale des commandites…

À mon avis, non seulement Maxime Bernier devait-il démissionner de son poste de ministre, mais il doit également laisser son siège de député.  Comment peut-il redonner confiance aux électeurs du comté de Beauce et à tous les militants qui essaient de rebâtir le Parti Conservateur au Québec?  Les membres des partis politiques et les citoyens doivent être très prudents lorsqu’un membre influent de leur communauté se présente à une investiture ou aux élections…  Ne vous fiez pas aux apparences et aux curriculum vitae des candidats!  Se vanter d’avoir été vice-président de l’Institut Économique de Montréal, président de la Standard Life ou conseiller de Bernard Landry ne prouve rien.  Il faut démasquer les ambitions des politiciens.  C’est essentiel pour la démocratie.

Ne vous inquiétez pas, Julie Couillard s’en sortira assez bien…  Heureux de votre passage chez moi, revenez faire un tour de temps en temps!

Illustration : Coghill – Flickr

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Réflexions sur les récents sondages politiques

Posted by lutopium sur 2 mai 2008

Deux sondages nous apprennent que Jean Charest et le Parti Libéral du Québec ont réussi à regagner la confiance des québécois et qu’ils auraient de bonnes chances de former un gouvernement majoritaire si des élections étaient lancées dans les conditions actuelles.  En effet, si on fait la moyenne des résultats obtenus par le sondage CROP et celui de Léger Marketing, nous réalisons que le PLQ récolterait 37,5% des votes, soit 6,5 points de plus que le Parti Québécois et 20 points au-dessus des résultats de l’ADQ.

Est-il nécessaire de se rappeler que nous vivons actuellement dans un paysage politique unique dans l’histoire du Québec et du Canada?  Pour la première fois de son histoire, le Québec est sous la gouverne d’un gouvernement minoritaire à l’assemblée nationale et d’un autre au parlement canadien.  De plus, deux nouveaux partis politiques démontrent un intérêt sérieux pour attirer la sympathie de l’électorat.  Les gens qui ont été interpellés par ces sondages confirment également que les québécois apprécient la stabilité et le relatif calme politique associés à un partage du pouvoir entre trois partis politiques.

Peu importe si on apprécie sa personnalité, il faut tout de même avouer que M. Charest est un fin politicien.  Notre premier ministre est conscient qu’il est primordial pour sa formation politique d’investir tous ses efforts pour calmer les troupes et s’assurer qu’il n’y ait aucun dérapage.  La façon dont ils ont géré le renvoi de l’ex-délégué du Québec à New-York confirme que l’entourage immédiat de M. Charest est prêt à tout faire afin de protéger l’image de leur chef et du parti.

De son côté, Pauline Marois ne semble pas en mesure de redonner ce nouveau souffle au Parti Québécois.  Même si elle semble plaire aux citoyens alors qu’André Boisclair ne faisait pas l’unanimité, Mme Marois ne parvient pas à replacer le PQ en tête de peloton.  Mais je suis persuadé que ses conseillers ont encore de bonnes cartes sous les manches et qu’elle aura d’autres occasions de marquer des points.  Évidemment, c’est un parti divisé comme jamais :  un peu à droite, un peu à gauche, confortable au centre.  Promotion de la souveraineté, mise au rancart de la stratégie référendaire, renouvellement de la loi 101… Cependant, si elle décode les messages qui sont transmis par la population, elle devrait en conclure que les gens préfèrent actuellement un paisible statu quo et qu’ils ne veulent pas replonger dans les querelles entre Québec et Ottawa.

Pauvre Mario Dumont.  Même s’il est habitué à une carrière politique qui s’apparente à une randonnée sur des montagnes russes, il doit être découragé.  Lui qui rêve de devenir premier ministre, il est pris au piège en devant composer avec le rôle de l’opposition officielle tout en réalisant qu’il est entouré d’une gang d’amateurs.  La prochaine campagne électorale sera pénible: comment s’y prendra-t-il pour conserver les acquis et demander à plusieurs députés de laisser leur siège pour faire place à des candidats vedettes?  Ça sera la guerre de tranchée.  Ma prédiction pour l’ADQ: retour à 2003.

Les québécois ne semblent pas être prêts pour encourager l’arrivée d’un parti de gauche à l’assemblée nationale.  La classe moyenne et les gens défavorisés ne s’identifient pas à Québec solidaire.  Alors qu’en Europe ces partis ont leur place sur l’échiquier politique,  Qs est incapable de grimper dans les sondages.  Françoise David et Amir Khadir auront besoin d’appuis extraordinaires lors de la prochaine campagne électorale.  Est-ce que les intellectuels et les syndicats sortiront de leur mutisme?  Si on en croit la récente annonce de Victor Lévy-Beaulieu, la primauté de la question nationale vient brouiller l’importance pour le Québec de se doter d’un parti qui se veut le représentant des travailleurs.  La gauche est prise en otage par le PQ.  C’est malsain, très malsain.

Pour ce qui est du Parti Vert, c’est tout un phénomène.  Populaire par sa couleur et son identification naturelle à LA préoccupation de l’heure, le PVQ vient brouiller les cartes.  Dommage que ses dirigeants refusent une alliance avec Qs.  Nous aurons l’occasion de voir si Scott MacKay sera en mesure de confimer la sympathie des électeurs en décrochant la circonscription de Bourget aux partielles du 18 mai prochain.  Je suis personnellement déçu que Qs et les Verts n’aient pas trouvé un terrain d’entente pour leurs stratégies associées à ce comté et à celui de Hull.  On peut toujours espérer un rapprochement pour les prochaines élections générales.

Si le climat politique continue sur cette voie, il est fort à parier que nous retournerons vers un gouvernement libéral majoritaire. Ça coincidera avec l’arrivée de nouveaux concepts de partenariats avec le privé: Rockland MD aura la voie libre pour prendre de l’expansion et on proposera – avec la complicité de l’Institut Économique de Montréal – la privatisation des infrastructures (routes, aqueduc, électricité, édifices gouvernementaux, etc.).  C’est Papa Desmarais qui va être content car ses efforts pour convaincre M. Charest de prendre le leadership du PLQ lui rendront les dividendes espérées.  Je serais prêt à gager que la compagnie Suez devienne plus active sur le marché québécois.  Les installations de traitement des eaux usées de Halifax Bay ne sont que le début de ses activités canadiennes…

Photo: lsyt – Flickr

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