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Archive for the ‘Environnement’ Category

Ishmaël avait-il raison?

Posted by lutopium sur 28 mars 2009

Lorsqu’on considère qu’il y a une probabilité que la race humaine traversera prochainement des moments difficiles qui remettront en question sa survie même, bien des évènements nous paraissent insignifiants. Le prochain chef de l’ADQ, l’avenir d’une équipe de hockey et l’incompétence du boss de la Caisse de dépôt font jaser les paroissiens que nous sommes… Rien à dire aujourd’hui à l’exception de deux recommandations. Un livre et un billet qui provient du site québécois « Économie autrement ».

« Professeur cherche élève souhaitant vraiment sauver le monde. » Un homme d’une trentaine d’années, cherchant un sens à sa vie, répond à cette petite annonce et découvre que le professeur est un gorille nommé Ishmael…

S’engage alors entre eux un dialogue socratique surprenant, drôle et profond, sur de grandes questions tout à la fois philosophiques, historiques et morales : comment le monde en est-il arrivé là au fil des siècles ? Peut-on encore sauver la Terre et Mère Nature en dépit des dommages qui leur ont été infligés ? Ishmael met en cause notre modèle de civilisation et notre notion du progrès. Il raconte comment l’histoire des hommes aurait pu être celle de toute la communauté du monde vivant. Alors surgit une question : le gorille une fois disparu, y aura t-il un espoir pour l’homme?

Philosophe de l’écologie et futurologue, Daniel Quinn a obtenu pour Ishmael le prix Ted Turner en 1990. Ishmael fait désormais référence dans les universités américaines et a été traduit en huit langues.

Source: AnimaliaIllustration: delariman designs – Flickr

Capitalisme et instinct de mort

Pourquoi sommes-nous sortis de cet état de symbiose avec la nature ? Mystère du néolithique, de la sédentarisation, de l’agriculture et de l’élevage, de la constitution des surplus. Le capitalisme est-il un stade nouveau, spécifique de l’évolution de l’humanité ? Oui, il n’y a pas là de mystère. Il se définit comme le moment où l’invention et la technique sont détournées, canalisées et systématiquement appliquées à l’accumulation des biens. Certes, le grand commerce est né chez les Anciens, lesquels connaissaient les techniques de la comptabilité, de la banque, du crédit et de l’assurance, mais il relevait largement de la prédation et de la conquête. Nul besoin de relire Marx pour savoir qu’avec le capitalisme se développe le travail libre, l’échange marchand, la classe des capitalistes et l’État moderne garant de la liberté des contrats. La révolution industrielle anglaise, en particulier, représente un saut quantitatif et qualitatif dans la production. Le capitalisme est jeune, à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Il est possible qu’il ne fasse pas de vieux os. L’explosion de la productivité du travail le caractérise, avec l’utilisation intensive et extensive de plusieurs sources d’énergie, dont la dernière – le pétrole – a joué un rôle essentiel dans l’émergence du monde moderne. L’explosion démographique est à la mesure de l’utilisation effrénée d’une énergie fossile.

À lire: Capitalisme et pulsion de mort, par Gilles Dostaler. – Illustration: Ben Heine – Flickr

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Le temps d’y penser

Posted by lutopium sur 4 février 2009

Chaque période de l’année a son thème, c’est maintenant un rituel. Aujourd’hui, nous sommes au beau milieu de la semaine de la prévention du suicide. Cette fois, on nous demande si nous y avons déjà pensé…

Le suicide – du latin suicidium, du verbe sui caedere (se massacrer soi-même), est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie.

Et si nous serions entrés dans un mouvement de suicide collectif? N’avez-vous pas l’impression parfois que nous fonçons tête baissée vers la disparition de la race humaine? Ça fait près de 50 ans que les experts du Club de Rome nous ont mis en garde devant nos habitudes de consommation qui polluent nos corps et ceux des espèces qui partagent notre planète. Qu’attendons-nous? Y avons-nous pensé?

« Comment se peut-il que le plus puissant des instincts, celui de la survie, ait apparemment cessé de nous motiver? L’une des explications les plus évidentes tient à ce que les dirigeants entreprennent de nombreuses démarches leur permettant d’avoir l’air de prendre des mesures en vue d’éviter la catastrophe: des conférences interminables, des résolutions, des débats sur le désarmement, tout cela donne l’impression que les problèmes sont identifiés et que l’on fait quelque chose pour les résoudre. Et pourtant, il ne se passe rien d’important; mais les dirigeants comme les dirigés anesthésient leur conscience et leur désir de survie en donnant l’apparence qu’ils connaissent la route et qu’ils se dirigent dans la bonne direction. » – Erich Fromm, Avoir ou être, 1976.

Des politiciens qui foncent inconsciemment vers un suicide professionnel car ils n’ont pas voulu payer leurs impôts, court-circuitant ainsi les efforts d’un président américain qui semble vouloir remplacer l’appértit destructeur de son prédécesseur et redonner un peu d’espoir à son peuple. Des hommes d’affaires égoistes, qui préfèrent s’enrichir démesurément au lieu de partager un peu de leur richesse et éviter la faillite de leur entreprise. Des consommateurs hédonistes, attirés par le plaisir et l’évasion, qui n’hésitent pas à brûler des tonnes de mazout pour se rendre sur les plages antillaises afin d’accéder aux plaisirs autrefois réservés à leurs maîtres.

Des mesures extraordinaires seront prises prochainement pour prendre soin d’une récession mondiale. Nous devrions peut-être nous préoccuper de la dépression de l’humanité, avant qu’il ne soit trop tard… Y avez-vous pensé?

Illustration: Just Johnny – Flickr

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Un budget pour les amis

Posted by lutopium sur 28 janvier 2009

Sachant fort bien qu’ils ne peuvent pas se faire élire en présentant clairement leur idéologie réformiste, les conservateurs se comportent comme les libéraux afin de garder le pouvoir. Un budget à l’antipode de leurs convictions mais à la hauteur de leurs ambitions. Car c’est bien là où se situent les vrais enjeux: conserver le pouvoir afin de plaire aux copains de l’industrie pétrolière et à ceux du monde financier. Deux réactions:

« Ce budget est une aberration. C’est pire que le scénario catastrophe que nous avions imaginé. Ce gouvernement est incapable d’être proactif et d’adopter une vision moderne… Ce budget ne comprend rien de substantiel pour relancer l’économie canadienne tout en faisant face aux crises climatique et énergétique. Les infrastructures vertes, les transports collectifs, les rénovations éco-énergétiques et les énergies renouvelables n’ont récolté ni plus ni moins qu’une poignée de petit change… » – Steven Guilbeault, Équiterre.

« Les médias ont fait grand cas du déficit de 85 milliards sur cinq ans du budget Flaherty, mais ils ont complètement passé sous silence le montant faramineux de 200 milliards $ (12 pour cent du PIB) prévu dans ce que le gouvernement appelle un « Cadre de financement exceptionnel » pour venir en aide aux institutions financières canadiennes. En soi, ce transfert monétaire auprès des banques est la principale cause du déficit budgétaire et de l’endettement du gouvernement fédéral…. » Michel Chossudovsky, Centre de recherche sur la mondialisation.

Les vrais conservateurs, particulièrement les réformistes de l’ouest canadien doivent se tordre de douleur en examinant les propositions du budget. Je suis certain que les troupes de Stephen Harper viennent de perdre de nombreux appuis au sein de la communauté conservatrice canadienne. Comment les militants pourront-ils expliquer que leur parti n’hésite pas une seconde à investir des milliards de dollars dans le sauvetage des banques canadiennes (y’a-t-il détresse quelque part?) alors qu’on vante les mérites du libre-marché et d’une intervention minimale de l’état? Et c’est moi qu’on traite d’étatiste!

Comme le souligne le conservateur Gerry Nicholls sur son blogue: « Well now it’s official. The Conservative Party is conservative in name only. Makes me yearn for the days when we had relatively fiscally conservative leaders, like Jean Chretien. »

Les grands gagnants? Les banques et les pétrolières. N’avez-vous pas l’impression de vous faire fourrer royalement?

Photo: A guy with a camera – Flickr

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Entre le bleu et le rouge

Posted by lutopium sur 7 janvier 2009

Pourquoi pas? Une deuxième année dans la blogosphère… Après une centaine de billets publiés depuis le 8 décembre 2007, j’ai finalement pris la décision de continuer cette aventure…. poursuivre ce partage d’idées, d’opinions, de pensées plus ou moins pertinentes…

Ce que j’aime par dessus tout, c’est d’apprendre qu’un visiteur tombe sur ce blogue à l’improviste et qu’il y découvre de nouveaux arguments… À la manière de Neo, hésiter entre le comprimé bleu et le rouge, refuser la propagande et le statu quo… Questionner le discours politique, refuser la publicité abrutissante, court-circuiter la séance de brainwash collectif…

Plus que jamais, je crois que le temps est venu pour les citoyens de reprendre le contrôle de la situation… Il faut trouver une façon de se réapproprier une partie du pouvoir. Les politiciens professionnels et les commerçants – petits et grands, doivent maintenant nous rendre des comptes. Si l’objectif ultime de la race humaine est d’assurer une vie décente pour tous, il faudrait faire quelque chose, débuter quelque part…

Au cours des prochaines semaines, j’essaierai d’amener un second souffle à ce blogue en suggérant des articles trouvés ici et là sur la toile. Des informations qui permettent de faire un peu de lumière sur ce qui se passe autour de nous. Les fraudes, les ambitions démesurées, la soif d’argent et de luxe, le confort et l’indifférence, le culte du chef qui nous oblige à demeurer moutons… Il me semble également important de ramener les questions environnementales au premier plan car, 40 ans après le Club de Rome, il n’est pas certain que la race humaine trouvera les moyens pour assurer sa survie. Après tout, ne sommes-nous pas – comme le suggèrait Pink Floyd, comfortablement engourdis devant tout ce qui se passe réellement autour de nous?

Finalement, j’aimerais profiter de l’occasion pour vous souhaiter une très belle année 2009. J’espère sincèrement que les prochains jours vous amèneront le simple bonheur, les petites joies quotidiennes et le moins de tourments possibles. J’apprécie votre passage chez moi et je reprendrai le temps de réagir à vos commentaires. Je prendrai également quelques heures par semaine pour aller visiter mes blogues préférés et réétablir ce dialogue qui permet d’unir nos idées et quelques pistes de solutions. Ma liste est à jour, je vous invite à visiter ces perles de la blogosphère québécoise.

Illustration: maddlatinfilmz – Flickr

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Les gestes nécessaires

Posted by lutopium sur 18 décembre 2008

Me voilà de retour dans la blogosphère… Comme certains d’entre vous peuvent en douter, la campagne électorale a été épuisante. Quelques jours de répit replacent les idées…

L’arrivée d’Amir Khadir à l’Assemblée nationale est porteuse de changements. Moins spectaculaire que l’élection de Barack Obama, le choix des électeurs de la circonscription de Mercier n’en est pas moins d’une réelle pertinence lorsqu’on considère toutes les décisions que la race humaine aura à prendre au cours des cinquante prochaines années.

Ces décisions doivent être prises maintenant, en ce début de crise économique mondiale. Un consensus international suggère que les états soutiennent le système en injectant de l’argent dans les structures financières et dans la construction d’infrastructures. Un passage important du discours d’Amir Khadir hier: « On a une opportunité en or de profiter de la crise pour changer notre économie, pour la rendre au service des gens et dans le respect de la nature. »

Si on se fie aux résultats des dernières élections provinciale et fédérale, on peut conclure que les québécois rejettent les idées rétrogrades de la droite. Et qu’on soit en faveur de l’indépendance du Québec ou d’un fédéralisme renouvelé, nous devrons au moins nous entendre sur les mesures à prendre afin de sauver notre planète. Quarante ans après le Club de Rome, les êtres humains ne peuvent plus ignorer la possibilité d’une catastrophe. Le temps des grands changements est arrivé.

Le Québec doit donner l’exemple d’une solidarité qui dépasse la partisanerie politique ou les choix philosophiques. J’espère que la présence de Québec solidaire à l’Assemblée nationale contribuera à allumer ce réel désir de changement.

Les québécois se sont donnés une pause électorale de quatre ans. Plus que jamais, nous devrons être vigilents. Il est du devoir de nos élus d’assurer la survie du Québec et de contribuer à protéger notre planète. Et de freiner les ambitions démesurées d’une économie qui a récemment connu une incroyable tendance à la tricherie et à l’irrespect des citoyens.

Il est à souhaiter que la présence d’Amir Khadir sur l’échiquier politique aura un rôle à jouer dans le ralentissement des ambitions du Parti Libéral et des lobbies économiques ainsi qu’au retour du Parti Québécois dans l’axe de la social-démocratie. Pour le bien-être des petits-enfants de nos enfants.

Je vous souhaite la paix. Québec, je t’aime.

Photo: Mario Groleau – Flickr

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Quand les hommes vivront d’amour…

Posted by lutopium sur 29 novembre 2008

« Certains politiciens attirent l’attention sur l’Économie et affirment que le temps est mal choisi. Je crois qu’ils ont tout compris de travers. On ne peut pas se permettre d’attendre plus longtemps. Le réchauffement climatique est un problème qui ne fera qu’empirer. Plus on retarde, plus les solutions seront coûteuses. » James Blunt, auteur-compositeur britannique.

« Aujourd’hui, la question n’est plus d’encourager l’industrie ou l’agriculture, ou bien de faire des grands travaux, mais de créer de l’emploi en rendant la planète plus vivable, plus durable. La crise que nous traversons est en fait une chance formidable de changer de paradigme – et d’allouer beaucoup plus de ressources à l’environnement. 1929 avait donné naissance à l’État-providence moderne; 2008 doit déboucher sur l’État écolo moderne. » Philippe Thureau-Dangin, éditorialiste au Courrier International.

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Solidaires pour l’environnement!

Posted by lutopium sur 25 novembre 2008

Montréal, le 24 novembre – Selon une dizaine de groupes écologistes dont Greenpeace et Équiterre, Québec solidaire obtient la meilleure note pour ses engagements en matière d’environnement, ex aequo avec le Parti vert, suivi de loin par le Parti québécois, l’Action démocratique du Québec et le Parti libéral.

Que ce soit en matière de gestion des forêts, d’agriculture ou d’alimentation, les groupes écologistes ont souligné l’avant-gardisme des engagements de Québec solidaire.

« Les Libéraux touchent véritablement le fond du baril avec une note de 5 sur 25. Même l’ADQ fait mieux… « L’économie d’abord, oui », mais au détriment de la planète, en somme. Voter Québec solidaire, c’est faire le choix du seul parti qui propose une économie véritablement au service des gens et de l’environnement. Le 8 décembre, il faut envoyer des solidaires à l’Assemblée nationale pour mettre fin aux vieux modèles économiques qui nous ont mené au bord du gouffre », a indiqué la porte-parole de Québec solidaire Françoise David.

De plus, M. Gaétan Daniel Breton, fondateur du Parti Vert du Québec, a confirmé dimanche dernier son appui inconditionnel à Françoise David et Amir Khadir.  Un nombre impressionnant d’appuis de la part des intervenants en environnement pointent vers l’approche globale et innovatrice de Québec solidaire.  Plus que jamais, Québec solidaire est la formation politique des citoyens et citoyennes préoccupés par l’environnement!

Voir : Questionnaire aux partis 
L’environnement de retour dans la campagne électorale et Développer une économie écologiste et solidaire

Illustration: David Gunter – Flickr

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Solidaires, toujours solidaires…

Posted by lutopium sur 22 novembre 2008

« Par ailleurs, de façon à contourner les effets négatifs du mode de scrutin actuel sur les partis en émergence, Québec solidaire, en accord avec le comité de coordination de la circonscription, ne présentera pas de candidat dans Notre-Dame-de-Grâce, circonscription où les Verts avaient obtenu leur meilleur résultat aux dernières élections », a conclu la présidente de Québec solidaire Alexa Conradi.

Montréal, le 22 novembre – Pour la deuxième élection de suite, Québec solidaire présentera des candidats dans une vaste majorité de circonscriptions. Encore une fois, Québec solidaire est le parti qui présentera le plus de femmes le 8 décembre, soit 65 sur 122.

« Avec 53 % de candidatures féminines, Québec solidaire fait encore une fois la preuve que la parité, c’est possible. Si un parti aussi jeune que le nôtre atteint la parité, comment se fait-il que nos adversaires n’y arrivent pas ?

« À Québec solidaire, nos pratiques sont conséquentes avec nos engagements : équité salariale, reconnaissance du travail des proches aidantes, lutte à la violence faites aux femmes, hausse du salaire minimum, augmenter l’accès aux maisons de naissance, etc. Les femmes peuvent avoir confiance en Québec solidaire pour défendre leurs droits chèrement acquis », affirmé le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir.

À lire: Pierre Foglia – « Bonjour, je suis Françoise David de Québec solidaire » et radiCarl.net – « Solidairement, pour une réforme des forces souverainistes au Québec ».

Illustration: Thomas Hawk – Flickr

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Propres, les québécois parleront d’économie

Posted by lutopium sur 3 novembre 2008

À l’exception de la pluie de démissions qui frappe les partis politiques québécois, il va sans dire que c’est l’économie et la possibilité qu’elle nous tombe sur la tête qui occupe les débats politiques depuis quelques jours… Depuis qu’il a lancé la rumeur d’une élection générale, notre premier ministre a installé un climat de peur au Québec. L’avenir est tellement peu reluisant qu’une dizaine de députés ont décidé de prendre leur retraite!

Alors, on parlera d’économie. Le Parti Libéral essaiera de nous convaincre qu’il est essentiel pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire pour traverser une crise économique. N’essayez pas de parler d’autre chose, il faudra causer d’économie. Vous êtes préoccupés par la détérioration de votre planète? Oubliez ça, on parle d’économie.

De toute façon, on vous dira que l’environnement au Québec se porte bien. On vous parlera de cette étude, préparée par le ministère de l’Environnement, quelques jours avant le déclenchement des élections. On nous apprend que « …le Québec affiche toujours le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au pays… » À quoi bon parler d’environnement si notre province est un chef de file dans le domaine? Parlons d’économie, voulez-vous?

Les trois partis politiques nous inviteront à parler de développement économique. Tiens, pourquoi ne parlerions-nous pas du développement pétrolier dans le fleuve Saint-Laurent? Ça vous intéresse? Vous en voulez de la richesse? Et si jamais les environnementalistes dénoncent le projet, les libéraux n’auront qu’à sortir le bâillon, c’est efficace. C’est comme ça qu’on a étouffé l’opposition au projet Rabaska et maintenant pour museler l’activiste Alain Dubois qui pourrait ternir la réputation de Loto-Québec… Parlons d’économie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean Charest a de la suite dans les idées. Mercredi, il devrait se rendre chez le lieutenant-gouverneur afin de demander la dissolution de l’Assemblée Nationale et confirmer le lancement de la campagne électorale. Le lendemain, il prononcera un discours devant la Chambre de Commerce du Montréal-Métropolitain. En temps de crise, un chef d’état demande aux chaînes de télévision de lui donner une quinzaine de minutes afin qu’il puisse s’adresser directement aux citoyens. Mais notre premier ministre préfère rencontrer les membres de la Chambre de Commerce. Ils parleront d’un plan pour protéger la sécurité économique du Québec. Moins d’une semaine plus tard, Claude Garcia leur parlera d’une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec : la privatisation d’Hydro-Québec. Ils ont de la suite dans les idées, non?

On s’en reparle mercredi. Ça sera probablement le dernier billet avant la campagne électorale et le début d’une absence de quelques semaines.  Combat oblige.

Illustration : Marc L’Espérance – Flickr

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Débat des chefs: le droit de polluer

Posted by lutopium sur 2 octobre 2008

Je comprend que l’objectif principal d’un débat des chefs est de marquer des points et de séduire l’électorat afin de récolter le plus grand nombre de votes lors de l’élection. C’est également la plateforme idéale pour rejoindre un grand nombre de citoyens et leur présenter sa compréhension des problèmes et les solutions qu’on croit être les meilleures. On évite les dérapages et on tente de rallier toutes les allégeances, on fait des compromis. Le danger c’est qu’on peut facilement tomber dans l’opportunisme.

Lors de ce débat, le mot d’ordre était clair: il faut coincer le Premier Ministre et permettre aux électeurs de mieux comprendre les vraies ambitions du Parti Conservateur. Pauvre Stephen Harper… il a effectivement mangé toute une raclée! Malgré son calme et sa voix mielleuse, il était évident qu’il se sentait inconfortable parmi ses détracteurs. Si cette discussion avait eu lieu lors d’un souper, il aurait quitté la table avant le dessert…

Personnellement, je suis extrêmement déçu des arguments présentés par l’opposition. Même si tous les participants s’entendent pour dire que la lutte aux gaz à effet de serre est le grand défi de notre siècle, aucune mesure drastique n’a été proposée pour réduire le rejet des polluants dans l’atmosphère. Au nom de la sacro-sainte croissance économique, l’un parle d’une taxe pour pénaliser ceux qui encouragent les industries polluantes alors que l’autre propose d’échanger des crédits qui récompensent ceux qui polluent moins. Rien ne garantit que ces mesures réduiront l’émission des gaz toxiques. Ces propositions ne cherchent finalement qu’à punir ou à récompenser, en retirer des gains ou payer des pénalités.

Pourtant, les politicens connaissent les grands pollueurs. Ils sont identifiés sur une liste, disponible à tous. Ce sont eux qu’il faut pointer du doigt. Ce sont ces entreprises qui doivent réduire l’émission des gaz à effet de serre. Certaines ont commencé à moderniser leurs équipements et il est primordial que les gouvernements les obligent à aller encore plus loin. Les politiciens savent également que nos habitudes reliées à l’utilisation des moteurs à combustion doivent être drastiquement modifiées. Aucun d’entre eux n’a eu le courage de s’adresser directement à la caméra, dans les yeux des citoyens, et leur demander de changer leurs comportements… Aujourd’hui, il y aura encore des centaines d’automobilistes solitaires sur les routes du Québec, des milliers de canadiens prendront l’avion pour aller se faire bronzer la bedaine dans les îles tropicales, Cet automne, des tonnes de nouvelles voitures performantes trouveront preneurs. Quelques semaines plus tard on fera la promotion des plaisirs de la motoneige. Et l’été prochain, d’autres bateaux à moteur s’élanceront à toute vitesse sur nos lacs et rivières. Tout ça au nom de l’éternelle croissance économique. Pourtant…

De combien de temps disposons-nous ? Difficile à dire. Toutefois, des voix de plus en plus nombreuses prédisent une dizaine d’années, voire moins. J’ai justement lu que la disparition des glaces de l’Arctique en été, un des points de non-retour selon Hansen, pourrait survenir dans six ans.

Les détails techniques demeurent vagues. Mais ils révèlent la singularité « d’une vérité dérangeante » et qui nous hante : l’humanité, qui existe depuis 10 000 ans, tirerait à sa fin. En effet, le genre de monde qui succédera au nôtre pourrait être le théâtre de l’annihilation de la civilisation telle que nous la connaissons, et pourrait engendrer l’extinction de notre espèce. Logiquement, c’est ce qui arrivera si nous persistons dans la voie qui nous mène à la catastrophe écologique irréversible. Or cette transformation de la nature se fait par des institutions et un mode de vie qui s’appelle le capitalisme industriel.

… Le capitalisme ne peut littéralement pas se permettre de régler la crise du climat, parce que cela signifierait une contraction de l’économie, ce qui équivaut à priver un être vivant d’oxygène. Pour régler le problème, les classes dirigeantes créent des ententes, comme le protocole de Kyoto, par lesquelles les intérêts économiques régulent les émissions qu’ils produisent. Ceci veut donc dire que nous continuons à avancer vers un point de non-retour.

Cette logique s’inscrit dans une stratégie pour extraire le plus d’énergie possible au plus bas prix possible. Ceci signifie maintenir la dépendance envers les combustibles fossiles comme le fait le Canada avec les sables bitumineux…

Le défi est de mettre en relation ces crises et de les placer à l’intérieur de la Crise des crises, constituée par l’accumulation du capital et sa descente vers une écocatastrophe… Pour le moment, le système a efficacement séparé les crises les unes des autres. La moins dangereuse, la crise économique, est manipulée afin de bloquer des mesures visant à résoudre la chute appréhendée de notre civilisation. Les choses n’ont pas à être ainsi. Même si ce projet nécessite éventuellement de mettre fin au capitalisme, il existe des mesures radicales, mais faisables, qui peuvent être prises dès maintenant. Par exemple, nationaliser l’industrie pétrolière et gazière, ou encore négocier des traités climatiques dignes de ce nom à Copenhague l’an prochain. Mais rien de tout cela ne va se produire sans une vaste mobilisation provenant de l’extérieur du système établi. D’ici là, chaque jour nous nous rapprochons un peu plus du point de non-retour. – Joel Kovel

La seule situation que je peux personnellement souhaiter pour le 15 novembre prochain c’est un gouvernement minoritaire. Le moins pire des scénarios placerait Stéphane Dion dans la peau du Premier Ministre dont le mandat principal serait de proposer des solutions drastiques sans tenir compte des pressions exercées par les pétrolières (défendues par Stephen Harper), par les alumineries (protégées par Gilles Duceppe et son amour du Québec) ou les contructeurs automobiles (dont Jack Layton demeure l’éternel otage).

Je crie encore qu’il faut dire NON aux conservateurs et qu’il faut appuyer le Bloc dans la majorité des circonscriptions québécoises. Je demeure tout de même extrêmement déçu des perspectives qui me sont présentées par les politiciens. De grâce, débarrassez-vous de l’opportunisme associé à la croissance économique. Faites-le pour nos enfants et leurs petits enfants.

Photo: Tom c3 – Flickr

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