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Le vrai visage de l’ADQ

Publié par lutopium sur 21 avril 2008

Vraiment, rien ne va plus pour le parti de Mario Dumont…  En moins de trois semaines, nous avons été témoins de la fragilité de la machine adéquiste.  Propulsée en cinquième vitesse par les résultats électoraux du printemps 2007, la jeune équipe de l’ADQ se perd dans des souliers qui lui paraissent trop grands, démontrant son inexpérience et l’incohérence entre ses différentes instances nationales et régionales.

Il n’est évidemment pas facile pour un parti politique de mettre en place une structure lui permettant de supporter une quarantaine de députés, former une équipe pouvant solidifier son rôle d’opposition officielle tout en continuant de développer une présence importante dans presque toutes les circonscriptions.  La fragilité des bureaux de comté a été bien ressentie lorsque l’équipe de Gilles Taillon a divulgué des informations aux médias qui ont mis le numéro deux de l’ADQ dans l’embarras…  Tel que rapporté par Radio-Canada le 7 avril dernier, « Armand Maltais, membre fondateur de l’ADQ et candidat du parti en 1994, est déçu du silence de Mario Dumont. Sa frustration est partagée par Gilles Plante, ex-organisateur en chef de Gilles Taillon, et Rémi Lacasse, ancien libéral justement séduit par l’ADQ en raison de l’intimité existant entre sa base et ses dirigeants. »

Mario Dumont a toujours demandé un changement majeur de nos institutions publiques et n’a jamais râté l’occasion de nous rappeler que l’ADQ avait un fonctionnement fort différent des deux autres grands partis politiques québécois.  Son parti se vantait d’être près des gens allant jusqu’à révolutionner l’art de faire de la politique.  Avec la démission de l’exécutif de Hull le 10 avril dernier, le poids démocratique des instances locales nous semble toutefois inexistant.  Le chef du parti populiste ayant refusé de considérer la suggestion de l’exécutif de la circonscription de présenter la candidature de Gilles Taillon (…) lors des élections partielles qui auront lieu le 12 mai prochain.  Moi qui croyait que c’est l’assemblée des membres d’un comté qui choisissait son député…

Et voilà qu’en fin de semaine, nous apprenions que la vice-présidente de l’ADQ, Mme Sylvie Tremblay, a claqué la porte du parti et recommande aux québécois de ne pas voter pour Mario Dumont, qui représente à ses yeux un parti qui « n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie ».  Suite aux interventions stratégiques du député Simon-Pierre Diamond lors du congrès de l’ADQ organisé l’automne dernier dernier et qui visaient à faire passer des résolutions approuvées par l’exécutif national, Mme Tremblay avoue qu’elle n’en pouvait plus «de se fermer la gueule, de les laisser aller et d’appuyer tout ce qu’ils présentaient peu importe son avis». 

Dans sa quête du pouvoir, Mario Dumont semble s’être dissocié de son principe le plus cher : celui de changer le fonctionnement des partis politiques et de redonner le pouvoir aux citoyens.  À en croire les derniers évènements, l’ADQ donne plutôt l’impression d’une organisation fragile, laissant toute la place aux aspirations de quelques carriéristes ayant trouvé leur nid dans une organisation qui accueille tout individu qui démontre un peu de potentiel en relations publiques.  La démocratie semble inexistante par moments si on se fie à l’importance des directives en provenance du bureau exécutif et à l’insignifiance de ses relations avec les associations de circonscriptions et finalement, les membres du parti.

Photo : Robert Saucier - Flickr

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Le diamant du nil

Publié par lutopium sur 25 mars 2008

Je sais, les lieux géographiques doivent normalement respecter les règles de la langue française et la première lettre du nom doit utiliser la majuscule.  Je reconnais également que ce film n’était pas à la hauteur de son prédécesseur « À la poursuite du diamant vert ».  Mais, que voulez-vous, j’ai décidé de me permettre cet écart de language suite à la parution du billet du député de Marguerite-d’Youville sur le site du journal citoyen Cents Papiers.

Le jeune député adéquiste nous a confié qu’il espère que « son élection redonnera confiance aux jeunes dans le politique ».  Certes, il apporte de bons arguments - que nous avons entendu auparavant et ailleurs - qui nous expliquent un peu pourquoi les jeunes ne s’impliquent pas dans les partis politiques.  On ne peut pas contredire le fait que les jeunes se sentent plutôt interpellés par les luttes environnementales, les manifestations contre la guerre, la solidarité internationale, les enjeux humanitaires et autres nobles causes.  Quant à moi, rien de nouveau dans ces constatations.  Je me rappelle des « rallyes pour le tiers-monde » et des manifestations contre le nucléaire dans les années 70 et 80, ces évènements étaient beaucoup plus populaires que les congrès annuels des partis politiques.  Quand on se retrouve à la fin de l’adolescence, on rêve d’un monde meilleur, de changements extraordinaires, d’une grande fête universelle…

Celui qui détient le record du plus jeune membre de l’Assemblée Nationale du Québec aurait pu consulter l’étude publiée par Élections Canada qui tente d’expliquer pourquoi tant de citoyens s’abstiennent de voter.  Voici quelques raisons qui ont été soulevées par les répondants à ce sondage réalisé en 2003:

Les jeunes sont cyniques ou désenchantés de la politique, dégoûtés « des fausses promesses, de la malhonnêteté, de l’hypocrisie, de la corruption et du négativisme » qui caractériseraient la vie politique, et réfractaires à participer à un exercice « inutile ».

Ils manquent de confiance envers les candidats, les partis ou le gouvernement, ou n’aiment simplement pas ce qui se fait (ou ne se fait pas) en politique.

Après avoir vu défiler les accusés de la commission Gomery au petit écran, constaté que certains chefs de partis reçoivent des rénumérations doûteuses et appris que de hauts-fonctionnaires vivent comme des pachas, il n’est pas surprenant que les jeunes sont de plus en plus cyniques face au monde politique. On s’entend pour dire que ça rejoint la majorité de la population, peu importe l’âge!

En ce qui concerne les raisons qu’ils l’ont amené à s’impliquer dans un parti politique, je ne comprend pas pourquoi M. Diamond n’a pas mentionné - comme il l’avait fait lors de son passage à Bons Baiser de France l’an dernier - que son père était activement impliqué en politique, ce qui l’a probablement encouragé à joindre les jeunesses adéquistes alors qu’il n’avait que 16 ans.  Comment peut-il prétendre que « la population de Marguerite-D’Youville a su faire abstraction de son âge et lui faire confiance » alors que son élection est sans aucun doute reliée à l’insatisfaction générale de la population envers les politiciens et à un vote de contestation transmis vers Mario Dumont et sa formation politique?

Malgré son inexpérience et son jeune âge, M. Diamond démontre cependant de réelles capacités à devenir un politicien chevronné (…) et un personnage fort ambitieux.  Avant d’en arriver là, il lui faudra cependant investir des énergies considérables pour conserver son siège aux prochaines élections.  Dans la circonscription qu’il représente, l’ADQ y a récolté l’an dernier deux fois plus de votes qu’à l’élection générale de 2003.  Historiquement, les circonscriptions de cette région de la rive-sud de Montréal sont des endroits où les péquistes et les libéraux se partagent le pouvoir, selon l’humeur de la population.  Suite aux résultats des derniers sondages et des récentes performances de l’ADQ, sans oublier l’arrivée de Mme Monique Richard comme candidate du PQ sans son comté, la lutte pour le maintien au pouvoir s’annonce très difficile pour M. Diamond et l’ADQ.

Maintenant, s’il désire réellement que les jeunes de sa génération reprennent le goût du politique, il devra convaincre son chef de démontrer qu’un politicien peut être honnête et proche des préoccupations des citoyens.  Retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan, gratuité scolaire, réforme du mode de scrutin, démocratie participative et transparence de la rénumération du chef de l’opposition, ça vous dit quelque chose?

En passant, j’ai appris qu’en informatique, « nil » est utilisé pour désigner la liste vide qui joue le même rôle commode pour les listes que le zéro pour les entiers… 

Cet article est paru sur Un Homme En Colère le 21 mars dernier et sur Cent Papiers le 23 mars. Des commentaires additionnels peuvent y être consultés.  Photo: François Lafite, Flickr

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