lutopium

Les petits garçons et leurs courses de chars

Posted by lutopium sur 22 octobre 2008

Il m’apparaît tout à fait incroyable que des politiciens qui se présentent comme des gens sérieux s’acharnent à vouloir convaincre le circuit de la Formule 1 de revenir sur sa décision et de tenir un Grand Prix à Montréal. Et en passant, Michael Fortier est-il encore ministre, oui ou non?

Les gouvernements ont investi au moins une douzaine de millions dans cet évènement depuis les cinq dernières années. On peut lire aujourd’hui que « le grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone, a retiré le Grand Prix du Canada parce qu’il estime que l’entreprise de Normand Legault lui doit entre 10 et 20 millions de dollars… ». D’ailleurs, je me rappelle que la série Champ Car avait également poursuivi les mêmes organisateurs pour non-respect de contrat en 2006. Est-ce que la course automobile est incompatible avec profitabilité? Est-il nécessaire que les gouvernements s’impliquent pour en assurer le succès financier? N’est-ce pas là, messieurs Fortier et Bachand, un principe qui va à l’encontre de votre philosophie politique? Moins d’état, plus de privé?

Et voilà qu’on nous apprend que des gens d’affaires de Montréal sont prêts à passer le chapeau pour assurer la présentation du Grand-Prix. Que d’efforts déployés pour deux ou trois jours où des touristes occuperont les chambres d’hôtel, se paieront quelques bons repas et achèteront quelques souvenirs… Le site de Tourisme Montréal décrit bien ce qui excite vraiment nos petits garçons de la rue Crescent :

« Attention, on démarre ! Le grand cirque de la F1 arrive en ville – sa seule escale en Amérique du Nord – avec toute l’énergie, le glamour et la démesure qu’on lui connaît ! La fébrilité se manifeste autant sur la piste de course que sur les pistes de danse des bars et restos les plus branchés, où les mordus de moteurs se mêlent au gratin du jetset pour fêter en grand. Encore une fois, les meilleurs pilotes et leurs équipes d’élite s’affrontent sur le circuit Gilles-Villeneuve, dans le décor pittoresque de l’île Notre-Dame. Des centaines de milliers de fidèles drapés, costumés et passionnés seront au rendez-vous pour vivre toute l’émotion et le suspense de ce grand spectacle.

Une fois les monoplaces garées pour la journée, l’action se déplace à deux pas au centre-ville de Montréal. La légendaire rue Crescent devient voie piétonne pour mieux accueillir les concerts gratuits en plein air, les compétitions d’équipes de ravitaillement et la parade de Ferrari et d’autres super bolides. C’est l’endroit idéal pour croiser des vedettes et se rincer l’œil. »

Les petits garçons du parti Libéral et du parti Conservateur veulent investir combien d’argent dans ce cirque?

Illustration : imaginism – Flickr

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13 Réponses to “Les petits garçons et leurs courses de chars”

  1. Manx said

    Pour avoir travaillé dans un hôtel les deux dernières années, près de Crescent en plus, je dois t’avouer que pendant le Grand Prix et le Jazz Fest, n’essaie pas de trouver une place dans le Day’s Hotel. Il n’y en aura pas. L’ambiance de ces deux événements est vraiment déchaînée (je préfère le Jazz par contre) et c’est quelque chose que d’y être. Les premiers vrais arrivants débarquent le mercredi et repartent le dimanche. Je comprends pourquoi on veut à tout prix que le Grand Prix reste à Montréal, surtout que l’on est un des pôles de la F1. C’est que Ecclestone qui fait une de ses innombrables crises de gamin et veut qu’on paye. À chaque deux ans, il fait ça… Qu’il laisse les fans venir et qu’il se la ferme pour de bon.

  2. Ivellios said

    Manx, je suis d’accord avec toi pour dire que c’est un événement majeur, mais je n’en peux plus de Bernie Ecclestone qui décide si oui ou non, on va avoir un grand prix à chaque année.

    S’il nous le retire, on peut aussi organiser quelque chose. Jacques Duval parlait de faire un 24 de Montréal, comme à Mans. Pourquoi pas ?

    Je suis aussi d’Accord avec toi, Lutopium. J’en ai ma claque de voir les gouvernements donner de l’argent pour un country house privé. Si c’est privé, ben ne les subventionnez pas !

  3. Sir Seb said

    En passant, Michael Fortier est encore dans le gouvernement tant que la rentrée ne se fait pas et que le remaniement ministériel n’a pas lieu. De toute façon, Fortier doit être en train d’en profiter pour reprendre contact avec son immense réseau. Sa participation dans se commité sert bien sa recherche d’emploi.

    Pour le reste, même si je tends à être écologiste (F1 = bruit, gaz, éloge de la voiture…), le côté économique est plus qu’intéressant. J’ai entendu quelque part que le grand prix rapporte à Montréal (Hotel, resto, bar, danseuses etc plus que le festival de JAzz, franco et juste pour rire combinés. Ce n’est pas négligeable.

    Par contre, encore une fois, le peuple québécois est à la tire d’un richissime freak qui fait la pluie et le beau temps avec notre gouvernement. Je trouve pathétique de voir tous ces politicien à genous. Je me demande où est passé la créativité de Québécois. Peut-être qu’avant d’être créatif, il faut de l’argent? En avons-nous? Pas sur… et je crois que c’est ça notre problème. Et c’est le probléme de bien des maux dans notre beau pays…

  4. Kevin said

    Mais non, il faut absolument investir pour les retombées économiques!!!! Chaque dollars investi en raporte plusieurs, le montant qu’on investi est donc nécessairement bénéfique!!!!! C’est comme vos « chaque dollars dans la culture en rapporte 11 ». Ce calcul a été fait par l’effet direct, indirect et induit : direct = revenu aux artistes, indirect = revenu à la papetière qui fait le papier pour l’imprimeur qui fait la job de l’artiste, induit = le salaire de l’épicier qui a comme client l’employé de la papetière qui fait le papier pour l’imprimeur qui fait la job de l’artiste. C’est absolument pas un calcul imbécile qui prend N’IMPORTE QUELLE dépense de 100$ pour la convertir en revenu de 300$ (direct, indirect et induit). C’est exactement pour ça qu’on subventionne à peu près tout ce qui bouge. En suivant la même logique, il serait important de subventionner encore plus et de s’endetter pour pouvoir subventionner. De toute manière ce ne sera jamais du gaspillage puisque les retombées économiques nous promettent de multiplier l’économie comme Jésus multipliait les pains!!

    C’était totalement sarcastique, le calcul des retombées économique c’est de la bullshit, l’argent que les gens dépensent au grand prix, ils le dépenseraient ailleur (théâtre, cinéma, lecture, musique, whatever else)(en fonction de LEURS goûts). Si les gens ne veulent pas payer suffisamment pour que le grand prix soit capable de se financer tout seul… c’est que ça n’intéresse pas suffisamment les gens. Si ça ne les intéresse pas, pourquoi prendre leur argent par la force (parce que je n’ai pas le choix de payer l’impôt et accepter la subvention). Au fait c’est tout aussi valable pour les subventions aux artistes.

  5. Est-ce que les retombées économiques sur la grande région de Montréal valent le coût et le coup ?
    Québec investit environ 10 millions de moins qu’en 2006 en promotion touristique (budget de 25 millions en 2007) et on dit que le Grand Prix de la F1 en rapporte à lui seul 30 millions.

  6. lutopium said

    @Tous: merci pour les réactions… Quelques autres informations à considérer dans ce dossier:

    Selon les chiffres qui circulent, Bernie Ecclestone demanderait 30 millions par année. Les retombées directes (billets, publicité…) sont évaluées à environ 15 millions provoquant ainsi, après cinq ans, un déficit de 75 millions $. Quant aux retombées fiscales, Tourisme Montréal évalue qu’Ottawa et Québec touchent environ 30 % du total des retombées économiques, qui s’élèvent entre 75 et 100 millions… Dans un autre ordre d’idées, un sondage réalisé par cyberpresse hier indique que 77 % des 4037 réponses reçues étaient défavorables au sauvetage du Grand-Prix par les instances gouvernementales.

    Après avoir consulté plusieurs magazines spécialisés, il semble clair que le retrait de Montréal du calendrier a facilité l’ajout du Grand-Prix d’Abou Dhabi.

    Je crois que c’est foutu pour 2009. Cependant, j’entrevois trois scénarios possibles: 1) les instances gouvernementales annoncent qu’elles ne peuvent rien faire et c’est la disparition de l’évènement; 2) elles annoncent qu’un plan de sauvetage sera mis en oeuvre avec Legault afin de ramener la course en 2010; 3) elles suggèrent l’idée de transférer les droits du Grand-Prix à un organisme à but non lucratif comme la Société du Parc Jean-Drapeau… Je vote pour le premier.

  7. Je ne voit pas pourquoi le gouvernement investirait des fonds publics afin que les hôtels et restaurants de Montréal puissent faire une bonne saison.

    En feraient-ils autant pour les régions, alors que la crise forestière fait fermer les entreprises une après l’autre?

  8. Même si le Grand Prix revient ce sera à quelles conditions?

    C’est comme un couple qui se réuni à nouveau, c’est rare que ça marche aussi bien qu’avant. Il reste toujours ce petit arrière goût dans la relation d’un qui a voulu sacrer l’autre là et des raisons sous-jascentes bonnes ou mauvaises qui ont motivé ce choix.

    Ecclestone reviendrait pour faire la piastre et vider nos coffres d’état sans vraiment nous garantir combien d’années le grand prix demeurerait à Montréal et si un terme est fixé, il est sûr et évident qu’Ecclestone nous referait le coup du départ fulgurant garanti ce qui ajouterait l’insulte à la blessure.

    Se faire sacrer là une fois, c’est agaçant, se faire faire le coup deux fois, c’est enrageant comme dirait la pub du RDPRM.

  9. lutopium said

    @Christian: je suis d’accord, je ne crois pas que ça vaut le coup. Surtout qu’on a appris hier soir que Legault n’est plus dans le coup et qu’il faudrait trouver un autre promoteur, ce qui prouve peut-être qu’il y a anguille sous roche. Je suis convaincu que cette activité n,est pas profitable localement.

    @Tym Machine: si je me rappelle bien, c’est la deuxième fois que ça arrive, non? Il y avait eu opération de sauvetage suite à la loi anti-tabac, n’est-ce-pas?

  10. @luto,

    Ça se peut très bien. Là dessus, je vais être d’accord avec les gauchistes, ce parvenu de Ecclestone ne mérite pas une crisse de cenne noire de nos taxes mais qu’il soit là avec 100% d’argent privé, je n’ai rien contre ça.

  11. lutopium said

    @Tym Machine: j’te dis, les gauchistes sont en faveur de l’efficacité de l’état! Au moins, là-dessus, on se rejoint!

  12. N’oublions pas le bonbon électoraliste consenti à Pratt & Whitney par la charogne soi-disant libérale!

    Je dirais que les gau-gauchistes étatistes sont moins en défaveur de l’efficacité de l’État que les drouatistes étatistes.

    Mais par sa nature, i.e. utiliser l’argent volé, l’État ne peut pas être le moyen le plus efficace pour utiliser l’argent des travailleurs. La solidarité volontaire est une meilleure façon.

    @Christian Rioux

    Ah ben crisse, cette fois-ci, je suis d’accord avec vous!

  13. utiliser l’argent volé aux autres.

    Je suis d’accord avec Kevin. Le concept de « retombées économiques des intervention de l’État » est un concept bidon!

    Tout de même, les subventions aux artistes sont moins nuisibles économiquement que l’augmentation des dépenses militaires!

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