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Un autre coup dur pour l’ADQ

Publié par lutopium sur 5 mai 2008

Après la circonscription de Chauveau, où le député Gilles Taillon a eu du mal à partir avec quelques anciens membres de son exécutif et suite à la démission fracassante de Mme Sylvie Tremblay de l’association de Verdun, voilà que l’Action Démocratique du Québec perd une autre équipe et se voit acculée dans les cordes.

Le journal l’Oeil Régional nous apprenenait, dans sa livraison du 3 mai dernier, que « le président de l’ADQ de Borduas, Réginald Gagnon, a démissionné de son poste et n’a plus du tout l’intention d’être candidat aux prochaines élections provinciales. »  Alors que les membres adéquistes semblaient déterminés à solidifier leur présence dans ce comté de la rive-sud de Montréal , le président et tous les membres de l’exécutif ont démissionné, obligeant la jeune formation politique à rebâtir une nouvelle équipe.  Tout le savoir-faire d’une organisation locale s’envole et la seule pose de pancartes pourrait être une tâche difficile à accomplir.

Même si cette circonscription est un château-fort péquiste, représentée pendant 30 ans par Jean-Pierre Charbonneau et conservée par Pierre Curzi aux dernières élections, il apparaît que Mario Dumont a un objectif précis avec ces municipalités qui longent le Richelieu dont le profil semble être recherché par ses « dépisteurs ».  Dans le même article, M. Gagnon affirme qu’il a «  appris le jour de l’assemblée générale des membres que Borduas et Vachon étaient les deux circonscriptions de la Montérégie réservées par le parti. Ça veut donc dire que c’est le national qui décide, indépendamment de la volonté des membres dans les circonscriptions… Je ne trouve pas ça très démocratique

La stratégie adéquiste vise probablement à concentrer ses efforts dans ces banlieues de plus en plus éloignées du centre-ville, là où le passé rural se fait encore un peu sentir.  On cible les jeunes familles de la classe moyenne qui cherchent à payer moins d’impôt, les personnes âgées qui aimeraient accéder aux soins de santé plus rapidement ou peut-être les victimes du lavage de cerveau quotidien - offert par le Journal de Montréal et LCN - qui peut vous convaincre que tous les syndiqués sont des paresseux et que les commissions scolaires sont inutiles.

On peut être un peu surpris de la stratégie électoraliste mise en branle par les conseillers de M. Dumont.  Alors que son chef, dans son livre biographique publié après les élections de 2003, exigeait le renouvellement de la démocratie, l’équipe nationale de l’ADQ nous laisse croire qu’elle se réserve quelques circonscriptions afin d’y attirer des candidats-vedettes et que le parti doit concentrer ses énergies sur les régions qui - selon eux - pourraient leur être sympatiques.  Ces décisions viennent court-circuiter les efforts des associations locales et forcent les candidats potentiels d’abandonner l’ambition de remporter l’investiture.

Le journal de Beloeil nous rappelle également que Borduas était déjà dans la mire de l’animateur Guy Bolduc, qui avait signalé son intérêt pour devenir candidat de l’ADQ aux prochaines élections.  On nous y apprend cependant « qu’il tourne le dos à la politique, non pas à cause des ennuis que connaissent les troupes de Mario Dumont.  Mais plutôt parce que tout indique qu’il n’y aura pas d’élections avant belle lurette et parce que Radio-Canada vient de lui faire une offre intéressante. »

Si l’ADQ n’obtient pas de bons résultats aux proportionnelles du 12 mai prochain, Mario aura de la difficulté à se relever et de poursuivre les autres rounds…  Ses conseillers seront très occupés cet été à revoir le plan de match au grand complet!

Photo : a la corey - Flickr

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Le vrai visage de l’ADQ

Publié par lutopium sur 21 avril 2008

Vraiment, rien ne va plus pour le parti de Mario Dumont…  En moins de trois semaines, nous avons été témoins de la fragilité de la machine adéquiste.  Propulsée en cinquième vitesse par les résultats électoraux du printemps 2007, la jeune équipe de l’ADQ se perd dans des souliers qui lui paraissent trop grands, démontrant son inexpérience et l’incohérence entre ses différentes instances nationales et régionales.

Il n’est évidemment pas facile pour un parti politique de mettre en place une structure lui permettant de supporter une quarantaine de députés, former une équipe pouvant solidifier son rôle d’opposition officielle tout en continuant de développer une présence importante dans presque toutes les circonscriptions.  La fragilité des bureaux de comté a été bien ressentie lorsque l’équipe de Gilles Taillon a divulgué des informations aux médias qui ont mis le numéro deux de l’ADQ dans l’embarras…  Tel que rapporté par Radio-Canada le 7 avril dernier, « Armand Maltais, membre fondateur de l’ADQ et candidat du parti en 1994, est déçu du silence de Mario Dumont. Sa frustration est partagée par Gilles Plante, ex-organisateur en chef de Gilles Taillon, et Rémi Lacasse, ancien libéral justement séduit par l’ADQ en raison de l’intimité existant entre sa base et ses dirigeants. »

Mario Dumont a toujours demandé un changement majeur de nos institutions publiques et n’a jamais râté l’occasion de nous rappeler que l’ADQ avait un fonctionnement fort différent des deux autres grands partis politiques québécois.  Son parti se vantait d’être près des gens allant jusqu’à révolutionner l’art de faire de la politique.  Avec la démission de l’exécutif de Hull le 10 avril dernier, le poids démocratique des instances locales nous semble toutefois inexistant.  Le chef du parti populiste ayant refusé de considérer la suggestion de l’exécutif de la circonscription de présenter la candidature de Gilles Taillon (…) lors des élections partielles qui auront lieu le 12 mai prochain.  Moi qui croyait que c’est l’assemblée des membres d’un comté qui choisissait son député…

Et voilà qu’en fin de semaine, nous apprenions que la vice-présidente de l’ADQ, Mme Sylvie Tremblay, a claqué la porte du parti et recommande aux québécois de ne pas voter pour Mario Dumont, qui représente à ses yeux un parti qui « n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie ».  Suite aux interventions stratégiques du député Simon-Pierre Diamond lors du congrès de l’ADQ organisé l’automne dernier dernier et qui visaient à faire passer des résolutions approuvées par l’exécutif national, Mme Tremblay avoue qu’elle n’en pouvait plus «de se fermer la gueule, de les laisser aller et d’appuyer tout ce qu’ils présentaient peu importe son avis». 

Dans sa quête du pouvoir, Mario Dumont semble s’être dissocié de son principe le plus cher : celui de changer le fonctionnement des partis politiques et de redonner le pouvoir aux citoyens.  À en croire les derniers évènements, l’ADQ donne plutôt l’impression d’une organisation fragile, laissant toute la place aux aspirations de quelques carriéristes ayant trouvé leur nid dans une organisation qui accueille tout individu qui démontre un peu de potentiel en relations publiques.  La démocratie semble inexistante par moments si on se fie à l’importance des directives en provenance du bureau exécutif et à l’insignifiance de ses relations avec les associations de circonscriptions et finalement, les membres du parti.

Photo : Robert Saucier - Flickr

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