Publié par lutopium sur 4 juin 2008
Personnellement, je suis loin d’être convaincu de l’efficacité d’un système de plafonnement et d’échange de gaz à effet de serre (GES), comme celui annoncé à grandes pompes par Jean Charest et Dalton McGuinty cette semaine. À l’exception de la conférence de presse de lundi dernier, de quelques communiqués évasifs et de légères entrevues avec les deux premiers ministres provinciaux, nous n’avons pas encore accès aux détails concernant cette initiative. J’ai lu quelque part que le système pourrait être instauré quelque part en 2010…
Je ne comprend pas encore tout à fait comment ce système se compare à la Bourse du Carbone de Montréal, son lancement la semaine dernière semblait faire consensus entre Québec et Ottawa … Évidemment, je juge qu’il est essentiel que les règles gouvernementales reliées aux émissions de GES doivent être plus sévères, mais il faudrait qu’on m’explique la différence entre un système d’échange de crédits et une bourse du carbone… Ne me dites pas qu’un système permet de percevoir des taxes et que l’autre contribuera à créer de la richesse… Manx, Jimmy : aidez-moi!
Doit-on comprendre que la réaction du parti conservateur confirme que l’Alberta n’est pas prête à réduire sérieusement les émissions de GES alors que les deux provinces rebelles et pollueuses songent sérieusement à forcer le jeu? On est en droit de se poser la question si on porte attention à la liste des grands pollueurs canadiens : sur les 500 mauvais garçons, le Québec en compte 80, soit 16%. L’Ontario quant à elle héberge 90 grands pollueurs, 18% du total canadien. C’est la riche albertaine, fière de ses sables bitumineux qui remporte la “na-palme”: 32% des plus importants pollueurs se trouvent sur son territoire avec 160 malfaiteurs… Alors que le Québec et l’Ontario doivent convaincre les alumineries et les papetières à investir pour réduire leurs émissions - en plus d’une usine de charbon ontarienne qui cause de sérieux problèmes à M. McGuinty - l’Alberta devra un jour négocier avec les riches et puissantes pétrolières. Lors de la prochaine campagne électorale, ce sera un problème politique énorme pour les conservateurs canadiens.
Est-il également permis de croire que les libéraux québécois et ontariens aient décidé d’unir leurs forces afin d’affaiblir les conservateurs? Suite aux nombreuses erreurs de parcours des troupes de Stephen Harper, cette soudaine amitié entre messieurs Charest et McGuinty donnera des maux de tête aux relationnistes conservateurs et ne nuira certainement pas à Stéphane Dion, qui prend tout ce qui passe…
Comment cette annonce peut-elle me convaincre que les alumineries et papetières québécoises se plieront aux exigences gouvernementales sous le règne d’un premier ministre qui leur est tellement sympathique? Si l’état québécois n’est même pas capable de s’assurer qu’elles paient leur juste part d’impôt, s’il semble plier à leur moindre caprice - surtout lorsqu’une d’elles menace se s’installer ailleurs - comment pouvez-vous nous assurer qu’elles prendront les mesures nécessaires pour réduire leurs émissions de GES? Permettez-moi d’en douter.
Dites-moi M. Charest: le libre-échange avec l’Europe serait-il néfaste pour la réduction des gaz à effet de serre?
Illustration: headhead - Flickr
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Publié par lutopium sur 24 mai 2008
«Que l’Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l’histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l’intégration de chacun à notre nation dans un esprit d’ouverture et de réciprocité, et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique, représenté notamment par le crucifix de notre salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions.»
C’est par cette prière que nos élus ont souligné le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. Comme des élections générales peuvent être déclenchées à tout moment et que les trois partis aspirent au pouvoir, nos députés ont unanimement appuyé cette motion qui ressemble beaucoup plus à une marque de séduction envers les électeurs qu’à l’expression authentique d’un désir de changer l’ordre des choses. Plusieurs s’attendaient à une réaffirmation de l’identité québécoise alors que d’autres espéraient des méthodes pour encadrer la coexistence de différentes traditions. Nos formations politiques préfèrent pour l’instant conserver le crucifix au salon bleu. Doit-on croire en un attachement aux valeurs chrétiennes d’amour, de fraternité et de partage ou simplement tracer un lien vers un Jésus chuchotant au président de l’assemblée: « pardonnez-leur, les députés ne savent pas ce qu’ils font… »
Suite à la sympathie reconfirmée des québécois pour leur premier ministre, les conseillers du Parti Libéral ont peut-être trouvé une méthode efficace pour projeter l’image patriarcale du chef de notre gouvernement minoritaire… Du haut de sa colline parlementaire, Jean-Baptiste Charest nous donne l’impression de tendre la main vers le peuple en lui promettant que le fils de Dieu conservera sa place dans la maison et qu’il guidera les décisions qui l’attendent. Le vote de l’âge d’or est sécurisé.
On a parfois l’impression que les politiciens alimentent les débats sur le nationalisme et les traditions afin de distraire l’opinion publique. Comme plusieurs québécois, je préfèrerais que l’Assemblée nationale se concentre à sécuriser l’existence même de notre langue, qu’elle facilite l’intégration des gens qui veulent s’installer ici avec nous, qu’elle force les ordres professionnels à reconnaître les diplômes détenus par les immigrants, de confirmer l’égalité entre les femmes et les hommes et qu’elle trace les balises du raisonnable et de ce qui ne l’est pas.
Je ne croyais pas qu’on mettrait une croix là-dessus.
Photo: Excaliburrom - Flickr. Ce billet a également été publié sur Un Homme En Colère et sur Cent Papiers le 23 mai 2008.
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Publié par lutopium sur 15 mai 2008
Y’a des jours comme ça où les coincidences sont étonnantes… Ce matin, à la lecture de la première page du journal Métro, j’y apprend que notre premier ministre Jean Charest nous confirme que « le moment est propice pour vendre l’idée d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne et insiste sur l’importance des mois à venir pour assurer le succès du projet ». Je me demande bien pourquoi et qu’est-ce qui explique cet empressement.
Un peu plus tard dans la journée, lors de la réception du courriel quotidien de La Presse Affaires, je suis surpris de constater que le vice-président de Gazprom, Alexander Medvedev, a profité de sa visite aux championnats mondiaux de hockey à Québec pour faire une annonce importante. M. Medvedev a donc confirmé la signature d’un « accord selon lequel Gazprom sera un des actionnaires du terminal méthanier et contractera la pleine capacité des activités de regazéification ».
Il semble donc que les négociations ont été fructueuses et que le projet Rabaska pourra maintenant compter sur le géant russe afin de s’approvisionner en gaz naturel et répondre ainsi à la demande nord-américaine.
Le site Cyberpresse, afin de paraître un tantinet objectif, prend également le soin de publier un autre article s’intitulant : « Qui a peur de Gazprom? ». Un titre comme celui-là nous laisse croire qu’on y découvrira des faits « occultes » et des mises-en-garde contre cette fierté du gouvernement Poutine (Gazprom est une société d’état). Rien de cela. Au contraire, l’article est particulièrement élogieux envers la plus grande entreprise de Russie et on y découvre même qu’elle possède « les réseaux de télévision NTV et TNT, six stations de radio, huit publications quotidiennes, une maison de production, des cinémas, une compagnie de publicité, une compagnie d’ingénierie et vient de faire l’acquisition de Youtube version russe, soit RuTube ».
Je savais qu’un des partenaires de Rabaska, Gaz de France - dont Power Corporation (le propriétaire de La Presse) est un important actionnaire, avait des atômes crochus avec Gazprom. Mais je réalise tout à coup que le premier exportateur mondial de gaz naturel et la famille Desmarais ont tous deux des intérêts importants dans les médias d’information de leurs pays respectifs…
Ça doit aider à faire la promotion des projets économiques, non?
Photo: EmerEmer- Flickr
Publié dans Environnement, Médias, Parti Libéral | Taggé: Alexander Medvedev, cyberpresse, Desmarais, Gaz de France, Gazprom, Jean Charest, La Presse, Power Corporation, Rabaska, RuTube, Suez | 9 Commentaires »
Publié par lutopium sur 4 mai 2008
Le golf est un sport de plus en plus populaire au Québec. Maintenant que la frénésie du hockey disparaîtra peu à peu du paysage médiatique et que les joueurs du Canadien pourront se détendre en frappant sur des petites balles sans craindre une mise en échec, les québécois pourront eux-aussi se tourner vers ce sport, autrefois réservé à l’aristrocatie et aux nobles du commonwealth britannique.
Pendant ce temps, vingt citoyens québécois présenteront leur candidature aux élections partielles qui se tiendront le 12 mai prochain. En effet, suite au départ des députés André Boisclair, Roch Cholette et Diane Lemieux; le premier ministre Jean Charest a convoqué les citoyens des circonscriptions de Bourget, Hull et Pointe-aux-Trembles à se présenter aux urnes afin de leur permettre de retrouver leur représentation à l’assemblée nationale.
En certaines occasions, les élections partielles permettent aux citoyens de rafraîchir la représentation des partis politiques en élisant des candidats sans avoir à les associer à une campagne nationale. À moins d’un revirement innatendu, je ne crois pas que les électeurs modifieront la composition de l’assemblée, telle que nous la connaissons depuis les élections générales de mars 2007. Voici comment les résultats devraient nous apparaître après le dépouillement des urnes :
Bourget au PQ
Château fort péquiste depuis des années. Aux dernières élections générales, Diane Lemieux a récolté 41% des votes avec une majorité de près de 6,000 votes. Le Parti Québécois y sera représenté par l’ex-député bloquiste Maka Kotto. L’ADQ y présente un candidat vedette en la personne du réputé avocat Denis Mondor. Sa défaite fera mal à la formation de Mario Dumont car d’autres candidats importants examineront les résultats de l’ADQ avant de confirmer leur intérêt à se présenter aux prochaines élections générales. Le Parti Indépendantiste y sera représenté par Richard Gervais. On pourra donc vérifier l’intérêt des nationalistes « purs et durs » envers cette nouvelle formation politique et réaliser à quel point cette option est viable et justifiée. Dommage que Québec solidaire n’ait pas proposé de supporter le Parti Vert car, à mon avis, le candidat Scott McKay serait un atout pour l’assemblée nationale et la cause écologiste. Si j’étais un citoyen de ce comté, il aurait mon vote.
Autres candidats : Gaétan Legault (Qs), Lyn Thériault (PLQ). Mme Thériault est Mairesse de l’Arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
Hull au PLQ
Certains prétendent qu’elle est une forteresse libérale par sa proximité au parlement canadien, à l’impopularité de l’indépendance du Québec et d’un nombre important de fonctionnaires fédéraux qui y résident. Les libéraux obitennent régulièrement la moitié des votes de cette circonscription et le PQ semble avoir lancé la serviette car le candidat présenté n’est pas un personnage politique reconnu. Malgré qu’il fut le médecin-chef de l’hôpital de Hull pendant quelques années, le Dr. Gilles Aubé aura de la difficulté à renverser la vapeur surtout contre la solide organisation de Mme Maryse Gaudreault, consseillère politique du député libéral sortant. Nous verrons également si la récente victoire de Bill Clennett contre Loto-Québec, qui l’obligea à divulguer des documents reliés aux problèmes du jeu compulsif, permettra à Québec solidaire de marquer quelques points sur l’échiquier politique québécois. On se souviendra de M. Clennett, militant de première heure des mouvements communautaires de la région, qui acquit une certaine notoriété en 1996 lorsque Jean Chrétien l’empoigna par le cou lors d’une manifestation pour un réinvestissement dans l’assurance-chômage, et ce, devant les caméras des médias nationaux. Si j’étais un résident de ce comté, je voterais pour M. Clennett sans hésitation.
Autres candidats : Brian Gibb (Parti Vert), Jean-Philip Ruel (ADQ) et Jean-Roch Villemaire (Parti Indépendantiste).
Pointe-aux-Trembles au PQ
Mme Nicole Léger tentera de reprendre le siège qu’elle avait grâcieusement donné à André Boisclair afin de lui permettre de retourner à l’assemblée nationale suite à sa victoire à la course à la chefferie du Parti Québécois. Lors de l’élection de 2003, Mme Léger a remporté 47% des votes avec un écart de 5,000 votes avec le Parti Libéral. Encore une fois, l’ADQ y sera représenté par une candidate d’expérience qui pourrait redorer l’image du parti à l’assemblée nationale. Lors des élections générales de 2003, Mme Diane Bellemare avait récolté plus de 7,000 votes dans la circonscription de Blainville et s’était classée troisième avec 20% des appuis. Comme le taux de participation aux élections partielles peut différer de ceux obtenus lors d’une campagne nationale, Mme Bellemare pourrait créer des surprises. Les résultats de Pointe-aux-Trembles nous fourniront donc l’état de santé de la formation de M. Dumont suite à sa baisse de popularité dans les récents sondages. Le candidat du Parti Vert pourrait également connaître de bons résultats car il avait récolté 12% des votes lors des partielles de 2006. Mon vote irait pour Mme Léger, pour son expérience et sa loyauté envers son parti.
Autres candidats : Marie-Josèphe Pigeon (Qs), Mélissa Dumais (Parti Libéral), Colette Provost (Parti Indépendantiste), Régent Millette (Indépendant) et Gérald Briand (Indépendant).
Photo: CCNQ - Flickr
Publié dans ADQ, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire, Élections québécoises | Taggé: André Boisclair, Élections partielles 2008, Bill Clennett, Bourget, Brian Gibb, Colette Provost, Denis Mondor, Diane Bellemare, Diane Lemieux, Gaétan Legault, Gilles Aubé, Hull, Jean Charest, Jean Chrétien, Jean-Philip Ruel, Jean-Roch Villemaire, Lyn Thériault, Maka Kotto, Marie-Josèphe Pigeon, Mario Dumont, Maryse Gaudreault, Mélissa Dumais, Nicole Léger, Parti Indépendantiste, Pointe-aux-Trembles, Richard Gervais, Roch Cholette, Scott McKay | 1 Commentaire »
Publié par lutopium sur 2 mai 2008
Deux sondages nous apprennent que Jean Charest et le Parti Libéral du Québec ont réussi à regagner la confiance des québécois et qu’ils auraient de bonnes chances de former un gouvernement majoritaire si des élections étaient lancées dans les conditions actuelles. En effet, si on fait la moyenne des résultats obtenus par le sondage CROP et celui de Léger Marketing, nous réalisons que le PLQ récolterait 37,5% des votes, soit 6,5 points de plus que le Parti Québécois et 20 points au-dessus des résultats de l’ADQ.
Est-il nécessaire de se rappeler que nous vivons actuellement dans un paysage politique unique dans l’histoire du Québec et du Canada? Pour la première fois de son histoire, le Québec est sous la gouverne d’un gouvernement minoritaire à l’assemblée nationale et d’un autre au parlement canadien. De plus, deux nouveaux partis politiques démontrent un intérêt sérieux pour attirer la sympathie de l’électorat. Les gens qui ont été interpellés par ces sondages confirment également que les québécois apprécient la stabilité et le relatif calme politique associés à un partage du pouvoir entre trois partis politiques.
Peu importe si on apprécie sa personnalité, il faut tout de même avouer que M. Charest est un fin politicien. Notre premier ministre est conscient qu’il est primordial pour sa formation politique d’investir tous ses efforts pour calmer les troupes et s’assurer qu’il n’y ait aucun dérapage. La façon dont ils ont géré le renvoi de l’ex-délégué du Québec à New-York confirme que l’entourage immédiat de M. Charest est prêt à tout faire afin de protéger l’image de leur chef et du parti.
De son côté, Pauline Marois ne semble pas en mesure de redonner ce nouveau souffle au Parti Québécois. Même si elle semble plaire aux citoyens alors qu’André Boisclair ne faisait pas l’unanimité, Mme Marois ne parvient pas à replacer le PQ en tête de peloton. Mais je suis persuadé que ses conseillers ont encore de bonnes cartes sous les manches et qu’elle aura d’autres occasions de marquer des points. Évidemment, c’est un parti divisé comme jamais : un peu à droite, un peu à gauche, confortable au centre. Promotion de la souveraineté, mise au rancart de la stratégie référendaire, renouvellement de la loi 101… Cependant, si elle décode les messages qui sont transmis par la population, elle devrait en conclure que les gens préfèrent actuellement un paisible statu quo et qu’ils ne veulent pas replonger dans les querelles entre Québec et Ottawa.
Pauvre Mario Dumont. Même s’il est habitué à une carrière politique qui s’apparente à une randonnée sur des montagnes russes, il doit être découragé. Lui qui rêve de devenir premier ministre, il est pris au piège en devant composer avec le rôle de l’opposition officielle tout en réalisant qu’il est entouré d’une gang d’amateurs. La prochaine campagne électorale sera pénible: comment s’y prendra-t-il pour conserver les acquis et demander à plusieurs députés de laisser leur siège pour faire place à des candidats vedettes? Ça sera la guerre de tranchée. Ma prédiction pour l’ADQ: retour à 2003.
Les québécois ne semblent pas être prêts pour encourager l’arrivée d’un parti de gauche à l’assemblée nationale. La classe moyenne et les gens défavorisés ne s’identifient pas à Québec solidaire. Alors qu’en Europe ces partis ont leur place sur l’échiquier politique, Qs est incapable de grimper dans les sondages. Françoise David et Amir Khadir auront besoin d’appuis extraordinaires lors de la prochaine campagne électorale. Est-ce que les intellectuels et les syndicats sortiront de leur mutisme? Si on en croit la récente annonce de Victor Lévy-Beaulieu, la primauté de la question nationale vient brouiller l’importance pour le Québec de se doter d’un parti qui se veut le représentant des travailleurs. La gauche est prise en otage par le PQ. C’est malsain, très malsain.
Pour ce qui est du Parti Vert, c’est tout un phénomène. Populaire par sa couleur et son identification naturelle à LA préoccupation de l’heure, le PVQ vient brouiller les cartes. Dommage que ses dirigeants refusent une alliance avec Qs. Nous aurons l’occasion de voir si Scott MacKay sera en mesure de confimer la sympathie des électeurs en décrochant la circonscription de Bourget aux partielles du 18 mai prochain. Je suis personnellement déçu que Qs et les Verts n’aient pas trouvé un terrain d’entente pour leurs stratégies associées à ce comté et à celui de Hull. On peut toujours espérer un rapprochement pour les prochaines élections générales.
Si le climat politique continue sur cette voie, il est fort à parier que nous retournerons vers un gouvernement libéral majoritaire. Ça coincidera avec l’arrivée de nouveaux concepts de partenariats avec le privé: Rockland MD aura la voie libre pour prendre de l’expansion et on proposera - avec la complicité de l’Institut Économique de Montréal - la privatisation des infrastructures (routes, aqueduc, électricité, édifices gouvernementaux, etc.). C’est Papa Desmarais qui va être content car ses efforts pour convaincre M. Charest de prendre le leadership du PLQ lui rendront les dividendes espérées. Je serais prêt à gager que la compagnie Suez devienne plus active sur le marché québécois. Les installations de traitement des eaux usées de Halifax Bay ne sont que le début de ses activités canadiennes…
Photo: lsyt - Flickr
Publié dans ADQ, IEDM, Parti Conservateur, Parti Libéral, Parti Québécois, Parti Vert du Québec, Politique, Québec solidaire | Taggé: Amir Khadir, André Boisclair, Bourget, Bruno Fortier, CROP, Françoise David, gauche, Halifax Bay, Hull, Jean Charest, Léger Marketing, Mario Dumont, Paul Desmarais, Pauline Marois, Rockland MD, Scott MacKay, sondage, Suez, syndicats, Victor Lévy-Beaulieu | 6 Commentaires »
Publié par lutopium sur 27 avril 2008
Contrairement à la majorité des québécois, je ne regarde pas beaucoup la télévision. Pour les quelques heures où je m’y attarde, je manque rarement le Téléjournal, j’apprécie quelques reportages et documentaires diffusés à RDI et autres chaînes spécialisées. Depuis peu, le dimanche soir est réservé à Guy A. Lepage et ses invités de TLMEP auquel je suis devenu accro, à ma grande surprise!
Les nord-américains passent beaucoup de temps devant leur téléviseur: près de 30 heures par semaine, selon les plus récentes études. Les dernières sondages confirment que les québécois raffolent de sport, de télé-réalité, de quiz et de téléromans. Les bulletins d’informations ne sont pas les émissions les plus populaires. Personnellement, pour bien m’informer, je regarde le Téléjournal à tous les soirs, je consulte les sites du journal Le Devoir et de cyberpresse, quelques magazines, quelques sites internet spécialisés et - bien sûr - quelques blogues! Je n’ai jamais été attiré par le style journalistique de TQS, son angle sensationnaliste et son approche dramatique. Malgré tout, en ce qui concerne les bulletins de nouvelles, TQS est aussi populaire que Radio-Canada et c’est le réseau TVA qui en occupe le premier rang.
Malgré la popularité de certaines émissions, les propriétaires des stations privées sont obligés de réagir aux profits qu’ils peuvent réaliser afin de justifier leurs investissements. Profitant d’une popularité grandissante, les chaînes spécialisées peuvent maintenant générer des marges bénéficaires d’environ 24% alors que celles des généralistes gravitent autour de 7%. On peut donc comprendre que la famille Pouliot et les actionnaires de Cogeco aient décidé de se départir de TQS. Ce qui est déplorable c’est qu’un nombre important d’emplois disparaissent lorsque des entreprises connaissent des difficultés financières. Cependant, cette réalité n’est pas réservée uniquement au secteur de la télévision : rappelons-nous que le Québec a perdu près de 40,000 emplois dans le secteur de la fabrication en 2007. À toutes les semaines, nous entendons parler des fermetures d’usines et du ralentissement de la production dans le domaine manufacturier. On peut se demander pourquoi les politiciens, les gens d’affaires et les journalistes dénoncenent le plan de redressement de Remstar et ce, en justifiant le droit à l’information… Comme le soulignait un lecteur du quotidien Le Devoir en fin de semaine:
… Cependant, derrière toutes ces belles paroles déterminées, on voit surtout l’occasion pour (les politiciens) de se faire du capital médiatique et politique. Dans cette perspective, je vous demande ceci: où étaient nos chers politiciens lors des fermetures de (GDX, Solectron, C. S, Brooks, Shermag et Quebecor World)? Qu’ont-ils fait pour défendre les 17 000 travailleurs qui ont perdu leur emploi en Estrie depuis 2003? Où étaient Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont à ce moment-là? J’aimerais qu’on me rafraîchisse la mémoire. Peut-être ai-je raté cette campagne de mobilisation exceptionnelle destinée à sauver nos emplois du secteur manufacturier? Mais pourtant, à moins que ma mémoire ne fasse défaut, je n’ai pas souvenir de résolutions unanimes à l’Assemblée nationale en ce sens. D’ailleurs, la semaine dernière, Régis Labeaume, le flamboyant maire de Québec, tout comme Raymond Bachand, ministre du Développement économique, n’ont pas hésité à se cacher lâchement derrière la sacro-sainte loi du marché pour ne pas intervenir dans le déménagement de l’usine Crocs qui, faut-il encore le rappeler, coûte au-delà de 500 emplois à sa ville. Or, lorsqu’il a appris que Remstar envisageait de supprimer le créneau de l’information, il a affirmé avec force et conviction que la Ville de Québec donnerait son soutien aux journalistes et artisans de TQS…
Il faut également se rappeler que Cogeco a décidé de vendre TQS parce qu’elle était déficitaire et qu’elle cherchait donc à s’en débarasser rapidement. Suite à un appel de propositions, c’est la compagnie Remstar qui semble avoir déposé la meilleure offre. A quoi s’attendait-on exactement? Que les membres de la famille Rémillard se présentent comme les sauveurs de l’information juste et équitable après avoir fait fortune dans l’industrie de gestion des déchets? Qu’un homme d’affaires intéressé à mettre la main sur les hippodromes et des appareils de loterie vidéo décide subitement d’investir sa richesse afin de sauvegarder la diffusion d’informations régionales? Ces gens là sont en business : ils désirent probablement transformer TQS en une télévision qui rejoint les goûts des téléspectateurs québécois et en retirer des revenus publicitaires. Les bulletins d’information ne connaîtront jamais la popularité d’un banquier, d’une maison Rona, d’une poule aux œufs d’or, d’un docteur House ou de quelques histoires de filles… et encore moins d’une soirée de hockey!
Tout semble indiquer que le nouveau propriétaire transformera TQS en une station de télévision qui présentera ce que les maniaques de télévision préfèrent : potins sur les vedettes, émissions sportives, quiz-télé et romans-savon. N’essayons pas de nous faire croire que les nouveaux propriétaires voudront créer une station de télévision intelligente. Les sondages actuels le confirment déjà : Radio-Canada et Télé-Québec occupent les derniers rangs des sondages de popularité!
La coexistence des marchés privé et public dans le domaine de l’information est essentielle. Laissons à TVA et à la nouvelle TQS le soin de distraire les téléspectateurs et poursuivre le lavage de cerveau collectif. Ceux qui tiennent à une information de qualité et à une télévision « intelligente » doivent maintenant se questionner sérieusement sur la pertinence et l’avenir de leur télévision d’état. Au lieu de crier au scandale et de demander l’intervention du CRTC, nos politiciens devraient maintentant donner les moyens à Télé-Québec afin qu’elle devienne LA source d’information nationale et régionale. On pourrait y créer un service d’information et y engager les journalistes de TQS qui désirent poursuivre une carrière journalistique sérieuse. Il ne serait pas difficile d’ouvrir des bureaux dans les principales villes du Québec et assurer ainsi une couverture régionale efficace et équitable.
Il est primordial de solidifier le mandat de Télé-Québec car les nouvelles ententes internationales de l’Organisation Mondiale du Commerce forceront les gouvernements à se départir des stations de télévision d’état afin de permettre à l’entreprise privée d’occuper ce créneau dans son entier et de s’agenouiller devant les forces du marché. Comme il est prévu par les règlements de l’OMC, le gouvernement du Québec pourrait proclâmer que sa télévision d’état est intouchable par ces nouveaux accords internationaux empêchant ainsi que la diffusion de l’information soit contrôlée par quelques grands joueurs privés. Voilà un geste de souveraineté qui pourrait être posé par l’Assemblée Nationale du Québec.
Photo : James Good - Flickr
Publié dans Médias, Politique | Taggé: Cogeco, CRTC, Jean Charest, Lucien Rémillard, Mario Dumont, OMC, Pauline Marois, Radio-Canada, Raymond Bachand, Régis Labeaume, RDI, Remstar, souveraineté, Télé-Québec, télévision, TQS | 5 Commentaires »
Publié par lutopium sur 12 avril 2008
Nous connaissons tous la controverse autour de l’ouverture de la clinique privée Rockland MD. Cet établissement, partenaire privilégié de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et situé dans l’ancien comté du ministre Philippe Couillard, fait preuve d’un dynamisme qui semble être sous les effets de stéréoides fournis par l’establishment économique québécois.
La clinique Rockland MD a confirmé le 1er avril dernier qu’elle offrait maintenant une méthode révolutionnaire pour guérir le cancer léger de la prostate. Les grands quotidiens montréalais reprennaient la nouvelle aussitôt et on a pu constater rapidement quel type de traitement les journalistes allaient nous offrir. Pendant que les sbires de l’empire Quebecor lançaient quelques questions pertinentes, La Presse sembla se contenter d’un compte-rendu lancé par l’agence Presse Canadienne. Du moins jusqu’à l’apparition d’un clip vidéo ressemblant plutôt à une plogue pour la nouvelle vedette de L’Institut Économique de Montréal…
Comme cyberpresse.ca semble vouloir faire dans le multimédia, le site offre dorénavant des petites capsules qui sont, pour la plupart du temps, d’une insignifiance ennuyeuse. Je comprend que Gesca se fait les dents sur la production télévisuelle en attendant la privatisation de Radio-Canada, mais présenter des clips mettant en vedette Alain Dubuc relève d’un étonnant courage… Notre ancien marxiste préféré a donc choisi de nous présenter la nouvelle coqueluche de la communauté d’affaires montréalaise et notre grand sauveteur dans le traitement de la santé : Rockland MD.
Le responsable des communications de cette clinique a certainement de bons rapports avec « la putain de la rue Saint-Jacques ». Une publicité « gratuite » sur le site internet du quotidien appartenant à la famille la plus puissante au Québec, rien de moins. Écoutez ce qu’avait à dire Alain Dubuc sur le traitement contre le cancer de la prostate offert par Rockland MD :
« …Mais ça nous rappelle quelque chose. C’est que dans ce dossier là, on peut voir que le secteur privé en santé a servi à quelque chose de très précis. Parce que s’il n’y avait pas eu la clinique Rockland MD, cette nouvelle procédure de règlement du cancer de la prostate, on n’en aurait jamais entendu parler. Ça se fait en Europe, ça se fait en Asie, ça se fait en Ontario mais pas au Québec et nos hôpitaux sont sans doute trop rigides pour être capables de se lancer dans un nouveau système comme celui-là. Et donc ça veut dire quelque chose, le système privé en santé peut jouer un rôle d’innovateur. Introduire un élément de concurrence, jouer aussi un rôle de franc-tireur pour arriver avec des idées nouvelles. Et quand on a un système aussi lourd, aussi rigide, aussi bureaucratique que le nôtre, je pense que l’appoint du système privé comme franc-tireur est quelque chose d’essentiel… »
Quelques jours plus tard, le Collège des médecins questionne la qualité du traitement contre le cancer offert à la clinique privée Rockland MD et le ministère de la Santé demande à la Régie de l’assurance maladie d’enquêter sur sa légalité. Comment alors expliquer qu’un journal ait pu autoriser la publication d’un publi-reportage avant d’examiner tous les facteurs entourant cette nouvelle technologie? Est-ce que M. Dubuc et le comité éditorial de La Presse seraient devenus le mégaphone du lobby représentant le privé dans le domaine de la santé?
Mais qui est donc derrière Rockland MD? Qui représente cette clinique et pourrait justifier un tel intérêt de la part des médias, des chambres de commerce et de certains politiciens? Je comprend que le docteur Fernand Terras, directeur médical de la clinique, est un fervent défenseur de l’amélioration des soins de santé, mais qui est derrière ce groupe qui désire une population québécoise en meilleure santé? Voici donc, pour votre gouverne, une brève présentation des actionnaires de Rockland MD :
- Marcel Côté, associé-fondateur de la firme conseil Secor qui a obtenu des contrats de 1,1 million de dollars pour des études sur les défusions municipales. Proche conseiller de Robert Bourassa, de Brian Mulroney et Jean Charest. Représente un groupe d’investisseurs au conseil d’administration de Rockland MD;
- Marc De Bellefeuille, membre du comité consultatif de Practice Solutions, ancien président de la Conférence régionale de l’AHQ de Montréal, ancien membre de l’Institut de Cardiologie de Montréal, ancien Vice-Président de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre ;
- Alexandre Jarry, associé de la firme d’avocats Jerry Bazinet et président du conseil d’administration de la chambre de commerce et d’industrie de Laval ;
- Dr. Fernand Terras, ancien président de GlobalMedic - filiale de l’Association Médicale Canadienne qui a changé de nom pour Practice Solutions ;
- Chantal Benudiz, ex vice-présidente de GlobalMedic ;
- Dr Myriam Abikhzer et Dr Daniel Gagnon, médecins ;
- Les fiducies Peter Pan et Richmond: aucune information disponible ;
Ce que M. Dubuc ne dit pas dans son évangile sur les bienfaits des soins de santé privés et sur l’originalité du traitement prescrit par Rockland MD est que la technologie n’est offerte qu’à titre expérimental, ce qui explique que les services de santé publics n’ont pas encore fait l’acquisition des équipements dont il est question. Quoi de plus normal? Si un hôpital avait acheté cet appareil - qui n’est pas encore certifié par les autorités américaines et canadiennes - M. Dubuc aurait été le premier à dénoncer l’irresponsabilité de la bureaucratie gouvernementale québécoise…
Pourquoi cherche-t-on à donner autant de crédibilité aux initiatives de la clinique Rockland MD? Quels sont les vrais enjeux? C’est le genre de questions auxquelles vous devriez répondre M. Dubuc. Rien de moins.
Photo : Hautes Études Commerciales - Montréal, Flickr
Alain Dubuc a remporté les honneurs de la 12e édition du Prix du livre d’affaires 2007 de Coop HEC Montréal, pour son ouvrage intitulé L’Éloge de la richesse. M. Dubuc a reçu ce prix, assorti d’un montant de 10 000 $, lors d’une cérémonie tenue le 12 juin 2007.
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Publié par lutopium sur 4 avril 2008
Comme citoyen de ce monde et particulièrement en tant que québécois, c’est une de ces choses de la vie qui me révoltent. Lorsqu’un haut-fonctionnaire se fait pogner dans ce qui semble être une dérape, c’est difficile de vanter les mérites du système politique. Comment est-il possible de faire la promotion d’un état démocratique et respectueux du pouvoir citoyen, alors que des ambitieux décrochent des postes importants et se prennent carrément pour des privilégiés, des passe-partout, des pachas… Comme disent les belges : ils me les cassent!
Au cours des prochains jours, on apprendra si Mario Dumont a eu du flair cette fois-ci en allant jusqu’à demander la démission de la ministre Monique Gagnon-Tremblay cet après-midi. Les conseillers de l’ADQ ont peut être finalement tissé quelques liens et décroché des informations privilégiées qui pourraient embarrasser le gouvernement Charest. Chose certaine, ce qui a débuté comme un simple congédiement administratif accompagné de quelques rumeurs pourrait devenir un cauchemar pour l’ex délégué-général Bruno Fortier. Drôle d’accident de parcours à ce sherbrookois et grand copain du premier ministre.
Fini le luxe et les excès aux frais des contribuables… pauvre Bruno, c’est le temps de faire tes adieux à Broadway.
Mise à jour (21h17): pour un survol complet des évènements, voir l’excellent article de Pierre R. sur Cent Papiers
Photo: Benjamin Edwards - Flickr
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Publié par lutopium sur 21 mars 2008
Ce matin, comme à l’habitude, j’ai eu le privilège d’apercevoir l’authentique sourire de Nadine. C’est maintenant un rituel presque nécessaire, j’ai toujours hâte de commander mon café matinal au Van Houtte de la Place des Arts et de lui échanger quelques mots. Même si elle se lève très tôt pour prendre soin de sa petite fille de trois ans qu’elle doit également aller reconduire à la garderie, Nadine affiche toujours cette fraîcheur matinale et son inlassable joie de vivre.
En plus de ce travail qui l’occupe tous les matins de la semaine, Nadine fréquente le Cegep car elle a l’intention de devenir infirmière. Avec un salaire de $165 par semaine - incluant pourboires - et un prêt obtenu du ministère de l’éducation, elle réussit à peine à rejoindre les deux bouts. De temps à autre, elle reçoit un peu d’argent de son ex-conjoint et de ses parents, ce qui l’aide à boucler les fins de mois. Pour Nadine, l’augmentation du salaire minimum à $10 et le gel des frais de scolarité ne sont pas un luxe. C’est nécessaire et primordial.
Elle sait que je suis un passionné de politique et elle évite de s’engager sur le sujet. Ce matin fut quelque peu différent. Elle était tout simplement choquée d’apprendre que Mario Dumont recevait une prime de $50,000 depuis qu’il est devenu chef de l’opposition. Elle lui a fait confiance l’an dernier car elle a cru au changement. Comme beaucoup de ses concitoyens, elle était convaincue que Mario et son parti allaient représenter le monde ordinaire au sein du gouvernement.
Je lui rappelle qu’il n’est pas le seul à avoir été embarassé par cette nouvelle, que le premier ministre Charest recevait également un salaire de son parti. Elle me répond alors que c’est moins surprenant de la part d’un libéral après tout ce qu’on a entendu lors des audiences de la commission Gomery. Elle était cependant estomaquée d’apprendre que Mario, un gars des régions, grand défenseur des familles et des libertés individuelles, profite des ristournes du Directeur Général des Élections pour ajouter une telle somme à son salaire, totalisant ainsi une rénumération de plus de $200,000… Avant d’obtenir ses 41 sièges, 30% du vote et le statut d’opposition officielle, l’ADQ n’avait pas un sou. Maintenant que le parti reçoit une bonne allocation de l’État afin d’en assurer son fonctionnement, on décide d’en donner une bonne partie à son chef… Qu’est-ce qu’un parti peut bien faire avec plus d’un demi-million par année?
Nadine me confie qu’elle savait qu’elle gagnerait $7.25 de l’heure en acceptant son travail et que Mario, bachelier en économie, connaissait exactement la rénumération qu’il recevrait en tant que député. Elle ne comprend tout simplement pas pourquoi son salaire lui est insatisfaisant aujourd’hui. Que s’est-il passé dans la vie de Mario pour qu’il vise maintenant une rénumération aussi élevée? Son épouse a quitté son emploi? Ils ont pris une deuxième hypothèque sur la maison ancestrale? Nadine se console un peu en demeurant confiante que l’ADQ continuera le combat pour hausser le salaire minimum, suite au dépôt de la pétition qui fut déposée par le député Éric Charbonneau en décembre dernier. Je lui répond bien timidement que j’en doute.
Comme bien d’autres québécoises et québécois, Nadine ne fait plus confiance aux politiciens. Et elle ne votera sûrement pas pour Mario aux prochaines élections. Pour elle, le parti libéral et l’ADQ c’est du pareil au même. L’ambition personelle paraît plus importante que le bien commun. Elle me confie qu’elle a récemment lu son bouquin et qu’elle le rebaptiserait : « Avoir la courroie de ses ambitions ». À mon tour de lui laisser un sourire. J’ai déjà hâte de la revoir demain…
Cette histoire est basée sur des faits réels. Seuls quelques détails ont été ajoutés ou modifiés afin d’en faciliter la compréhension. Publié sur Un Homme En Colère le 13 mars 2008. Photo: Flickr - reidmix
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Publié par lutopium sur 12 février 2008
Selon Michel David du Devoir, le député de la circonscription de Chambly, M. Richard Merlini, est une des rares vedettes de l’ADQ. C’est lui qui avait lancé un “pauvre petit pitou” au ministre Béchard lors de l’imbroglio causé par la visite de Stephen Harper à Rivière-du-Loup en décembre dernier. Les partisants de ce parti n’ont pas fait montre de beaucoup de retenue avec cette “maladresse protocolaire”…
Je me demande si Louise Beaudoin et Jean Charest chantonnaient du “pauvre petit pitou” en plaçant les appels téléphoniques qui ont permis la visite - in extremis - de Mario Dumont à Matignon?
Publié dans ADQ | Taggé: Chambly, Claude Béchard, Jean Charest, Le Devoir, Louise Beaudoin, Michel David, Montignon, Richard Merlini, Rivière-du-Loup, Stephen Harper | Aucun commentaire »