lutopium

Où en sommes-nous?

Posted by lutopium sur 5 mai 2009

Ce billet est publié simultanément sur le nouveau blogue collectif “Voix de gauche” qui a été lancé le 1er mai dernier. Je vous invite à visiter ce nouveau site qui présente des billets de Louis Préfontaine, Jimmy St-Gelais, Carl Boileau et Francis Lagacé. Bientôt, d’autres chroniqueurs se joindront à cette initiative où les progressistes du Québec se donnent rendez-vous.

Depuis l’apparition du Rassemblement pour l’Indépendance Nationale (RIN) dans les années 60, le moins qu’on puisse dire c’est que la gauche a fait bien du chemin au Québec. Elle s’est naturellement associée au mouvement indépendantiste, elle a permis la naissance d’un nombre incalculable de groupuscules et a été associée au Parti Québécois pendant plus de 25 ans. Cependant, même si les idées progressistes se font sentir un peu partout dans le quotidien, la gauche n’a jamais été en mesure de se tailler une place importante sur l’échiquier politique québécois.

La fusion d’Option Citoyenne et de l’Union des Forces Progressistes (UFP), permettant la naissance de Québec solidaire, est peut-être le signe que la gauche québécoise est prête à se réconcilier et à mettre un peu d’eau dans son vin. Pour une rare fois, plusieurs tendances ont décidé d’unir leur forces et leurs talents pour jouer le jeu électoral, et cette décision a permis l’élection d’Amir Khadir à l’Assemblée Nationale. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que le représentant de Mercier est un député exemplaire, à la hauteur du rôle qu’on lui a confié. Rôle qu’il méritait fort bien d’ailleurs.

Lors d’une table ronde organisée par l’Institut du Nouveau Monde cette semaine, Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, lança l’idée que la crise économique actuelle est une opportunité; que les citoyens ont l’occasion de faire entendre haut et fort leur mécontentement face au système économique, qui connaît sa septième crise en 35 ans. Non seulement pouvons-nous exiger des changements majeurs pour nous protéger des ambitions de quelques-uns, mais nous pouvons, et nous devons proposer de nouvelles façons de faire. Inutile de viser l’utopie, des changements peuvent être introduits très rapidement. Il faut croire en la possibilité de changer le monde, ne serait-ce que par de petits gestes.

La grande majorité des québécois ont désavoué les libéraux fédéraux suite au scandale des commandites. La plupart d’entre nous avons refusé la formation d’un gouvernement conservateur. Nous avons également endossé l’élection de Barack Obama et la fin du règne belliqueux de la droite républicaine. Ces jours-ci, les médias nous font voir un gouvernement Charest embourbé dans les conflits d’intérêts et un entêtement excessif envers les partenariats avec l’entreprise privée. C’est une opportunité pour la gauche de dénoncer un monde politique déconnecté du peuple et pour exiger des comptes aux affairistes et aux spéculateurs qui n’hésitent pas à piger dans les fonds publics et les caisses de retraite.

Le néolibéralisme plie les genoux. La porte est grande ouverte à un réel équilibre des forces entre les citoyens, l’état et le monde des affaires. Lors de cette activité de l’INM, Claire Bolduc, de Solidarité rurale, a invité les citoyens à se prendre en main en s’inspirant des combats que mènent les régions du Québec, elles qui vivent une crise économique depuis 10 ans. Contrairement à certaines idées de droite qui circulent ces temps-ci, tous les citoyens ont droit à une vie décente. Je crois qu’il est de notre devoir de s’assurer que tous les québécois aient accès à une éducation de qualité et à des services de santé gratuits, détachés de toute ambition commerciale. Nous avons le choix entre une solidarité qui permet le partage ou une approche individualiste qui favorise, encore une fois, les mieux nantis de notre société.

Photo: Ascarel – Flickr

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4 Réponses to “Où en sommes-nous?”

  1. http://lequebecdedemain.blogspot.com/2009/05/ou-est-la-droite.html

  2. Je crois que nous sommes divisés, ce qui permet aux étrangers de régner en maîtres dans notre maison québécoise. Admettons que nous sommes à environ 50/50 par rapport à la souveraineté, il se trouve qu’entre souverainistes, nous sommes divisés. Les fédéralistes voteront pour n’importe quel parti fédéraliste. Au Québec, ça donne depuis déjà trop longtemps les libéraux de Paul Démarais au pouvoir, afin de rendre le Québec en touts points semblable à l’Ontario. Bientôt, ils pourront fondre les deux assemblées législatives en une seule et ils nous présenteront la chose comme une économie d’échelle et une avancée  » historique  » et les fédéreux du Québec baveront d’émotion!

    Au Québec, un seul parti fédéraliste, je ne fais aucunement mention de l’a.d.q. car je n’ai aucune espèce d’idée sur leur véritable position si tant est qu’ils en ont une, donc un seul parti fédéraliste arrache le pouvoir avec environ le quart des votes. Et nous en avons pour cinq ans d’insipidités, de cafouillages et de sabotage de l’État québécois.

    Est-ce la faute aux fédéralistes si nous sommes divisés…non! Bien sûr que non. C’est parce que nous sommes divisés entre nous souverainistes que nous en sommes réduits à l’interminable opposition, une vraie traversée du désert! Étrangement, nous marchons toutes et tous dans le même désert mais en groupuscules séparés. Peut-être arriverons-nous à notre terre promise ENSEMBLE?…

  3. Reblochon said

    C’est marrant de generaliser les politiques de droite autour des quelques minables qui representent assez ce courant, meme si ils sont au pouvoir.

    Je suis de droite et pas en desaccord avec la plupart des points de ton texte. Etre de droite ca ne veut pas forcement dire refuser de donner une bonne education, avoir à coeur le bien etre des citoyens, etre contre l’environnement, pour les guerres, etc. C’est une belle image d’epinal, comme si les gens de droites etaient tous des mangeurs d’enfants et des gens sans coeur.

    Quand à l’union des souverainistes, elle ne peut se faire que dans un parti ayant une politique assez centriste, une politique vague, un parti de pouvoir et il y en a qu’un au Quebec, c’est le PQ. Le jour où les souverainistes de tout bord comprendront que ce n’est qu’un outil pour nous permettre d’acceder à notre independance, quand ils comprendront que les regles de ce petit jeu de pouvoir c’est de le mettre au pouvoir et ensuite le pousser à faire un referendum ou du moins mettre en place de VRAIS gestes de ruptures avec le federal (comme créer une constitution et une citoyenneté quebecoise).

    QS c’est mignon, mais jamais ce parti ne sera rassembleur.

    Autre solution ? Dissoudre le PQ pour creer un parti parfaitement identique à coté juste pour qu’on arrete de diaboliser ce nom et que des gens comprennent que si la tete du PQ est malade c’est parce que les citoyens ont laissé des gens (plus ou moins honnetes) prendre le controle de ce parti. Un executif de beni-ouioui, un president qui aboie à la demande de la cheffeu, une cheffeu qui n’a pas vraiment compris que ce parti survit que par le bon vouloir de quelques souverainistes.

    Si tous les souverainistes portaient de facon marquante ce parti au pouvoir, UNE FOIS, une derniere fois en laissant bien le message que ca sera la derniere si il ne fait rien, alors beaucoup de souverainistes seraient prets à faire le pas pour quitter ce parti de pouvoir et en creer un autre.

    En attendant, on vit dans le statu quo : federaliste/souverainiste, gauche/droite, QS/PQ, etc. Et tout ca pour le plus grand bonheur d’un des meilleurs employés de Desmarais : Jean Charest.

    La gauche, on la construira dans un Quebec independant. En attendant, la majorité des gens ne veulent pas en entendre parler. Commencons par etre un vrai pays !

  4. lutopium said

    Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour prendre soin de mon blogue et réagir à vos commentaires, veuillez m’en excuser…

    @Jean-Luc: J’ai lu ton billet avec beaucoup d’intérêt. Je l’ai toujours dit, les blogues collectifs représentent un meilleur format pour les blogues politiques. D’ailleurs, le meilleur blogue de la droite économique québécoise – et le plus populaire – est celui du Québécois Libre.

    @Daniel: Et la gauche est maladroite dans sa volonté de rejoindre le plus grand nombre de citoyens possible. Parfois, je me demande si la gauche désire vraiment convaincre ou si elle ne cherche pas plutôt à démontrer ses qualités intellectuelles. Personnellement, je trouve que certains écrits sont inaccessibles. Le magazine À Babord est probablement le meilleur exemple.

    L’autre problème des progressistes québécois est la présence même du Parti Québécois et l’entêtement du SPQ Libre (l’Aut’Journal) de nous faire croire que le PQ est encore le grand défenseur des aspirations politiques et sociales des citoyens… Les progressistes québécois doivent s’approprier Québec solidaire et arrêter de s’enfarger dans les fleurs de lys du tapis… Sinon, ce parti risque de disparaître. Nous aurons alors un gros problème sur les bras.

    @Reblochon: encore une fois, je dois dire que j’admire ton entêtement à placer le combat pour l’accession à l’indépendance avant toute préoccupation politique, sociale ou économique. Je persiste à croire que seul un changement du mode de scrutin (vers la proportionnelle) permettra aux progressistes et aux péquistes de travailler ensemble sur le projet de pays. Mais ça, le PQ n’en veut pas car i ltient au pouvoir. Jamais, je ne retournerai au PQ pour travailer avec des disciples de Facal, de Bouchard ou de Landry. Mes convictions politiques sont aussi importantes que mon désir de bâtir un pays.

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