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Archive for the ‘Élections québécoises’ Category

J’appuie Québec solidaire

Posted by lutopium sur 5 novembre 2008

Lorsque j’ai lancé ce blogue en décembre dernier, je me suis donné comme mission de dénoncer le discours populiste de l’ADQ, les ambitions opportunistes de certains politiciens et les liens corporatistes entre les lobbies économiques et le Parti Libéral du Québec.

J’ai alors décidé de conserver un angle non-partisan afin de me concentrer sur l’analyse des évènements tout en évitant de faire la promotion d’un parti politique en particulier. Je crois que mon attrait pour les concepts progressistes et les idées de gauche était assez évident… Certains me considèrent comme un étatiste, un qualificatif que je n’accepterai jamais. Je ne suis pas un étatiste. Je crois tout simplement que les citoyens doivent faire partie des décisions, pas seulement en votant à tous les quatre ou cinq ans mais en étant impliqués de façon permanente. Certains appellent ça la démocratie participative. Ça empêche la corruption, les excès et les abus. Je ne prône pas un contrôle étatique sur tout. Je crois au pouvoir des citoyens.

Hier soir, un grand nombre de québécois se sont réjouis de l’élection de Barack Obama. Pourquoi? Parce qu’il représente le changement. On ne sait pas encore s’il y parviendra, mais le type semble honnête lorsqu’il parle de lutter contre le racisme, la pauvreté et les inégalités sociales. Les québécois ont également refusé les idées conservatrices de Stephen Harper. Le message est clair.

Il m’aurait été impossible de publier une vingtaine de billets simplement pour dénoncer le programme du Parti Libéral. Ceux qui visitent ce blogue en sont très conscients: privatisation des infrastructures, partenariats à outrance avec le privé, sytème de santé à deux vitesses, subventions doûteuses, etc… Et j’ai tellement parlé de l’ADQ et de Mario Dumont au cours des dix derniers mois que je n’ai plus grand chose à dire sur leur compte!

Publier des billets sur un blogue politique lors d’une campagne électorale exige beaucoup de temps et d’énergie. J’ai donc décidé d’investir ce temps en donnant un coup de main à la jeune formation politique Québec solidaire. J’espère sincèrement que Françoise David et Amir Khadir joindront l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter le débat homogène qui s’y est installé. Il est temps d’oppposer les projets de privatisation, le concept d’utilisateur-payeur, le sous-financement de nos écoles et la croissance économique débridée.

C’est donner un coup de main pour faire avancer des idées et non pour prendre le pouvoir. C’est semer quelques concepts de solidarité pour nos enfants et les enfants de nos petits-enfants. C’est prioriser l’environnement et la protection de nos ressources. C’est la justice sociale et une répartition équitable des richesses. C’est le refus à l’égoisme et au repli sur soi.

Et c’est la promotion de l’accession du Québec à l’indépendance alors que le PQ désire avant tout prendre le pouvoir. On se revoit le 9 décembre. Vous me manquerez. Salut!

Illustration: HersenSpinsels.nl

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Propres, les québécois parleront d’économie

Posted by lutopium sur 3 novembre 2008

À l’exception de la pluie de démissions qui frappe les partis politiques québécois, il va sans dire que c’est l’économie et la possibilité qu’elle nous tombe sur la tête qui occupe les débats politiques depuis quelques jours… Depuis qu’il a lancé la rumeur d’une élection générale, notre premier ministre a installé un climat de peur au Québec. L’avenir est tellement peu reluisant qu’une dizaine de députés ont décidé de prendre leur retraite!

Alors, on parlera d’économie. Le Parti Libéral essaiera de nous convaincre qu’il est essentiel pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire pour traverser une crise économique. N’essayez pas de parler d’autre chose, il faudra causer d’économie. Vous êtes préoccupés par la détérioration de votre planète? Oubliez ça, on parle d’économie.

De toute façon, on vous dira que l’environnement au Québec se porte bien. On vous parlera de cette étude, préparée par le ministère de l’Environnement, quelques jours avant le déclenchement des élections. On nous apprend que « …le Québec affiche toujours le plus faible taux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au pays… » À quoi bon parler d’environnement si notre province est un chef de file dans le domaine? Parlons d’économie, voulez-vous?

Les trois partis politiques nous inviteront à parler de développement économique. Tiens, pourquoi ne parlerions-nous pas du développement pétrolier dans le fleuve Saint-Laurent? Ça vous intéresse? Vous en voulez de la richesse? Et si jamais les environnementalistes dénoncent le projet, les libéraux n’auront qu’à sortir le bâillon, c’est efficace. C’est comme ça qu’on a étouffé l’opposition au projet Rabaska et maintenant pour museler l’activiste Alain Dubois qui pourrait ternir la réputation de Loto-Québec… Parlons d’économie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean Charest a de la suite dans les idées. Mercredi, il devrait se rendre chez le lieutenant-gouverneur afin de demander la dissolution de l’Assemblée Nationale et confirmer le lancement de la campagne électorale. Le lendemain, il prononcera un discours devant la Chambre de Commerce du Montréal-Métropolitain. En temps de crise, un chef d’état demande aux chaînes de télévision de lui donner une quinzaine de minutes afin qu’il puisse s’adresser directement aux citoyens. Mais notre premier ministre préfère rencontrer les membres de la Chambre de Commerce. Ils parleront d’un plan pour protéger la sécurité économique du Québec. Moins d’une semaine plus tard, Claude Garcia leur parlera d’une source d’enrichissement pour les citoyens du Québec : la privatisation d’Hydro-Québec. Ils ont de la suite dans les idées, non?

On s’en reparle mercredi. Ça sera probablement le dernier billet avant la campagne électorale et le début d’une absence de quelques semaines.  Combat oblige.

Illustration : Marc L’Espérance – Flickr

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La vie dans la brousse de fantômes

Posted by lutopium sur 31 octobre 2008

Aujourd’hui, les enfants enfilent leurs plus beaux costumes et rêvent déjà aux friandises qu’ils rapporteront à la maison… Les dentistes espèrent que les gens seront généreux afin de faire fortune avec toutes ces bouches sucrées. Aujourd’hui, c’est la dernière journée d’octobre – tradition mystérieuse où nous célébrons la mort et la peur – bref, l’essence de la semaine…

Tout a commencé lundi dernier lorsque Jean Charest s’est apeuré devant l’idée que le Québec ne pourrait pas traverser une crise économique avec un gouvernement minoritaire. Dès le lendemain, les journalistes et éditorialistes des journaux de l’Empire Desmarais furent pris de panique et encourageaient les québécois à élire un gouvernement fort afin de nous protéger contre le pire, sans trop savoir pourquoi, voire les mauvais esprits des lois naturelles qui semblent envelopper le monde économique.

Hier soir, David Byrne était de passage au Métropolis afin de nous présenter un spectacle qui soulignait sa collaboration avec Brian Eno. Impossible pour un fan des Talking Heads et de l’album « My Life In A Bush Of Ghosts » de rater l’évènement. Après avoir passé une soirée mémorable, on pouvait apercevoir les gens déambulant sur la Sainte-Catherine, certains arborrant déjà leurs plus beaux costumes, prêts à fêter cette célébration macabre…

La semaine se termine par une belle journée d’automne, nous annonçant le départ de politiciens expérimentés qui profitent du déclenchement des élections pour mettre fin à leur carrière. Il est quand même triste pour l’ADQ de perdre Gilles Taillon, un geste qui semble vouloir confirmer que le parti de Mario Dumont est maintenant admis aux soins intensifs… Le Parti Québécois se retrouve en deuil suite à l’annonce de la retraite – fort bien méritée – de Louise Harel et de Rita Dionne-Marsolais.

Oh, ça frappe à la porte. C’est sûrement un petit monstre qui veut des bonbons. Mais non… Monsieur le député…. Bonsoir à vous. Tiens, voici une petite friandise, acceptez-la en gage de remerciements même si vous êtes du genre fantôme.. Profitez bien de ces derniers jours, je ne crois pas que le 450 votera ADQ en décembre. Et prenez donc la citrouille, elle vous va bien…

Photo : hck – Flickr


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Est-ce que Desmarais veut des élections?

Posted by lutopium sur 29 octobre 2008

Comme le mentionne Robin Philpot dans son dernier bouquin, Paul Desmarais et Power Corporation n’ont presque pas investi au Québec depuis une trentaine d’années. Cependant, depuis l’arrivée de Jean Charest à la barre du Parti Libéral du Québec, tout laisse croire que la famille Desmarais a retrouvé un allié politique à Québec. Après l’endossement (impopulaire) de M. Charest pour le projet Rabaska – dans lequel Power Corporation a des intérêts financiers, Paul Desmarais a fait preuve de reconnaissance et d’amitié envers notre premier ministre en l’invitant à une réception privée lorsque Nicolas Sarkozy lui a décerné la Légion de la Grande-Croix..

C’est donc en cours de mandat minoritaire que Jean Charest s’est rapproché un peu plus du milliardaire québécois. En considérant que les intérêts de Power Corporation sont maintenant reliés au monde de l’énergie et des services publics, on peut se demander si Paul Desmarais a manifesté son intérêt pour l’hydro-électricité, les énergies fossiles du Saint-Laurent et l’eau potable de nos lacs et rivières… Possédant maintenant des compagnies d’assurances qui offrent des couvertures médicales, on peut également imaginer que M. Desmarais glisserait un petit mot en faveur de la privatisation des soins de santé… Si les deux compères n’arrivent pas à se rencontrer quelque part, y’a toujours les journaux…

Alors, ils disent quoi ces journaux ce matin? Du côté de La Presse, on ne se cache pas pour réclamer des élections. Sous la plume d’Yves Boisvert, qui essaie d’être drôle sans succès, on tente de nous convaincre qu’elles sont inévitables: « Comme ça, vous ne voulez pas d’élections? On vous comprend, mais mettez vous à la place de Jean Charest un instant. A-t-il seulement le choix? » Fidèle à son poste, l’éditorialiste André Pratte n’est pas moins subtil: « Si l’on en croit les sondages et la rumeur publique, une grande majorité de Québécois est furieuse contre Jean Charest parce qu’il songe à tenir des élections générales le 8 décembre prochain. Aussi répandu soit-il, ce mécontentement ne nous semble pas justifié… »

Dites M. Charest, vous avez lu La Presse ce matin? Le message est clair, vous pouvez y aller.

Photo: Nicholas Gray – Flickr

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Pourquoi un gouvernement majoritaire en temps de crise?

Posted by lutopium sur 28 octobre 2008

Je suis un de ceux qui n’achètent pas l’argument de Jean Charest qui laisse croire qu’il est important pour le Québec de se doter d’un gouvernement majoritaire afin de traverser la crise économique qui se pointe le nez. Je ne sais pas si vous ressentez le même pessismisme, mais j’ai l’impression que les choses vont mal tourner après les fêtes. Je ne suis pas un expert en économie ou en finance mais j’ai l’intuition que le ralentissement que nous connaîtrons après la consommation folle de décembre sera le pire des vingt ou trente dernières années. Nous achèterons moins, les taux d’intérêt augmenteront, les entreprises devront abolir des postes et le marasme s’installera.

Le premier ministre essaie donc de nous convaincre que les temps seront moins pénibles si le Parti Libéral a le pouvoir de gouverner sans faire de compromis avec les partis d’opposition. Les projets de loi pourront être adoptés plus rapidement et la gestion quotidienne des affaires de l’état se précisera sans se précoccuper des députés de l’autre côté de la chambre. Comme le gouvernement du Québec n’a aucun pouvoir sur la politique monétaire canadienne et aucune influence sur les taux d’intérêt, je me demande bien quel est le plan de M. Charest. Laissez-moi deviner… des subventions aux entreprises en difficulté? Des crédits à des entreprises qui veulent investir au Québec? Ou peut-être une liquidation du patrimoine collectif… songerait-il à vendre Hydro-Québec? À privatiser les soins de santé encore un peu plus? Pourriez-vous m’expliquer pourquoi M. Charest désire devenir le grand capitaine avant que la crise économique commence à faire sentir ses effets? Ne me dites pas que tout est relié aux réserves budgétaires…

À en croire les journalistes et éditorialistes du groupe Gesca, le feu vert est donné par l’Empire Desmarais. Le journaliste Vincent Marissal réconforte le premier ministre en lui rappelant que c’est lui qui maîtrise le calendrier et que le « timing » est à son avantage. L’éditorialiste André Pratte a même choisi un titre sans équivoque: « Élections: un bon moment ».

Comme ce fut le cas lors des dernières élections fédérales, il faudra que les progressistes fassent preuve de vigilance. Je suis convaincu que l’establishment libéral songera sérieusement à organiser une vente de feu afin de garnir les coffres de l’état et redistribuer encore plus de fric vers les dirigeants des chambres de commerce. On dira que le temps est propice à la privatisation des services publics, aux partenariats publics-privés, à l’impartition et quoi encore.

On s’en reparle…

Photo: Dimitri P. – Flickr

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Entêtement, trahison et ignorance

Posted by lutopium sur 24 octobre 2008

Notre premier ministre n’a pas digéré l’élection de François Gendron comme président de l’Assemblée Nationale.  Comme le mentionnait Marie Grégoire dans l’édition du quotidien Le Métro de ce matin, « … l’entêtement à vouloir tout contrôler ne reflète nullement l’esprit de cohabitation si souvent évoqué par le premier ministre. C’est sans compter que l’attitude de celui-ci n’était pas digne de sa fonction. Il est vrai que ce genre de décision ne change rien au quotidien des citoyens. Elle aura seulement permis d’illustrer qu’au-delà de l’image, Jean Charest ne digère toujours pas d’être minoritaire… »

Une journée plus tard, c’est au tour du chef de l’opposition à être décrit comme un personnage autoritaire.  Suite à sa décision de joindre le Parti Libéral, l’adéquiste Pierre-Michel Auger a justifié son geste en confiant que « … le style de leadership de Mario Dumont et de l’ADQ ne correspond pas à ce que je crois être bon pour les Québécois. J’estime que ma place n’est plus dans un caucus où le chef n’a pas d’écoute pour ses députés et dans un parti qui ne met pas ses députés à contribution. Pour moi, un parti politique n’est pas l’affaire de trois ou quatre personnes… ».  Je me demande si M. Auger a demandé l’accord des membres de l’association adéquiste de son comté avant de quitter le parti ou si c’était son affaire à lui tout seul?

Comme certains facteurs laissent croire que l’ADQ risque de disparaître au cours des prochains mois, que le Parti Québécois ne semble pas vouloir reprendre la position « gauche » de l’échiquier politique (tout en reléguant la souveraineté au second plan) et que le Parti Libéral ne trahira jamais ses partenaires des chambres de commerce et de l’Institut Économique de Montréal, comment les électeurs progressistes voteront-ils lors des prochaines élections provinciales?  Est-ce que Françoise David et Amir Khadir sauront convaincre les québécois que leur formation est prête à prendre au moins quelques sièges à l’Assemblée Nationale afin de court-circuiter l’homogénéité qui s’y installe?

Le 14 octobre dernier, les québécois ont rejeté les idées du Parti Conservateur.  Ils semblent avoir apprécié l’approche progressiste de Gilles Duceppe.  Lors des prochaines élections provinciales, prendront-ils le temps de bien s’informer sur les enjeux et les solutions proposées avant de compléter leur bulletin de vote?  Assisterons-nous à une campagne électorale où l’allure des chefs prendra encore une fois des proportions démesurées?  Lors de son passage à l’émission de Larry King sur CNN hier soir, le documentariste Michael Moore espérait que les américains choisissent leur prochain président selon les idées qu’il propose et non sur ses origines ethniques :

« … Obama’s main opponent in this election on November 4th is not John McCain, it’s ignorance. It’s Obama versus ignorance.  And will ignorance and hatred and racism win or will whoever should be the next president, who the majority of the people want to be the president?  Is that what’s going to happen?

Instead of talking about the greatest robbery of all time on Wall Street by the top 5 percent of this country, we’re now – we’re still talking about the ignorance and stupidity of some people and how that’s going to guide their vote…  But if a certain number of millions of people are going to vote out of ignorance… I hope that they would educate themselves sometime in the next 11 days… »

Si le premier ministre Charest utilise son pouvoir et déclenche des élections cet automne, peut-on prétendre qu’il fait preuve d’un respect de la démocratie?

Illustration : Ben Heine – Flickr

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L’impuissance des citoyens

Posted by lutopium sur 16 octobre 2008

Suite aux élections de mardi, plusieurs blogueurs ont déjà repris du service et ont publié d’excellents billets qui provoquent de bons échanges. Mon itinéraire régulier m’a amené à laisser quelques commentaires ici et là et il m’est venu à l’idée de reprendre certains extraits pour vous faire part de certaines de mes convictions…

Après avoir pris connaissance du bilan de campagne électorale présenté par Alexis St-Gelais, je me suis joint à Renart L’Éveillé pour questionner le manque de confiance des électeurs envers notre système électoral:

« C’est une chirurgie complète dont a besoin notre démocratie. Sans la réforme du mode de scrutin vers une « proportionnelle », le résultat des élections ne sera plus représentatif des préoccupations des citoyens.

Le vote pour les Verts et celui pour le NPD sont des gestes de conviction. Des gens préoccupés par l’environnement et d’autres par la situation précaire des travailleurs. Ces deux groupes représentent le quart de la population canadienne mais n’obtiennent que 12% des sièges. Sans compter qu’un grand nombre d’abstentionnistes auraient probablement appuyé un ou l’autre s’ils avaient la conviction que leur vote aurait une signification et un poids.

Ça fait quarante ans que le Québec réfléchit à la question. TOUS les partis politiques ont suggéré l’idée de réviser le mode de scrutin. Tous, par les voix de René Lévesque, Mario Dumont, Benoit Pelletier, Jean-Pierre Charbonneau, Françoise David, Guy Rainville… ont souhaité une représentation électorale plus juste, adaptée aux nouvelles réalités.

Quatre citoyens sur dix ne votent pas. N’est-ce pas là un signal d’alarme? Le maintien du vote nominal à un tour doit faire l’affaire de quelques-uns… »

Avec son approche poétique habituelle, MFL du blogue Regardez La Musique partage son malaise face à la montée de la droite. J’en ai profité pour lancer quelques questions sur la réalité québécoise:

« On fera quoi aux prochaines élections provinciales? Serons-nous les otages du Parti Québécois parce que nous tenons à nous donner un pays? Comment nous comporterons-nous devant ces nouvelles propositions de développement pétrolier dans notre beau fleuve? Comment défendrons-nous l’aspect public de notre système de santé?

Et essayons de comprendre ce qui se passe à Québec au lieu de creuser l’écart. Nous ne serons jamais capables de faire l’indépendance du Québec si nous alimentons cet inconfort qui existe entre les deux villes. Nous devions nous rapprocher des québécois lors du 400ème. Je sens qu’on s’éloigne de plus en plus. Ça doit en arranger quelques-uns… »

Qui aurait cru que notre génération pourrait traverser une période aussi sombre que le krash de 1929? Suite à la lecture d’un autre article d’Alexis sur le blogue À Mon Humble Avis, je tente d’y apporter mon grain de sel:

« Deux réalités nous frappent. La structure même du système capitaliste et les habitudes de consommation du monde occidental. Je ne crois pas qu’il soit question ici de gauche ou de droite. Historiquement, l’expression « de gauche » réfère au pouvoir du peuple, à la solidarité, à la justice, à la protection du bien commun et à une équitable répartition de la richesse. Que ce soit Keynes ou Friedman, le peuple n’est pas impliqué, pas consulté. Au contraire, il devient le joueur, voire l’esclave de ce jeu monétaire…

Il y a donc un problème « écono-politique » et un problème de comportement de société. Nos habits de citoyens ont été transformés en déguisements de consommateurs. Nous sommes appelés à consommer à outrance et nous répondons à cet appel depuis de nombreuses années. Cette mobilisation occidentale à acheter des biens inutiles qui apparemment font rouler l’économie et nous procurent satisfaction personnelle nous amène directement vers une catastrophe. L’écroulement des marchés n’est que le premier indice. La pollution et l’incapacité de gérer les déchets seront les prochains problèmes reliés à ces habitudes.

Le citoyen est devenu consommateur. C’est une des raisons qui expliquent le désintéressement face à la politique. Quatre consommateurs sur 10 ne votent pas. Ça ne rapporte rien qu’ils disent. »

Photo: Hanna Lerski – Flickr

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Le défi imprévu d’un Parti Bleu

Posted by lutopium sur 28 mai 2008

J’ai encore eu un de ces drôles de rêves.  Ça m’arrive lorsque je bois de l’eau de source…  On devait être quelque part après 2010, ça commence devant l’écran de l’ordi.  J’essaie de digérer les résultats de l’élection provinciale.  J’écoute attentivement l’annonce de rhum – comme on semble nommer cette vieille tradition du chef de pupitre – qui nous apprend que le Québec vient d’élire le Parti Libéral du Québec, qui formera un gouvernement minoritaire avec Philippe Couillard comme premier ministre. 

J’aperçois un cahier de La Presse sur le bureau et examine les résultats d’un sondage CROP-La Presse qui donnait déjà les libéraux gagnants avec une forte marge.  Personne ne semble surpris des évènements de la soirée, à l’exception, peut-être, de la performance du Parti Bleu du Québec qui râfle la troisième place, derrière le Parti Québecois et devançant Québec solidaire qui se console d’un 4% des votes.  Bizarre, ni l’Action Démocratique, ni Mario Dumont ne semblent participer à cette élection…

Le chef du Parti Bleu, Adrien Villeguy, nage dans l’euphorie.  Grâce à une vingtaine de députés, il parle déjà d’une coalition avec les libéraux.  À un journaliste qui lui demande comment il explique les résultats de la sorée, M. Villeguy explique que les québécois se sont identifiés à l’approche de sa formation politique.  « La gauche et la droite, ça n’existe plus » lance-t-il en rappelant que le slogan du parti – « Nous Sommes Tous Bleus » – démontre que la population est très préoccupée par la fonte des glaciers et qu’elle demande au gouvernement et aux entreprises de remédier à la situation.

Le bonheur des uns semble toujours faire le malheur des autres si on regarde du côté de Québec solidaire…  La popularité du Parti Bleu semble préoccuper les membres de la formation de gauche et l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous avec Françoise David.  Il semble que le mouvement écologiste et les partis progressistes aient finalement réalisé qu’ils se battent entre eux pour gagner la sympathie des électeurs, et le gagnant a bien choisi sa couleur. 

Un blogue affiche quelques informations sur les récents affrontements survenus entre les groupes environnementalistes et la gauche québécoise.  On peut lire que les écologistes énarvent Léo-Paul Lauzon et qu’ils sont loin d’être d’accord sur l’augmentation des tarifs d’électricité.  Le diable semble être pogné dans mon écran, je lis maintenant un billet de Jack Layton qui explique la position du NPD qui semble déplaire à Stéphane Bilbeault d’Équimerre.  Il est plus que temps que ce cadran me réveille…

Revenu à mes sens, j’ai encore cette interrogation: est-ce que l’existence de la gauche politique est compromise par l’arrivée d’un parti écologiste qui désire occuper l’échiquier politique?

Photo : Peter Vanallen – Flickr

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Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire

Posted by lutopium sur 17 mai 2008

Suite au plan d’action proposé par Mme Pauline Marois le 16 mai dernier, qui tend la main aux québécois de toutes allégences afin de consolider les énergies nécessaires à la défense du projet souverainiste… Et en réaction à la question que me pose la blogeuse du PQ sur le site Bon Blogue Bad Blogue, j’ai réalisé que je ne pourrais pas mieux m’exprimer que par les mots qu’a prononcés Jean-Pierre Charbonneau le 17 septembre 2004.  Le débat n’a guère changé depuis 4 ans, voici donc quelques pistes de solutions intéressantes que nous pourrions explorer…

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire:  créer une véritable coalition de partis politiques

Par Jean-Pierre Charbonneau – Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l’Assemblée nationale du Québec. Tribune libre de vigile.net, le 17 septembre 2004

« Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l’essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d’un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d’un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.

Tout ce brassage d’idées est bien et pertinent. Cependant, il n’est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d’aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d’aujourd’hui de rallier en son sein et derrière lui tous ceux et celles qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n’y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.

Il est vrai que, dans le cadre actuel d’un mode de scrutin à l’anglaise, un parti peut prendre le pouvoir avec l’appui d’une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l’électorat. C’est d’ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l’esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux et celles qui, au fil des années de gouvernance provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque. On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu’il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l’insertion de divers clubs politiques autonomes, tels Les syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) qui vient d’être reconnu formellement au dernier Conseil national.

Cette façon de voir et faire les choses n’est pas en soi mauvaise. Elle n’est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d’aujourd’hui n’est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l’Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leurs électorats quitter pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l’ADQ de Mario Dumont et ceux de l’Union des forces progressistes ou de l’Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.

La conséquence de cela est donc très évidente : tous ces partis vont aux prochaines élections générales se diviser les votes anti-gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si au PQ on refuse actuellement d’envisager ce scénario et de s’y préparer, l’évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu’aux dernières élections d’avril 2003.

Quoi faire alors ? D’abord constater que tous ceux et celles qui depuis 15 ans ont envisagé un jour ou l’autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard, sont aujourd’hui pour la très grande majorité ailleurs qu’au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l’ADQ, à l’UFP, au Parti vert, à l’Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67% de la population aux lendemains de l’échec de l’Accord du Lac Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd’hui 58% de l’électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens et citoyennes farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.

Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l’échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d’hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bi-partiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une alternative solide et enthousiasmante. Ce Ralliement pour le Québec, s’il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toute la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour lancer à la fois la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise pour mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et pour remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle…

… La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire, car elle implique l’utilisation d’un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste à la condition, bien sûr, que tous et toutes fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles. Robert Bourassa aurait pu faire l’Histoire s’il avait eu le courage d’aller au bout de ce qu’il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd’hui, tous les chefs politiques du Québec à l’exception de Jean Charest peuvent sortir le Québec de l’impasse et faire l’Histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage pour le faire? Je le souhaite. »

Photo (muraille en l’honneur des Patriotes de 1837-1838 au Bas-Canada – Métro Papineau) : L’Hibou – Flickr

Bon congé des Patriotes à tous.  God f… the Queen!  😎

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Le deuil politique de Mario Dumont

Posted by lutopium sur 13 mai 2008

La plupart des obsvervateurs de la scène politique québécoise, incluant votre humble serviteur, avaient prévu la déconfiture de l’Action Démocratique lors des élections partielles qui se sont tenues hier dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, Bourget et Hull.

Ce n’est pas la première fois que Mario Dumont subit la défaite.  Il a démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait revenir encore plus fort.  Cependant, cette cuisante défaite doit être difficile à encaisser suite aux résultats des élections générales de 2007 où son parti avait récolté 31% des votes et 41 sièges à l’Assemblée Nationale, devenant ainsi l’opposition officielle.  Chose certaine, les personnalités publiques qui songeaient à représenter les couleurs de l’ADQ aux prochaines élections y songeront à deux fois avant de faire le saut en politique.  La cuisante défaite de Denis Mondor et Diane Bellemare démontrent que la loyauté des électeurs envers le Parti Libéral et le Parti Québécois est plus importante que l’attrait pour des candidats prestigieux d’un jeune parti qui prône le changement.

Mario Dumont doit avoir des cauchemars par les temps qui courent. Ça ne doit pas être agréable de se réveiller en pleine nuit avec des images de Sylvie Tremblay qui le traita de dictateur lors de son passage à Tout Le Monde En Parle le 27 avril dernier…  J’ai l’impression que ce cette visite de Mme Tremblay sur le plateau de Guy A. Lepage n’a pas aidé la cause de l’ADQ. 

Mon prognostic tient toujours : Mario Dumont démissionera de son poste après les prochaines élections générales où l’ADQ récoltera moins de dix sièges et entre 14 et 17% des votes.  Il sera peut-être tenté de joindre les rangs du Parti Libéral où il pourra au moins devenir ministre et terminer sa carrière politique avec un peu plus de flamboyance.  On doit finir par se lasser de donner des coups d’épée dans l’eau…

En terminant, quelques questions : suite aux résultats obtenus dans Bourget et sa récente défaite à la course à la chefferie, est-ce Scott McKay demeurera au Parti Vert du Québec?  Est-ce que Mario Dumont redonnera son appui pour la réforme du mode de scrutin vers une méthode proportionnelle?  Qu’adviendra-t-il des instances locales et régionales de l’ADQ qui connaissaient déjà quelques problèmes organisationnels?

Photo: Penzance – Flickr.   (À la demande générale, la photo a été changée le 16 mai)  😎

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