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Ces riches qui détruisent la planète

Posted by lutopium sur 10 juillet 2008

https://i0.wp.com/farm4.static.flickr.com/3086/2656490614_fe34983280_m.jpgPar son climat exceptionnel et ses formidables paysages, la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique est une destination privilégiée pour un grand nombre de retraités canadiens et pour une brochette de gens fortunés en provenance des quatre coins de la planète.  Il y a quelques années, on pouvait y voir Arnold Schwarzenegger au volant de son gros Hummer.  C’était avant qu’il devienne le géant vert de l’écologisme en conserve…

La région connaît une importante croissance économique et démographique.  Et les effets néfastes de ce développement commencent à faire leur apparition : pollution des lacs, problèmes de circulation routière, disparition des terrains à vocation agricole, etc.    Ce qui m’a frappé le plus lors de mon dernier séjour là-bas ce sont les yatchs, spécialement ceux qu’on surnomme les bateaux-cigarettes.  Ces navires, qui utilisent deux puissants moteurs à essence, peuvent brûler jusqu’à 1000 litres d’essence dans une seule journée.  Le centre-ville de Kelowna fait place aux condos de luxe et aux boutiques spécialisées.  Sur les rives des lacs Okanagan, Kalamalka et Shuswap, des résidences se vendent pour des sommes allant jusqu’à $5 millions.

La richesse contribue donc à détruire l’environnement.  Comme nous le confirme une récente étude du Canadian Centre for Policy Alternatives, « les canadiens jouissant d’un revenu plus élevé créent une plus grande empreinte écologique que le reste de la population » :

  • Les 10 % de ménages canadiens les plus riches créent une empreinte écologique de 12,4 hectares par habitant; c’est près de deux fois et demie plus que les 10 % les plus pauvres.
  • Si l’étendue de l’empreinte écologique d’une personne s’accroît à mesure que s’élève le revenu du ménage, le bond réel de cet indicateur s’observe chez les 10 % les plus riches dans la population. Sur le plan des répercussions sur l’environnement, il y a réellement les riches et le reste d’entre nous.
  • L’empreinte des 60 % de ménages canadiens les moins riches est inférieure à la moyenne nationale, mais même les canadiens et les canadiennes ayant le revenu le plus bas créent une empreinte qui l’emporte plusieurs fois sur la moyenne correspondante dans des pays moins prospères que le nôtre.

C’est à se demander pourquoi l’être humain s’entête à vouloir faire fonctionner une multitude de moteurs pour se déplacer inutilement, se divertir et se rafraîchir.  Peut-on douter qu’une taxe verte y changera quoi que ce soit?

Photo : Résidence de la vallée de l’Okanagan offerte pour un peu plus de 5 millions.  Jane Hoffman Real Estate.

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6 Réponses to “Ces riches qui détruisent la planète”

  1. Bon billet Lutopium.

    Cela traduit que la surconsommation abusive des élites économiques est criante.

    Pourtant, ceux qui auraient les moyens de posséder des maisons écologiques, des voitures écologique, des biens écologiques font totalement le contraire!!!

    Et on vient me dire que la droite est environnementaliste!!!

  2. Gradlon said

    Salut Lutopium

    Je ne crois pas qu’une taxe verte y change vraiment quelque chose. Les plus riches sont prêts à payer un surplus pour être mieux soignés et ce, plus rapidement. Je pense qu’ils sont également prêts à payer une taxe pour avoir le droit de polluer plus que les autres, et ce, plus rapidement ❗

    J’espère avoir tort. J’espère aussi que ceux incapables de se payer une vie «verte» ne deviennent pas, par généralisation aveugle, une victime de ces mesures pécuniaires.

  3. lutopium said

    @Jimmy: Le magazine Forbes, qui fait annuellement l’éloge des plus riches, confirme qu’il y a 1,125 milliardaires qui se partagent une richesse évaluée à 4.4 trillions. Châteaux, jets privés, méga-yatchs, un souper à Paris et un café à Bangkok… C’est le retour vers l’aristocratie. Et elle bien se foutre du réchauffement climatique. Ils sont sur le party ces gens là!

    @Gradlon: salut! Bien dit: payer pour polluer. Un autre retour sur l’investissement. Ils n’y comprennent rien. C’est l’espoir du paradis qui les aveugle?

  4. Sébastien said

    Ah ces fameux bateaux. Pas besoin d’aller loin pour constater la même chose, je dirais plutôt, pour sentir la même chose. Un jour, j’ai mis les pieds dans le village de North Hatley dans les Cantons de l’Est. Un endroit bucolique sur le bord du lac Massawippi avec de vieilles maisons qui nous remémore la domination anglophone canadienne qui, aujourd’hui est devenu américaine. Les bureaux touristiques y vantent les pistes cyclables qui longent le village. À ma désagréable surprise, une odeur de gaz flotte dans l’air du à la grande quantité de jouet pour grande personne. Quoi de mieux que de faire du vélo en regardant le paysage et en reniflant les vapeurs d’essences. Quel bon buzzzz…

  5. Richard said

    La vie est parfois un bien beau conte de faits!!! ou quand les riches se font gâcher leur party…

    « Il symbolise le meilleur et le pire du capitalisme casino où se croisent une imagination, une créativité financière unique avec une absence totale de scrupules et de considération pour les entreprises et leurs salariés ».

    Non, il ne s’agit aucunement d’une description de Vincent Lacroix…

    « Nous sommes des professionnels, dit-il rayonnant. La réalité, c’est nous qui la créons. Mettez-vous bien ça dans le crâne : pour le public, il n’y a pas d’autre réalité que celle que nous inventons. Dans les familles, l’écran c’est le buisson ardent! C’est l’image et la parole divines.

    Il détache avec gourmandise chacun de ses mots.

    – Dieu a créé le monde en sept jours. Eh bien moi, je le crée tous les jours, sept jours sur sept! Il faudra vous y faire : la réalité n’existe plus ».

    Non, il ne s’agit pas non plus de P.K.P. faisant le jars devant sa banquière…

    « Il expliquait benoîtement qu’il préférait le terme entrepreneur à celui de patron, trop autoritaire, et à celui de chef d’entreprise, trop technologique ».

    Non, il ne s’agit pas des ronds de jambes verbeux et grotesques d’un quelconque représentant de l’Institut écono-quelqu’ chose de Montréal…

    Ce sont simplement quelques personnages d’un superbe roman populaire de Gérard Mordillat (qui est aussi cinéaste). L’histoire? Les employés d’une entreprise délocalisée, plutôt que de s’avouer vaincus et de prendre la porte avec leur petit bonheur sous le bras, trouvent moyen de se venger et pas à peu près : mettant en commun leurs savoirs et faisant jouer leurs réseaux de travail, de familles ou d’amitiés, ils apprennent aux prédateurs financiers responsables de leurs malheurs qu’ils ne sont pas des ressources jetables. Les politiciens corrompus, leur cour de courtisans et leurs bouffons stipendiés passent aussi à la moulinette de la révolte high tech imaginée par les congédiés qui ne veulent absolument pas dire merci… Les employés détournent littéralement un grand bal maritime organisé par et pour ces riches qui détruisent la planète. C’est vivant, créatif, délirant, ça fait plaisir où ça passe… on voudrait en être, participer,… La piraterie festive, évidemment, ne dure pas mais elle est présentée d’une façon telle qu’on se prend à rêver…

    Notre part des ténèbres,par Gérard Mordillat,
    Calmann-Lévy (657 pages… légères, on se laisse aller, on veut savoir…)

  6. lutopium said

    @Sébastien: effectivement, pas besoin d’aller très loin. Et nos fameuses régates de Valleyfield… Les grands garçons feraient mieux d’en profiter, je crois que c’est une activité en voie de disparition!

    @Richard: merci pour les extraits, ça semble être un bouquin fort intéressant!

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