Les haitiens qui se sont installés au Québec, fuyant une île qui ne peut donner espoir à ses enfants, doivent être absolument convaincus que les québécois partagent leur fierté lorsqu’un des leurs accède à un poste prestigieux, réussit à faire publier un bouquin ou rejoint les meilleurs athlètes internationaux. Ils doivent cependant comprendre une fois pour toutes que les québécois – du moins ceux qu’on dit « de souche » – n’acceptent plus la domination royale britannique, même si elle se complaît aujourd’hui dans le symbole et dans la dentelle.
Rappelons-nous qu’un récent sondage Angus Reid confirmait que 71% des québécois désirent « couper les liens officiels avec la monarchie ». Il ne faut donc pas être surpris qu’ils ne donnent pas un appui inconditionnel à Mme Jean, même si pour plusieurs d’entre vous sa nomination est la preuve qu’un membre de votre communauté peut réussir et faire sa place dans la société québécoise. Je crois que nous avons fait preuve d’une juste appréciation envers d’autres haitiens, en savourant le talent littéraire d’un Dany Laferrière et la détermination d’un Bruni Surin.
N’oubliez pas que nous nous sommes déjà considérés comme les nègres blancs d’amérique… subordonnés pendant des années à la domination britannique et anglo-saxonne. Jusqu’à la révolution tranquille, nos parents et grands-parents ne pouvaient pas accéder à des emplois décents car ils ne parlaient pas la langue des foremen. Nous avons brisé les chaînes de l’esclavage économique et nous espérons que tous les peuples d’origine africaine accèderont eux aussi à la liberté et à la justice. Si vous ne me croyez pas, vous pouvez toujours vérifier auprès de l’époux de votre reine, lui qui a signé le documentaire « La liberté en colère ». Soyez tout de même assurés que nous sommes solidaires de vos revendications.
La nomination de Mme Jean au poste de gouverneure générale du Canada ne nous a pas emballé autant que certains membres de la grande famille haitienne québécoise. Nous avons tout de même espéré qu’elle utiliserait son statut privilégié afin de convaincre le premier ministre que le Canada devait jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction d’Haiti, d’y enrayer la pauvreté extrême qui la frappe encore aujourd’hui et d’y installer une vraie démocratie. Je ne suis pas certain que Mme Jean et le gouvernement du Canada aient déployé tous les efforts pour démontrer une vraie solidarité envers les haitiens.
Lorsque j’aperçois les haitiens dans les rues de Port-au-Prince exigeant l’accès à la nourriture de base, j’ai encore plus de difficultés à endosser l’aristocratie britannique avec ses rituels, ses excès et son implication doûteuse dans la diplomatie. Ce n’est pas en devenant une reine au service d’une monarchie inutile, associée au colonialisme néo-libéral, qu’une femme autrefois préoccupée par la justice sociale et l’égalité des peuples pourra nous convaincre aujourd’hui qu’elle fait « la promesse de tout mettre en branle pour que désormais et en tous lieux, les forces de la création et de la fraternité triomphent des forces de la destruction et de la haine. »
Photo : Dimitri P. – Flickr











J’ai encore eu un de ces drôles de rêves. Ça m’arrive lorsque je bois de l’eau de source… On devait être quelque part après 2010, ça commence devant l’écran de l’ordi. J’essaie de digérer les résultats de l’élection provinciale. J’écoute attentivement l’annonce de rhum – comme on semble nommer cette vieille tradition du chef de pupitre – qui nous apprend que le Québec vient d’élire le Parti Libéral du Québec, qui formera un gouvernement minoritaire avec Philippe Couillard comme premier ministre.
Bienvenue sur le blogue lutopium. J’y présente ici des informations et des opinions sur l’actualité politique québécoise et canadienne. Régulièrement, je tente de dévoiler les ambitions démesurées de certains politiciens, j’essaie d’expliquer les liens qui se tissent entre le monde politique et certains projets économiques et j’invite les citoyens à s’impliquer dans la sphère politique afin d’influencer certaines décisions qui impactent notre quotidien.
«Que l’Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l’histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l’intégration de chacun à notre nation dans un esprit d’ouverture et de réciprocité, et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique, représenté notamment par le crucifix de notre salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions.»
Plusieurs analystes financiers l’avaient prévu : les banquiers veulent maintenant réviser l’offre visant l’acquisition et la privatisation de Bell Canada. Suite aux récents déboires qu’ils ont subit sur le marché américain des « sub-prime » et des prêts « à risque », les institutions, représentées par la Deutsche Bank, Citigroup et la Royal Bank of Scotland, ont fait savoir 
Suite au
Y’a des jours comme ça où les coincidences sont étonnantes… Ce matin, à la lecture de la première page du journal Métro, j’y apprend que notre premier ministre Jean Charest nous confirme que « le moment est propice pour vendre l’idée d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne et insiste sur l’importance des mois à venir pour assurer le succès du projet ». Je me demande bien pourquoi et qu’est-ce qui explique cet empressement.
La plupart des obsvervateurs de la scène politique québécoise, incluant votre humble serviteur, avaient prévu la déconfiture de l’Action Démocratique lors des élections partielles qui se sont tenues hier dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, Bourget et Hull.
Il m’arrive régulièrement de me faire identifier comme un étatiste, un gogauchiste et même un gérant d’estrade. Récemment, un personnage se présentant sous le pseudonyme de Tenace, me lançait : « …on critique, on attaque, on choisit judicieusement “un” cas que l’on monte en épingle pour mieux le vilipender mais surtout, on se garde bien de proposer une alternative crédible. »