lutopium

Le cauchemar des marchands de rêve

Posted by lutopium sur 21 octobre 2008

Les journaux nous apprennent (encore) que l’écart entre les pauvres et les riches s’accentue sans cesse, qu’une crise économique majeure se pointe toujours à l’horizon et que, signe des temps, certaines grandes richesses canadiennes s’effondrent:

Ted Rogers, de l’empire du même nom, vient de voir sa fortune personnelle perdre 24% de sa valeur qui est maintenant évaluée à 1.4 milliards. Notre Prince québécois, Paul Desmarais, a perdu 764 millions suite aux revers subis par l’action de Power Corporation depuis juin dernier. Il n’est cependant pas à plaindre car il peut toujours compter sur un magot de 3.4 milliards. La coqueluche du monde technologique, Mike Lazardis, président de Research In Motion et l’homme derrière le Blackberry, a vu ses avoirs fondrent de moitié en quelques mois, perdant au passage 2.4 milliards.

Une grande majorité des gens d’affaires veulent retirer toute règlementation ou toute obligation qui font entrave au libre commerce. Ils veulent payer moins d’impôt, réduire la taille de l’État, cet état maudit. Pourtant, l’OCDE mentionne aujourd’hui que « le fossé entre riches et pauvres au Canada s’est considérablement agrandi au cours des dix dernières années, partiellement en raison de dépenses sociales d’Ottawa qui se trouvent à un niveau inférieur de la moyenne des pays développés… »

On peut voir où se retrouvent maintenant les déductions fiscales qu’ils ont pu obtenir ces dernières années…

Le 8 novembre 2007 à 16 h, Michel Patry, directeur de HEC Montréal, accompagné de Glenn J. Chamandy, président et chef de la direction, Les Vêtements de Sport Gildan, ont sonné conjointement la « cloche de fermeture » de la Bourse de New York.

Première rangée, de gauche à droite : Lyne Rowley, John Casale (vice-président, NYSE), Michel Patry, Glenn J. Chamandy, Gildan, Hélène Desmarais (présidente du conseil d’administration, HEC Montréal), François Leroux et Katleen Félix.

Deuxième rangée, de gauche à droite : Jacques Nantel (secrétaire général, HEC Montréal), Claude Séguin (CGI), Pierre Robitaille (Gildan), Paul Desmarais III (analyste financier, Goldman Sachs), Dominic Bécotte, Marie-Ève Piché et Guy Fréchette (Ernst & Young).

Photos: discopalace et HEC Montréal – Flickr


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11 Réponses to “Le cauchemar des marchands de rêve”

  1. Tant et aussi longtemps que l’État sera omniprésent, le capitalisme (un système étatiste) sera toujours aussi néfaste.

  2. Kevin said

    Ayoye…. petit examen de conscience tout le monde :

    Vous trouvez ça sincèrement normal de vous indigner de l’écart entre les riches et les pauvres? C’est pas ça qu’on appelle de l’envie à l’état pur? Vous trouvez ça sincèrement normal de vous indigner de ce que votre voisin possède, même si ça vous enlève absolument rien?

    Mon boss a un meilleur salaire que moi et a beaucoup plus de possessions…. mais il a passé 20 ans à développer sa business comme un fou, à travailler de jour, de nuit, de fin de semaine. Il a mit toute son énergie là dedans pour avoir un salaire qui est pas astronomique. Étrangement, je profite de son travail et de son succès : j’ai une job! On appelle ça les avantages comparatifs ; par son esprit d’entreprise, il a développé une business qui m’engage et me donne une rémunération… simplement parce que lui veut faire de l’argent, il a besoin de moi. Qui est perdant? Personne, qui est gagnant? Tout le monde!

    Ruiner le riche aide pas le pauvre, le monde est pas un jeu à somme nulle et si j’ai 10$, il ne te manque pas 10$. Si je construit une maison et que je travaille 6 mois mais que toi tu t’écoeures et fais un petit bungalow en bambou en 2 semaines, l’écart entre les riches et les pauvres s’accentue. Oooooh que c’est mauvais… donc le gouvernement vas se mettre entre les deux pour me forcer à te concéder une partie de ma maison!

    Au fait, les pauvres ont aujourd’hui beaucoup plus que le riche des riche il y a 200 ans. Un nobody au salaire minimum peut avoir un appartement chauffé, éclairé, manger de la nourriture saine, se vêtir convenablement, avoir une télévision, un cellulaire, un ordinateur et internet. On parle juste d’un nobody à 8-9$ l’heure (je suis à 12 et j’ai ça donc…). Connaissez vous la main invisible? Qui fait en sorte que la richesse des uns déborde sur les autre? Mais l’écart entre les riches et les pauvres s’accentue… que c’est donc mauvais, quel monde cruel.

    Pour les gros riches qui paient pas d’impôt bah… basic à comprendre, c’est une question de conflit d’intérêt entre politiciens, fonctionnaires et propriétaires. Ils ont des passe droit et engagent des gens simplement pour éviter de payer de l’impôt. Le problème c’est le système fiscal qui est tellement complexe et fucked up, on gaspille des ressources énormes pour faire payer de l’impôt et effectuer des remboursements. On gaspille du vrai travail pour faire de la comptabilité inutile qui revient à prendre 2$ pour redonner 98 sous et réimposer 10 sous pour le retourner etc.

    Remarquez… je parles avec du monde qui croient que la société est une construction de l’état, que l’économie est quelquechose de sauvage et instable et que nos bons fonctionnaires la stabilisent, que les « dépenses sociales » sont une panacée pour tous les problème (étrange que la Russie ait manqué sa shot), que si un organisme public ne marche pas, c’est pas à cause de sa nature monopolistique et le manque de responsabilité des dirigeants et des employés, c’est juste parce qu’il faudrait une réforme. Donc ça vas passer dans le beurre et vous allez vous indigner de ce que les autres ont, jusqu’à ce qu’une autorité exauce vos souhaits et coupe toutes les têtes qui dépassent.

    @Anarcho – bah… j’imagine que tu parles de keynésianisme et de mercantilisme, le capitalisme en tant que tel c’est pas une créature de l’état. Si tu fais pousser des tomates et que j’élève des poulets, je t’échange un poulet pour un kilos de tomates c’est du capitalisme. Si on se regroupe avec d’autre personnes, qu’on réglemente les échanges avec d’autres groupes, qu’on rend illégal l’échange avec certains, qu’on utilise des ressources « collectives » (que le chef a pris à tout le monde en fonction de ses amis) pour développer des secteurs où on est pas efficace juste pour ne pas avoir à « importer », c’est du mercantilisme. Si en plus de ça, le chef emprunte pour développer des secteurs pas efficace ou carrément inutiles (pour stimuler l’économie…. whatever), c’est du keynésianisme.

    C’est sur que si tu déclare que les traitement de faveurs à certaines entreprises (copinage) et les droits de polluer (bref le droit de brimer les droits de propriété des autres) dans le capitalisme… bah c’est sûr que t’a raison mais.. on joue avec les mots, le capitalisme c’est pas ça.

  3. lutopium said

    @Anarcho: donc, si je comprend bien la logique, si l’État disparaît tous nos problèmes seront règlés?

    @Kevin: nos convictions sont vraiment irréconciliables. Oui, je m’indigne de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres. Oui, je m’indigne devant le fait que des gens extrêmement riches ne veulent pas hausser le salaire minimum à $10 et qu’ils ne veulent pas payer d’impôt. Oui, je m’indigne devant le fait qu’un dirigeant d’une grosse entreprise puisse gagner en une heure ce qu’un de ses employés fera dans un an. Oui, je m’indigne devant des investisseurs qui s’intéressent soudainement à une entreprise qui annonce des mises à pied massives parce que la valeur de l’action augmentera tout à coup.

    Ça ne veut pas dire qu’un président, une vice-présidente ou un propriétaire ne peut pas gagner un meilleur salaire. Mais on ne parle plus d’un facteur de 20 fois le salaire… Dans le cas d’un Michael Sabia par exemple, ce type gagne 120 fois plus qu’un employé! Et l’entreprise ne lui appartient même pas. Même les actionnaires se font voler!

  4. Kevin said

    @ Lutopium : Le salaire minimum est un facteur de paupérisation, on interdit à ceux qui ont une productivité inférieure au salaire minimum de travailler. De ce fait, on réduit la quantité d’emploi offert et on augmente la masse de travailleur sans emploi, ce qui fait diminuer la valeur moyenne de chaque emploi (puisque plus facile à remplacer par beaucoup de travailleurs prêt à travailler pour moins cher)

    « Oui, je m’indigne devant le fait que des gens extrêmement riches ne veulent pas hausser le salaire minimum à $10 » C’est l’état qui hausse le salaire minimum, personne d’autre n’y peut quoi que ce soit. Anyway, si un employé produit pour 8$ et le propriétaire doit payer 10$, qu’est-ce que tu penses qu’il va faire? Il vas envoyer le travail ailleur et ton petit pauvre vas se ramasser sans job. C’est plus complexe parce que les incitatifs sont très varié mais ça donne une idée des effets pervers de ta belle mesure « redistributive ».

    « et qu’ils ne veulent pas payer d’impôt. » Mais personne ne veut payer d’impôt!!! Le problème c’est pas que le gars ne soit pas assez altruiste (si tu donnais le choix aux gens, tu crois qu’ils en paieraient par bonté de coeur?), c’est que l’état donne des passe droit à certain. Anyway ça aussi c’est hyper complexe, l’impôt est déjà un pourcentage alors de payer un plus grand pourcentage parce qu’on gagne plus cher, c’est ridicule. En plus, l’impôt aux entreprises non plus n’a pas de fondement puisqu’une entreprise en tant que personne n’existe pas. Elle n’a pas de famille, elle ne mange pas, elle n’a pas d’enfant, c’est une « personne morale » mais ça ne veut rien dire en dehors d’un symbole. Lorsqu’une entreprise a des profits, ils vont être réinvestis (et sont donc la propriété du propriétaire) ou alors vont en dividendes (même chose..). C’est juste un nom pour unifier un groupe de personne travaillant dans un même but commercial où chacun a son rôle. Ce qu’il faudrait dire à la place, c’est que les propriétaires d’entreprise doivent payer plus d’impôt que le reste de la population. On oublie totalement le fait que c’est l’esprit d’entrepreunariat qui est le moteur de l’économie et on oublie aussi le fait qu’un entrepreneur gère de gros risques.

    « Oui, je m’indigne devant le fait qu’un dirigeant d’une grosse entreprise puisse gagner en une heure ce qu’un de ses employés fera dans un an. » Jalousie pure et dure, essaie pas de me faire croire à la vertue avec quelquechose qui exprime autant l’envie et la jalousie!!

    « Oui, je m’indigne devant des investisseurs qui s’intéressent soudainement à une entreprise qui annonce des mises à pied massives parce que la valeur de l’action augmentera tout à coup. » Bullshit, une entreprise n’est pas plus rentable avec moins d’employé, ce que tu parles c’est un effet tellement marginal, une entreprise qui slack des employé, c’est parce qu’elle a moins de travail et est donc en déclin, c’est le signe d’une entreprise qui a pris de mauvaises décisions (Bell).

    « Dans le cas d’un Michael Sabia par exemple, ce type gagne 120 fois plus qu’un employé! Et l’entreprise ne lui appartient même pas. Même les actionnaires se font voler! » Non mais on s’en cal*ce tu? Le salaire est choisi par les actionnaires, ils ont tout pouvoir si ils veulent résilier le contrat. C’est quelquechose entre les actionnaires et le directeur général, personne d’autre. Je m’indigne pas parce que tu t’occupes pas assez bien de ta femme? C’est la même chose.

    Au fait… c’est les plus grosses entreprises qui offrent les meilleurs salaires………………

    Pour ce qui est de anarcho, il a raison dans la mesure où l’état corrompt l’économie de marché (qui devient ce qu’il appelle capitalisme mais.. le terme est mal choisi). L’état change les incitatifs et introduit plein de mesures qui viennent détruire l’économie et amplifier ce qui serait un ralentissement économique en crise. En gros son rôle dans l’économie se résume à faire respecter les droits de propriété (et donc de valider la légitimité des contrats). Par exemple, mon boss doit poursuivre un gars pour non paiement de factures… il doit prendre du temps et des ressources pour se faire payer parce que l’autre twit joue dans le système judiciaire. Si tu savais le nombre d’annecdotes de client qui veulent pas payer… Lorsque je me fais voler chez moi, j’ai pas besoin de poursuivre le voleur pour qu’on aille l’arrêter. C’est drôle mais l’économie irait tellement mieux si on commençait par pas laisser les entreprises efficaces mourir parce qu’elles se font voler à gauche et à droite.

  5. @Lutopium

    L’anarchisme ne réglerait pas tous les problèmes immédiatement mais ce serait la fin des grandes corporations, des marchés financiers boursiers étatistes, des banques centrales et de nombreux aléas du capitalisme.

    @Kevin

    Je préfère « énonomie de marché » ou « libre-marché » par , pas « capitalisme » qui est un système étatiste maintenant. Pour le reste, votre explication est intéressante. Par contre, je ne suis pas entièrement d’accord avec le concept de propriété (ce point mériterait d’être éclairci de ma part) tel que prônée par les libertariens.

    Je n’ai rien contre les écarts de richesses, mais en autant qu’on ne commette pas des agressions contre les pauvres pour y arriver, ce qui arrive trop souvent à l’heure actuelle.

  6. Je préfère “énonomie de marché” ou “libre-marché” pour caractériser le genre d’économie qui ferait partie d’un monde anarchiste, pas “capitalisme” qui est un système étatiste maintenant.

  7. « Mais on ne parle plus d’un facteur de 20 fois le salaire… Dans le cas d’un Michael Sabia par exemple, ce type gagne 120 fois plus qu’un employé! Et l’entreprise ne lui appartient même pas. Même les actionnaires se font voler! »

    Ce qui n’est possible que grâce aux maudites corporations, qui ne pourraient exister dans un véritable libre-marché.

    Je suis d’accord avec ton propos ici.

  8. […] Plus tôt cette semaine, le confrère Lutopium s’indignait de l’augmentation de l’écart des riches et des […]

  9. lutopium said

    @Kevin: Tes commentaires me font rire à mon tour… Ben c’est ça, laissons le patron décider du salaire qu’il versera à ses employés selon leur productivité. Belle approche. C’est pas sérieux ton affaire. J’en connais des tonnes de gens qui n’ont aucun problème à payer leurs impôts, ben voyons donc. Je ne suis pas jaloux d’un homme d’affaires qui gagne des millions par année. Je n’ai aucune ambition à gagner autant d’argent. Ce n’est pas de la jalousie, c’est une dénonciation de vol qualifié.

    @Anarcho: les gouvernements ont tous les outils à leur disposition pour empêcher la création de monopoles et d’oligopoles. Si on se débarasse de l’état, qui s’assurera que le marché demeure compétitif et ce, dans l’intérêt des travailleurs?

  10. Kevin said

    « Ben c’est ça, laissons le patron décider du salaire qu’il versera à ses employés selon leur productivité. » – C’est le cas actuellement…………………………………………..

    En fait c’est un échange tout ce qu’il y a de plus ordinaire : l’employeur a un salaire à négocier et l’employé a un travail.

    « J’en connais des tonnes de gens qui n’ont aucun problème à payer leurs impôts, ben voyons donc » – Tu connais des gens qui acceptent les impôts et les hausses d’impôt avec le sourire, en se disant qu’ils contribuent à la prospérité nationale? Pourquoi ne pas faire des dons directement à l’état tant qu’à ça….

    « Ce n’est pas de la jalousie, c’est une dénonciation de vol qualifié. » – Démagogie, le vol implique de brimer les droits de propriété, chose qui fait partie de la base du libertarianisme. Un dirigeant qui reçoit un salaire l’a eu parce que les actionnaires sont en sa faveur ou alors parce que l’entreprise lui appartient, il n’y a absolument aucun vol.

    « @Anarcho: les gouvernements ont tous les outils à leur disposition pour empêcher la création de monopoles et d’oligopoles. Si on se débarasse de l’état, qui s’assurera que le marché demeure compétitif et ce, dans l’intérêt des travailleurs? » – Bin oui pis si la planète tourne c’est grâce aux gouvernements…………… De toute l’histoire de l’humanité, l’état a surtout avantagé des entreprises au détriment des autres, même au nom de loi anti-trust. Ils se servaient du caractère dominant d’une entreprise dans un domaine pour la démanteler à l’avantage de ses concurrents….. par copinage parce que les concurrents entretenaient des relations avec des hommes d’état. Les seuls monopoles qui existent sont public (ou protégé par l’état). T’est vraiment naif si tu crois que l’état fait en sorte que « le marché demeure compétitif « .

  11. lutopium said

    @Kevin: Un patron peut verser le salaire qu’il veut, la loi ne prévoit qu’un seuil minimum pour éviter les abus… Et comme bien des gens, oui, je verse des impôts et je suis reconnaissant des services que j’en retire. Je suis solidaire, je n’adhère pas au principe de l’utilisateur-payeur, concept égoiste et individualiste. FAUX, les actionnaires n’ont pas tant de pouvoir que tu sembles le croire. Une assemblée générale sur 120 minutes et les actionnaires ne sont pas directement consultés sur la rénumération des dirigeants. Y’a qu’Yves Michaud (un ancien Libéral devenu gauchiste) qui se bat pour les petits actionnaires…

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