lutopium

Fin de session et vive les vacances!

Publié par lutopium sur 18 juin 2008

Je tenais à vous laisser un petit mot avant de quitter la blogosphère pour m’enrober dans des vacances qui tombent à point.  Ça fait deux ans que je n’ai pas eu la possibilité de profiter de quatorze jours consécutifs sans devoir me rendre au boulot.  Vivement les réductions de personnel, la rentabilité de l’entreprise, la hausse de productivité et le graissage des hauts-dirigeants.

Déjà six mois à commenter l’actualité politique québécoise, quelques fois canadienne, américaine à l’occasion.  À dénoncer les stratégies des partis de droite, l’ambition démesurée de quelques politiciens, le gouvernement invisible.  À espérer la prise de conscience collective, la lutte pour le vrai pouvoir citoyen, la disparition de la pauvreté, une décroissance conviviale…

Tiens, j’aimerais simplement profiter de cette dernière soirée devant l’éditeur WordPress pour vous dire un sincère merci.  Sachez que j’apprécie énormément vos visites, vos commentaires et votre disponibilité.  Merci Louis-Belz, Renart et Jimmy pour m’avoir accueilli chez UHEC :  ce fut le coup d’envoi, l’inspiration, le sentiment d’appartenance.  Merci à tous les autres blogueurs qui laissent leur trace de temps à autre et à qui j’essaie de rendre la pareille le plus régulièrement possible : AntiPollution, Alexis, Manx, AnarchoPragmatique, MFL, Belette, l’Équilibriste, RadiCarl, Pierre JC Allard, Tym Machine, j’en oublie sûrement…  Merci!

Nous partons visiter les parents de ma conjointe dans la vallée de l’Okanagan pour deux semaines.  Je fêterai donc la Saint-Jean Baptiste dans le berceau du conservatisme-religieux canadien…  Heureusement, tout le monde est bien chic et nous fêterons le Québec entre francophones et anglophones.  J’anticipe quelques questions sur la commission Bouchard-Taylor, Hérouxville et le traditionnel « what does Quebec want? ».  J’essaierai d’être accomodant et raisonnable, je serai en vacances tout de même!

Depuis décembre dernier, nous avons eu droit à une scène politique mouvementée.  Ça devrait être intéressant l’automne prochain, profitant d’un climat unique où l’on retrouvera encore les deux paliers de gouvernement en situation minoritaire, un Mario Dumont confus et toujours mal conseillé, une Pauline Marois qui poursuivra sa campagne de séduction, un Stéphane Dion qui ne parvient pas à se greffer une colonne vertébrale et un Gilles Duceppe pensant sérieusement à une retraite bien méritée.  Il ne serait pas surprenant d’assister à la démission de Maxime Bernier comme député, d’apprendre que Steven Guilbeault se lance en politique ou qu’un ami du parti libéral se voit accorder un gros contrat de PPP.

Je profiterai donc de cette pause pour me reposer, retrouver le plaisir des joies de l’été avec mes deux grandes filles, marcher dans les montagnes, partir en canot, profiter des belles plages et tout ce qui passera.  Je reviendrai en grande forme, j’en suis certain.  Prenez garde adéquistes, conservateurs, néolibéraux et exploiteurs de tout gabarit.  De retour dans quelques semaines…

Photo : Graeme Grovum - Flickr

Publié dans ADQ, Parti Conservateur, Parti Libéral, Parti Québécois, Politique, Uncategorized | Taggé: , , , , , , , , , , | 7 Commentaires »

Le défi imprévu d’un Parti Bleu

Publié par lutopium sur 28 mai 2008

J’ai encore eu un de ces drôles de rêves.  Ça m’arrive lorsque je bois de l’eau de source…  On devait être quelque part après 2010, ça commence devant l’écran de l’ordi.  J’essaie de digérer les résultats de l’élection provinciale.  J’écoute attentivement l’annonce de rhum - comme on semble nommer cette vieille tradition du chef de pupitre - qui nous apprend que le Québec vient d’élire le Parti Libéral du Québec, qui formera un gouvernement minoritaire avec Philippe Couillard comme premier ministre. 

J’aperçois un cahier de La Presse sur le bureau et examine les résultats d’un sondage CROP-La Presse qui donnait déjà les libéraux gagnants avec une forte marge.  Personne ne semble surpris des évènements de la soirée, à l’exception, peut-être, de la performance du Parti Bleu du Québec qui râfle la troisième place, derrière le Parti Québecois et devançant Québec solidaire qui se console d’un 4% des votes.  Bizarre, ni l’Action Démocratique, ni Mario Dumont ne semblent participer à cette élection…

Le chef du Parti Bleu, Adrien Villeguy, nage dans l’euphorie.  Grâce à une vingtaine de députés, il parle déjà d’une coalition avec les libéraux.  À un journaliste qui lui demande comment il explique les résultats de la sorée, M. Villeguy explique que les québécois se sont identifiés à l’approche de sa formation politique.  « La gauche et la droite, ça n’existe plus » lance-t-il en rappelant que le slogan du parti - « Nous Sommes Tous Bleus » - démontre que la population est très préoccupée par la fonte des glaciers et qu’elle demande au gouvernement et aux entreprises de remédier à la situation.

Le bonheur des uns semble toujours faire le malheur des autres si on regarde du côté de Québec solidaire…  La popularité du Parti Bleu semble préoccuper les membres de la formation de gauche et l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous avec Françoise David.  Il semble que le mouvement écologiste et les partis progressistes aient finalement réalisé qu’ils se battent entre eux pour gagner la sympathie des électeurs, et le gagnant a bien choisi sa couleur. 

Un blogue affiche quelques informations sur les récents affrontements survenus entre les groupes environnementalistes et la gauche québécoise.  On peut lire que les écologistes énarvent Léo-Paul Lauzon et qu’ils sont loin d’être d’accord sur l’augmentation des tarifs d’électricité.  Le diable semble être pogné dans mon écran, je lis maintenant un billet de Jack Layton qui explique la position du NPD qui semble déplaire à Stéphane Bilbeault d’Équimerre.  Il est plus que temps que ce cadran me réveille…

Revenu à mes sens, j’ai encore cette interrogation: est-ce que l’existence de la gauche politique est compromise par l’arrivée d’un parti écologiste qui désire occuper l’échiquier politique?

Photo : Peter Vanallen - Flickr

Publié dans ADQ, Environnement, Médias, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , , , , , | 19 Commentaires »

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire

Publié par lutopium sur 17 mai 2008

Suite au plan d’action proposé par Mme Pauline Marois le 16 mai dernier, qui tend la main aux québécois de toutes allégences afin de consolider les énergies nécessaires à la défense du projet souverainiste… Et en réaction à la question que me pose la blogeuse du PQ sur le site Bon Blogue Bad Blogue, j’ai réalisé que je ne pourrais pas mieux m’exprimer que par les mots qu’a prononcés Jean-Pierre Charbonneau le 17 septembre 2004.  Le débat n’a guère changé depuis 4 ans, voici donc quelques pistes de solutions intéressantes que nous pourrions explorer…

Pour sortir de l’impasse et faire l’histoire:  créer une véritable coalition de partis politiques

Par Jean-Pierre Charbonneau - Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l’Assemblée nationale du Québec. Tribune libre de vigile.net, le 17 septembre 2004

« Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l’essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d’un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d’un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.

Tout ce brassage d’idées est bien et pertinent. Cependant, il n’est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d’aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d’aujourd’hui de rallier en son sein et derrière lui tous ceux et celles qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n’y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.

Il est vrai que, dans le cadre actuel d’un mode de scrutin à l’anglaise, un parti peut prendre le pouvoir avec l’appui d’une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l’électorat. C’est d’ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l’esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux et celles qui, au fil des années de gouvernance provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque. On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu’il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l’insertion de divers clubs politiques autonomes, tels Les syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) qui vient d’être reconnu formellement au dernier Conseil national.

Cette façon de voir et faire les choses n’est pas en soi mauvaise. Elle n’est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d’aujourd’hui n’est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l’Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leurs électorats quitter pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l’ADQ de Mario Dumont et ceux de l’Union des forces progressistes ou de l’Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.

La conséquence de cela est donc très évidente : tous ces partis vont aux prochaines élections générales se diviser les votes anti-gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si au PQ on refuse actuellement d’envisager ce scénario et de s’y préparer, l’évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu’aux dernières élections d’avril 2003.

Quoi faire alors ? D’abord constater que tous ceux et celles qui depuis 15 ans ont envisagé un jour ou l’autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard, sont aujourd’hui pour la très grande majorité ailleurs qu’au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l’ADQ, à l’UFP, au Parti vert, à l’Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67% de la population aux lendemains de l’échec de l’Accord du Lac Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd’hui 58% de l’électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens et citoyennes farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.

Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l’échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d’hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bi-partiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une alternative solide et enthousiasmante. Ce Ralliement pour le Québec, s’il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toute la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour lancer à la fois la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise pour mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et pour remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle…

… La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire, car elle implique l’utilisation d’un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste à la condition, bien sûr, que tous et toutes fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles. Robert Bourassa aurait pu faire l’Histoire s’il avait eu le courage d’aller au bout de ce qu’il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd’hui, tous les chefs politiques du Québec à l’exception de Jean Charest peuvent sortir le Québec de l’impasse et faire l’Histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage pour le faire? Je le souhaite. »

Photo (muraille en l’honneur des Patriotes de 1837-1838 au Bas-Canada - Métro Papineau) : L’Hibou - Flickr

Bon congé des Patriotes à tous.  God f… the Queen!  8-)

Publié dans Parti Québécois, Politique, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , , | 3 Commentaires »

Le deuil politique de Mario Dumont

Publié par lutopium sur 13 mai 2008

La plupart des obsvervateurs de la scène politique québécoise, incluant votre humble serviteur, avaient prévu la déconfiture de l’Action Démocratique lors des élections partielles qui se sont tenues hier dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, Bourget et Hull.

Ce n’est pas la première fois que Mario Dumont subit la défaite.  Il a démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait revenir encore plus fort.  Cependant, cette cuisante défaite doit être difficile à encaisser suite aux résultats des élections générales de 2007 où son parti avait récolté 31% des votes et 41 sièges à l’Assemblée Nationale, devenant ainsi l’opposition officielle.  Chose certaine, les personnalités publiques qui songeaient à représenter les couleurs de l’ADQ aux prochaines élections y songeront à deux fois avant de faire le saut en politique.  La cuisante défaite de Denis Mondor et Diane Bellemare démontrent que la loyauté des électeurs envers le Parti Libéral et le Parti Québécois est plus importante que l’attrait pour des candidats prestigieux d’un jeune parti qui prône le changement.

Mario Dumont doit avoir des cauchemars par les temps qui courent. Ça ne doit pas être agréable de se réveiller en pleine nuit avec des images de Sylvie Tremblay qui le traita de dictateur lors de son passage à Tout Le Monde En Parle le 27 avril dernier…  J’ai l’impression que ce cette visite de Mme Tremblay sur le plateau de Guy A. Lepage n’a pas aidé la cause de l’ADQ. 

Mon prognostic tient toujours : Mario Dumont démissionera de son poste après les prochaines élections générales où l’ADQ récoltera moins de dix sièges et entre 14 et 17% des votes.  Il sera peut-être tenté de joindre les rangs du Parti Libéral où il pourra au moins devenir ministre et terminer sa carrière politique avec un peu plus de flamboyance.  On doit finir par se lasser de donner des coups d’épée dans l’eau…

En terminant, quelques questions : suite aux résultats obtenus dans Bourget et sa récente défaite à la course à la chefferie, est-ce Scott McKay demeurera au Parti Vert du Québec?  Est-ce que Mario Dumont redonnera son appui pour la réforme du mode de scrutin vers une méthode proportionnelle?  Qu’adviendra-t-il des instances locales et régionales de l’ADQ qui connaissaient déjà quelques problèmes organisationnels?

Photo: Penzance - Flickr.   (À la demande générale, la photo a été changée le 16 mai)  8-)

Publié dans ADQ, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , | 17 Commentaires »

Un projet rassembleur pour Alexis

Publié par lutopium sur 8 mai 2008

Il m’arrive régulièrement de me faire identifier comme un étatiste, un gogauchiste et même un gérant d’estrade.  Récemment, un personnage se présentant sous le pseudonyme de Tenace, me lançait : « …on critique, on attaque, on choisit judicieusement “un” cas que l’on monte en épingle pour mieux le vilipender mais surtout, on se garde bien de proposer une alternative crédible. »

C’est bien mal me connaître.  Je ne sais pas pourquoi le blogueur Davidg, connu maintenant comme l’Anarcho-pragamatiste, ne cesse de me traiter également d’étatiste, comme si j’étais obsédé par l’existence même du gouvernement et que sans ses structures et ses services, je serais complètement perdu.  Je ne sais pas pourquoi, les libertariens et certains anarchistes semblent convaincus que l’entreprise privée traiterait mieux les citoyens dans un monde où le libre-marché et la primauté des libertés individuelles seraient maîtres et roi…

Je commence à en avoir marre de ces étiquettes qui sont utilisées à outrance et qui finalement, n’amènent rien au débat des idées.  Bien oui, je suis de gauche, à défaut d’être de droite ou de choisir le confort du centre.  Je ne suis pas communiste, je crois comme vous que Staline était fou allié et que les cubains ont également droit à plus de liberté. 

Ceci étant dit, j’aimerais répondre aujourd’hui à l’invitation lancée par Alexis St-Gelais où il demande aux blogueurs politiques de lancer « un projet d’envergure que nous aimerions voir se réaliser au Québec ».  J’en ai trois comme ça, les voici :

Projet politique :

Il est grand temps que le Québec modifie le système électoral.  La méthode actuelle, héritée de notre domination britannique, ne permet pas aux nouvelles idées politiques de faire leur place dans les débats.  Les partis alternatifs comme le Parti Vert du Québec et Québec solidaire ne sont plus des phénomènes marginaux.  Aux dernières élections provinciales, c’est près de 300,000 québécois - soit plus de 7% des votes, qui ont appuyé ces deux formations politiques.

Tous les partis politiques ont exigé le passage vers un mode de scrutin de type proportionnel.  Ça fait plus de quarante ans que le Parti Libéral et le Parti Québécois débattent de cette possibilité.  Comme le nous rappelle Paul Cliche dans le livre Libérer les Québecs, « Le premier ministre Lévesque, lui, avec son franc parler, ne s’était pas gêné, en 1972, pour qualifier le mode de scrutin actuel de démocratiquement infect ».  À une époque pas tellement lointaine, Mario Dumont exigeait lui aussi la révision de la méthode actuelle afin de permettre aux nouveaux partis d’accéder à l’Assemblée Nationale.  Le ministre des affaires intergouvernementales, M. Benoit Pelletier, allait encore plus loin, en publiant une lettre dans le quotidien Le Soleil - quelques semaines avant un projet de loi qui devait aller dans ce sens, où il mentionnait : 

 « Ceux qui auront à changer le plus leurs pratiques au cours de cette évolution, ce ne sont pas les citoyens, mais bien les partis politiques. Le citoyen ne pourra que sortir gagnant de ce genre d’exercice, puisqu’il aura la certitude que son vote comptera et que sa volonté sera mieux considérée. Si cette volonté entraîne des gouvernements de coalition dans certains cas, il incombera alors aux partis et non aux citoyens de s’ajuster. Leur survie dépendra de leur capacité de s’adapter et de travailler ensemble. »

Projet pour l’économie et l’environnement

J’aimerais tout simplement reprendre ici une idée que j’ai lancée le 18 janvier dernier où je suggèrais l’implication du Québec dans la construction de petits véhicules électriques :

Lors du salon de l’automobile de Montréal, le groupe français Dassault a présenté la toute nouvelle version de sa voiture électrique Cleanova. Le moteur a été conçu par TM4, une filiale d’Hydro-Québec qui a commandé quelques véhicules l’an dernier.

Ça fait des années qu’on entend parler de ce projet et, finalement que le produit est commercialisé, le Québec n’est pas dans la course. Le lancement d’une usine de fabrication de voitures électriques à 100% serait le type de projet mobilisateur où le talent et la détermination rassembleraient les québécois. Serait-il permis de penser que des entreprises comme Bombardier, Prévost et Hydro-Québec puissent s’associer avec Dassault pour construire une voiture électrique au Québec… abordable, même sans contribution gouvernementale? Ça nous ferait un p’tit retour sur investissement! Ça nous aiderait à atteindre les objectifs de réduction des GES.

Une idée comme celle-là est probablement irréalisable ici au Québec, me direz-vous. Manque de liquidités? Ingérance gouvernementale? Forces naturelles du marché s’opposant au moteur électrique? Main-d’œuvre trop dispendieuse? Climat? Marché?

On dit souvent que les citoyens sont opposés aux grands projets. Personnellement, j’aimerais bien entendre des idées nouvelles de la part de nos entrepreneurs. Ça ferait changement des ventes d’entreprises et des restructurations…

Invitation aux québécois

Finalement, j’aimerais lancer une invitation toute simple à tous les québécois et québécoises…  Vous êtes fiers de votre identité?  Vous voulez crier haut et fort que vous tenez à la survie de la langue française en Amérique du Nord?  Ça vous écoeure d’entendre Michaëlle Jean dire des conneries, rabaisser notre culture et la voir se comporter comme une esclave de service pour Stephen Harper?

Alors rendez-vous en grand nombre aux festivités du 400ème anniversaire de la ville de Québec cet été.  Empêchez Josée Verner et les opportunistes conservateurs voler notre fête pour la tourner en exercice de propagande canadienne.  Démontrez au reste du monde qu’une fête nationale c’est plus que le marketing destiné à remplir les hôtels et engraisser les restaurateurs.

Photo: vanou - Flickr 

Publié dans ADQ, Parti Conservateur, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 16 Commentaires »

Un autre coup dur pour l’ADQ

Publié par lutopium sur 5 mai 2008

Après la circonscription de Chauveau, où le député Gilles Taillon a eu du mal à partir avec quelques anciens membres de son exécutif et suite à la démission fracassante de Mme Sylvie Tremblay de l’association de Verdun, voilà que l’Action Démocratique du Québec perd une autre équipe et se voit acculée dans les cordes.

Le journal l’Oeil Régional nous apprenenait, dans sa livraison du 3 mai dernier, que « le président de l’ADQ de Borduas, Réginald Gagnon, a démissionné de son poste et n’a plus du tout l’intention d’être candidat aux prochaines élections provinciales. »  Alors que les membres adéquistes semblaient déterminés à solidifier leur présence dans ce comté de la rive-sud de Montréal , le président et tous les membres de l’exécutif ont démissionné, obligeant la jeune formation politique à rebâtir une nouvelle équipe.  Tout le savoir-faire d’une organisation locale s’envole et la seule pose de pancartes pourrait être une tâche difficile à accomplir.

Même si cette circonscription est un château-fort péquiste, représentée pendant 30 ans par Jean-Pierre Charbonneau et conservée par Pierre Curzi aux dernières élections, il apparaît que Mario Dumont a un objectif précis avec ces municipalités qui longent le Richelieu dont le profil semble être recherché par ses « dépisteurs ».  Dans le même article, M. Gagnon affirme qu’il a «  appris le jour de l’assemblée générale des membres que Borduas et Vachon étaient les deux circonscriptions de la Montérégie réservées par le parti. Ça veut donc dire que c’est le national qui décide, indépendamment de la volonté des membres dans les circonscriptions… Je ne trouve pas ça très démocratique

La stratégie adéquiste vise probablement à concentrer ses efforts dans ces banlieues de plus en plus éloignées du centre-ville, là où le passé rural se fait encore un peu sentir.  On cible les jeunes familles de la classe moyenne qui cherchent à payer moins d’impôt, les personnes âgées qui aimeraient accéder aux soins de santé plus rapidement ou peut-être les victimes du lavage de cerveau quotidien - offert par le Journal de Montréal et LCN - qui peut vous convaincre que tous les syndiqués sont des paresseux et que les commissions scolaires sont inutiles.

On peut être un peu surpris de la stratégie électoraliste mise en branle par les conseillers de M. Dumont.  Alors que son chef, dans son livre biographique publié après les élections de 2003, exigeait le renouvellement de la démocratie, l’équipe nationale de l’ADQ nous laisse croire qu’elle se réserve quelques circonscriptions afin d’y attirer des candidats-vedettes et que le parti doit concentrer ses énergies sur les régions qui - selon eux - pourraient leur être sympatiques.  Ces décisions viennent court-circuiter les efforts des associations locales et forcent les candidats potentiels d’abandonner l’ambition de remporter l’investiture.

Le journal de Beloeil nous rappelle également que Borduas était déjà dans la mire de l’animateur Guy Bolduc, qui avait signalé son intérêt pour devenir candidat de l’ADQ aux prochaines élections.  On nous y apprend cependant « qu’il tourne le dos à la politique, non pas à cause des ennuis que connaissent les troupes de Mario Dumont.  Mais plutôt parce que tout indique qu’il n’y aura pas d’élections avant belle lurette et parce que Radio-Canada vient de lui faire une offre intéressante. »

Si l’ADQ n’obtient pas de bons résultats aux proportionnelles du 12 mai prochain, Mario aura de la difficulté à se relever et de poursuivre les autres rounds…  Ses conseillers seront très occupés cet été à revoir le plan de match au grand complet!

Photo : a la corey - Flickr

Publié dans ADQ, Parti Québécois, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Élections à temps partiel

Publié par lutopium sur 4 mai 2008

Le golf est un sport de plus en plus populaire au Québec.  Maintenant que la frénésie du hockey disparaîtra peu à peu du paysage médiatique et que les joueurs du Canadien pourront se détendre en frappant sur des petites balles sans craindre une mise en échec, les québécois pourront eux-aussi se tourner vers ce sport, autrefois réservé à l’aristrocatie et aux nobles du commonwealth britannique.

Pendant ce temps, vingt citoyens québécois présenteront leur candidature aux élections partielles qui se tiendront le 12 mai prochain.  En effet, suite au départ des députés André Boisclair, Roch Cholette et Diane Lemieux; le premier ministre Jean Charest a convoqué les citoyens des circonscriptions de Bourget, Hull et Pointe-aux-Trembles à se présenter aux urnes afin de leur permettre de retrouver leur représentation à l’assemblée nationale.

En certaines occasions, les élections partielles permettent aux citoyens de rafraîchir la représentation des partis politiques en élisant des candidats sans avoir à les associer à une campagne nationale.  À moins d’un revirement innatendu, je ne crois pas que les électeurs modifieront la composition de l’assemblée, telle que nous la connaissons depuis les élections générales de mars 2007.  Voici comment les résultats devraient nous apparaître après le dépouillement des urnes :

Bourget au PQ

Château fort péquiste depuis des années.  Aux dernières élections générales, Diane Lemieux a récolté 41% des votes avec une majorité de près de 6,000 votes.  Le Parti Québécois y sera représenté par l’ex-député bloquiste Maka Kotto.  L’ADQ y présente un candidat vedette en la personne du réputé avocat Denis Mondor.  Sa défaite fera mal à la formation de Mario Dumont car d’autres candidats importants examineront les résultats de l’ADQ avant de confirmer leur intérêt à se présenter aux prochaines élections générales.  Le Parti Indépendantiste y sera représenté par Richard Gervais.  On pourra donc vérifier l’intérêt des nationalistes « purs et durs » envers cette nouvelle formation politique et réaliser à quel point cette option est viable et justifiée.  Dommage que Québec solidaire n’ait pas proposé de supporter le Parti Vert car, à mon avis, le candidat Scott McKay serait un atout pour l’assemblée nationale et la cause écologiste.  Si j’étais un citoyen de ce comté, il aurait mon vote.

Autres candidats : Gaétan Legault (Qs), Lyn Thériault (PLQ).  Mme Thériault est Mairesse de l’Arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Hull au PLQ

Certains prétendent qu’elle est une forteresse libérale par sa proximité au parlement canadien, à l’impopularité de l’indépendance du Québec et d’un nombre important de fonctionnaires fédéraux qui y résident.  Les libéraux obitennent régulièrement la moitié des votes de cette circonscription et le PQ semble avoir lancé la serviette car le candidat présenté n’est pas un personnage politique reconnu.  Malgré qu’il fut le médecin-chef de l’hôpital de Hull pendant quelques années, le Dr. Gilles Aubé aura de la difficulté à renverser la vapeur surtout contre la solide organisation de Mme Maryse Gaudreault, consseillère politique du député libéral sortant.  Nous verrons également si la récente victoire de Bill Clennett contre Loto-Québec, qui l’obligea à divulguer des documents reliés aux problèmes du jeu compulsif, permettra à Québec solidaire de marquer quelques points sur l’échiquier politique québécois.  On se souviendra de M. Clennett, militant de première heure des mouvements communautaires de la région, qui acquit une certaine notoriété en 1996 lorsque Jean Chrétien l’empoigna par le cou lors d’une manifestation pour un réinvestissement dans l’assurance-chômage, et ce, devant les caméras des médias nationaux.  Si j’étais un résident de ce comté, je voterais pour M. Clennett sans hésitation.

Autres candidats : Brian Gibb (Parti Vert), Jean-Philip Ruel (ADQ) et Jean-Roch Villemaire (Parti Indépendantiste).

Pointe-aux-Trembles au PQ

Mme Nicole Léger tentera de reprendre le siège qu’elle avait grâcieusement donné à André Boisclair afin de lui permettre de retourner à l’assemblée nationale suite à sa victoire à la course à la chefferie du Parti Québécois.  Lors de l’élection de 2003, Mme Léger a remporté 47% des votes avec un écart de 5,000 votes avec le Parti Libéral.  Encore une fois, l’ADQ y sera représenté par une candidate d’expérience qui pourrait redorer l’image du parti à l’assemblée nationale.  Lors des élections générales de 2003, Mme Diane Bellemare avait récolté plus de 7,000 votes dans la circonscription de Blainville et s’était classée troisième avec 20% des appuis.  Comme le taux de participation aux élections partielles peut différer de ceux obtenus lors d’une campagne nationale, Mme Bellemare pourrait créer des surprises.  Les résultats de Pointe-aux-Trembles nous fourniront donc l’état de santé de la formation de M. Dumont suite à sa baisse de popularité dans les récents sondages.  Le candidat du Parti Vert pourrait également connaître de bons résultats car il avait récolté 12% des votes lors des partielles de 2006.  Mon vote irait pour Mme Léger, pour son expérience et sa loyauté envers son parti.

Autres candidats : Marie-Josèphe Pigeon (Qs), Mélissa Dumais (Parti Libéral), Colette Provost (Parti Indépendantiste), Régent Millette (Indépendant) et Gérald Briand (Indépendant).

Photo: CCNQ - Flickr

Publié dans ADQ, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Commentaire »

Réflexions sur les récents sondages politiques

Publié par lutopium sur 2 mai 2008

Deux sondages nous apprennent que Jean Charest et le Parti Libéral du Québec ont réussi à regagner la confiance des québécois et qu’ils auraient de bonnes chances de former un gouvernement majoritaire si des élections étaient lancées dans les conditions actuelles.  En effet, si on fait la moyenne des résultats obtenus par le sondage CROP et celui de Léger Marketing, nous réalisons que le PLQ récolterait 37,5% des votes, soit 6,5 points de plus que le Parti Québécois et 20 points au-dessus des résultats de l’ADQ.

Est-il nécessaire de se rappeler que nous vivons actuellement dans un paysage politique unique dans l’histoire du Québec et du Canada?  Pour la première fois de son histoire, le Québec est sous la gouverne d’un gouvernement minoritaire à l’assemblée nationale et d’un autre au parlement canadien.  De plus, deux nouveaux partis politiques démontrent un intérêt sérieux pour attirer la sympathie de l’électorat.  Les gens qui ont été interpellés par ces sondages confirment également que les québécois apprécient la stabilité et le relatif calme politique associés à un partage du pouvoir entre trois partis politiques.

Peu importe si on apprécie sa personnalité, il faut tout de même avouer que M. Charest est un fin politicien.  Notre premier ministre est conscient qu’il est primordial pour sa formation politique d’investir tous ses efforts pour calmer les troupes et s’assurer qu’il n’y ait aucun dérapage.  La façon dont ils ont géré le renvoi de l’ex-délégué du Québec à New-York confirme que l’entourage immédiat de M. Charest est prêt à tout faire afin de protéger l’image de leur chef et du parti.

De son côté, Pauline Marois ne semble pas en mesure de redonner ce nouveau souffle au Parti Québécois.  Même si elle semble plaire aux citoyens alors qu’André Boisclair ne faisait pas l’unanimité, Mme Marois ne parvient pas à replacer le PQ en tête de peloton.  Mais je suis persuadé que ses conseillers ont encore de bonnes cartes sous les manches et qu’elle aura d’autres occasions de marquer des points.  Évidemment, c’est un parti divisé comme jamais :  un peu à droite, un peu à gauche, confortable au centre.  Promotion de la souveraineté, mise au rancart de la stratégie référendaire, renouvellement de la loi 101… Cependant, si elle décode les messages qui sont transmis par la population, elle devrait en conclure que les gens préfèrent actuellement un paisible statu quo et qu’ils ne veulent pas replonger dans les querelles entre Québec et Ottawa.

Pauvre Mario Dumont.  Même s’il est habitué à une carrière politique qui s’apparente à une randonnée sur des montagnes russes, il doit être découragé.  Lui qui rêve de devenir premier ministre, il est pris au piège en devant composer avec le rôle de l’opposition officielle tout en réalisant qu’il est entouré d’une gang d’amateurs.  La prochaine campagne électorale sera pénible: comment s’y prendra-t-il pour conserver les acquis et demander à plusieurs députés de laisser leur siège pour faire place à des candidats vedettes?  Ça sera la guerre de tranchée.  Ma prédiction pour l’ADQ: retour à 2003.

Les québécois ne semblent pas être prêts pour encourager l’arrivée d’un parti de gauche à l’assemblée nationale.  La classe moyenne et les gens défavorisés ne s’identifient pas à Québec solidaire.  Alors qu’en Europe ces partis ont leur place sur l’échiquier politique,  Qs est incapable de grimper dans les sondages.  Françoise David et Amir Khadir auront besoin d’appuis extraordinaires lors de la prochaine campagne électorale.  Est-ce que les intellectuels et les syndicats sortiront de leur mutisme?  Si on en croit la récente annonce de Victor Lévy-Beaulieu, la primauté de la question nationale vient brouiller l’importance pour le Québec de se doter d’un parti qui se veut le représentant des travailleurs.  La gauche est prise en otage par le PQ.  C’est malsain, très malsain.

Pour ce qui est du Parti Vert, c’est tout un phénomène.  Populaire par sa couleur et son identification naturelle à LA préoccupation de l’heure, le PVQ vient brouiller les cartes.  Dommage que ses dirigeants refusent une alliance avec Qs.  Nous aurons l’occasion de voir si Scott MacKay sera en mesure de confimer la sympathie des électeurs en décrochant la circonscription de Bourget aux partielles du 18 mai prochain.  Je suis personnellement déçu que Qs et les Verts n’aient pas trouvé un terrain d’entente pour leurs stratégies associées à ce comté et à celui de Hull.  On peut toujours espérer un rapprochement pour les prochaines élections générales.

Si le climat politique continue sur cette voie, il est fort à parier que nous retournerons vers un gouvernement libéral majoritaire. Ça coincidera avec l’arrivée de nouveaux concepts de partenariats avec le privé: Rockland MD aura la voie libre pour prendre de l’expansion et on proposera - avec la complicité de l’Institut Économique de Montréal - la privatisation des infrastructures (routes, aqueduc, électricité, édifices gouvernementaux, etc.).  C’est Papa Desmarais qui va être content car ses efforts pour convaincre M. Charest de prendre le leadership du PLQ lui rendront les dividendes espérées.  Je serais prêt à gager que la compagnie Suez devienne plus active sur le marché québécois.  Les installations de traitement des eaux usées de Halifax Bay ne sont que le début de ses activités canadiennes…

Photo: lsyt - Flickr

Publié dans ADQ, IEDM, Parti Conservateur, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire | Taggé: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Commentaires »

Sylvie Tremblay : échec au roi?

Publié par lutopium sur 29 avril 2008

Je me rappelle encore lorsque mon père avait accepté l’offre de son beau-frère l’invitant à se joindre aux Chevaliers de Colomb.  Comme il se sentait souvent seul et négligé par ceux qui avaient « réussi dans la vie », il s’imagina tout à coup privilégié de rejoindre ce club sélect de chevaliers dévoués au pape et à la charité chrétienne.  Cependant, ce n’est pas la découverte d’un signe secret ou le rapprochement vers le Vatican qui l’attirèrent vers ce cercle religieux mais plutôt cette impression mystique de faire partie d’un regroupement distingué où le réseautage est à la portée de la main.  Si un jour il perdait son job, il n’aurait aucune difficulté à se replacer, car les nobles de la paroisse seraient solidaires avec son bonheur familial.

Tout comme la vision que peut leur donner la hiérarchie d’une église, la très grande majorité des citoyens croient que les partis politiques sont exclusivement associés à leur chef et aux députéEs.  On pense rarement aux membres qui lui donnent sa crédibilité et sa raison de vivre et encore moins aux associations locales qui assurent le bon déroulement des campagnes électorales, incluant la traditionnelle pose de pancartes.  Et pourtant, dans notre système démocratique moderne, une grande part des décisions et des positions des politiciens proviennent de ces structures.  Un parti politique qui ne se construit pas autour d’instances locales, régionales et nationales ne pourrait survivre très longtemps.

Les jeunes partis politiques doivent donc travailler sans relâche pour construire ces structures afin de solidifier l’organisation, rejoindre directement et efficacement les électeurs tout en ayant accès à des sources de financement fiables et renouvelables.  On se rappelera donc que Mario Dumont, suite au succès qu’a connu l’ADQ aux élections de 2003 et aux partielles qui ont suivi, a compris l’importance de solidifier - voir de démarrer - les associations locales de son parti un peu partout au Québec.  Et c’est à ce moment que Mme Sylvie Tremblay, inconnue du public québécois jusqu’à la publication de sa lettre de démission la semaine dernière, a décidé de joindre les rangs d’un parti politique qui avait grandement besoin de militants.  Lors de son passage à Tout Le Monde En Parle dimanche dernier, Mme Tremblay mentionnait que, même si elle « n’avait jamais voulu s’en aller en politique auparavant », elle a décidé de joindre l’équipe de l’ADQ car elle était attiré par la « transparence de son chef ».  Maintenant, elle va jusqu’à le traiter de dictateur, rien de moins, et lui rappelle que « quand on crache en l’air ça nous retombe (sic) ».

Toute cette histoire autour de l’ex-candidate de l’ADQ dans la circonscription de Verdun me laisse extrêmement perplexe.  Les raisons qui l’ont amenées à joindre un parti politique ne sont pas claires.  A-t-elle subitement décidé de joindre Mario Dumont afin de « dénoncer les manques de démocratie »?  Quels sont les liens entre son expérience du monde des affaires ou de sa passion pour l’écriture de livres sur la croissance personnelle et son soudain désir de s’impliquer au sein d’un parti politique?  Une question de Guy A. Lepage lui a permis d’expliquer un volet de sa démarche : « … j’ai beaucoup de drive, beaucoup de leadership, j’ai beaucoup de personnalité, j’ai une personnalité assez forte.  Je ne savais pas que le comité exécutif était contrôlé.  Moi je suis une ambitieuse aussi, alors les portes étaient ouvertes pour moi pis je suis rentrée (sic). »

À mon avis, le court passage de Mme Tremblay parmi l’association de circonscription de Verdun et l’exécutif national de l’ADQ dévoile un des problèmes que peuvent vivre les jeunes formations politiques.  Parce que la participation aux différentes instances est faible et que des postes importants sont disponibles, il y a toujours le danger qu’un inconnu s’y présente et démontre une ambition spectaculaire.  Alors que le chef et les piliers de l’organisation investissent temps et énergie pour solidifier les comités et regroupements qui assureront la pérénnité du parti, il peut apparaître une nouveauté qui ne cadre pas tout à fait avec le plan de match.  Il faut alors trouver un compromis entre la démocratie participative, qui relie l’exécutif national à ses associations de comté, et l’ambition essentielle de quelques candidats qui aspirent à grimper les échelons de l’organisation.

La question à se poser est de connaître les vraies raisons qui ont amené Mme Tremblay à joindre l’ADQ et s’y faire une place de premier plan.  Était-ce l’action citoyenne, le combat pour la justice sociale, l’abolition des commissions scolaires?  De son côté, mon père a trouvé cette réponse rapidement  : il adorait prendre une bière avec les autres chevaliers les vendredis soirs et se sentait utile lorsque son conseil participait à des collectes de fonds charitables.  Il n’a jamais eu réellement besoin d’un réseautage d’affaires et d’un tremplin vers des opportunités personnelles. Et vous Mme Tremblay?

L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. - Jonathan Swift

Les citations en italiques proviennent de l’entrevue donnée par Mme Sylvie Tremblay à l’émission Tout Le Monde En Parle diffusée le 27 avril dernier.  Photo: Chris Inside - Flickr

Publié dans ADQ, Politique | Taggé: , , , , , , , , , | 11 Commentaires »

Laissons les poubelles à Remstar

Publié par lutopium sur 27 avril 2008

Contrairement à la majorité des québécois, je ne regarde pas beaucoup la télévision.  Pour les quelques heures où je m’y attarde, je manque rarement le Téléjournal, j’apprécie quelques reportages et documentaires diffusés à RDI et autres chaînes spécialisées.  Depuis peu, le dimanche soir est réservé à Guy A. Lepage et ses invités de TLMEP auquel je suis devenu accro, à ma grande surprise! 

Les nord-américains passent beaucoup de temps devant leur téléviseur: près de 30 heures par semaine, selon les plus récentes études.  Les dernières sondages confirment que les québécois raffolent de sport, de télé-réalité, de quiz et de téléromans.  Les bulletins d’informations ne sont pas les émissions les plus populaires.  Personnellement, pour bien m’informer, je regarde le Téléjournal à tous les soirs, je consulte les sites du journal Le Devoir et de cyberpresse, quelques magazines, quelques sites internet spécialisés et - bien sûr - quelques blogues!  Je n’ai jamais été attiré par le style journalistique de TQS, son angle sensationnaliste et son approche dramatique.  Malgré tout, en ce qui concerne les bulletins de nouvelles, TQS est aussi populaire que Radio-Canada et c’est le réseau TVA qui en occupe le premier rang. 

Malgré la popularité de certaines émissions, les propriétaires des stations privées sont obligés de réagir aux profits qu’ils peuvent réaliser afin de justifier leurs investissements.  Profitant d’une popularité grandissante, les chaînes spécialisées peuvent maintenant générer des marges bénéficaires d’environ 24% alors que celles des généralistes gravitent autour de 7%.  On peut donc comprendre que la famille Pouliot et les actionnaires de Cogeco aient décidé de se départir de TQS.  Ce qui est déplorable c’est qu’un nombre important d’emplois disparaissent lorsque des entreprises connaissent des difficultés financières.  Cependant, cette réalité n’est pas réservée uniquement au secteur de la télévision : rappelons-nous que le Québec a perdu près de 40,000 emplois dans le secteur de la fabrication en 2007.  À toutes les semaines, nous entendons parler des fermetures d’usines et du ralentissement de la production dans le domaine manufacturier.  On peut se demander pourquoi les politiciens, les gens d’affaires et les journalistes dénoncenent le plan de redressement de Remstar et ce, en justifiant le droit à l’information…   Comme le soulignait un lecteur du quotidien Le Devoir en fin de semaine:

… Cependant, derrière toutes ces belles paroles déterminées, on voit surtout l’occasion pour (les politiciens) de se faire du capital médiatique et politique. Dans cette perspective, je vous demande ceci: où étaient nos chers politiciens lors des fermetures de (GDX, Solectron, C. S, Brooks, Shermag et Quebecor World)? Qu’ont-ils fait pour défendre les 17 000 travailleurs qui ont perdu leur emploi en Estrie depuis 2003? Où étaient Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont à ce moment-là? J’aimerais qu’on me rafraîchisse la mémoire. Peut-être ai-je raté cette campagne de mobilisation exceptionnelle destinée à sauver nos emplois du secteur manufacturier? Mais pourtant, à moins que ma mémoire ne fasse défaut, je n’ai pas souvenir de résolutions unanimes à l’Assemblée nationale en ce sens. D’ailleurs, la semaine dernière, Régis Labeaume, le flamboyant maire de Québec, tout comme Raymond Bachand, ministre du Développement économique, n’ont pas hésité à se cacher lâchement derrière la sacro-sainte loi du marché pour ne pas intervenir dans le déménagement de l’usine Crocs qui, faut-il encore le rappeler, coûte au-delà de 500 emplois à sa ville. Or, lorsqu’il a appris que Remstar envisageait de supprimer le créneau de l’information, il a affirmé avec force et conviction que la Ville de Québec donnerait son soutien aux journalistes et artisans de TQS…

Il faut également se rappeler que Cogeco a décidé de vendre TQS parce qu’elle était déficitaire et qu’elle cherchait donc à s’en débarasser rapidement.  Suite à un appel de propositions, c’est la compagnie Remstar qui semble avoir déposé la meilleure offre.  A quoi s’attendait-on exactement?  Que les membres de la famille Rémillard se présentent comme les sauveurs de l’information juste et équitable après avoir fait fortune dans l’industrie de gestion des déchets?  Qu’un homme d’affaires intéressé à mettre la main sur les hippodromes et des appareils de loterie vidéo décide subitement d’investir sa richesse afin de sauvegarder la diffusion d’informations régionales?  Ces gens là sont en business :  ils désirent probablement transformer TQS en une télévision qui rejoint les goûts des téléspectateurs québécois et en retirer des revenus publicitaires.  Les bulletins d’information ne connaîtront jamais la popularité d’un banquier, d’une maison Rona, d’une poule aux œufs d’or, d’un docteur House ou de quelques histoires de filles…  et encore moins d’une soirée de hockey!

Tout semble indiquer que le nouveau propriétaire transformera TQS en une station de télévision qui présentera ce que les maniaques de télévision préfèrent : potins sur les vedettes, émissions sportives, quiz-télé et romans-savon.  N’essayons pas de nous faire croire que les nouveaux propriétaires voudront créer une station de télévision intelligente.  Les sondages actuels le confirment déjà : Radio-Canada et Télé-Québec occupent les derniers rangs des sondages de popularité!

La coexistence des marchés privé et public dans le domaine de l’information est essentielle.  Laissons à TVA et à la nouvelle TQS le soin de distraire les téléspectateurs et poursuivre le lavage de cerveau collectif.  Ceux qui tiennent à une information de qualité et à une télévision « intelligente » doivent maintenant se questionner sérieusement sur la pertinence et l’avenir de leur télévision d’état.  Au lieu de crier au scandale et de demander l’intervention du CRTC, nos politiciens devraient maintentant donner les moyens à Télé-Québec afin qu’elle devienne LA source d’information nationale et régionale.  On pourrait y créer un service d’information et y engager les journalistes de TQS qui désirent poursuivre une carrière journalistique sérieuse.  Il ne serait pas difficile d’ouvrir des bureaux dans les principales villes du Québec et assurer ainsi une couverture régionale efficace et équitable.

Il est primordial de solidifier le mandat de Télé-Québec car les nouvelles ententes internationales de l’Organisation Mondiale du Commerce forceront les gouvernements à se départir des stations de télévision d’état afin de permettre à l’entreprise privée d’occuper ce créneau dans son entier et de s’agenouiller devant les forces du marché.  Comme il est prévu par les règlements de l’OMC, le gouvernement du Québec pourrait proclâmer que sa télévision d’état est intouchable par ces nouveaux accords internationaux empêchant ainsi que la diffusion de l’information soit contrôlée par quelques grands joueurs privés.  Voilà un geste de souveraineté qui pourrait être posé par l’Assemblée Nationale du Québec.

Photo : James Good - Flickr

Publié dans Médias, Politique | Taggé: , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Commentaires »