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Le deuil politique de Mario Dumont

Publié par lutopium sur 13 mai 2008

La plupart des obsvervateurs de la scène politique québécoise, incluant votre humble serviteur, avaient prévu la déconfiture de l’Action Démocratique lors des élections partielles qui se sont tenues hier dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, Bourget et Hull.

Ce n’est pas la première fois que Mario Dumont subit la défaite.  Il a démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait revenir encore plus fort.  Cependant, cette cuisante défaite doit être difficile à encaisser suite aux résultats des élections générales de 2007 où son parti avait récolté 31% des votes et 41 sièges à l’Assemblée Nationale, devenant ainsi l’opposition officielle.  Chose certaine, les personnalités publiques qui songeaient à représenter les couleurs de l’ADQ aux prochaines élections y songeront à deux fois avant de faire le saut en politique.  La cuisante défaite de Denis Mondor et Diane Bellemare démontrent que la loyauté des électeurs envers le Parti Libéral et le Parti Québécois est plus importante que l’attrait pour des candidats prestigieux d’un jeune parti qui prône le changement.

Mario Dumont doit avoir des cauchemars par les temps qui courent. Ça ne doit pas être agréable de se réveiller en pleine nuit avec des images de Sylvie Tremblay qui le traita de dictateur lors de son passage à Tout Le Monde En Parle le 27 avril dernier…  J’ai l’impression que ce cette visite de Mme Tremblay sur le plateau de Guy A. Lepage n’a pas aidé la cause de l’ADQ. 

Mon prognostic tient toujours : Mario Dumont démissionera de son poste après les prochaines élections générales où l’ADQ récoltera moins de dix sièges et entre 14 et 17% des votes.  Il sera peut-être tenté de joindre les rangs du Parti Libéral où il pourra au moins devenir ministre et terminer sa carrière politique avec un peu plus de flamboyance.  On doit finir par se lasser de donner des coups d’épée dans l’eau…

En terminant, quelques questions : suite aux résultats obtenus dans Bourget et sa récente défaite à la course à la chefferie, est-ce Scott McKay demeurera au Parti Vert du Québec?  Est-ce que Mario Dumont redonnera son appui pour la réforme du mode de scrutin vers une méthode proportionnelle?  Qu’adviendra-t-il des instances locales et régionales de l’ADQ qui connaissaient déjà quelques problèmes organisationnels?

Illustration: wcf_k - Flickr. 

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Un projet rassembleur pour Alexis

Publié par lutopium sur 8 mai 2008

Il m’arrive régulièrement de me faire identifier comme un étatiste, un gogauchiste et même un gérant d’estrade.  Récemment, un personnage se présentant sous le pseudonyme de Tenace, me lançait : « …on critique, on attaque, on choisit judicieusement “un” cas que l’on monte en épingle pour mieux le vilipender mais surtout, on se garde bien de proposer une alternative crédible. »

C’est bien mal me connaître.  Je ne sais pas pourquoi le blogueur Davidg, connu maintenant comme l’Anarcho-pragamatiste, ne cesse de me traiter également d’étatiste, comme si j’étais obsédé par l’existence même du gouvernement et que sans ses structures et ses services, je serais complètement perdu.  Je ne sais pas pourquoi, les libertariens et certains anarchistes semblent convaincus que l’entreprise privée traiterait mieux les citoyens dans un monde où le libre-marché et la primauté des libertés individuelles seraient maîtres et roi…

Je commence à en avoir marre de ces étiquettes qui sont utilisées à outrance et qui finalement, n’amènent rien au débat des idées.  Bien oui, je suis de gauche, à défaut d’être de droite ou de choisir le confort du centre.  Je ne suis pas communiste, je crois comme vous que Staline était fou allié et que les cubains ont également droit à plus de liberté. 

Ceci étant dit, j’aimerais répondre aujourd’hui à l’invitation lancée par Alexis St-Gelais où il demande aux blogueurs politiques de lancer « un projet d’envergure que nous aimerions voir se réaliser au Québec ».  J’en ai trois comme ça, les voici :

Projet politique :

Il est grand temps que le Québec modifie le système électoral.  La méthode actuelle, héritée de notre domination britannique, ne permet pas aux nouvelles idées politiques de faire leur place dans les débats.  Les partis alternatifs comme le Parti Vert du Québec et Québec solidaire ne sont plus des phénomènes marginaux.  Aux dernières élections provinciales, c’est près de 300,000 québécois - soit plus de 7% des votes, qui ont appuyé ces deux formations politiques.

Tous les partis politiques ont exigé le passage vers un mode de scrutin de type proportionnel.  Ça fait plus de quarante ans que le Parti Libéral et le Parti Québécois débattent de cette possibilité.  Comme le nous rappelle Paul Cliche dans le livre Libérer les Québecs, « Le premier ministre Lévesque, lui, avec son franc parler, ne s’était pas gêné, en 1972, pour qualifier le mode de scrutin actuel de démocratiquement infect ».  À une époque pas tellement lointaine, Mario Dumont exigeait lui aussi la révision de la méthode actuelle afin de permettre aux nouveaux partis d’accéder à l’Assemblée Nationale.  Le ministre des affaires intergouvernementales, M. Benoit Pelletier, allait encore plus loin, en publiant une lettre dans le quotidien Le Soleil - quelques semaines avant un projet de loi qui devait aller dans ce sens, où il mentionnait : 

 « Ceux qui auront à changer le plus leurs pratiques au cours de cette évolution, ce ne sont pas les citoyens, mais bien les partis politiques. Le citoyen ne pourra que sortir gagnant de ce genre d’exercice, puisqu’il aura la certitude que son vote comptera et que sa volonté sera mieux considérée. Si cette volonté entraîne des gouvernements de coalition dans certains cas, il incombera alors aux partis et non aux citoyens de s’ajuster. Leur survie dépendra de leur capacité de s’adapter et de travailler ensemble. »

Projet pour l’économie et l’environnement

J’aimerais tout simplement reprendre ici une idée que j’ai lancée le 18 janvier dernier où je suggèrais l’implication du Québec dans la construction de petits véhicules électriques :

Lors du salon de l’automobile de Montréal, le groupe français Dassault a présenté la toute nouvelle version de sa voiture électrique Cleanova. Le moteur a été conçu par TM4, une filiale d’Hydro-Québec qui a commandé quelques véhicules l’an dernier.

Ça fait des années qu’on entend parler de ce projet et, finalement que le produit est commercialisé, le Québec n’est pas dans la course. Le lancement d’une usine de fabrication de voitures électriques à 100% serait le type de projet mobilisateur où le talent et la détermination rassembleraient les québécois. Serait-il permis de penser que des entreprises comme Bombardier, Prévost et Hydro-Québec puissent s’associer avec Dassault pour construire une voiture électrique au Québec… abordable, même sans contribution gouvernementale? Ça nous ferait un p’tit retour sur investissement! Ça nous aiderait à atteindre les objectifs de réduction des GES.

Une idée comme celle-là est probablement irréalisable ici au Québec, me direz-vous. Manque de liquidités? Ingérance gouvernementale? Forces naturelles du marché s’opposant au moteur électrique? Main-d’œuvre trop dispendieuse? Climat? Marché?

On dit souvent que les citoyens sont opposés aux grands projets. Personnellement, j’aimerais bien entendre des idées nouvelles de la part de nos entrepreneurs. Ça ferait changement des ventes d’entreprises et des restructurations…

Invitation aux québécois

Finalement, j’aimerais lancer une invitation toute simple à tous les québécois et québécoises…  Vous êtes fiers de votre identité?  Vous voulez crier haut et fort que vous tenez à la survie de la langue française en Amérique du Nord?  Ça vous écoeure d’entendre Michaëlle Jean dire des conneries, rabaisser notre culture et la voir se comporter comme une esclave de service pour Stephen Harper?

Alors rendez-vous en grand nombre aux festivités du 400ème anniversaire de la ville de Québec cet été.  Empêchez Josée Verner et les opportunistes conservateurs voler notre fête pour la tourner en exercice de propagande canadienne.  Démontrez au reste du monde qu’une fête nationale c’est plus que le marketing destiné à remplir les hôtels et engraisser les restaurateurs.

Photo: vanou - Flickr 

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Un autre coup dur pour l’ADQ

Publié par lutopium sur 5 mai 2008

Après la circonscription de Chauveau, où le député Gilles Taillon a eu du mal à partir avec quelques anciens membres de son exécutif et suite à la démission fracassante de Mme Sylvie Tremblay de l’association de Verdun, voilà que l’Action Démocratique du Québec perd une autre équipe et se voit acculée dans les cordes.

Le journal l’Oeil Régional nous apprenenait, dans sa livraison du 3 mai dernier, que « le président de l’ADQ de Borduas, Réginald Gagnon, a démissionné de son poste et n’a plus du tout l’intention d’être candidat aux prochaines élections provinciales. »  Alors que les membres adéquistes semblaient déterminés à solidifier leur présence dans ce comté de la rive-sud de Montréal , le président et tous les membres de l’exécutif ont démissionné, obligeant la jeune formation politique à rebâtir une nouvelle équipe.  Tout le savoir-faire d’une organisation locale s’envole et la seule pose de pancartes pourrait être une tâche difficile à accomplir.

Même si cette circonscription est un château-fort péquiste, représentée pendant 30 ans par Jean-Pierre Charbonneau et conservée par Pierre Curzi aux dernières élections, il apparaît que Mario Dumont a un objectif précis avec ces municipalités qui longent le Richelieu dont le profil semble être recherché par ses « dépisteurs ».  Dans le même article, M. Gagnon affirme qu’il a «  appris le jour de l’assemblée générale des membres que Borduas et Vachon étaient les deux circonscriptions de la Montérégie réservées par le parti. Ça veut donc dire que c’est le national qui décide, indépendamment de la volonté des membres dans les circonscriptions… Je ne trouve pas ça très démocratique

La stratégie adéquiste vise probablement à concentrer ses efforts dans ces banlieues de plus en plus éloignées du centre-ville, là où le passé rural se fait encore un peu sentir.  On cible les jeunes familles de la classe moyenne qui cherchent à payer moins d’impôt, les personnes âgées qui aimeraient accéder aux soins de santé plus rapidement ou peut-être les victimes du lavage de cerveau quotidien - offert par le Journal de Montréal et LCN - qui peut vous convaincre que tous les syndiqués sont des paresseux et que les commissions scolaires sont inutiles.

On peut être un peu surpris de la stratégie électoraliste mise en branle par les conseillers de M. Dumont.  Alors que son chef, dans son livre biographique publié après les élections de 2003, exigeait le renouvellement de la démocratie, l’équipe nationale de l’ADQ nous laisse croire qu’elle se réserve quelques circonscriptions afin d’y attirer des candidats-vedettes et que le parti doit concentrer ses énergies sur les régions qui - selon eux - pourraient leur être sympatiques.  Ces décisions viennent court-circuiter les efforts des associations locales et forcent les candidats potentiels d’abandonner l’ambition de remporter l’investiture.

Le journal de Beloeil nous rappelle également que Borduas était déjà dans la mire de l’animateur Guy Bolduc, qui avait signalé son intérêt pour devenir candidat de l’ADQ aux prochaines élections.  On nous y apprend cependant « qu’il tourne le dos à la politique, non pas à cause des ennuis que connaissent les troupes de Mario Dumont.  Mais plutôt parce que tout indique qu’il n’y aura pas d’élections avant belle lurette et parce que Radio-Canada vient de lui faire une offre intéressante. »

Si l’ADQ n’obtient pas de bons résultats aux proportionnelles du 12 mai prochain, Mario aura de la difficulté à se relever et de poursuivre les autres rounds…  Ses conseillers seront très occupés cet été à revoir le plan de match au grand complet!

Photo : a la corey - Flickr

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Élections à temps partiel

Publié par lutopium sur 4 mai 2008

Le golf est un sport de plus en plus populaire au Québec.  Maintenant que la frénésie du hockey disparaîtra peu à peu du paysage médiatique et que les joueurs du Canadien pourront se détendre en frappant sur des petites balles sans craindre une mise en échec, les québécois pourront eux-aussi se tourner vers ce sport, autrefois réservé à l’aristrocatie et aux nobles du commonwealth britannique.

Pendant ce temps, vingt citoyens québécois présenteront leur candidature aux élections partielles qui se tiendront le 12 mai prochain.  En effet, suite au départ des députés André Boisclair, Roch Cholette et Diane Lemieux; le premier ministre Jean Charest a convoqué les citoyens des circonscriptions de Bourget, Hull et Pointe-aux-Trembles à se présenter aux urnes afin de leur permettre de retrouver leur représentation à l’assemblée nationale.

En certaines occasions, les élections partielles permettent aux citoyens de rafraîchir la représentation des partis politiques en élisant des candidats sans avoir à les associer à une campagne nationale.  À moins d’un revirement innatendu, je ne crois pas que les électeurs modifieront la composition de l’assemblée, telle que nous la connaissons depuis les élections générales de mars 2007.  Voici comment les résultats devraient nous apparaître après le dépouillement des urnes :

Bourget au PQ

Château fort péquiste depuis des années.  Aux dernières élections générales, Diane Lemieux a récolté 41% des votes avec une majorité de près de 6,000 votes.  Le Parti Québécois y sera représenté par l’ex-député bloquiste Maka Kotto.  L’ADQ y présente un candidat vedette en la personne du réputé avocat Denis Mondor.  Sa défaite fera mal à la formation de Mario Dumont car d’autres candidats importants examineront les résultats de l’ADQ avant de confirmer leur intérêt à se présenter aux prochaines élections générales.  Le Parti Indépendantiste y sera représenté par Richard Gervais.  On pourra donc vérifier l’intérêt des nationalistes « purs et durs » envers cette nouvelle formation politique et réaliser à quel point cette option est viable et justifiée.  Dommage que Québec solidaire n’ait pas proposé de supporter le Parti Vert car, à mon avis, le candidat Scott McKay serait un atout pour l’assemblée nationale et la cause écologiste.  Si j’étais un citoyen de ce comté, il aurait mon vote.

Autres candidats : Gaétan Legault (Qs), Lyn Thériault (PLQ).  Mme Thériault est Mairesse de l’Arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Hull au PLQ

Certains prétendent qu’elle est une forteresse libérale par sa proximité au parlement canadien, à l’impopularité de l’indépendance du Québec et d’un nombre important de fonctionnaires fédéraux qui y résident.  Les libéraux obitennent régulièrement la moitié des votes de cette circonscription et le PQ semble avoir lancé la serviette car le candidat présenté n’est pas un personnage politique reconnu.  Malgré qu’il fut le médecin-chef de l’hôpital de Hull pendant quelques années, le Dr. Gilles Aubé aura de la difficulté à renverser la vapeur surtout contre la solide organisation de Mme Maryse Gaudreault, consseillère politique du député libéral sortant.  Nous verrons également si la récente victoire de Bill Clennett contre Loto-Québec, qui l’obligea à divulguer des documents reliés aux problèmes du jeu compulsif, permettra à Québec solidaire de marquer quelques points sur l’échiquier politique québécois.  On se souviendra de M. Clennett, militant de première heure des mouvements communautaires de la région, qui acquit une certaine notoriété en 1996 lorsque Jean Chrétien l’empoigna par le cou lors d’une manifestation pour un réinvestissement dans l’assurance-chômage, et ce, devant les caméras des médias nationaux.  Si j’étais un résident de ce comté, je voterais pour M. Clennett sans hésitation.

Autres candidats : Brian Gibb (Parti Vert), Jean-Philip Ruel (ADQ) et Jean-Roch Villemaire (Parti Indépendantiste).

Pointe-aux-Trembles au PQ

Mme Nicole Léger tentera de reprendre le siège qu’elle avait grâcieusement donné à André Boisclair afin de lui permettre de retourner à l’assemblée nationale suite à sa victoire à la course à la chefferie du Parti Québécois.  Lors de l’élection de 2003, Mme Léger a remporté 47% des votes avec un écart de 5,000 votes avec le Parti Libéral.  Encore une fois, l’ADQ y sera représenté par une candidate d’expérience qui pourrait redorer l’image du parti à l’assemblée nationale.  Lors des élections générales de 2003, Mme Diane Bellemare avait récolté plus de 7,000 votes dans la circonscription de Blainville et s’était classée troisième avec 20% des appuis.  Comme le taux de participation aux élections partielles peut différer de ceux obtenus lors d’une campagne nationale, Mme Bellemare pourrait créer des surprises.  Les résultats de Pointe-aux-Trembles nous fourniront donc l’état de santé de la formation de M. Dumont suite à sa baisse de popularité dans les récents sondages.  Le candidat du Parti Vert pourrait également connaître de bons résultats car il avait récolté 12% des votes lors des partielles de 2006.  Mon vote irait pour Mme Léger, pour son expérience et sa loyauté envers son parti.

Autres candidats : Marie-Josèphe Pigeon (Qs), Mélissa Dumais (Parti Libéral), Colette Provost (Parti Indépendantiste), Régent Millette (Indépendant) et Gérald Briand (Indépendant).

Photo: CCNQ - Flickr

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Réflexions sur les récents sondages politiques

Publié par lutopium sur 2 mai 2008

Deux sondages nous apprennent que Jean Charest et le Parti Libéral du Québec ont réussi à regagner la confiance des québécois et qu’ils auraient de bonnes chances de former un gouvernement majoritaire si des élections étaient lancées dans les conditions actuelles.  En effet, si on fait la moyenne des résultats obtenus par le sondage CROP et celui de Léger Marketing, nous réalisons que le PLQ récolterait 37,5% des votes, soit 6,5 points de plus que le Parti Québécois et 20 points au-dessus des résultats de l’ADQ.

Est-il nécessaire de se rappeler que nous vivons actuellement dans un paysage politique unique dans l’histoire du Québec et du Canada?  Pour la première fois de son histoire, le Québec est sous la gouverne d’un gouvernement minoritaire à l’assemblée nationale et d’un autre au parlement canadien.  De plus, deux nouveaux partis politiques démontrent un intérêt sérieux pour attirer la sympathie de l’électorat.  Les gens qui ont été interpellés par ces sondages confirment également que les québécois apprécient la stabilité et le relatif calme politique associés à un partage du pouvoir entre trois partis politiques.

Peu importe si on apprécie sa personnalité, il faut tout de même avouer que M. Charest est un fin politicien.  Notre premier ministre est conscient qu’il est primordial pour sa formation politique d’investir tous ses efforts pour calmer les troupes et s’assurer qu’il n’y ait aucun dérapage.  La façon dont ils ont géré le renvoi de l’ex-délégué du Québec à New-York confirme que l’entourage immédiat de M. Charest est prêt à tout faire afin de protéger l’image de leur chef et du parti.

De son côté, Pauline Marois ne semble pas en mesure de redonner ce nouveau souffle au Parti Québécois.  Même si elle semble plaire aux citoyens alors qu’André Boisclair ne faisait pas l’unanimité, Mme Marois ne parvient pas à replacer le PQ en tête de peloton.  Mais je suis persuadé que ses conseillers ont encore de bonnes cartes sous les manches et qu’elle aura d’autres occasions de marquer des points.  Évidemment, c’est un parti divisé comme jamais :  un peu à droite, un peu à gauche, confortable au centre.  Promotion de la souveraineté, mise au rancart de la stratégie référendaire, renouvellement de la loi 101… Cependant, si elle décode les messages qui sont transmis par la population, elle devrait en conclure que les gens préfèrent actuellement un paisible statu quo et qu’ils ne veulent pas replonger dans les querelles entre Québec et Ottawa.

Pauvre Mario Dumont.  Même s’il est habitué à une carrière politique qui s’apparente à une randonnée sur des montagnes russes, il doit être découragé.  Lui qui rêve de devenir premier ministre, il est pris au piège en devant composer avec le rôle de l’opposition officielle tout en réalisant qu’il est entouré d’une gang d’amateurs.  La prochaine campagne électorale sera pénible: comment s’y prendra-t-il pour conserver les acquis et demander à plusieurs députés de laisser leur siège pour faire place à des candidats vedettes?  Ça sera la guerre de tranchée.  Ma prédiction pour l’ADQ: retour à 2003.

Les québécois ne semblent pas être prêts pour encourager l’arrivée d’un parti de gauche à l’assemblée nationale.  La classe moyenne et les gens défavorisés ne s’identifient pas à Québec solidaire.  Alors qu’en Europe ces partis ont leur place sur l’échiquier politique,  Qs est incapable de grimper dans les sondages.  Françoise David et Amir Khadir auront besoin d’appuis extraordinaires lors de la prochaine campagne électorale.  Est-ce que les intellectuels et les syndicats sortiront de leur mutisme?  Si on en croit la récente annonce de Victor Lévy-Beaulieu, la primauté de la question nationale vient brouiller l’importance pour le Québec de se doter d’un parti qui se veut le représentant des travailleurs.  La gauche est prise en otage par le PQ.  C’est malsain, très malsain.

Pour ce qui est du Parti Vert, c’est tout un phénomène.  Populaire par sa couleur et son identification naturelle à LA préoccupation de l’heure, le PVQ vient brouiller les cartes.  Dommage que ses dirigeants refusent une alliance avec Qs.  Nous aurons l’occasion de voir si Scott MacKay sera en mesure de confimer la sympathie des électeurs en décrochant la circonscription de Bourget aux partielles du 18 mai prochain.  Je suis personnellement déçu que Qs et les Verts n’aient pas trouvé un terrain d’entente pour leurs stratégies associées à ce comté et à celui de Hull.  On peut toujours espérer un rapprochement pour les prochaines élections générales.

Si le climat politique continue sur cette voie, il est fort à parier que nous retournerons vers un gouvernement libéral majoritaire. Ça coincidera avec l’arrivée de nouveaux concepts de partenariats avec le privé: Rockland MD aura la voie libre pour prendre de l’expansion et on proposera - avec la complicité de l’Institut Économique de Montréal - la privatisation des infrastructures (routes, aqueduc, électricité, édifices gouvernementaux, etc.).  C’est Papa Desmarais qui va être content car ses efforts pour convaincre M. Charest de prendre le leadership du PLQ lui rendront les dividendes espérées.  Je serais prêt à gager que la compagnie Suez devienne plus active sur le marché québécois.  Les installations de traitement des eaux usées de Halifax Bay ne sont que le début de ses activités canadiennes…

Photo: lsyt - Flickr

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Sylvie Tremblay : échec au roi?

Publié par lutopium sur 29 avril 2008

Je me rappelle encore lorsque mon père avait accepté l’offre de son beau-frère l’invitant à se joindre aux Chevaliers de Colomb.  Comme il se sentait souvent seul et négligé par ceux qui avaient « réussi dans la vie », il s’imagina tout à coup privilégié de rejoindre ce club sélect de chevaliers dévoués au pape et à la charité chrétienne.  Cependant, ce n’est pas la découverte d’un signe secret ou le rapprochement vers le Vatican qui l’attirèrent vers ce cercle religieux mais plutôt cette impression mystique de faire partie d’un regroupement distingué où le réseautage est à la portée de la main.  Si un jour il perdait son job, il n’aurait aucune difficulté à se replacer, car les nobles de la paroisse seraient solidaires avec son bonheur familial.

Tout comme la vision que peut leur donner la hiérarchie d’une église, la très grande majorité des citoyens croient que les partis politiques sont exclusivement associés à leur chef et aux députéEs.  On pense rarement aux membres qui lui donnent sa crédibilité et sa raison de vivre et encore moins aux associations locales qui assurent le bon déroulement des campagnes électorales, incluant la traditionnelle pose de pancartes.  Et pourtant, dans notre système démocratique moderne, une grande part des décisions et des positions des politiciens proviennent de ces structures.  Un parti politique qui ne se construit pas autour d’instances locales, régionales et nationales ne pourrait survivre très longtemps.

Les jeunes partis politiques doivent donc travailler sans relâche pour construire ces structures afin de solidifier l’organisation, rejoindre directement et efficacement les électeurs tout en ayant accès à des sources de financement fiables et renouvelables.  On se rappelera donc que Mario Dumont, suite au succès qu’a connu l’ADQ aux élections de 2003 et aux partielles qui ont suivi, a compris l’importance de solidifier - voir de démarrer - les associations locales de son parti un peu partout au Québec.  Et c’est à ce moment que Mme Sylvie Tremblay, inconnue du public québécois jusqu’à la publication de sa lettre de démission la semaine dernière, a décidé de joindre les rangs d’un parti politique qui avait grandement besoin de militants.  Lors de son passage à Tout Le Monde En Parle dimanche dernier, Mme Tremblay mentionnait que, même si elle « n’avait jamais voulu s’en aller en politique auparavant », elle a décidé de joindre l’équipe de l’ADQ car elle était attiré par la « transparence de son chef ».  Maintenant, elle va jusqu’à le traiter de dictateur, rien de moins, et lui rappelle que « quand on crache en l’air ça nous retombe (sic) ».

Toute cette histoire autour de l’ex-candidate de l’ADQ dans la circonscription de Verdun me laisse extrêmement perplexe.  Les raisons qui l’ont amenées à joindre un parti politique ne sont pas claires.  A-t-elle subitement décidé de joindre Mario Dumont afin de « dénoncer les manques de démocratie »?  Quels sont les liens entre son expérience du monde des affaires ou de sa passion pour l’écriture de livres sur la croissance personnelle et son soudain désir de s’impliquer au sein d’un parti politique?  Une question de Guy A. Lepage lui a permis d’expliquer un volet de sa démarche : « … j’ai beaucoup de drive, beaucoup de leadership, j’ai beaucoup de personnalité, j’ai une personnalité assez forte.  Je ne savais pas que le comité exécutif était contrôlé.  Moi je suis une ambitieuse aussi, alors les portes étaient ouvertes pour moi pis je suis rentrée (sic). »

À mon avis, le court passage de Mme Tremblay parmi l’association de circonscription de Verdun et l’exécutif national de l’ADQ dévoile un des problèmes que peuvent vivre les jeunes formations politiques.  Parce que la participation aux différentes instances est faible et que des postes importants sont disponibles, il y a toujours le danger qu’un inconnu s’y présente et démontre une ambition spectaculaire.  Alors que le chef et les piliers de l’organisation investissent temps et énergie pour solidifier les comités et regroupements qui assureront la pérénnité du parti, il peut apparaître une nouveauté qui ne cadre pas tout à fait avec le plan de match.  Il faut alors trouver un compromis entre la démocratie participative, qui relie l’exécutif national à ses associations de comté, et l’ambition essentielle de quelques candidats qui aspirent à grimper les échelons de l’organisation.

La question à se poser est de connaître les vraies raisons qui ont amené Mme Tremblay à joindre l’ADQ et s’y faire une place de premier plan.  Était-ce l’action citoyenne, le combat pour la justice sociale, l’abolition des commissions scolaires?  De son côté, mon père a trouvé cette réponse rapidement  : il adorait prendre une bière avec les autres chevaliers les vendredis soirs et se sentait utile lorsque son conseil participait à des collectes de fonds charitables.  Il n’a jamais eu réellement besoin d’un réseautage d’affaires et d’un tremplin vers des opportunités personnelles. Et vous Mme Tremblay?

L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. - Jonathan Swift

Les citations en italiques proviennent de l’entrevue donnée par Mme Sylvie Tremblay à l’émission Tout Le Monde En Parle diffusée le 27 avril dernier.  Photo: Chris Inside - Flickr

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Laissons les poubelles à Remstar

Publié par lutopium sur 27 avril 2008

Contrairement à la majorité des québécois, je ne regarde pas beaucoup la télévision.  Pour les quelques heures où je m’y attarde, je manque rarement le Téléjournal, j’apprécie quelques reportages et documentaires diffusés à RDI et autres chaînes spécialisées.  Depuis peu, le dimanche soir est réservé à Guy A. Lepage et ses invités de TLMEP auquel je suis devenu accro, à ma grande surprise! 

Les nord-américains passent beaucoup de temps devant leur téléviseur: près de 30 heures par semaine, selon les plus récentes études.  Les dernières sondages confirment que les québécois raffolent de sport, de télé-réalité, de quiz et de téléromans.  Les bulletins d’informations ne sont pas les émissions les plus populaires.  Personnellement, pour bien m’informer, je regarde le Téléjournal à tous les soirs, je consulte les sites du journal Le Devoir et de cyberpresse, quelques magazines, quelques sites internet spécialisés et - bien sûr - quelques blogues!  Je n’ai jamais été attiré par le style journalistique de TQS, son angle sensationnaliste et son approche dramatique.  Malgré tout, en ce qui concerne les bulletins de nouvelles, TQS est aussi populaire que Radio-Canada et c’est le réseau TVA qui en occupe le premier rang. 

Malgré la popularité de certaines émissions, les propriétaires des stations privées sont obligés de réagir aux profits qu’ils peuvent réaliser afin de justifier leurs investissements.  Profitant d’une popularité grandissante, les chaînes spécialisées peuvent maintenant générer des marges bénéficaires d’environ 24% alors que celles des généralistes gravitent autour de 7%.  On peut donc comprendre que la famille Pouliot et les actionnaires de Cogeco aient décidé de se départir de TQS.  Ce qui est déplorable c’est qu’un nombre important d’emplois disparaissent lorsque des entreprises connaissent des difficultés financières.  Cependant, cette réalité n’est pas réservée uniquement au secteur de la télévision : rappelons-nous que le Québec a perdu près de 40,000 emplois dans le secteur de la fabrication en 2007.  À toutes les semaines, nous entendons parler des fermetures d’usines et du ralentissement de la production dans le domaine manufacturier.  On peut se demander pourquoi les politiciens, les gens d’affaires et les journalistes dénoncenent le plan de redressement de Remstar et ce, en justifiant le droit à l’information…   Comme le soulignait un lecteur du quotidien Le Devoir en fin de semaine:

… Cependant, derrière toutes ces belles paroles déterminées, on voit surtout l’occasion pour (les politiciens) de se faire du capital médiatique et politique. Dans cette perspective, je vous demande ceci: où étaient nos chers politiciens lors des fermetures de (GDX, Solectron, C. S, Brooks, Shermag et Quebecor World)? Qu’ont-ils fait pour défendre les 17 000 travailleurs qui ont perdu leur emploi en Estrie depuis 2003? Où étaient Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont à ce moment-là? J’aimerais qu’on me rafraîchisse la mémoire. Peut-être ai-je raté cette campagne de mobilisation exceptionnelle destinée à sauver nos emplois du secteur manufacturier? Mais pourtant, à moins que ma mémoire ne fasse défaut, je n’ai pas souvenir de résolutions unanimes à l’Assemblée nationale en ce sens. D’ailleurs, la semaine dernière, Régis Labeaume, le flamboyant maire de Québec, tout comme Raymond Bachand, ministre du Développement économique, n’ont pas hésité à se cacher lâchement derrière la sacro-sainte loi du marché pour ne pas intervenir dans le déménagement de l’usine Crocs qui, faut-il encore le rappeler, coûte au-delà de 500 emplois à sa ville. Or, lorsqu’il a appris que Remstar envisageait de supprimer le créneau de l’information, il a affirmé avec force et conviction que la Ville de Québec donnerait son soutien aux journalistes et artisans de TQS…

Il faut également se rappeler que Cogeco a décidé de vendre TQS parce qu’elle était déficitaire et qu’elle cherchait donc à s’en débarasser rapidement.  Suite à un appel de propositions, c’est la compagnie Remstar qui semble avoir déposé la meilleure offre.  A quoi s’attendait-on exactement?  Que les membres de la famille Rémillard se présentent comme les sauveurs de l’information juste et équitable après avoir fait fortune dans l’industrie de gestion des déchets?  Qu’un homme d’affaires intéressé à mettre la main sur les hippodromes et des appareils de loterie vidéo décide subitement d’investir sa richesse afin de sauvegarder la diffusion d’informations régionales?  Ces gens là sont en business :  ils désirent probablement transformer TQS en une télévision qui rejoint les goûts des téléspectateurs québécois et en retirer des revenus publicitaires.  Les bulletins d’information ne connaîtront jamais la popularité d’un banquier, d’une maison Rona, d’une poule aux œufs d’or, d’un docteur House ou de quelques histoires de filles…  et encore moins d’une soirée de hockey!

Tout semble indiquer que le nouveau propriétaire transformera TQS en une station de télévision qui présentera ce que les maniaques de télévision préfèrent : potins sur les vedettes, émissions sportives, quiz-télé et romans-savon.  N’essayons pas de nous faire croire que les nouveaux propriétaires voudront créer une station de télévision intelligente.  Les sondages actuels le confirment déjà : Radio-Canada et Télé-Québec occupent les derniers rangs des sondages de popularité!

La coexistence des marchés privé et public dans le domaine de l’information est essentielle.  Laissons à TVA et à la nouvelle TQS le soin de distraire les téléspectateurs et poursuivre le lavage de cerveau collectif.  Ceux qui tiennent à une information de qualité et à une télévision « intelligente » doivent maintenant se questionner sérieusement sur la pertinence et l’avenir de leur télévision d’état.  Au lieu de crier au scandale et de demander l’intervention du CRTC, nos politiciens devraient maintentant donner les moyens à Télé-Québec afin qu’elle devienne LA source d’information nationale et régionale.  On pourrait y créer un service d’information et y engager les journalistes de TQS qui désirent poursuivre une carrière journalistique sérieuse.  Il ne serait pas difficile d’ouvrir des bureaux dans les principales villes du Québec et assurer ainsi une couverture régionale efficace et équitable.

Il est primordial de solidifier le mandat de Télé-Québec car les nouvelles ententes internationales de l’Organisation Mondiale du Commerce forceront les gouvernements à se départir des stations de télévision d’état afin de permettre à l’entreprise privée d’occuper ce créneau dans son entier et de s’agenouiller devant les forces du marché.  Comme il est prévu par les règlements de l’OMC, le gouvernement du Québec pourrait proclâmer que sa télévision d’état est intouchable par ces nouveaux accords internationaux empêchant ainsi que la diffusion de l’information soit contrôlée par quelques grands joueurs privés.  Voilà un geste de souveraineté qui pourrait être posé par l’Assemblée Nationale du Québec.

Photo : James Good - Flickr

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Le vrai visage de l’ADQ

Publié par lutopium sur 21 avril 2008

Vraiment, rien ne va plus pour le parti de Mario Dumont…  En moins de trois semaines, nous avons été témoins de la fragilité de la machine adéquiste.  Propulsée en cinquième vitesse par les résultats électoraux du printemps 2007, la jeune équipe de l’ADQ se perd dans des souliers qui lui paraissent trop grands, démontrant son inexpérience et l’incohérence entre ses différentes instances nationales et régionales.

Il n’est évidemment pas facile pour un parti politique de mettre en place une structure lui permettant de supporter une quarantaine de députés, former une équipe pouvant solidifier son rôle d’opposition officielle tout en continuant de développer une présence importante dans presque toutes les circonscriptions.  La fragilité des bureaux de comté a été bien ressentie lorsque l’équipe de Gilles Taillon a divulgué des informations aux médias qui ont mis le numéro deux de l’ADQ dans l’embarras…  Tel que rapporté par Radio-Canada le 7 avril dernier, « Armand Maltais, membre fondateur de l’ADQ et candidat du parti en 1994, est déçu du silence de Mario Dumont. Sa frustration est partagée par Gilles Plante, ex-organisateur en chef de Gilles Taillon, et Rémi Lacasse, ancien libéral justement séduit par l’ADQ en raison de l’intimité existant entre sa base et ses dirigeants. »

Mario Dumont a toujours demandé un changement majeur de nos institutions publiques et n’a jamais râté l’occasion de nous rappeler que l’ADQ avait un fonctionnement fort différent des deux autres grands partis politiques québécois.  Son parti se vantait d’être près des gens allant jusqu’à révolutionner l’art de faire de la politique.  Avec la démission de l’exécutif de Hull le 10 avril dernier, le poids démocratique des instances locales nous semble toutefois inexistant.  Le chef du parti populiste ayant refusé de considérer la suggestion de l’exécutif de la circonscription de présenter la candidature de Gilles Taillon (…) lors des élections partielles qui auront lieu le 12 mai prochain.  Moi qui croyait que c’est l’assemblée des membres d’un comté qui choisissait son député…

Et voilà qu’en fin de semaine, nous apprenions que la vice-présidente de l’ADQ, Mme Sylvie Tremblay, a claqué la porte du parti et recommande aux québécois de ne pas voter pour Mario Dumont, qui représente à ses yeux un parti qui « n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie ».  Suite aux interventions stratégiques du député Simon-Pierre Diamond lors du congrès de l’ADQ organisé l’automne dernier dernier et qui visaient à faire passer des résolutions approuvées par l’exécutif national, Mme Tremblay avoue qu’elle n’en pouvait plus «de se fermer la gueule, de les laisser aller et d’appuyer tout ce qu’ils présentaient peu importe son avis». 

Dans sa quête du pouvoir, Mario Dumont semble s’être dissocié de son principe le plus cher : celui de changer le fonctionnement des partis politiques et de redonner le pouvoir aux citoyens.  À en croire les derniers évènements, l’ADQ donne plutôt l’impression d’une organisation fragile, laissant toute la place aux aspirations de quelques carriéristes ayant trouvé leur nid dans une organisation qui accueille tout individu qui démontre un peu de potentiel en relations publiques.  La démocratie semble inexistante par moments si on se fie à l’importance des directives en provenance du bureau exécutif et à l’insignifiance de ses relations avec les associations de circonscriptions et finalement, les membres du parti.

Photo : Robert Saucier - Flickr

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La complicité de La Presse et de Rockland MD

Publié par lutopium sur 12 avril 2008

Nous connaissons tous la controverse autour de l’ouverture de la clinique privée Rockland MD.  Cet établissement, partenaire privilégié de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et situé dans l’ancien comté du ministre Philippe Couillard, fait preuve d’un dynamisme qui semble être sous les effets de stéréoides fournis par l’establishment économique québécois.

La clinique Rockland MD a confirmé le 1er avril dernier qu’elle offrait maintenant une méthode révolutionnaire pour guérir le cancer léger de la prostate.  Les grands quotidiens montréalais reprennaient la nouvelle aussitôt et on a pu constater rapidement quel type de traitement les journalistes allaient nous offrir.  Pendant que les sbires de l’empire Quebecor lançaient quelques questions pertinentes, La Presse sembla se contenter d’un compte-rendu lancé par l’agence Presse Canadienne.  Du moins jusqu’à l’apparition d’un clip vidéo ressemblant plutôt à une plogue pour la nouvelle vedette de L’Institut Économique de Montréal…

Comme cyberpresse.ca semble vouloir faire dans le multimédia, le site offre dorénavant des petites capsules qui sont, pour la plupart du temps, d’une insignifiance ennuyeuse.  Je comprend que Gesca se fait les dents sur la production  télévisuelle en attendant la privatisation de Radio-Canada, mais présenter des clips mettant en vedette Alain Dubuc relève d’un étonnant courage…  Notre ancien marxiste préféré a donc choisi de nous présenter la nouvelle coqueluche de la communauté d’affaires montréalaise et notre grand sauveteur dans le traitement de la santé : Rockland MD.

Le responsable des communications de cette clinique a certainement de bons rapports avec « la putain de la rue Saint-Jacques ».  Une publicité « gratuite » sur le site internet du quotidien appartenant à la famille la plus puissante au Québec, rien de moins.  Écoutez ce qu’avait à dire Alain Dubuc sur le traitement contre le cancer de la prostate offert par Rockland MD :

« …Mais ça nous rappelle quelque chose.  C’est que dans ce dossier là, on peut voir que le secteur privé en santé a servi à quelque chose de très précis.  Parce que s’il n’y avait pas eu la clinique Rockland MD, cette nouvelle procédure de règlement du cancer de la prostate, on n’en aurait jamais entendu parler.  Ça se fait en Europe, ça se fait en Asie, ça se fait en Ontario mais pas au Québec et nos hôpitaux sont sans doute trop rigides pour être capables de se lancer dans un nouveau système comme celui-là.  Et donc ça veut dire quelque chose, le système privé en santé peut jouer un rôle d’innovateur.  Introduire un élément de concurrence, jouer aussi un rôle de franc-tireur pour arriver avec des idées nouvelles.  Et quand on a un système aussi lourd, aussi rigide, aussi bureaucratique que le nôtre, je pense que l’appoint du système privé comme franc-tireur est quelque chose d’essentiel… »

Quelques jours plus tard, le Collège des médecins questionne la qualité du traitement contre le cancer offert à la clinique privée Rockland MD et le ministère de la Santé demande à la Régie de l’assurance maladie d’enquêter sur sa légalité.  Comment alors expliquer qu’un journal ait pu autoriser la publication d’un publi-reportage avant d’examiner tous les facteurs entourant cette nouvelle technologie?  Est-ce que M. Dubuc et le comité éditorial de La Presse seraient devenus le mégaphone du lobby représentant le privé dans le domaine de la santé?

Mais qui est donc derrière Rockland MD?  Qui représente cette clinique et pourrait justifier un tel intérêt de la part des médias, des chambres de commerce et de certains politiciens?  Je comprend que le docteur Fernand Terras, directeur médical de la clinique, est un fervent défenseur de l’amélioration des soins de santé, mais qui est derrière ce groupe qui désire une population québécoise en meilleure santé?  Voici donc, pour votre gouverne, une brève présentation des actionnaires de Rockland MD : 

  • Marcel Côté, associé-fondateur de la firme conseil Secor qui a obtenu des contrats de 1,1 million de dollars pour des études sur les défusions municipales.  Proche conseiller de Robert Bourassa, de Brian Mulroney et Jean Charest.  Représente un groupe d’investisseurs au conseil d’administration de Rockland MD;
  • Marc De Bellefeuille, membre du comité consultatif de Practice Solutions, ancien président de la Conférence régionale de l’AHQ de Montréal, ancien membre de l’Institut de Cardiologie de Montréal, ancien Vice-Président de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre ;
  • Alexandre Jarry, associé de la firme d’avocats Jerry Bazinet et président du conseil d’administration de la chambre de commerce et d’industrie de Laval ;
  • Dr. Fernand Terras, ancien président de GlobalMedic - filiale de l’Association Médicale Canadienne qui a changé de nom pour Practice Solutions ;
  • Chantal Benudiz, ex vice-présidente de GlobalMedic ;
  • Dr Myriam Abikhzer et Dr Daniel Gagnon, médecins ;
  • Les fiducies Peter Pan et Richmond: aucune information disponible ;

Ce que M. Dubuc ne dit pas dans son évangile sur les bienfaits des soins de santé privés et sur l’originalité du traitement prescrit par Rockland MD est que la technologie n’est offerte qu’à titre expérimental, ce qui explique que les services de santé publics n’ont pas encore fait l’acquisition des équipements dont il est question.  Quoi de plus normal?  Si un hôpital avait acheté cet appareil - qui n’est pas encore certifié par les autorités américaines et canadiennes - M. Dubuc aurait été le premier à dénoncer l’irresponsabilité de la bureaucratie gouvernementale québécoise…

Pourquoi cherche-t-on à donner autant de crédibilité aux initiatives de la clinique Rockland MD?  Quels sont les vrais enjeux?  C’est le genre de questions auxquelles vous devriez répondre M. Dubuc.  Rien de moins.

Photo : Hautes Études Commerciales - Montréal, Flickr

Alain Dubuc a remporté les honneurs de la 12e édition du Prix du livre d’affaires 2007 de Coop HEC Montréal, pour son ouvrage intitulé L’Éloge de la richesse. M. Dubuc a reçu ce prix, assorti d’un montant de 10 000 $, lors d’une cérémonie tenue le 12 juin 2007.

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Une décroissance conviviale

Publié par lutopium sur 9 avril 2008

La semaine dernière, je me suis rendu à une rencontre du Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale (MQDC).  Après une brève présentation du groupe et de ses idéologies, on nous a présenté le documentaire « Simplicité volontaire et décroissance » réalisé par le français Jean-Claude Decourt.  Même si le discours de la décroissance nous rappelle qu’il est peu probable que les changements nécessaires arrivent à point, les idées amenées sont très intéressantes et méritent considération.

Si les scientifiques ont raison, la planète, ou du moins l’existence des humains, sera complètement bouleversée par des évènements majeurs : inondations, crise énergétique, famines, catastrophes…  Si nous prônons une croissance économique débridée et souhaitons que tous les humains deviennent des consommateurs sur le modèle américain, il faudrait posséder au moins six planètes comme la Terre.

Voici un extrait du manifeste du MQDC :

Nous vivons dans un monde en crise. « Lucides » ou « Solidaires », tous s’entendent là-dessus. Mais les solutions proposées, qu’elles soient néolibérales ou progressistes, restent dans le paradigme du développement et de la croissance économique, alors même qu’il s’agit là d’une cause majeure de bien des problèmes.

Dans la foulée du mouvement européen de la décroissance économique soutenable, nous invitons les citoyens et citoyennes du Québec à poser un regard d’ensemble sur le système actuel, en particulier sur les problèmes écologiques et sociaux.

La « décroissance » est une interpellation à la « croissance économique », expression qui donne une connotation vivante et positive à des phénomènes destructeurs des écosystèmes et du tissu social. Le développement économique productiviste accroît l’écart entre les riches et les pauvres tandis que l’augmentation de la production de « richesse » ne signifie pas l’amélioration générale de la condition humaine. La croissance des entreprises ne les empêche pas de couper des postes pour augmenter leurs bénéfices, réduisant à néant l’argument pro-croissance de la création d’emplois. Par ailleurs, la production toujours augmentée de biens de consommation gruge les ressources qui constituent notre capital écologique et engendre de la pollution et des déchets à la tonne.

Les guerres, déversements de pétrole ou carambolages automobiles sont des exemples d’événements qui élèvent le produit intérieur brut, indicateur dont on se sert pour évaluer la santé des nations. Cette analyse des activités humaines donne un portrait inexact de la réalité. Comme beaucoup d’autres avant nous, nous affirmons que l’économie doit cesser de dicter les décisions de tout ordre et redevenir un moyen au service des êtres humains.

La décroissance n’est pas une idéologie simpliste et moralisatrice mais un appel à la réflexion fondé sur un fait incontestable : sur une planète limitée, la croissance illimitée, objectif de tous nos gouvernements, est une impossibilité. Elle conduit à des déséquilibres de plus en plus dangereux.

Texte complet : http://www.decroissance.qc.ca/manifeste.html

Documentaire « Simplicité volontaire et décroissance » : http://video.google.com/videoplay?docid=-549582913854387681

Photo : JerryD - Flickr

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