lutopium

Sommes-nous prêts pour de vrais changements?

Publié par lutopium sur 14 juin 2008

Un petit samedi matin tranquille.  Lendemain de veille.  Après avoir trouvé une graine de courage, je me suis finalement levé du sofa pour faire le café.  Les deux petites Advil font effet et le mal de bloc s’évapore.  La vie continue.  La cuisine donne l’image d’un champ de bataille.  Pas le choix, un ménage s’impose…  Ça sera pour plus tard, je choisis de m’évacher devant le téléviseur.

Heureuse coincidence.  Au gré de la télécommande, je tombe sur une entrevue avec Harry Belafonte, invité à l’émission « Our World » à CBC Newsworld.  Même si le type a vieilli un brin, des souvenirs réapparaissent.  Dans les années soixante, Belafonte et Sidney Poitier représentaient pour plusieurs l’exception de la règle.  La commauté noire américaine était la grande absente du cinéma et de la télévision.  Les jazzmen commençaient à peine à recevoir une forme de respect.

De la hauteur de ses 81 ans, Belafonte connaît bien l’Amérique.  Pour lui, l’opportunité qui est offerte à Barack Obama par le peuple américain est un événement important pour son pays et toute la planète.  Il nous rappelle que certains présidents américains ont fait preuve de courage afin d’apporter de grands changements : F.D Roosevelt et son New Deal ont révolutionné le rôle de l’état en temps de crise, John Kennedy a su redonner espoir aux américains.  L’acteur était un bon ami de Martin Luther King et a souvent endossé des causes politiques et pacifistes sans craindre les réactions de l’industrie du spectacle.

Harry Belafonte est convaincu que le peuple peut briser l’ordre des choses.  Mais il demande aux citoyens s’ils sont vraiment prêts à provoquer de vrais changements.   Pour lui, la constitution américaine est claire : le pouvoir est au citoyen.  Il nous rappelle que le peuple a le pouvoir d’élire des représentants et de leur retirer ce pouvoir lorsque nous en avons l’occasion.  Les élections présidentielles de l’automne prochain sont donc cruciales : un vote pour Obama pourrait devenir la porte de sortie vers de vrais changements.  Le moment est approprié : le prochain président des Etats-Unis aura le pouvoir de retirer les troupes de l’Irak, il pourra tourner le dos au lobby des pétrolières, il devra enrayer la pauvreté, les injustices et la violence.  Comme nous le rappelle Belafonte, il n’est pas normal que la plus grande puissance économique et militaire au monde compte plus de citoyens en prison que dans les universités…

La globalisation des marchés devait faciliter la répartition de la richesse, enrayer la pauvreté et garnir les assiettes des plus démunis de la planète.  La population de rend bien compte que la situation est toute contraire!  Si les américains veulent de réels changements, ils devront donner une chance à Obama tout en le rappelant à l’ordre régulièrement.  Les canadiens eux devront se débarasser des conservateurs et exiger un vrai programme de réduction des gaz à effet de serre, une meilleure répartition des richesses et une vraie reconnaissance aux peuples amérindiens.  Les québécois devront préciser un jour ce que signifie réellement leur soif de solidarité et la définition de leur richesse collective.  Il nous faudra bien choisir un jour entre nos obsessions égoistes et une authentique justice pour tous, sans aucune exception.

Photo : Filipe Moreira - Flickr

Publié dans Environnement, Guerre, Politique, Économie | Taggé: , , , , , , , , , | 4 Commentaires »

L’espoir de Marie Grégoire

Publié par lutopium sur 30 mars 2008

Lors des élections générales de 2003, l’Action Démocratique du Québec a perdu une de ses meilleures députées lorsque Marie Grégoire a cédé le siège de la circonscription de Berthier à Alexandre Bourdeau du Parti Québécois.  Suite à un passage à l’Assemblée Nationale qui n’aura duré que quelques mois, l’ADQ s’est vu retirer une des ses membres les plus influentes, qui avait contribué à lancer ce nouveau parti sur l’échiquier politique québécois.

J’ai pris le temps de regarder le club des ex sur RDI et j’ai remarqué que Mme Grégoire démontre encore une certaine loyauté envers Mario Dumont et aux positions de son parti.  Même si elle se retrouve régulièrement coincée entre l’arbre et l’écorce en se sentant « obligée » de défendre les idées d’un parti populiste de droite, Mme Grégoire fait preuve d’un argumentaire solide et d’une présence ressentie, ce qui permet un débat intéressant avec les autres participants de l’émission, Liza Frulla et Jean-Pierre Charbonneau.

Lors d’une récente émission, elle semblait mal à l’aise de défendre l’octroi d’une rénumération de $50,000 au chef de son parti.  Mais son allégeance l’a amenée à justifier les salaires de M. Dumont et à amenuiser l’importance de la nouvelle.  Ses arguments ont toutefois rallié l’unanimité du panel, Mme Frulla et M. Charbonneau se portant également à la défense du premier ministre et du chef de l’opposition.

J’ai donc été surpris après la lecture de sa dernière chronique dans le journal Le Métro.  À ce que je me souvienne, c’est la première fois qu’une adéquiste endosse Barack Obama.  Elle y introduit les derniers déboires de la campagne électorale américaine en traçant un parallèle intéressant entre Chicago et le Québec et fait même l’éloge de Barack Obama en soulignant son travail acharné et sa dignité.  Elle ira jusqu’à espérer que sa victoire « souffle une dose d’espoir sur le Québec ».

On peut donc voter pour l’ADQ et ne pas être forcé d’appuyer le Parti Républicain.  De toutes façons, les deux partis américains sont presque jumeaux, ayant plus de similitudes que de différences marquantes.  C’est pas le suicide politique!

Illustration : Shepard Fairey

Publié dans ADQ | Taggé: , , , , , , , , , | 9 Commentaires »

Le baîllon pour Kucinich

Publié par lutopium sur 20 janvier 2008

Le système bipartite américain prouve une fois de plus que la démocratie en Amérique est en très mauvaise posture. J’ai encore une fois eu cette conviction lorsque j’ai appris ce matin, lors de ma visite habituelle sur les Carnets Dédalus, qu’un des aspirants à l’investiture du parti démocrate, Dennis Kucinich, a été écarté du débat de mardi dernier suite à une décision controversée du réseau NBC.

Kucinich avait reçu confirmation du réseau de télévision car son profil respectait les critères qui permettent de participer à de telles rencontres publiques. Quelques jours avant le débat, son organisation a appris qu’il ne serait pas invité au débat. L’histoire s’est terminée en cour de justice où le magistrat a jugé que NBC devait inclure le quatrième candidat à l’émission devant être présentée en direct le 15 janvier. Le télédiffuseur a modifié les critères de qualification et Kucinich n’a finalement pu se joindre aux candidats vedettes - Clinton, Obama et Edwards - pour débattre des enjeux politiques américains.

Invité par Amy Goodman du réseau Democracy Now!, il a finalement eu l’opportunité de partager ses positions et ses solutions pour les grands problèmes de l’Amérique. Seul candidat radicalement opposé à l’invasion de l’Irak en 2003, Kucinich se démarque des autres candidats démocrates par sa compréhension unique des enjeux et des solutions qu’il préconise à court terme. Il exige notamment un retrait immédiat des troupes américaines en Irak et se dissocie complètement de l’importance des prérogatives militaires, comprennant qu’il pourrait même se faire traiter d’anti-patriotique.

Les différences entre les trois “principaux” candidats démocrates sont minces. Une femme, un homme de couleur, un troisième jouant la carte de l’honnêteté. Ça, ce sont les images projetées. Les ressemblances entre le parti démocrate et le parti républicain en ce qui concerne la politique étrangère, le rôle de l’armée et l’économie sont frappantes. Le système bipartite ne fonctionne pas.

Et au Québec, il se passe quoi avec la réforme du scrutin Monsieur Dumont?

Photo: GIRLintheCAFE - Flickr

Publié dans Guerre, Médias, Politique | Taggé: , , , , , , | 2 Commentaires »