Jean Charest et le libre-échange des gaz
Publié par lutopium sur 4 juin 2008
Personnellement, je suis loin d’être convaincu de l’efficacité d’un système de plafonnement et d’échange de gaz à effet de serre (GES), comme celui annoncé à grandes pompes par Jean Charest et Dalton McGuinty cette semaine. À l’exception de la conférence de presse de lundi dernier, de quelques communiqués évasifs et de légères entrevues avec les deux premiers ministres provinciaux, nous n’avons pas encore accès aux détails concernant cette initiative. J’ai lu quelque part que le système pourrait être instauré quelque part en 2010…
Je ne comprend pas encore tout à fait comment ce système se compare à la Bourse du Carbone de Montréal, son lancement la semaine dernière semblait faire consensus entre Québec et Ottawa … Évidemment, je juge qu’il est essentiel que les règles gouvernementales reliées aux émissions de GES doivent être plus sévères, mais il faudrait qu’on m’explique la différence entre un système d’échange de crédits et une bourse du carbone… Ne me dites pas qu’un système permet de percevoir des taxes et que l’autre contribuera à créer de la richesse… Manx, Jimmy : aidez-moi!
Doit-on comprendre que la réaction du parti conservateur confirme que l’Alberta n’est pas prête à réduire sérieusement les émissions de GES alors que les deux provinces rebelles et pollueuses songent sérieusement à forcer le jeu? On est en droit de se poser la question si on porte attention à la liste des grands pollueurs canadiens : sur les 500 mauvais garçons, le Québec en compte 80, soit 16%. L’Ontario quant à elle héberge 90 grands pollueurs, 18% du total canadien. C’est la riche albertaine, fière de ses sables bitumineux qui remporte la “na-palme”: 32% des plus importants pollueurs se trouvent sur son territoire avec 160 malfaiteurs… Alors que le Québec et l’Ontario doivent convaincre les alumineries et les papetières à investir pour réduire leurs émissions - en plus d’une usine de charbon ontarienne qui cause de sérieux problèmes à M. McGuinty - l’Alberta devra un jour négocier avec les riches et puissantes pétrolières. Lors de la prochaine campagne électorale, ce sera un problème politique énorme pour les conservateurs canadiens.
Est-il également permis de croire que les libéraux québécois et ontariens aient décidé d’unir leurs forces afin d’affaiblir les conservateurs? Suite aux nombreuses erreurs de parcours des troupes de Stephen Harper, cette soudaine amitié entre messieurs Charest et McGuinty donnera des maux de tête aux relationnistes conservateurs et ne nuira certainement pas à Stéphane Dion, qui prend tout ce qui passe…
Comment cette annonce peut-elle me convaincre que les alumineries et papetières québécoises se plieront aux exigences gouvernementales sous le règne d’un premier ministre qui leur est tellement sympathique? Si l’état québécois n’est même pas capable de s’assurer qu’elles paient leur juste part d’impôt, s’il semble plier à leur moindre caprice - surtout lorsqu’une d’elles menace se s’installer ailleurs - comment pouvez-vous nous assurer qu’elles prendront les mesures nécessaires pour réduire leurs émissions de GES? Permettez-moi d’en douter.
Dites-moi M. Charest: le libre-échange avec l’Europe serait-il néfaste pour la réduction des gaz à effet de serre?
Illustration: headhead - Flickr
Publié dans Environnement, Parti Conservateur, Parti Libéral, Économie | Taggé: Alberta, bourse du carbone, Dalton McGuinty, Europe, gaz à effet de serre, GES, Jean Charest, libre-échange, Montréal, pollueurs, Stephen Harper | 5 Commentaires »










On croyait que le spectacle donné par la commission Gomery donnerait la leçon aux politiciens et aux organisateurs politiques. Comme beaucoup de québécois et canadiens, j’étais convaincu que la vie politique serait un peu plus calme, voire dénudée de ses scandales après le départ de Jean Chrétien et de Paul Martin. Pendant un moment j’ai cru au sérieux des nouveaux arrivants qui semblaient déterminés à imposer une bonne gestion des finances, des attributions de contrats en règle, et une tonne de bonnes intentions… Ai-je également le souvenir de conservateurs arrogants envers les journalistes et les fonctionnaires, exigeant la saine gouvernance des institutions politiques et de l’appareil gouvernemental? Les nouveaux conservateurs canadiens, rejetons du parti de la réforme, grands défenseurs des droits familiaux et des libertés individuelles sont-ils en train de réaliser que l’ambition personnelle, les fausses raisons et même la corruption sont toujours attirés par le pouvoir, peu importe la couleur du parti?
Il m’arrive régulièrement de me faire identifier comme un étatiste, un gogauchiste et même un gérant d’estrade. Récemment, un personnage se présentant sous le pseudonyme de Tenace, me lançait : « …on critique, on attaque, on choisit judicieusement “un” cas que l’on monte en épingle pour mieux le vilipender mais surtout, on se garde bien de proposer une alternative crédible. »

Garde côtière américaine escortant un cargo de gaz naturel (LNG tanker) dans le port de Boston
Le rapprochement “naturel” des forces de droite nord-américaines commence à prendre forme. Après la réconciliation des gouvernements américains, mexicains et canadiens; voici que Stephen Harper investit des efforts pour se rapprocher d’un électorat sympatique aux idées de la droite politique et économique.